Le Nouvel observateur - 01/03/2012 - Comment obtenir un parrainage pour la présidentielle ? - Par Paul LAUBACHER
Marine Le Pen dévoilera ce soir sur France 2 le nombre de parrainages qu'elle détient. L'occasion de revenir sur cette étape essentielle de la présidentielle.
"Je vais bien voir quels sont les maires qui n'ont pas tenu leur promesse." Marine Le Pen, candidate du Front national, aura-t-elle ses 500 parrainages pour se présenter à l'élection présidentielle ? Invitée ce soir du journal de 20h sur France 2, la présidente du FN devrait normalement lever le doute persistant.
Exercice périlleux pour les petits candidats ou simple promenade de santé pour les poids lourds de l'élection présidentielle, la chasse aux parrainages est une étape essentielle de la campagne. Sans ces parrainages, point de candidature.
La chose est devenue sérieuse pour les candidats ces derniers jours. Plus de 47.000 élus ont reçu le formulaire qui leur permet de parrainer un candidat en fin de semaine dernière. Ce formulaire, unique et numéroté pour éviter toutes tricheries, a été envoyé par les préfectures et doit être renvoyé au Conseil constitutionnel avant le 16 mars à 18h.
Pour parrainer un candidat à l'élection présidentielle, il faut donc être soit maire (de commune ou d'arrondissement), député, sénateur, représentant au Parlement européen, conseiller régional ou conseiller à l'Assemblée de Corse, ou conseiller général.
Afin qu'une candidature à l'élection présidentielle soit validée par les Sages de la République, elle doit respecter quelques critères. Les prétendants à la magistrature suprême doivent recevoir au minimum 500 parrainages de 30 départements différents. Petite difficulté supplémentaire, un candidat ne peut recevoir plus de 50 parrainages dans un département. En 2007, Philippe de Villiers, candidat du Mouvement pour la France, avait ainsi présenté 50 signatures d'élus vendéens.
Théoriquement, le nombre de candidature pour l'élection présidentielle est limité à 80. La réalité est bien différente et ce chiffre ne sera surement jamais atteint. En 2007, seul 35,6% élus, soit 16.900, ont parrainé un candidat, limitant drastiquement le nombre de candidats possible.
Contacté par "Le Nouvel Observateur", Dominique Gély (auteur de "Les parrainages des élus pour l'élection présidentielle", édition L'Harmattan) explique que "sur 47.000 élus capables de parrainer un candidat, 36.000 sont des maires. Et en France, il y a 19.000 communes de 50 à 500 habitants dont les maires sont apolitiques. Ils ne souhaitent pas parrainer un candidat et, de plus, ils ne sont pas obligés."
Entre l'envoi des formulaires de parrainages le 24 février et le 16 mars, date limite du dépôt des signatures, le Conseil constitutionnel procède à la validation des parrainages. En 2007, près de 160 parrainages ont été invalidés, soit environ 1% des parrainages déposés.
A la lecture des exemples de ces parrainages non-comptabilisés, des perles émergent.
Dans un cas, le Conseil constitutionnel a invalidé un parrainage qui émanait d'un maire décédé, "mais portant une date de signature postérieure à l'accident mortel dont il a été victime".
81 formulaires de parrainages voyaient le nom du candidat volontairement barré ou non renseigné.
Dans 20 cas, l'élu souhaitant parrainer un candidat était non identifié, "notamment par absence de signature ou présentation précédée par une autre présentation valide émanant de la même personne.
Marine Le Pen devra attendre au maximum jusqu'au 20 mars pour savoir si elle sera effectivement candidate à l'élection présidentielle. Son sort fixé, la candidate du frontiste verra alors quels sont les maires "qui n'ont pas tenu leur promesse".
Accès à l'article
Le Parisien. Le 31/01/2012. Source
Pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, il faut être muni d’au moins 500 parrainages de « citoyens titulaires d’un mandat électif », qui doivent émaner d’au moins « 30 départements ou territoires d’outre-mer ».
Chaque candidat a jusqu’au 16 mars, 18 heures, pour les déposer au Conseil constitutionnel.
Quelques jours avant le 1er tour, le « Journal officiel » publie pour chaque candidat une liste de 500 noms tirés au sort. En France, quelque 43000 élus — principalement les maires — sont habilités à parrainer un (seul) candidat. Contrairement à ce que semblent penser nombre d’élus réticents à donner leur paraphe, un parrainage n’implique pas un soutien politique au candidat concerné. Avant 1981, il fallait cent signatures. La multiplication de candidatures fantaisistes, lors des scrutins de 1965, 1969 et 1974, a conduit Giscard à réformer la loi en 1976 pour un filtrage plus strict.
Slate.fr. 24/02/2012. Source
Parrainages: quelles sont les meilleures régions pour décrocher les 500 signatures?
Selon nos calculs sur les scrutins de 1995, 2002 et 2007, certaines zones sont plus «généreuses» ou plus «radines» que d'autres avec les petits candidats.
Slate.fr. 24/02/2012. Source
Parrainages: quelles sont les meilleures régions pour décrocher les 500 signatures?
Selon nos calculs sur les scrutins de 1995, 2002 et 2007, certaines zones sont plus «généreuses» ou plus «radines» que d'autres avec les petits candidats.
La récolte des 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle, c’est
comme la cueillette des champignons: il faut connaître les bons coins. Alors
que la période d’envoi officiel des formulaires au Conseil constitutionnel s’est
ouverte avec la publication au Journal officiel, vendredi 24 février, du décret
de convocation des électeurs, nous avons voulu savoir quelles étaient les
régions les plus «généreuses» et «radines» en parrainages, à l’aide d’une carte
et d’une infographie.
Pour cela, on ne peut que s’appuyer sur des données à la fois partielles et substantielles: pour chaque candidat sont tirés au sort et publiés au JO 500 noms de parrains, qu’il en ait obtenu 501 ou 5.000. Un tirage au sort légèrement orienté, puisqu’il se fait de façon à ce que les conditions géographiques d’obtention (au moins trente départements représentés, pas plus de 10% des signatures venant d’un seul département) soient vérifiées. Depuis la première application de la loi sur les parrainages, en 1981, pour 81.365 parrainages validés, seulement 28.000 ont donc été publiés, soit un peu plus de 34%.
Interrogé par Slate.fr sur la répartition géographique de l’ensemble des parrainages, et non des simples parrainages publiés, le Conseil constitutionnel a répondu que «les […] données dont la loi ne prévoit pas la publication ne sont pas communiquées» et nous a renvoyé vers les informations disponibles sur son site.
La carte ci-dessous, établie par nous à partir des parrainages publiés en 1995, 2002 et 2007 (les fichiers de 1981 et 1988 étant peu exploitables) [1] montre la répartition géographique des 18.265 parrainages publiés en métropole sur ces trois élections, le reliquat provenant de l’outre-mer et des Français de l’étranger. Selon nos calculs, la région qui a fourni le plus de parrainages est Rhône-Alpes (1.609) devant Midi-Pyrénées (1.349) et l’Ile-de-France (1.112), et celle qui en a fourni le moins est la Corse (231).
Mais ces chiffres n’ont de sens qu’une fois rapportés au
nombre d’élus qui peuvent parrainer un candidat: maires, parlementaires,
conseillers régionaux et généraux, présidents de communautés de communes…
47.000 postes concernés au total pour 42.000 élus habilités environ, en raison
du cumul des mandats (un élu ne peut signer qu’une fois). Selon nos pointages,
on trouve par exemple autour de 3.700 postes concernés en Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées,
mais seulement 500 en Corse.
Dans l’infographie ci-dessous, nous ne nous intéressons qu’aux parrainages attribués aux candidats dits «petits», «hors système» ou en rupture de parti, ceux autour desquels, à chaque fois, la presse entretient le suspense. Nous avons donc écarté les candidats PS, RPR/UDF/UMP, Verts et PCF.
Résultat? En moyenne, pour chaque présidentielle entre 1995 et 2007, un élu sur neuf habilité à signer en Picardie l’a fait en faveur d’un candidat «petit» ou «hors système» et a vu son nom publié au Journal officiel, soit 840 parrainages cumulés sur trois élections, pour un vivier d'environ 2.600 élus. En Ile-de-France, le ratio est de 1 sur 16: le département attribue autant de signatures que la Picardie, mais donne deux fois moins de signatures aux «petits». Dans le Limousin, le ratio atteint 1 sur 24.
Ces résultats sont une moyenne et, rappelle Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop (qui a publié, en 2007 et en 2011, deux études sur les parrainages), chaque candidat a ses forces et «les logiques de collecte peuvent être très différentes».
Par exemple, «la Picardie est une grande terre de chasse, un des gros bastions de CNPT et aussi une terre très frontiste, là où le FN a la famille Guiniot, qui font partie de ses meilleurs collecteurs de signatures», explique-t-il —c'est d'ailleurs le conseiller régional Michel Guiniot qui supervise la collecte des parrainages pour le parti.
Picardie et Champagne-Ardennes les plus «généreuses»
Mais on constate aussi que cette région, la plus «généreuse», accorde de nombreux parrainages à des candidats de gauche comme de droite, ce qui explique sans doute qu'Olivier Besancenot ait expliqué avec inquiétude cette semaine avoir en Picardie «une liste d'une vingtaine de communes où visiblement le PS va démarcher des maires de petites communes pour parrainer Hollande, qui n'en a pas franchement besoin».
Dans les trois départements de Picardie, en 2007, Besancenot recueillait ainsi 33 signatures publiées, Nihous 43, Schivardi 45, Villiers et Le Pen 46 chacun et Laguiller 49. Et des chiffres proches se retrouvent pour des candidats très différents comme Cheminade (1995, 40), Lepage (2002, 45) et Boutin (2002, 49). On constate un phénomène similaire dans les quatre départements de Champagne-Ardenne où, en 2007, Le Pen décrochait 36 parrainages, Laguiller 39, Besancenot 43, Schivardi 44 et Villiers 56.
Points communs de ces deux régions, ainsi que de plusieurs autres parmi les plus généreuses, comme la Bourgogne ou la Franche-Comté:
elles comptent plus de petites communes qu’ailleurs.
elles sont fortement touchées par la désindustrialisation et les délocalisations.
elles traduisent ce que Jérôme Fourquet appelle «un effet de positionnement politique qui a trait au clivage récurrent entre ouistes et nonistes: elles étaient pour le non». En 1992, la Champagne-Ardenne votait non à 51% à Maastricht et la Picardie à 57%; pour le TCE, en 2005, ces chiffres étaient passés à 57% et 64%. Or, les candidats «petits» ou «hors système» sont en majorité nonistes.
Des régions comme l’Alsace, la Bretagne ou les Pays de la Loire, qui font partie des rares à avoir voté oui en 2005, sont elles moins généreuses. On trouve aussi dans cette catégorie des régions aux communes plus grandes ou mieux tenues par les grands partis, comme le Nord-Pas-de-Calais et l’Ile-de-France.
Pour cela, on ne peut que s’appuyer sur des données à la fois partielles et substantielles: pour chaque candidat sont tirés au sort et publiés au JO 500 noms de parrains, qu’il en ait obtenu 501 ou 5.000. Un tirage au sort légèrement orienté, puisqu’il se fait de façon à ce que les conditions géographiques d’obtention (au moins trente départements représentés, pas plus de 10% des signatures venant d’un seul département) soient vérifiées. Depuis la première application de la loi sur les parrainages, en 1981, pour 81.365 parrainages validés, seulement 28.000 ont donc été publiés, soit un peu plus de 34%.
Interrogé par Slate.fr sur la répartition géographique de l’ensemble des parrainages, et non des simples parrainages publiés, le Conseil constitutionnel a répondu que «les […] données dont la loi ne prévoit pas la publication ne sont pas communiquées» et nous a renvoyé vers les informations disponibles sur son site.
La carte ci-dessous, établie par nous à partir des parrainages publiés en 1995, 2002 et 2007 (les fichiers de 1981 et 1988 étant peu exploitables) [1] montre la répartition géographique des 18.265 parrainages publiés en métropole sur ces trois élections, le reliquat provenant de l’outre-mer et des Français de l’étranger. Selon nos calculs, la région qui a fourni le plus de parrainages est Rhône-Alpes (1.609) devant Midi-Pyrénées (1.349) et l’Ile-de-France (1.112), et celle qui en a fourni le moins est la Corse (231).
Seulement trois parrains de Bové non publiés
Par ailleurs, ces parrainages publiés sont significatifs car, pour les petits candidats, ils représentent généralement une part très importante des parrainages envoyés au Conseil constitutionnel. En 2007, Gérard Schivardi avait ainsi présenté, selon Le Figaro, 556 parrainages validés, Jean-Marie Le Pen 554, Arlette Laguiller 539 et José Bové… 503: seuls trois de ses parrains n’avaient donc pas vu leur nom publié.Dans l’infographie ci-dessous, nous ne nous intéressons qu’aux parrainages attribués aux candidats dits «petits», «hors système» ou en rupture de parti, ceux autour desquels, à chaque fois, la presse entretient le suspense. Nous avons donc écarté les candidats PS, RPR/UDF/UMP, Verts et PCF.
Résultat? En moyenne, pour chaque présidentielle entre 1995 et 2007, un élu sur neuf habilité à signer en Picardie l’a fait en faveur d’un candidat «petit» ou «hors système» et a vu son nom publié au Journal officiel, soit 840 parrainages cumulés sur trois élections, pour un vivier d'environ 2.600 élus. En Ile-de-France, le ratio est de 1 sur 16: le département attribue autant de signatures que la Picardie, mais donne deux fois moins de signatures aux «petits». Dans le Limousin, le ratio atteint 1 sur 24.

Ces résultats sont une moyenne et, rappelle Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop (qui a publié, en 2007 et en 2011, deux études sur les parrainages), chaque candidat a ses forces et «les logiques de collecte peuvent être très différentes».
Par exemple, «la Picardie est une grande terre de chasse, un des gros bastions de CNPT et aussi une terre très frontiste, là où le FN a la famille Guiniot, qui font partie de ses meilleurs collecteurs de signatures», explique-t-il —c'est d'ailleurs le conseiller régional Michel Guiniot qui supervise la collecte des parrainages pour le parti.
Picardie et Champagne-Ardennes les plus «généreuses»
Mais on constate aussi que cette région, la plus «généreuse», accorde de nombreux parrainages à des candidats de gauche comme de droite, ce qui explique sans doute qu'Olivier Besancenot ait expliqué avec inquiétude cette semaine avoir en Picardie «une liste d'une vingtaine de communes où visiblement le PS va démarcher des maires de petites communes pour parrainer Hollande, qui n'en a pas franchement besoin».
Dans les trois départements de Picardie, en 2007, Besancenot recueillait ainsi 33 signatures publiées, Nihous 43, Schivardi 45, Villiers et Le Pen 46 chacun et Laguiller 49. Et des chiffres proches se retrouvent pour des candidats très différents comme Cheminade (1995, 40), Lepage (2002, 45) et Boutin (2002, 49). On constate un phénomène similaire dans les quatre départements de Champagne-Ardenne où, en 2007, Le Pen décrochait 36 parrainages, Laguiller 39, Besancenot 43, Schivardi 44 et Villiers 56.
Points communs de ces deux régions, ainsi que de plusieurs autres parmi les plus généreuses, comme la Bourgogne ou la Franche-Comté:
elles comptent plus de petites communes qu’ailleurs.
elles sont fortement touchées par la désindustrialisation et les délocalisations.
elles traduisent ce que Jérôme Fourquet appelle «un effet de positionnement politique qui a trait au clivage récurrent entre ouistes et nonistes: elles étaient pour le non». En 1992, la Champagne-Ardenne votait non à 51% à Maastricht et la Picardie à 57%; pour le TCE, en 2005, ces chiffres étaient passés à 57% et 64%. Or, les candidats «petits» ou «hors système» sont en majorité nonistes.
Des régions comme l’Alsace, la Bretagne ou les Pays de la Loire, qui font partie des rares à avoir voté oui en 2005, sont elles moins généreuses. On trouve aussi dans cette catégorie des régions aux communes plus grandes ou mieux tenues par les grands partis, comme le Nord-Pas-de-Calais et l’Ile-de-France.







