Le Parisien. Le 06/02/2012. Source
Rachida Dati à Paris : «Bien sûr que je serai candidate»
Renoncer ? Pas question. L'ancienne ministre UMP et maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, a annoncé dimanche soir qu'elle serait «bien sûr» candidate à Paris aux législatives de juin, alors qu'elle n'a pas reçu l'investiture de son parti qui lui a préféré François Fillon.
«Je continuerai à défendre mes convictions et défendre les Parisiens. Bien sûr je serai candidate», a assuré Mme Dati dimanche soir, invitée du JT de France 2.
«Chacun comprendra que si je suis élue à l'Assemblée nationale ça participe aussi à la transformation de la vie politique française. C'est pour ça que je veux être députée de Paris là où je suis élue, dans le VIIe arrondissement», a-t-elle ajouté.
Comme on lui demandait si elle irait face à François Fillon, elle a répondu: «Et pourquoi pas ?».
«J'ai été élue dans le VIIe avec l'appui de mon parti, avec l'engagement du président de la République dans la perspective des législatives, c'était ça le pari de cette droite renouvelée et moderne», a-t-elle rappelé.
Elle a aussi signalé que la «loi sur la parité n'est pas appliquée» dans son parti: «Demain, si les investitures sont confirmées, il n'y aura plus de femme à droite élue à Paris. Nous en avons trois aujourd'hui ça sera zéro demain, quelle régression!».
Les instances nationales ont investi le Premier ministre dans la 2e circonscription (Ve, VIe et VIIe arrondissements) que réclame depuis plusieurs mois Rachida Dati. Des rumeurs -aussitôt démenties- ont aussi évoqué sa possible arrivée dans la 12e circonscription voisine, qui couvre l'autre partie du VIIe et le XVe, détenue par le député sortant Philipe Goujon.
Rue 89. Le 01/02/2012. Source
Le candidat Fillon organise sa campagne depuis Matignon
Officiellement, il n'y a aucune confusion entre le travail de conseillers de Matignon et leur engagement auprès du Premier ministre pour sa campagne à Paris. Vraiment ?
C'était un des arguments de Rachida Dati contre son rival, avant que celui-ci ne soit investi dans la circonscription qu'elle se réservait. En octobre, la maire du VIIe arrondissement s'était emportée :
« Il a embauché quelqu'un du Conseil de Paris pour effectivement suivre les affaires parisiennes pour son implantation dans Paris. Moi, je n'ai pas les mêmes moyens, je n'ai pas le même pouvoir. »
Visée : Anne Faguer, une collaboratrice du groupe UMP à la mairie, tout juste recrutée comme chargée de mission à Matignon, responsable des « affaires réservées ». Elle avait déjà travaillé avec François Fillon dans la Sarthe, comme on s'empresse de nous le rappeler au cabinet du Premier ministre.
Une équipe de campagne venue de Matignon
L'intéressée ne traiterait en fait pas du tout des affaires parisiennes, mais répondrait au courrier et aux sollicitations des élus... sarthois. Même s'il a décidé de l'abandonner, François Fillon reste donc très attaché à son département. Soit.
Rachida Dati devrait plutôt s'intéresser à l'association de financement de la campagne du Premier ministre. Comme l'avait raconté Rue89, François Fillon en avait déposé les statuts dès le 9 janvier, avant même que l'UMP ne tranche officiellement sa querelle avec son ancienne ministre. Délicat.
L'association est domiciliée chez Eric Chomaudon, militant UMP dans le VIe arrondissement, mais aussi conseiller du Premier ministre pour les élus et les affaires politiques. « Il a une vie en dehors de Matignon », réplique-t-on au cabinet.
C'est aussi le cas de son voisin de bureau Pierre David, chargé de mission, qui préside l'association. Lui a vu grandir le candidat-Premier ministre : dans les années 70, il était directeur de cabinet de Joël Le Theule, élu sarthois, plusieurs fois ministre et mentor du jeune François Fillon.
Le véritable homme fort, le trésorier, ne vient pas de Matignon. Ou presque : Daniel-Georges Courtois y était lui aussi chargé de mission jusqu'à sa nomination à l'Arcep, l'autorité de contrôle des télécoms, fin 2008. Secrétaire général du micro-parti de François Fillon, France.9, il a beaucoup œuvré pour son parachutage à Paris pour les législatives et, ensuite, les municipales de 2014.
Ses efforts auraient dû être récompensés en septembre, lors des sénatoriales. François Fillon l'avait imposé à la dernière place éligible de la liste UMP, convoitée par l'ex-conseiller de l'Elysée Pierre Charon. Celui-ci avait présenté une liste dissidente et été élu, privant Daniel-Georges Courtois d'un siège au Sénat.
Fillon à la tête de la « bande du XVe »
Le rôle accordé à Daniel-Georges Courtois peut surprendre : il est élu municipal dans le XVe arrondissement, alors que son candidat se présente dans une circonscription couvrant le Ve, une partie du VIe et le VIIe. Il assure en fait l'union entre le Premier ministre et la « bande du XVe ».
Une « bande » accusée par les opposants internes de verrouiller l'appareil UMP locale. On y retrouve les deux députés du XVe, Philippe Goujon et Jean-François Lamour, qui ont tous les deux refusé de renoncer à leur circonscription pour offrir un lot de consolation à Rachida Dati.
Si la « bande du XVe » est devenue la bande de Matignon, c'est aussi grâce à un autre collaborateur de François Fillon : Grégory Canal, adjoint au maire de l'arrondissement... mais aussi chef adjoint du cabinet du Premier ministre et conseiller technique chargé des relations avec les élus.
C'est même au XVe arrondissement que François Fillon a réservé son premier, et seul à ce jour, déplacement auprès des militants parisiens. Le 24 janvier, il est venu assister aux vœux de la section UMP de l'arrondissement, mais sans évoquer sa campagne.
Tout simplement parce que cette campagne n'a pas encore commencé, nous assure son trésorier, Daniel-Georges Courtois :
« On n'a pas encore prévu d'actions particulières, on cherche une permanence, on n'a pas de directeur de campagne.
Pour l'instant, rien n'est particulièrement organisé : quand François Fillon donnera le top départ, on se mettra en marche. »





