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Laurent Fabius

L'Express - 27/03/2012 - Calculs et calendrier de Fabius pour les prochaines législatives


Laurent Fabius estime que la gauche devrait obtenir 50,7% des voix pour l'emporter aux législatives de juin.
En raison du redécoupage, d'une part, et de la manière dont ont été constituées les 11 circonscriptions des Français de l'étranger, d'autre part, Laurent Fabius estime que la gauche devrait obtenir 50,7% des voix pour l'emporter aux législatives de juin. L'ancien Premier ministre remettra, en avril, un nouveau document à François Hollande et à Martine Aubry sur le séquençage du prochain quinquennat: les mesures à prendre jusqu'aux législatives, puis celles entre juin 2012 et juin 2013, et, enfin, les axes pour l'ensemble du quinquennat. "Evidemment, ça ne se passera pas comme ça! note le député de la Seine-Maritime, mais c'est un exercice utile qui oblige à travailler, notamment les questions de méthodes."

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Hollande hué par des ouvriers

Hollande hué par des salariés à la sortie de son QG

Le Monde.fr - 19/03/2012 - Hollande hué à la sortie de son QG par des salariés de Fessenheim

François Hollande a été hué lundi 19 mars à la sortie de son QG de campagne par une quarantaine de salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), dont il préconise la fermeture, à l'issue d'un entretien avec plusieurs de leurs représentants, a constaté une journaliste.

Le candidat PS à l'Elysée, qui s'apprêtait à se rendre sur le site de la tuerie de Toulouse, est sorti de ses locaux de campagne sous les sifflets et cornes de brume. "C'est Louis XVI qui s'en va!", "Casse-toi sale vendu!", lui ont lancé des salariés, venus d'Alsace en car tôt dans la matinée.

Auparavant, M. Hollande avait reçu pendant environ une heure l'intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC) de la centrale, la plus ancienne du parc nucléaire français, dont il a inscrit la fermeture dans son programme. Le candidat a toujours assuré que s'il était élu, il n'y aurait aucune suppression d'emplois sur le site, grâce à des reconversions nécessaires pour assurer le démantèlement
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Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg agressés

Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg agressés


Libération - 29/02/2012 - Le couple Pulvar-Montebourg agressé à Paris par «un groupe qui hurle Le Pen président» - Par Jonathan BOUCHET-PETERSEN


La journaliste de France Inter Audrey Pulvar et son compagnon, le député PS Arnaud Montebourg, ont été pris pour cible ce mardi soir à Paris par de jeunes individus scandant des slogans favorables au Front national et des injures antisémites. «Rentrant à pied avec mon compagnon, nous avons été pris à partie par une quinzaine d'individus. Aux cris de "la France aux Français" et autres "Le Pen président"», a raconté la journaliste mardi dans la soirée aux quelque 6 000 abonnés de son compte Twitter.



«Nous avons essuyé des jets de verres qui se sont brisés dans notre dos avant intervention de quelqu'un du personnel, à moins que ce ne soit le chef de la meute ?» a-t-elle poursuivi. Et la chroniqueuse de l'émission On n'est pas couchés (France 2) de décrire une scène qui aurait pu se finir beaucoup plus mal : «On sortait d'un resto, ils étaient devant un bar [...]. La seule chose à faire c'était continuer de marcher sans répondre. (Quand vous) avez 15 mecs qui vous chantent "beau, blanc, rouge la France aux français, juden juden juden..." ["juifs" en allemand, ndlr] et qu'on vous balance des verres à la tête...».


Audrey Pulvar a raconté son agression au micro de France Inter ce mercredi matin.

«Mme Le Pen, cautionnez-vous ?»

Evoquant le profil des individus, Audrey Pulvar écrit en réponse aux questions de plusieurs abonnés Twitter : «Ce sont semble-t-il des personnes interdites de stade. Je n'en dirai pas + pour le moment pr ne pas compromettre le travail des policiers.» Et, pour la journaliste, pas de doutes, il s'agit bien de sympathisants du FN : «Un groupe qui hurle "Le Pen président", ce sont des électeurs d'Eva Joly déguisés ?»«Mme Le Pen, cautionnez-vous ?» interpelle-t-elle d'ailleurs, toujours sur Twitter, la candidate du Front National à la présidentielle.
(Mise à jour mercredi à 5h20 avec la réaction de Louis Aliot). Dès ce mercredi matin, avant même le lever du soleil, Louis Aliot, numéro 2 du FN et compagnon de Marine Le Pen, a posté cette réponse:
Dans un second message, écartant toujours l'hypothèse d'un acte isolé de partisans du FN pas vraiment raccord avec la «dédiabolisation»revendiquée par sa compagne de candidate, il s'interroge sur les commanditaires : «L'extrême droite anti-Marine, les cabinets noirs proches du pouvoirs ???»

Dépôt d'une plainte

«Nous avons porté plainte. Bien sûr. Comment laisser (sans) suite de telles insultes ?» a précisé la journaliste sur Twitter. Joint par l'AFP, son compagnon Arnaud Montebourg a confirmé : «Nous sommes ensemble [avec Audrey Pulvar, ndlr] avec la police pour dépôt de plainte.» Le couple a ensuite quitté le commissariat peu avant 1h30 du matin.
Sur le réseau social, dès le premier message posté par Audrey Pulvar à 22h47, le récit a suscité de nombreuses réactions de solidarité. Des responsables du PS sont immédiatement montés au créneau.«Inadmissible, ça prouve qu'il faut combattre sans relâche le FN qui tente d'avancer masqué, ce soir il montre son vrai visage», a posté le député PS Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée. «Solidarité totale avec A. Montebourg et A. Pulvar lâchement agressés. Le vrai visage hideux de l'extrême droite», a renchéri le numéro 2 du PS, Harlem Désir, ancien président de SOS Racisme. Même son de cloche du côté du député socialiste de la Nièvre Christian Paul :

Un élu UMP dérape sur Twitter ?

Les esprits se sont ensuite échauffés quand Eric Normand, conseiller national de l'UMP, a donné le sentiment à de nombreux internautes de justifier la prise à partie dans ce message posté à 23h32 sur son compte Twitter :


Une affirmation qui lui a valu une volée de bois vert sur la Toile, tandis qu'un autre message envoyé peu après le premier n'a pas arrangé son cas :
Très vite, devant l'ampleur des réactions et notamment celle, outrée, d'Audrey Pulvar, ce membre de l'UMP Paris s'est fendu de cette mise au point : «J'ai dit que l'agression de Montebourg était malheureuse, cela veut dire regrettable et je la condamne.»
Reprenant lui aussi la plume sur Twitter après les messages d'Eric Normand, Christian Paul s'est adressé à différentes personnalités de l'UMP présentes sur le réseau social pour leur demander d'avoir dès demain un discours «ferme» qui, lui, ne prête pas à la moindre confusion.

Marine Le Pen «condamne»

«Evidemment, je condamne ce type d'agression, bien entendu, et j'espère que la police va faire son travail», a réagi mercredi sur Europe 1 Marine Le Pen.
«S'il suffit d'aller agresser quelqu'un en criant "Le Pen président" pour que l'on considère que je suis responsable de cela, c'est que l'on a rétrogradé en matière d'état de droit gravement», a poursuivi Marine Le Pen. Il s'agit d'«une très grave agression de la part de Mme Pulvar», selon la présidente du FN.
«Vous ne pouvez pas considérer, avant même que la police ait fait son travail, que ces gens sont des gens du Front national», a ajouté la candidate.
«Quinze individus» dans le XVIe arrondissement de Paris, «cela doit être assez facile à retrouver», a-t-elle poursuivi. Interrogée sur l'existence d'«extrémistes» au sein du FN, Marine Le Pen a répondu :«Lorsqu'il y a eu des extrémistes, je les ai mis à la porte.»
«J'aimerais aussi que l'ensemble des responsables politiques condamnent de façon générale les violences qui sont commises à l'égard des candidats», a poursuivi Marine Le Pen.

Inadmissible» pour Hollande

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle française, François Hollande, a qualifié lundi d'«inadmissible» cette agression. «Je viens d'apprendre la nouvelle, j'ai toute solidarité à l'égard d'Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar», a-t-il dit sur RTL. «Il est inadmissible d'attaquer une personne pour ses idées et en plus de le faire lâchement avec des cris, des insultes, des jets de verres et en plus avec des propos limite antisémites ou racistes», a déclaré François Hollande.




L'affaire DSK

Les affaires DSK
L'affaire du Carlton de Lille
L'affaire Banon
L'affaire du Sofitel

Le Monde.fr - 22/11/2011 - Comprendre l'affaire du Carlton en trois minutes : cliquer ici pour avoir accès à l'animation



Le Monde.fr - 21/02/2012 - Carlton de Lille : Strauss-Kahn mis en garde à vue
L'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a été placé en garde à vue, mardi 21 février, à Lille (Nord), pour "complicité de proxénétisme" et "recel d'abus de biens sociaux" dans l'affaire dite "du Carlton". Une juge d'instruction dans l'affaire dite "du Carlton" était attendue dans la soirée à la caserne de gendarmerie de Lille pour prolonger sa garde à vue de 24 heures.

M. Strauss-Kahn est interrogé par les enquêteurs de la police judiciaire au sujet de soirées libertines auxquelles il aurait pris part, notamment à Paris et à Washington, afin de déterminer s'il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées. Plusieurs de ces soirées ont été organisées et financées par deux entrepreneurs de la région de Lille, Fabrice Paszkowski et David Roquet.

Les dernières de ces soirées ont eu lieu du 11 au 13 mai à Washington, à la veille de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn dans le cadre de l'affaire du Sofitel de New York, dans laquelle une femme de chambre, Nafissatou Diallo, l'accusait d'agression sexuelle. Les poursuites pénales ont été abandonnées par la justice américaine dans cette dernière affaire.


S'EXPLIQUER DANS CETTE AFFAIRE

Si les juges d'instruction chargés du dossier estimaient les charges suffisantes à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn, il pourrait être poursuivi pour "complicité de proxénétisme" et "recel d'abus de biens sociaux". Ce dernier chef impliquerait que Dominique Strauss-Kahn ait eu connaissance de l'éventuelle origine frauduleuse des dépenses dont il aurait bénéficié. La question d'éventuelles contreparties à ces soirées devrait également lui être posée. Selon les avocats de MM. Paszkowski et Roquet, leurs clients ont répondu par la négative à cette question.

DSK doit également être entendu mercredi par des policiers de l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, la "police des polices") dans le volet policier du dossier, dans lequel le commissaire divisionnaire Jean-Christophe Lagarde, chef de la sûreté départementale du Nord - suspendu de ses fonctions - est mis en examen, selon une source proche de l'enquête.


L'avocate de l'ancien favori socialiste des sondages pour la présidentielle française, Me Frédérique Baulieu, est arrivée sur place une heure après le placement en garde à vue de son client, sans faire de déclaration à la presse. Elle va l'assister lors de la garde à vue, qui peut théoriquement se prolonger jusqu'à quatre-vingt-seize heures, mais devrait plutôt durer quarante-huit heures, selon une source proche du dossier.

L'ancien directeur général du Fonds monétaire international avait demandé à deux reprises à s'expliquer dans cette affaire, dès l'apparition de son nom dans la presse, à la mi-octobre. Me Henri Leclerc, l'un de ses avocats, avait déclaré en décembre que son client "pouvait parfaitement ignorer" que les femmes rencontrées lors de soirées libertines étaient des prostituées.

Huit personnes ont été mises en examen dans ce dossier, parmi lesquelles trois responsables de l'hôtel Carlton de Lille, un avocat et un haut gradé de la police dans le Nord, le commissaire Jean-Christophe Lagarde.



Le Nouvel observateur - 13/10/2011 - Banon contre DSK : l'agression sexuelle est reconnue mais la plainte est classée
Si l'avocat de la jeune femme estime que DSK est désormais un "agresseur sexuel non jugé", l'avocate de l'ex-président du FMI assure que son client "est totalement blanchi"


Le parquet de Paris a classé sans suite la plainte pour "tentative de viol" de Tristane Banon contre Dominique Strauss-Kahn, estimant toutefois que des faits qualifiés d'agression sexuelle étaient "reconnus" mais prescrits, selon un communiqué publié jeudi 13 octobre.

Ce classement sans suite a d'emblée déclenché la guerre des déclarations entre avocats. Premier à dégainer : David Koubbi, l'avocat de la jeune femme. Dominique Strauss-Kahn est un "agresseur sexuel non jugé", a-t-il réagi. La décision du parquet "bien qu'insatisfaisante, constitue une première victoire pour Mlle Banon puisqu'au terme de cinq mois d'une bataille acharnée, il est établi sans réserve que son dossier n'est pas 'vide' et que les faits qu'elle a dénoncés ne sont pas 'imaginaires' contrairement aux affirmations de M. Dominique Strauss-Kahn", a-t-il ajouté.

"Cela s'appelle être blanchi"

L'avocate de Dominique Strauss-Kahn a, elle, estimé que son client était "totalement blanchi".

DSK "est évidemment totalement blanchi des accusations dont il a fait l'objet", a déclaré Me Frédérique Beaulieu. "Quand quelqu'un fait l'objet d'une plainte et que cette plainte est classée sans suite, ça veut dire qu'il n'y a pas lieu à poursuivre la personne. Cela s'appelle être blanchi", a-t-elle ajouté.

La "version des faits (de Tristane Banon, ndlr) n'a pas été crue par le parquet puisqu'il y a un classement sans suite (de sa plainte pour tentative de viol, ndlr)", a encore dit Me Beaulieu.

Son confrère Me Henri Leclerc a déclaré à l'AFP être "content de la décision de classement mais surpris d'entendre que Dominique Strauss-Kahn aurait reconnu une agression sexuelle".

"Il n'a reconnu aucune violence d'aucune nature. M. Strauss-Kahn a tenté de l'embrasser, il a essuyé un refus et n'a pas insisté, la laissant partir", a-t-il fait valoir.

"Ce qui est reconnu, c'est l'interprétation du parquet de ce que Dominique Strauss-Kahn a dit, à savoir qu'il avait voulu embrasser Tristane Banon, que celle-ci lui avait opposé un refus et qu'à partir de là, il l'avait laissé partir", a insisté Me Beaulieu.

"Pour moi, ça ne s'appelle pas une agression sexuelle", a-t-elle ajouté.

Vers une autre plainte ?

De son côté, la romancière avait prévenu que si le parquet prenait une décision de classement, elle déposerait immédiatement plainte avec constitution de partie civile, ce qui entraîne automatiquement la désignation d'un juge d'instruction.

"Le parquet de Paris a procédé au classement sans suite de la procédure diligentée à la suite de la plainte déposée par Madame Tristane Banon à l’encontre de Monsieur Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol", indique le communiqué du parquet.

A l’issue de l’enquête, "il ressort que si faute d’éléments de preuve suffisants, les poursuites ne peuvent être engagées du chef de tentative de viol, des faits pouvant être qualifiés d’agression sexuelle sont quant à eux reconnus", poursuit le communiqué.

"Néanmoins, commis en 2003 et n’ayant été révélés qu’en juillet 2011 ces faits ne peuvent être poursuivis, l’action publique étant éteinte en application de la prescription triennale en matière délictuelle", explique le parquet.

"Des avances"

Lors de son audition, le 12 septembre, par la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), l'ex-directeur général du FMI avait concédé avoir fait "des avances" à la jeune femme, selon une source proche de l'enquête.

"M. Strauss-Kahn a admis avoir tenté d'embrasser Mme Banon, ce qui peut relever pour la justice du délit d'agression sexuelle", a-t-on par ailleurs expliqué de source judiciaire.

"Il ne reconnaît pas avoir agressé sexuellement Mme Banon, mais c'est son opinion", a-t-on précisé. "Le magistrat estime de son côté que ce qu'il admet peut être qualifiable d'agression sexuelle, un délit prescrit trois ans après les faits".

"Il n'y avait pas assez d'éléments de preuve pour engager des poursuites pour tentative de viol", a-t-on expliqué.

Procédure civile en cours aux Etats-Unis

Dominique Strauss-Kahn a toutefois toujours réfuté s'être rendu coupable de violence lors de sa rencontre avec Tristane Banon dans un appartement parisien. Il avait même qualifié d'"imaginaire" la scène racontée à plusieurs reprises par l'écrivaine.

La décision du parquet intervient le jour même de la sortie d'un ouvrage de Tristane Banon, "Le bal des hypocrites" (Ed. Au Diable Vauvert), une autofiction dans laquelle elle livre sa version des faits sans jamais citer le nom de DSK.

L'ancien patron du FMI reste l'objet d'une procédure au civil aux Etats-Unis, intentée par une femme de chambre qui l'accuse de l'avoir violée en mai dans un hôtel de Manhattan. Les poursuites pénales ont en revanche été abandonnées fin août par la justice américaine qui a jugé la plaignante insuffisamment crédible.
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Le Monde - 06/06/2011 - DSK plaide non coupable et ouvre la voie à un procès - Par Marion Van Renterghem


Comme prévu, Dominique Strauss-Kahn a de nouveau plaidé non coupable des sept charges qui lui sont reprochées. Lundi 6 juin, il a retrouvé sa place devant la cour suprême de l'Etat de New York, au treizième étage du tribunal de Manhattan, où il doit répondre de l'accusation de tentative de viol et d'agression sexuelle à l'encontre de Nafissatou Diallo, femme de chambre au Sofitel de New York.

Ses deux avocats, Ben Brafman et William Taylor, étaient assis à côté de lui. Anne Sinclair, l'épouse de M. Strauss-Kahn, s'est installée dans le public avec l'une des filles de son mari.

Cette audience préalable au procès, présidée par le juge Michael Obus, n'est qu'une étape parmi d'autres dans la procédure judiciaire qui conduira, ou non, M. Strauss-Kahn au procès. Celui-ci aura lieu si l'accusé maintient au cours des mois à venir qu'il plaide non coupable. Mais il peut, à tout moment, revenir sur sa décision et tenter de négocier avec le procureur une reconnaissance minorée des faits.

M. Strauss-Kahn est arrivé au tribunal au bras de sa femme, sous les huées de femmes de chambre venues manifester au pied du building : "Honte à vous !" L'audience elle-même n'a pas duré plus d'une vingtaine de minutes. Après une brève intervention de M. Taylor et de l'adjointe au procureur, le juge s'est contenté de fixer au 18 juillet la prochaine audience préliminaire. Le procureur et l'avocat disposent de quarante-cinq jours pour apporter les premières preuves nécessaires et déposer leurs motions. La date du procès lui-même, qui devrait avoir lieu dans plus de six mois, n'a pas été établie.

Devant le tribunal, dehors, les avocats de M. Strauss-Kahn ont fait une brève conférence de presse. "Je ne ferai pas de commentaire, a dit M. Brafman. Mon client a plaidé non coupable, ce qui est une affirmation suffisamment forte et éloquente."

Les nouveaux avocats de Mme Diallo ont fait une déclaration à leur tour. Ken Thompson, assisté de Douglas Wigdor, a annoncé qu' ils étaient désormais "les seuls avocats de la victime". Jeffrey Shapiro, qui l'assistait jusqu' ici, avait en effet disparu.

M. Thompson a annoncé que Mme Diallo était une "belle personne, une femme d'une grande dignité" et qu'elle témoignait aussi "au nom de la dignité des femmes". Elle ne travaille pas en ce moment, a-t-il dit, "elle a été agressée sexuellement et se trouve dans un état de traumatisme et de souffrance. Nous rechercherons toutes les victimes potentielles de Dominique Strauss-Kahn, comme celle qui s'est fait connaître en France, a dit M. Thompson. Il y a trop de femmes dans le monde qui n'osent pas rapporter les agressions sexuelles." Il a assuré n'avoir pour l'instant entamé aucune procédure au civil.
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Le Monde.fr  - 16/05/2011 - Au PS, prudence et soutien mesuré


Un "coup de tonnerre" pour Martine Aubry, une "nouvelle bouleversante" pour Ségolène Royal, une "terrible nouvelle" pour François Hollande. Les responsables socialistes sont restés prudents depuis l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn, samedi 14 mai, à New York.

Le mot d'ordre de la Rue de Solférino est clair : personne ne doit commenter l'affaire avant que plus d'informations soient parvenues. Tous les dirigeants socialistes ont appelé au respect de la présomption d'innocence. Dimanche, la première secrétaire du PS a demandé aux socialistes de "rester unis et responsables".

"Aucune situation, et surtout pas celle-là, ne peut être profitable, à qui que ce soit", a affirmé François Hollande sur Canal+, comme en écho. "Je me rends bien compte que tout ce que j'avais à vous dire sur les perspectives politiques change totalement d'éclairage, a dit Ségolène Royal, qui était invitée sur Europe 1. Je ne veux pas laisser penser par mes déclarations que j'accélère je ne sais quelle stratégie politique."

"NE PAS PIÉTINER LA PRÉSOMPTION D'INNOCENCE"

"Dans l'épreuve, ne laissons pas piétiner la présomption d'innocence et sachons rester unis", a également demandé Laurent Fabius.

Julien Dray s'est montré, lui aussi, très prudent : sur son blog, il explique que les socialistes doivent "donner l'exemple : respect des principes, solidarité, refus du lynchage ou de la curée. Il ne s'agit pas de commencer à énumérer des circonstances atténuantes ou des excuses, ni de se substituer à la défense, mais de rester dans le simple cadre de la raison. Il sera toujours temps de juger sur des faits, si faits il y a, quand ils seront éclaircis".

Du côté des proches de DSK, les éléments de langage bien rodés reviennent en boucle. Dès dimanche, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis appelait sur son blog à "ne pas tirer de conclusions hâtives" : "Toute cette histoire ne lui ressemble pas", assure-t-il. Un mot d'ordre repris dimanche dans la journée par plusieurs élus partisans de M. Strauss-Kahn, comme le député Jean-Marie Le Guen ou le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.

"NOUS NE POUVONS PAS CROIRE À SA CULPABILITÉ"

Lundi, les réactions se sont faites plus incrédules chez certains socialistes. "Les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn constituent un énorme choc, mais provoquent aussi beaucoup d'incrédulité", a estimé Laurent Fabius, dans un communiqué à l'AFP.

"Avec ses proches, nous ne pouvons pas croire à sa culpabilité et il sera bientôt au milieu de nous", a dit Jean-Christophe Cambadélis lundi midi. "Dans le dossier, il y a beaucoup de contradictions, à commencer par la fuite. Il est avéré aujourd'hui que celle-ci n'a pas eu lieu", a ajouté le député socialiste.

"L'affaire n'est pas crédible, a lancé ce matin Jean-Marie Le Guen, sur France Inter. Il peut y avoir des circonstances, il peut y avoir des hallucinations", a-t-il ajouté, sans donner plus de détails. Une théorie également défendue par la conseillère régionale Michèle Sabban, l'une des plus fidèles de M. Strauss-Kahn, qui a évoqué un "attentat politique" : "Je pense que c'est un complot, un piège", a-t-elle ajouté sur Europe 1. "C'est juste impossible que ça se soit passé comme ça", a déclaré sur BFM-TV Olivier Ferrand, le président du cercle de réflexion Terra Nova.

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a lui aussi fait part de ses doutes : "En toute sincérité, j'ai peine à y croire en définitive. C'est tellement invraisemblable, a-t-il dit sur LCI. Ce que je voudrais dire avec gravité, c'est que ce qui vient de se passer, nul n'a le droit de l'utiliser - que ce soit la droite, que ce soit la gauche - à des fins de politique intérieure."

DE LA COMPASSION POUR "L'AMI"

Plusieurs socialistes ont également témoigné leur soutien et leur "amitié" à M. Strauss-Kahn. "Je suis aussi un peu dans la tristesse, car je ne vois pas comment il peut supporter une épreuve pareille. C'est très dur pour lui. J'ai de l'amitié et je pense à lui", a souligné Jean-Paul Huchon. "Je pense en cet instant avec affection à lui-même, à Anne son épouse et à tous leurs proches", a ajouté Laurent Fabius.

Le député PS Manuel Valls, qui s'était rapproché des strauss-kahniens ces derniers temps, a affirmé lundi matin, sur RTL, avoir eu "les larmes aux yeux" en regardant les images de Dominique Strauss-Kahn sortant menotté d'un commissariat. Des images d'"une cruauté insoutenable", a-t-il dit.
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Le Monde - 15/05/2011 - Une inculpation qui bouleverse la donne au PS pour 2012 - Par Françoise FRESSOZ


L'inculpation aux Etats-Unis de Dominique Strauss Kahn pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration bouleverse la donne à un an de l''élection présidentielle. "C'est un coup de tonnerre" a réagi Martine Aubry la première secrétaire du PS. L'actuel directeur général du FMI, n'avait pas encore fait officiellement acte de candidature à la primaire socialiste mais il restait le favori des sondages, malgré la poussée continue de François Hollande, l'ex-premier secrétaire du PS. Il doit aujourd'hui se défendre d'accusations graves.

Jacques Attali, l'ancien sherpa de François Mitterrand, évoque la thèse d''une "manipulation" mais dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : "il ne pourra pas être candidat à la primaire". Au Parti socialiste, la retenue est de mise. Personne ne prend le risque d'ouvrir les hostilités. Le principe de la présomption d''innocence prime.

"J'en appelle à chacun à attendre la réalité des faits et à respecter la présomption d'innocence, à tous à garder la décence nécessaire", a déclaré Martine Aubry. La première secrétaire du PS demande aux socialistes "de rester unis et responsables." Ségolène Royal est d'accord : "tout reste à vérifier" estime la présidente de la région Poitou-Charentes. François Hollande appelle lui aussi à "la retenue" tandis que Stéphane le Foll, un de ses proches assure que "c'est à DSK et à lui seul de décider ce qu'il doit faire". Le député de Paris Jean-Marie Le Guen, répond que "ce qu'on reproche au directeur général du FMI n'a rien à voir rien avec le DSK qu'on connaît. Jamais il n'a fait preuve de violence à l'égard de ses proches". C'est ce que martèlent tous ses amis.

SITUATION DIFFICILE POUR SES CHALLENGERS AU PS

La thèse de la manipulation circule. Y compris à droite où Christine Boutin, la présidente du parti chrétien démocrate l'évoque ouvertement. Elle se dit persuadée "qu'on a tendu un piège" à DSK . Bernard Tapie en est lui aussi persuadé mais pas Marine Le Pen qui matraque : "tout Paris, le Paris journalistique, le Paris politique, bruisse depuis des mois des rapports légèrement pathologiques que M. Strauss-Kahn semble entretenir à l'égard des femmes."

A qui profite l''affaire ? Le FN , à l'évidence s'en régale, tandis que l''UMP oscille entre retenues et attaques violentes. Bernard Debré député de Paris évoque "un DSK qui se vautre dans le sexe et qui humilie la France."

Le directeur général du FMI devrait, selon l''un de ses avocats, plaider non coupable.

Cela complique la situation de ses challengers au sein du PS. Martine Aubry est liée par un pacte avec lui. Doit-elle continuer à le soutenir, attendre qu'il arrête son choix ou affirmer rapidement sa candidature pour contrer celle de François Hollande ? L'avis de Laurent Fabius, qui était jusqu''à présent supporter de DSK, sera déterminant.

François Hollande est celui vers qui tous les regards se tournent. Il a habilement mené la campagne des pré-primaires en se positionnant comme l''anti-DSK ; plus le directeur général du FMI était attaqué sur son train de vie et son patrimoine familial, plus lui se positionnait comme "le candidat normal", les pieds ancrés en Corrèze. Et dans les sondages ça marchait. Si DSK se trouve empêché, le PS devra veiller à éviter la foire d'empoigne.

Autant la probable candidature du directeur général du FMI, auréolé de sa crédibilité internationale, avait un effet fédérateur, autant son éventuelle non candidature risque d''ouvrir la boîte de Pandore : sur la ligne de départ de la primaire on pourrait retrouver Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici et peut être d''autres encore. On comprend mieux dés lors les appels à l'unité lancé par la première secrétaire du PS.
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François Hollande

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Europe1.fr - 27/03/2012 - L'affiche officielle de Hollande



L'affiche de campagne de François Hollande a été dévoilée mardi. On y voit le candidat socialiste qui regarde l'objectif, sur un fond de campagne.

Le slogan "le changement, c'est maintenant" apparaît en lettres blanches, sous le visage de François Hollande, accompagné de la date du premier tour, le 22 avril, et de la mention François Hollande 2012.



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Le Monde.fr - 16/03/2012 - "Entre 4 500 et 5 000" parrainages pour François Hollande


Le député et maire socialiste du 18e arrondissement, Daniel Vaillant, a déclaré, vendredi 16 mars, qu'"entre 4 500 et 5 000" parrainages d'élus allaient venir appuyer la candidature de François Hollande au Conseil constitutionnel. Les prétendants à l'Elysée ont jusqu'à 18 heures aujourd'hui pour déposer leurs précieux sésames, qui devront ensuite être validés avant l'annonce officielle de la liste complète des candidats, lundi à 17h30.


L'Express - 07/03/2012 - Najat Vallaud-Belkacem, nouveau visage de la gauche Hollande


A trente-cinq ans, cette femme aux multiples facettes est porte-parole du candidat Hollande. Elle publie aujourd’hui, à la veille de la journée des droits des femmes, un livre : Raison de plus ! (Fayard)

« Faire de la politique n’a rien d’une évidence… Je crois pouvoir dire que rien ne me destinait à m’engager dans la vie politique » écrit Najat Vallaud-Belkacem en ouverture de son livre, publié aujourd’hui, Raison de plus ! (Fayard).

L’ouvrage n’est pas une autobiographie. C’est un mixte habile entre le témoignage et l’essai, écrit à la première personne. Souvent présentée comme une « jeune » « femme » issue de la « diversité« , Vallaud-Belkacem veut dépasser ces trois clichés et faire monter le niveau d’un cran. Elle veut montrer qu’elle a « du fond ». Après tout, elle est maire-adjointe de la troisième plus grande ville de France, conseillère générale du Rhône, secrétaire nationale du PS en charge des questions de société, et porte-parole de François Hollande. A 35 ans, ce n’est déjà pas si mal.



De Ségolène Royal à François Hollande

« Je suis devenue française par naturalisation à ma majorité » écrit-elle simplement. L’itinéraire force le respect mais le mystère demeure. Comment est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle gravi les marches ? Est-ce à dire que le modèle républicain fonctionne encore ? Que la méritocratie n’est pas un concept vieillot dans notre pays ? Son parcours est-il un exemple qui peut inspirer d’autres femmes, d’autres Français issus des quartiers ?

Le livre n’apporte pas entièrement la réponse sur les détours du parcours. Par petites touches, Najat Vallaud-Belkacem montre toutefois comment la politique peut tout si elle s’appuie sur des valeurs et des engagements. Elle prouve que seul le travail compte. Le travail de terrain aussi. Et, bien sûr, qu’il faut ajouter au travail un certain talent pour identifier les acteurs politiques qui comptent et surtout leur rester fidèle. La fidélité, la loyauté absolue : ce sont les clés de la politique et les valeur de l’auteur. Vallaud-Belkacem a su se placer dans l’ombre tutélaire de ceux qui ont su reconnaître ses qualités : Gérard Collomb, le maire de Lyon, Jean-Jack Queyranne, le président de la région Rhône-Alpes et, bien sûr, Ségolène Royal. Elle leur rends hommage dans le livre.

Parcours hors-norme certes, mais parcours rectiligne malgré tout. Celui d’une jeune femme née au Maroc et qui a grandi dans une famille modeste, immigrée et ouvrière dans un quartier pauvre de la province péri-urbaine d’Amiens. Étudiante boursière, elle entre à Sciences-Po Paris avant de devenir, en vertu d’un travail permanent, une élue locale de poids à Lyon. Ce qui n’empêche ni les coups de gueule, ni les coups tout court, comme lorsque la jeune femme se lève en région Rhône-Alpes pour résister au Front National et à Charles Millon. Mais Najat Vallaud-Belkacem, mariée avec un haut fonctionnaire et mère de deux enfants, n’est pas une femme de coups – elle est d’abord une femme de continuité. De durée. Elle sait qu’on la jugera sur le long cours. Non comme une étoile filante.

Ce n’est pas toujours simple. « Je me souviens à ce propos d’une anecdote assez cocasse, écrit Vallaud-Belkacem. Durant cette campagne [de 2007], afin de rencontrer les habitants et les acteurs de la circonscription, j’organisais des dîners chez moi. Un soir, j’ouvre la porte d’entrée à un convive que je n’avais encore jamais croisé. Il entre, me tend aussitôt son manteau et me dit qu’il vient voir Mme Vallaud-Belkacem. Je lui réponds : Je suis Najat Vallaud-Belkacem. A sa mine déconfite et à son air stupéfait, je comprends qu’il m’a prise pour la bonne« .

La question de l’intégration et de la diversité est le fil rouge du livre, même s’il n’est jamais trop appuyé. Au passage, Vallaud-Belkacem se moque, en citant Ségolène Royal, de l’expression « Français de souche »… et pourquoi pas aussi « ceux de feuillage ». Sans amertume, et plutôt avec humour, elle cite ce genre d’anecdote et se retourne sur son parcours. Fière. Légitimement.



Éviter d’être une « météore » médiatique

Parfois un peu scolaire, le livre montre que Najat Vallaud-Belkacem veut toujours bien faire. Bonne élève appliquée, elle veut être la première de la classe Hollande. Elle a les bonnes citations. Ses références universitaires sont très Sciences-Po, et elle emploie les mots à la mode, tel ce beau terme « empowerment » (« redonner du pouvoir à »), sans doute plus efficace et plus clair que le « care » de Martine Aubry. L’empowerment c’est sa vie à elle, celle à qui on n’a rien donné, mais qui s’est donné à elle même du pouvoir. Dans le livre, ses références culturelles sont également attendues – et parfois inattendues (Zoé Shepard, Daniel Lindenberg, Steven Spielberg, Joy Sorman, François Bégaudeau…). Elle épingle au passage Alain Finkielkraut, qui, il faut bien le dire, l’a bien cherché ! Elle discute même quelques concepts de Jürgen Habermas ou cite Jaurès ou le Blum du discours de Riom.

Le 26 février dernier, Vallaud-Belkacem a attaqué Sarkozy sans hésiter, comme elle le fait depuis de longs mois, méthodiquement et sévèrement : « Le vrai modèle de Nicolas Sarkozy n’est pas Angela Merkel mais un mélange de Silvio Berlusconi et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique de l’un et la brutalité de l’autre ». La formule a fait mouche ! Mais la charge était sans doute un peu brutale (il faut le reconnaître Poutine c’est quand même Sarkozy en bien pire). A l’UMP, on s’est déchaîné contre elle. On lui a reproché d’avoir dépassé les bornes. L’analyse était pourtant vraie : Sarkozy mélange une forme de politique-entertainment à la Berlusconi, et une forme de dureté politique à la Russe (voir L’Espion de Sarkozy et « le squale », par exemple).

Voici aujourd’hui Najat Vallaud-Belkacem dans la cour des grands. Généraliste qu’on tente toujours de cantonner à la jeunesse, à la diversité et à sa féminité, elle va devoir faire la preuve de ses qualités. Et passer à l’étape suivante. Si Hollande est élu, elle peut espérer un poste de ministre – et il est certain qu’elle est aujourd’hui incontournable dans sa catégorie. Mieux vaut, pense-telle, commencer comme Nathalie Kosciusko-Morizet et gravir lentement les marches du pouvoir, plutôt que d’être une bulle médiatique – une « météore » -, comme Rama Yade et Rachida Dati, et d’exploser en vol.

Candidate aux législatives à Lyon, elle peut préférer une carrière plus régionale tout en étant, si elle est élue, être l’un des bras droit de Ségolène si celle-ci obtient la présidence de l’Assemblée. Elle peut, enfin, et à l’inverse, choisir de continuer à servir et à « apprivoiser » Hollande, par exemple en devenant l’une de ses principales conseillères à l’Elysée. Si elle choisissait cette dernière option, une nouvelle fois, elle se placerait dans les pas de Ségolène Royal. Entre le local, le régional et le Parlement, la vie de Najat Vallaud-Belkacem est à un tournant.

Mais on devine – on sait – que François Hollande a d’autres ambitions pour elle.




Le Parisien.fr - 10/01/2012 - François Hollande dévoile son QG de campagne





Le Monde - 11/01/2012 - "C'est maintenant", le slogan de François Hollande pour 2012 - Par David Revault d'ALLONNES


"Le changement, c'est maintenant." Ce sera bien le slogan de la campagne présidentielle de François Hollande, qui sera officialisé mercredi 11 janvier en fin de matinée, à l'occasion de l'inauguration officielle du siège de campagne, 59 avenue de Ségur, dans le 7e arrondissement de Paris.

Il ne s'agit pas d'une surprise : le candidat socialiste l'avait déjà utilisé ces dernières semaines, notamment dans sa lettre aux Français récemment publiée par le quotidien Libération ou encore dans ses vœux de fin d'année.

DÉCLINAISONS

Imaginé par l'agence de communication BDDP & Fils, dirigée par François Blachère, laquelle travaille aussi sur les visuels et les éléments graphiques de la campagne, ce slogan a été validé par les trois hommes forts de l'équipe, Pierre Moscovici, Stéphane Le Foll et Manuel Valls. Et bien sûr par le candidat lui-même.

"L'idée, c'est que la volonté de changement, l'envie de changer de président passent par François Hollande", résume Manuel Valls, responsable de la communication. Un message simple et efficace destiné à cristalliser le fort rejet du sarkozysme ressenti dans l'opinion.

Une série de photos de citoyennes et citoyens, d'ores et déjà accrochées sur les murs du QG et frappées du seul "C'est maintenant", préfigure le ton et le style de ce qui, visuellement, constituera l'ossature de la communication de campagne de M. Hollande. Un "C'est maintenant" qui, outre "le changement", sera tour à tour associé avec les thématiques mises en avant par le candidat socialiste, comme "le redressement", "la justice sociale", "l'espérance". Des formules qui seront déclinées sur affiches et dans plusieurs produits dérivés, cartes postales ou t-shirts.
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Europe 1 - 01/02/2012 - Hollande publie "Changer de destin" - Par Camille LANGLADE


François Hollande publiera, le 23 février prochain, son livre Changer de destin aux Editions Robert Laffont. L'ouvrage sera tiré à 50.000 exemplaires et vendu à 9 euros, a appris Europe 1. Sur 180 pages, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle retracera son parcours et selon son éditeur exposera "sa conception de la vie, du monde et de l’avenir de la France".

François Hollande avait publié, il y a 6 mois, durant la primaire socialiste, Le rêve français : discours et entretien (2009-2011) chez Privat.
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Le Monde.fr - 03/02/2012 - Avec son nouveau site, François Hollande veut ouvrir 5 millions de portes - Par Alexandre LECHENET


"L'ouverture de 5 millions de portes dans le pays" est l'objectif affiché par Vincent Feltesse, responsable de l'équipe web de François Hollande, et François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry. Et pour l'atteindre, ils comptent sur le "site de mobilisation" lancé le 3 février : toushollande.fr, "une machine destinée à tous ceux qui ont envie que ça change".

Les socialistes souhaitent mobiliser leurs militants et les sympathisants pour relancer le "porte-à-porte" : cette activité politique traditionnelle, systématisée grâce à l'appui d'Internet, a joué un rôle important dans la campagne victorieuse de Barack Obama en 2008 aux États-Unis. En plus d'organiser des porte-à-porte, qu'elle compte organiser via le site, l'équipe de M. Hollande annonce une "grande journée de mobilisation" le 17 mars. Selon une étude de trois militants socialistes de la section de Boston, 1 abstentionniste sur 14 se déplace pour aller voter après une opération de porte-à-porte, soit un taux de réussite largement supérieur à celui de la distribution de tracts.
Le site prévoit donc plusieurs outils pour encourager les sympathisants à se déplacer pour leur candidat. Récupéré sur La Coopol, le réseau social du Parti socialiste, et remodelé, le module "Mobilisation 2012" vise à récupérer les remontées des actions de terrain. Chaque volontaire peut s'y inscrire et donner les statistiques sur son dernier porte-à-porte, raconter sa rencontre en appartement ou encore importer la liste des emails récoltés.

A partir d'un noyau actuel d'une centaine de formateurs, le PS attend que 10 000 mobilisateurs trouvent à leur tour 150 000 volontaires.
Développé en interne par une équipe de cinq personnes, le site présente également une partie de "curation", c'est-à-dire de sélection de contenus provenant de témoignages sur le terrain ou de billets de blogueurs proches du candidat socialiste.

Ces contenus "à diffuser" permettraient, selon Romain Pigenel, blogueur chargé de l'influence en ligne dans l'équipe web du candidat, "d'adapter par nuances le message qu'on porte".
Outre le site de mobilisation, le candidat Hollande conserve son site de campagne, francoishollande.fr, sur la "parole du candidat". Celui du PS est plus particulièrement dédié "à la riposte", a indiqué David Assouline, secrétaire national à la communication.

Au total, 35 personnes sont mobilisées pour cette campagne numérique au QG du candidat plus une dizaine au PS. Coût de l'opération "un peu plus de 2 millions d'euros, soit 10 % du budget de campagne", a indiqué Vincent Feltesse, chargé de la web-campagne.


Le Monde - 19/01/2012 - L'agenda "sans répit" de M. Hollande - Par David REVAULT d'ALLONNES et Thomas WIEDER


François Hollande a choisi son tempo. Ce sera d'abord une présentation en deux temps : dimanche 22 janvier au Bourget (Seine-Saint-Denis), un "grand discours de projet présidentiel et d'analyse de la situation, qui fixera le chemin", résume son lieutenant Stéphane Le Foll. Puis, mercredi 25 janvier, sous une forme qui reste à déterminer, l'agencement et le chiffrage de ses priorités.

"Nous n'avons pas à nous mettre dans la main des autres. Nous ferons comme nous avons décidé", a indiqué le candidat, mercredi 18 janvier, devant son conseil politique réuni au QG de campagne du 59, avenue de Ségur, à Paris. "Au lendemain de ces annonces, il faudra aller sur le terrain pour les déployer", a insisté M. Hollande, qui, après avoir enchaîné une visite aux Antilles du 14 au 16 janvier, puis un aller-retour à Gandrange (Moselle), le 17, va continuer à multiplier les déplacements. A un rythme effréné.

"Une entrée soutenue". "Il fallait faire une entrée soutenue", glisse-t-on dans l'équipe de campagne. Lundi 23 janvier, le député de Corrèze recevra les organisations syndicales de l'éducation nationale. Mardi 24 janvier, il se rendra à Toulon pour une réunion publique. Puis, le 26 janvier, il sera sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes", sur France 2, pour le service après-vente de ses propositions. Dès le lendemain, il participera au forum organisé par le quotidien Libération à Grenoble. Le lundi 30 janvier, le candidat retrouvera le terrain avec un déplacement à Brest et une visite à la base de sous-marins de l'Ile-longue (Finistère). M. Hollande a obtenu, au titre de son mandat parlementaire, l'autorisation de visite du ministère de la défense.

Onze grands meetings. "On va partout, indique-t-on dans le staff. Pas de répit, pas de repos. A la rencontre des Français." Côté démonstrations de force militante, le planning est tout aussi chargé. Pas moins de 11 grands meetings, "avec plus de 5 000 personnes", sont en passe d'être calés d'ici au premier tour.

Après celui du Bourget, pour lequel la jauge a été fixée à 10 000 personnes, le candidat socialiste sait d'ores et déjà qu'il se produira à Rouen, sa ville natale, le 15 février, à Lyon, le 1er mars, et à Rennes, le 21 ou le 22 mars. Besançon et Lille devraient, entre autres métropoles régionales, être visitées dans cette configuration. "Rien pour le moment à Marseille et Montpellier", précise-t-on au QG.

Ségolène Royal en soutien. A noter que Ségolène Royal, pour sa part, a déjà prévu de tenir un meeting à Marseille, le 7 février, puis dans l'Hérault. Attendue également à Angoulême, le 16 février, peut-être aux côtés d'Arnaud Montebourg, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes indique qu'elle va s'adresser prioritairement à "l'électorat populaire qui peut être tenté de voter Marine Le Pen".

Le dernier meeting d'ampleur du candidat avant le premier tour de l'élection présidentielle (dimanche 22 avril) aura lieu à Toulouse, dans la plus pure tradition socialiste.

Pour mars, plusieurs dates sont déjà calées. Un grand rassemblement des élus à Dijon, au début du mois, organisé par la présidente de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR), la députée Marylise Lebranchu, visera à "mettre en mouvement" l'ensemble de l'appareil. Une réunion avec des représentants des partis socialistes et sociaux-démocrates européens, notamment allemands, anglais, italiens et espagnols, les 16 et 17 mars à Paris, se conclura par un "grand discours européen de François Hollande". Et quelques jours plus tard, un décollage pour la Réunion et Mayotte, avec à la clé de jolies cartes postales de meetings à moins d'un mois du premier tour.

Des rendez-vous thématiques. Egalement dans les cartons du staff Hollande, des projets aussi divers qu'un rendez-vous avec la patronne du Medef, Laurence Parisot et d'autres représentants patronaux, fin février, un déplacement aux Etats-Unis ou un grand rassemblement avec les ultramarins de métropole organisé par les députés de Guyane, Christiane Taubira, et de Guadeloupe, Victorin Lurel, au cours duquel le candidat socialiste pourrait présenter des propositions spécifiques à l'outre-mer.

Agenda chargé, donc, au point que certains préconisent déjà de lever légèrement le pied : "Il faut faire attention. Il va falloir tenir jusqu'au 6 mai..."
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Le Monde.fr - 08/02/2012 - Marathon de meetings pour François Hollande avant le premier tour - Par David REVAULT d'ALLONNES


Ils ont finalement choisi de conserver un rythme de marathonien. Ces dernières semaines, l'équipe de campagne de François Hollande s'interrogeait : fallait-il maintenir les dix meetings prévus d'ici le deuxième tour, le 6 mai prochain, utiles pour mobiliser le noyau dur de l'électorat socialiste, mais nettement moins pour toucher le grand public ? Ou alléger le programme ? C'est la première option qui a finalement été retenue.
Jean-Claude COUTAUSSE

Depuis mercredi 8 février, la série, entamée dimanche 22 janvier avec le meeting du Bourget, des grandes réunions publiques censées attirer chacune autour de 10 000 personnes, voire plus, est calée.

François Hollande officiera ainsi à Rouen le 15 février, aux côtés de Laurent Fabius, à Lyon le 1er mars et à Dijon le 3 mars, à l'occasion d'un grand rassemblement des élus. Il sera à Marseille le 14 mars, à Rennes le 20 mars en compagnie de Ségolène Royal et à Besançon le 10 avril avec son directeur de campagne Pierre Moscovici, député du Doubs. Le dernier meeting avant le 1er tour se tiendra à Lille, avec Martine Aubry, le 19 avril.

Si le socialiste est qualifié pour le second tour, les deux grandes réunions publiques de l'entre-deux tours se tiendront le jeudi 26 avril à Limoges, et une semaine plus tard, le 3 mai, à Toulouse, dans la plus pure tradition socialiste.
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Libération - 24/02/2012 - Hollande, le refoulé de l'étranger - Par Laure BRETTON

Le socialiste, qui cherche à rattraper son retard diplomatique, peine à rencontrer les dirigeants mondiaux. C’était une confidence chuchotée devant 10 000 personnes. La semaine dernière à Rouen, Laurent Fabius, chargé par François Hollande de le représenter à l’étranger, jurait que «les chancelleries, à quelques exceptions près, ne verraient pas d’un mauvais œil un changement s’opérer à la tête de la France». De retour d’une tournée au Moyen-Orient, l’ex-Premier ministre ajoutait, un ton plus bas, qu’à la fin de ses entretiens «certains, et non des moindres, [lui] disaient "dites bonne chance à François Hollande"».

C’était avant son départ pour Pékin où il a été si fraîchement reçu qu’il a écourté sa visite pour filer au Japon. A Tokyo, il a pour le coup reçu un accueil de haut rang, rencontrant le chef du gouvernement et une palanquée de ministres. «Peut-être que les Chinois ont été vexés que Hollande ne vienne pas en personne», glisse-t-on de source diplomatique française à Pékin. Par parallélisme des formes, moins de huit jours plus tôt, Jean-François Copé, patron de l’UMP, rencontrait le numéro 8 du Parti communiste chinois. Mais, dans un pays très à cheval sur le protocole, à qui faire rencontrer le représentant d’un candidat à la présidence ? Les dirigeants chinois doivent aussi avoir en mémoire les images d’un Fabius manifestant souvent en faveur des droits de l’homme dans la République populaire ainsi que les déclarations très fermes de Hollande sur la convertibilité du yuan. Mais, pour Fabius, «il n’y a pas eu de rejet, juste une confusion», minore-t-on dans l’entourage du candidat. Sauf qu’il n’y a pas que la Chine qui se refuse aux socialistes à moins de deux mois de la présidentielle. Pour l’instant, malgré une requête officielle, Angela Merkel n’a toujours pas accepté de le recevoir. Pis : elle s’est engagée à soutenir Sarkozy pendant sa campagne. «On a fait une demande, on ne va pas la réitérer. Pas question de quémander», s’agace un proche du candidat.

Suspens. Hollande fait figurer tout en haut de son agenda diplomatique la «réorientation de la construction européenne», et cela passe par la renégociation du traité «Merkel-Sarkozy» s’il l’emporte en mai. Pour cela, il a annoncé que son premier voyage de président serait pour Berlin et compte sur la dynamique de son élection pour relancer le moteur franco-allemand. Mais aussi les relations avec beaucoup d’autres pays : «Vous n’imaginez pas la force d’un président qui vient d’être élu», souligne Jean-Marc Ayrault. Germanophone et germanophile, le chef des députés PS met à profit ses contacts pour discrètement renforcer les liens entre Hollande et Berlin. De son côté, le Premier ministre britannique, David Cameron, a souhaité «bonne chance» au chef de l’Etat dans sa course à la réélection. «C’est très bien, qu’ils le fassent tous, ironisait Hollande ce week-end en Corrèze. Ce sont tous des conservateurs !» Le candidat, dont l’anglais parlé semble plus délié que celui de Sarkozy, ne rencontrera donc pas Cameron lors de son voyage à Londres mercredi. Pour des raisons d’agenda, les visites annoncées en Pologne, au Danemark et au Maroc sont en suspens. Mais «faut pas exagérer, on n’est pas à Valmy, il n’y a pas de coalition contre la France», fait valoir un ténor du PS.

Reste que hors Europe, et en pleine crise, les relations internationales sont loin d’être la priorité de Hollande, qui y consacre le dernier chapitre de son livre sorti hier, dans lequel il promet la fin de la Françafrique ainsi que le développement des relations avec les pays émergeants et le retrait des soldats français d’Afghanistan avant la fin 2012. «Dans cette passe délicate où le printemps arabe voit son ciel d’hiver se couvrir, l’appui de la France ne fera pas défaut aux démocraties» de l’autre rive de la Méditerranée, écrit-il aussi. Devant l’aggravation de la situation en Syrie, il a appelé hier tous les candidats à l’Elysée à adopter une «position commune de soutien à l’opposition syrienne», jugeant délicat le transfert d’armes vers les insurgés. «Il faut un appui, mais il y a un risque d’aggravation de la guerre civile», a-t-il noté sur France Inter.

Option. Ancien ministre des Affaires européennes et directeur de campagne, Pierre Moscovici multiplie les déjeuners avec les ambassadeurs pour préparer le terrain. Il devait représenter Hollande aux Etats-Unis, mais sa visite prévue fin février a été reportée à mars. Toutefois, une source diplomatique interrogée par Libération à Washington assure que le voyage de Hollande lui-même était bouclé. Rencontre avec la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, et même entrevue informelle - sans caméra ni photos - avec Barack Obama comprises. Le socialiste aurait refusé, jugeant ce programme «not good enough» («pas assez bien») pour lui. «Ce n’était pas topé. Il n’y a eu ni arrogance de notre part, ni négligence de la leur», défend Moscovici. L’équipe se contente de souligner que l’option Washington a été abandonnée au début de l’hiver, après le «numéro d’amitié outrée» entre Sarkozy et Obama lors du G20 de Cannes en novembre. Il en allait aussi du statut présidentiel de Hollande. Constat d’un membre de l’équipe : «Vous auriez fait votre travail et écrit que Sarkozy traitait avec Obama alors que Hollande ne voyait "que" [Hillary] Clinton ou [Joe] Biden», le vice-président.


La Primaire Socialiste

La Primaire Socialiste
Quel rôle pour les vaincus
Les leçons à tirer


Le Nouvel observateur - 17/10/2011 - Primaire PS : 5 leçons à tirer pour François Hollande et tous les socialistes - Par Thierry de CABARUS

François Hollande sera donc le candidat du parti socialiste à l'élection présidentielle en 2012. Avant d'entrer dans la campagne, il est temps, pour lui et les socialistes, de tirer les enseignements de cette primaire de gauche.

Voilà. Cette fois et seulement cette fois, les jeux sont faits. Les électeurs de gauche ont fini par désigner démocratiquement leur champion au deuxième tour, en s’efforçant de faire fi des sondages qui leur imposaient de voter comme un seul homme pour le "favori". Et s’il convient de féliciter chaleureusement le gagnant qui est de notre camp, la gauche, si François Hollande a gagné, sa victoire pour être belle et confortable, est tout de même à relativiser.
Photo : T.SAMSON


Heureusement, il reste six mois à notre nouveau champion pour tirer les conclusions d'un succès certes net, mais sans doute un peu décevant pour ses partisans au regard de tous les ralliements qui étaient annoncés. Il reste six mois pour se remettre en question et s'expliquer avec honnêteté que plus de 43% des électeurs de gauche n’ont pas voté pour lui, non seulement pour des causes extérieures (le climat "agressif", la pugnacité jugée "excessive" de son adversaire) mais aussi en raison d'un manque apparent d’énergie, de mobilité, et peut-être d’épaisseur.

Il lui reste une demi-année pour prendre toute la mesure de ses nouvelles responsabilités : à savoir que désormais, chacun au Parti socialiste compte sur lui, de Valls à Montebourg en passant par Aubry, que la gauche va véritablement et loyalement se rassembler autour de lui. Une demi-année pour qu’il se sente non seulement unanimement soutenu et fortifié, mais pour qu’il continue de se muscler, de s’affûter, de s’entraîner au seul et unique combat qui compte désormais, battre en mai 2012 le champion de la droite.

Un avertissement à François Hollande

On ne refait pas l’histoire. Il est inutile de se dire que si Martine Aubry était partie plus tôt, elle aurait pu gagner la primaire socialiste. Mais il n’est pas vain non plus de constater que la victoire de François Hollande, incontestable, certes, sonne aussi comme un avertissement.

Lui qui a profité d’un formidable soutien des médias, de ce que Martine Aubry a appelé "le système" sans être comprise (tous les "faiseurs d’opinion", les journalistes, les sondeurs ont décerné dès le début de sa campagne un statut assez contestable de "favori" à François Hollande), lui qui a bénéficié du ralliement (plus ou moins clair, parfois même contre nature) de ses quatre rivaux éliminés au premier tour, n’est pas parvenu à passer la fameuse barre des 60%, le résultat qui lui aurait permis d'endosser sans avoir à ajuster les coutures, le costume du candidat "100% naturel".

Mais l’heure n'est pas encore à la réflexion en profondeur, elle est à la joie d'avoir un candidat pour 2012, elle est au rassemblement, c'est vrai, et à cette fameuse "troisième mi-temps" annoncée par Martine Aubry qui a eu raison, dès samedi, de comparer cette primaire à un match de rugby : d’abord, on se bouscule, on se cogne dessus, on perd ou on gagne, et après seulement la fin de la deuxième mi-temps, quand la partie est finie, on se rassemble et on fait la fête ensemble.

Des enseignements pour le Parti socialiste

Cependant, juste une mise au point qui ne doit pas gâcher les réjouissances, mais qui est nécessaire pour partir sur de bonnes bases avec notre candidat désigné. À tous ceux qui disent que le ton de la primaire a été trop brutal, et que les derniers jours, marqués par des échanges très agressifs de part et d’autre, seraient préjudiciables à François Hollande pour la suite, il convient de répondre par un certain nombre d’enseignements, juste avant d’aller lever son verre en prévision de l’autre victoire, finalement la seule qui compte désormais.

1. La primaire est bien la répétition générale de l’élection à la présidence de la République. Il fallait donc que nos candidats se retrouvent dans des conditions réelles pour préparer la vraie bataille et qu’ils s’affrontent sans "faire semblant". Le fait que seuls des socialistes (et un radical) étaient en compétition n’était pas une raison suffisante pour dire qu’il ne fallait pas un combat "viril" entre les candidats. Car chacun doit avoir conscience que le combat qui s’annonce en 2012 face à la droite sera autrement plus violent quand Nicolas Sarkozy sera le seul adversaire à battre.

2. La primaire est une vraie avancée démocratique. À quoi aurait servi une élection préparée d’avance, avec un ralliement dès le premier tour derrière le "favori" des sondages ? À un tripatouillage entre militants, quelque chose comme un vote au congrès ? Cette fois, la mise en place de primaires du type des élections italiennes ou américaines a autorisé tous les sympathisants à sélectionner, en deux tours, leur champion. Limiter le vote à un seul tour aurait consisté à les priver de leur voix et à retomber dans des magouilles du type 2008 à Reims dont personne ne veut plus. Or, la formidable participation aux deux tours de scrutin montre la soif des électeurs à donner leur avis, mais aussi leur désir d’en finir avec la droite en mai prochain.

3. Honneur au gagnant qui, aujourd’hui, peut s’enorgueillir d’être "le candidat victorieux" de tous les socialistes, qu’ils soient de la "gauche forte" ou de la "gauche molle", à défaut d’avoir, pour l’instant, tout à fait la stature du "candidat de la victoire". Mais cela va venir. Nul doute que notre présidentiable saura se nourrir des conseils et des idées de ses anciens rivaux qui devront, de leur côté, mettre loyalement leurs experts et leur expérience à son service.

4. Le rassembleur va devoir se rassembler lui-même. On peut se demander si, bousculé par sa rivale au sein de son propre parti, le  "rassembleur" sera assez solide face à un champion de la droite décidé à l’emporter par tous les moyens. Heureusement, il lui reste six mois pour développer sa pugnacité, affuter ses armes offensives.

Six mois pour prendre de l’épaisseur aussi, remplir son enveloppe consensuelle avec de l’imagination, des idées nouvelles, des convictions fortes. Six mois enfin pour se mettre au service d’un programme à la fois plus ambitieux et néanmoins réaliste, qu’il convient de réactualiser depuis la crise, et dont le contenu devra être précis, chiffré, sans ambiguïté, mais aussi capable de laisser une large place au rêve.

5. Chacun doit désormais oublier ses rancœurs et se rassembler derrière François Hollande. Six mois, c’est largement suffisant pour que tous les socialistes, tous les sympathisants du PS mettent de côté leur déception, leurs frustrations, leurs doutes et pour qu’ils apprennent à mieux comprendre et à soutenir désormais inconditionnellement leur nouveau champion.

Car il faut  que chacun se range sans plus d’arrières pensées derrière François Hollande, et que ce dernier aborde les mois qui viennent en pouvant s'appuyer sur des troupes loyales et univoques. Et ce n’est pas la moindre des conditions, (on l'a vu en 2007 avec la défaite de Ségolène Royal) pour l’emporter en mai 2012.

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Rue 89 - 16/10/2011 - Large victoire de François Hollande à la primaire socialiste

« Je veux réenchanter le rêve français », a déclaré François Hollande, vainqueur de la primaire socialiste avec plus de 56% des voix, contre environ 43% pour Martine Aubry.


Avec environ 56% des voix, François Hollande obtient une nette victoire face à Martine Aubry au second tour de la primaire et sera le candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle de 2012.
La participation au second tour devrait être légèrement supérieure à celle du premier tour (2,6 millions de votants).
Peu après 20 heures, Ségolène Royal est la première à officialiser le résultat : « François Hollande arrive nettement en tête » avec « une grande légitimité que la droite ne peut pas mettre en cause ».
« L’heure est au rassemblement joyeux derrière le candidat qui arrive largement en tête. »

Martine Aubry reconnaît sa défaite à 20h45 et appelle au rassemblement. Elle commence par préciser qu’elle « retrouve [ses] fonctions de première secrétaire » du Parti socialiste.
« François Hollande est notre candidat, les primaires l’ont rendu plus fort encore. Je mettrai toute mon énergie et toute ma force pour qu’il soit dans sept mois notre prochain président de la République. »

Puis la toute nouvelle première secrétaire accueille le candidat François Hollande. Les deux candidats du deuxième tour échangent bises et applaudissement, une mise en scène qui enchante les militants.

François Hollande prononce successivement trois longs discours : le discours officiel, une intervention moins formelle devant les militants du parti et une autre à la Maison de l’Amérique latine où ses partisans sont réunis.
Dans le premier, il se félicite du processus des primaires avant d’appeler au rassemblement :

« Ce que nous venons de réaliser est un processus irréversible qui s’imposera à toutes les familles politiques. »

« C’est le rêve français que je veux réenchanter. C’est pourquoi j’ai fait de l’école la grande priorité. »

« Ce soir, je veux dire à Martine Aubry que j’ai particulièrement apprécié sa dignité, je veux lui dire tout mon respect et tout le besoin qui est le nôtre de pouvoir travailler ensemble. »

« Ce soir, j’ai reçu un mandat d’une partie d’entre vous, un mandat impérieux, celui de faire gagner la gauche. J’y consacrerai toutes mes forces, toute mon énergie et j’ai la volonté de réussir le changement. »

Devant les militants du PS, il fait applaudir ses concurrents de la primaire, rend hommage à Martine Aubry et salue « son geste de mettre le Parti totalement à la disposition du candidat ».
Dans la péniche où se retrouvent les partisans de Martine Aubry, l’ambiance est à la résignation et la déception, à commencer par celle de l’absence de la candidate. Charza, qui l’a soutenue « dès le début », se console :
« François Hollande c’est bien aussi. Peut être que les Français auront plus de facilité à voter pour lui, car il faut le reconnaître ils sont un peu misogynes. Et puis c’est un candidat qui a aussi le mérite de pouvoir séduire des candidats du centre. »

Renée Greusard, notre reporter sur place, constate néanmoins que l’ambiance n’est pas si morne :

« Martine Aubry ne vient pas, mais sur la péniche, ambiance de foooolie. Jean Paul Huchon cherche un certain Max, il y a une musique aquatique/dance, quelques verres font “cling-cling” et une fille crie “Benoît président”. »
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Le Monde.fr - 09/10/2011 - Primaire PS : les résultats du premier tour
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Le Figaro - 17/01/2012 - Quel rôle pour les vaincus de la primaire PS ? - Par Jim JARRASSE


Valls, Montebourg, Aubry, Royal, Baylet… Tous ont fait serment d'allégeance à François Hollande, mais chacun exprime son soutien à sa manière, quitte parfois à desservir le candidat socialiste. Tour d'horizon.

Pas de contestation possible. En remportant le second tour de la primaire avec plus de 56% des suffrages, le 16 octobre dernier, François Hollande a imprimé sa marque sur le Parti socialiste. Cette nette victoire a facilité le ralliement des cinq autres candidats à la primaire. Une unité mise en scène lors de la convention d'investiture du candidat socialiste, en présence de Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Ségolène Royal et Jean-Michel Baylet. Après quatre mois de confrontation, François Hollande a ensuite cherché à promouvoir le rassemblement en accordant à chaque sensibilité une place au sein de son équipe de campagne.

Martine Aubry, la gardienne du temple: La finaliste de la primaire, qui a retrouvé sa place de première secrétaire du parti, s'affichait ce mardi aux côtés de François Hollande à Gandrange, en Moselle. Les deux ennemis d'hier se rencontrent toutes les semaines pour coordonner leurs interventions. Objectif: montrer que le candidat et le parti marchent main dans la main, un lien qui avait tant fait défaut à Ségolène Royal en 2007. Depuis le début de l'année, la maire de Lille ne ménage pas ses efforts pour défendre le candidat socialiste et attaquer Nicolas Sarkozy sur son bilan. Lors de ses vœux rue de Solférino, au cours de l'inauguration du siège de campagne de François Hollande, en marge d'une visite présidentielle à Lille… à tous les coups, Martine Aubry frappe dur.Oubliés les procès en «mollesse» intentés par la patronne du PS contre son adversaire lors de la campagne de la primaire. Oubliées les violentes prises de becs entre aubrystes et hollandais lors de la négociation de l'accord électoral avec les écologistes et des investitures pour les législatives. «Mon seul souci, faire qu'Hollande soit élu», jurait Martine Aubry début décembre à Libération. Et surtout que Nicolas Sarkozy soit battu… C'est avant tout cet objectif commun qui a scellé l'alliance de raison des deux rivaux de la primaire.


 Arnaud Montebourg, l'indomptable: Fort de ses 17% au premier tour de la primaire, le député de Saône-et-Loire a décidé de faire entendre sa voix au sein du PS. En créant son mouvement, baptisé La Rose et le réséda - un nom inspiré d'un poème d'Aragon -, Arnaud Montebourg veut «faire avancer» les idées qui ont fait son succès. Celles de la «démondialisation», de la réindustrialisation et de la régulation financière. Un positionnement qui se veut «complémentaire» de celui du candidat socialiste. Pour François Hollande, qui a fait appel au troisième homme de la primaire lors de ses déplacements dans des usines, Arnaud Monteboug constitue une caution de gauche indispensable pour limiter les déperditions de voix vers Jean-Luc Mélenchon. Absent de l'organigramme de campagne du candidat, Arnaud Montebourg cultive son indépendance. A tel point qu'il ne se retient pas de mener des frondes contre son propre parti: entré «en résistance» contre l'accord avec Europe Ecologie-Les Verts, il dénonce les pratiques de la fédération socialiste du Pas-de-Calais et embarrasse ses camarades en proposant de fixer une limite d'âge pour les députés socialistes au nom d'une rénovation qu'il prône depuis plusieurs années. Autant d'incartades qui lui ont valu un rappel à l'ordre de la part de Martine Aubry.

Manuel Valls, le dévoué : Rangé derrière François Hollande depuis le soir du premier tour, le député-maire d'Evry occupe une place centrale dans le dispositif de campagne en dirigeant d'une main de fer la communication du candidat. Prêt à renier ses propres engagements, sur la TVA sociale qu'il souhaitait instaurer ou les 35 heures qu'il voulait «déverrouiller», Manuel Valls s'est mis totalement au service du candidat socialiste. Il est omniprésent dans les médias, ce qui lui vaut parfois quelques cafouillages. Lorsque, mardi dernier, Manuel Valls confirme au micro de RMC la suppression du quotient familial, il est contredit dans la foulée par Michel Sapin, responsable du programme du candidat, qui évoque une «simple piste». Le genre de couacs que les socialistes espèrent éviter à l'avenir, en renforçant la communication au sein de l'équipe de campagne, désormais dotée d'un QG opérationnel. Souvent accusé dans le passé de «jouer perso», Manuel Valls, en hausse dans les enquêtes de popularité, pourrait profiter de la campagne de François Hollande pour se replacer au centre du jeu.

Ségolène Royal, l'électron libre: Ebranlée par sa lourde défaite à la primaire, l'ex-compagne de François Hollande s'est mise en retrait pendant plusieurs semaines, consacrant l'essentiel de se ses apparitions à la promotion de sa candidature aux législatives, à La Rochelle. Mais depuis le début de l'année, la présidente de la région Poitou-Charentes, qui espère décrocher la présidence de l'Assemblée nationale, se replace peu à peu dans le jeu politico-médiatique. L'ex-candidate à la présidentielle de 2007 s'est ainsi offert le luxe de donner des conseils à François Hollande: «Il faut aujourd'hui qu'[il] soit plus précis dans les propositions qu'il a promis de faire et il va l'être, je puis vous le dire», déclarait-elle le 10 janvier sur France Bleu Poitou. Représentée au sein du dispositif de campagne par Guillaume Garrot, son porte-parole, elle devrait participer à plusieurs meetings de François Hollande, mais son rôle précis reste encore à définir.


Jean-Michel Baylet, le discret: Un score réduit à la primaire (0,7%) et un rôle tout aussi symbolique dans la campagne pour le patron du Parti radical de gauche, qui a été nommé au sein du conseil politique de François Hollande, où il côtoie Martine Aubry. Son directeur de cabinet lors de la primaire, Harold Huwart, participe quant à lui à l'élaboration du projet. Quasi-inexistant dans la campagne, Jean-Michel Baylet a simplement fait une apparition lors de l'inauguration du QG du candidat socialiste et repris l'argumentaire du PS en qualifiant la perte du triple A de «naufrage pour le chef de l'Etat».

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