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Sites de fact-checking


Le "fact-checking" est un travail journalistique ou scientifique qui consiste à vérifier les propos des politiques. Cette méthode est apparu en force pendant la campagne présidentielle aux Etats-Unis en 2008. Plusieurs médias ont aujourd'hui repris le principe :

Le "véritomètre" d'iTélé et d'Owni
Le blog "désintox" de Libération
Le blog "décodeur" du Monde
Le "detecteur de mensonge" du JDD
Le "contrôle technique" de Rue89
L'"addition s'il vous plait" et les "pinocchios" du Nouvel Observateur
Le "vrai du faux" du Parisien

Le patrimoine des candidats

L'Express. Le 22/02/2012. Source

Quel est le patrimoine des candidats à la présidentielle?

Grand tabou en ces temps de crise, et non-dit traditionnel dans notre pays, le patrimoine des candidats à la présidentielle, et ce qu'ils en disent, est pourtant assez révélateur. Revenus, immobilier, impôts... L'Express vous dit tout. 

Il y a ce qu'ils ont à la banque, et il y a ce qu'ils ont dans la poche. Il y a ce qu'ils possèdent, et il y a ce qu'ils dépensent. Si tous les prétendants à l'Elysée doivent remettre une déclaration complète de patrimoine, sous pli scellé, au Conseil constitutionnel, chacun a un rapport bien à lui avec son porte-monnaie, dans un pays où il est fort mal vu d'aimer ouvertement l'argent. 

Longtemps fasciné par les émoluments astronomiques des ex-chefs d'Etat devenus conférenciers haut de gamme pour le gratin de la finance internationale - et s'en cachant à peine -, il aspire désormais à un nouveau face-à-face avec les Français, lui qui s'est autoproclamé "le candidat du peuple" lors de son meeting à Marseille, le 19 février. Mais, proche de plusieurs grands patrons, dont certains sont des amis, Nicolas Sarkozy sait la peine qu'il aura à se défaire de cette image de "président des riches", lui qui, quand il ne dort pas à l'Elysée, trouve le gîte chez son épouse, dans un hôtel particulier coquet du XVIe arrondissement de Paris... Même Nicolas Sarkozy, décomplexé au début de son quinquennat, a renoncé au luxe d'un yacht et au clinquant du Fouquet's - désormais, il s'affiche humble et petit face à l'Histoire en pages intérieures du Figaro Magazine du 11 février, recueilli dans le dénuement d'une chapelle lorraine aux murs blancs pour l'anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc. 

Le prétendant socialiste fut pourtant soupçonné d'avoir, un temps, sous-évalué la maison familiale de Mougins, dans les Alpes-Maritimes, pour échapper à l'ISF. Ses amis parlent tous d'une "maladresse" - "Il n'a pas le culte de l'argent, pas plus qu'il ne l'a en horreur, résume un collaborateur. A ses yeux, c'est juste un moyen de paiement. Vous ne trouverez rien d'ostentatoire chez lui : à la tête du PS, il roulait en monospace, quand d'autres auraient choisi une berline." Pas de Patek Philippe en or à son poignet, pas de Ray-Ban miroir, aucun signe extérieur de "bling-bling" - le train de vie "normal" d'un candidat éponyme. Rien à voir avec l'appartement, rive gauche, de François Hollande : "François s'en fout complètement, confie un proche. Il aurait pu tout acheter chez Ikea sans aucun problème." 

"Je ne fais pas de politique pour gagner du pognon", confirme Marine Le Pen. Ses vêtements ne sont pas hors de prix, ses bijoux ne sont pas tape-à-l'oeil, elle cherche les billets les moins chers quand elle voyage avec ses enfants et elle invite ses collaborateurs au restaurant, souvent sans prendre la note pour se faire rembourser, précise l'un des convives réguliers. Question de génération, sans doute : elle n'a jamais de pièces dans la poche, contrairement à un François Bayrou ou une Eva Joly qui ont toujours un peu de monnaie à portée de main, pour un café ou pour un journal. Mais si le centriste revendique les goûts "simples" d'un homme du terroir, la candidate écologiste assume d'apprécier le luxe, les hôtels quatre étoiles et les bonnes tables parisiennes, celles où Jean-Luc Mélenchon se sent peu à l'aise et Dominique de Villepin tout à fait chez lui. En 2012, tous les candidats se retrouvent néanmoins égaux sur un point : la crise interdit l'ostentation.

La couleur bleue omniprésente dans la campagne

Europe 1. Le 16/02/2012. Accès à l'article

Pourquoi le bleu règne sur les affiches de campagne ?


L'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle 2012.


Comme de nombreuses affiches, celle de Nicolas Sarkozy pour 2012 est à dominante de bleu.

Mitterrand et Giscard en 1981 : des affiches bleues. Royal et Sarkozy en 2007 : des affiches bleues. Sarkozy en 2012 : une affiche bleue.

Depuis près de trente ans les affiches des candidats à l’élection présidentielle sont invariablement "bleues" et celle dévoilée, mercredi soir, par Nicolas Sarkozy - une photo du président de trois quarts, avec en arrière-plan une mer d'huile éclairée par un soleil montant, le tout barré du slogan "Une France forte" - n’échappe pas à la règle.
Bleu, la couleur consensuelle

"C’est que le bleu est la couleur la plus consensuelle qui soit", explique à Europe1.fr Annie Mollard-Desfour auteure d’une série de dictionnaires consacrés au lexique des couleurs, avant d’indique: "elle fonctionne tout simplement mieux que toutes les autres".

Cette couleur bleue est "perçue comme positive par les gens. Dans les enquêtes d’opinion, c’est la couleur qui ne pose jamais de problème. Les hommes politiques essaient donc de la récupérer", ajoute-t-elle.
Les couleurs de la politique

La dominance du bleu sur les affiches de campagne date surtout de 2007. En 1995, le candidat socialiste, Lionel Jospin avait par exemple tenté une affiche avec du vert. "Cela avait un échec total. Le vert lui donnait un teint trop blafard, presque jaune", se souvient Annie Mollard-Desfour. Depuis, le vert donc une couleur qui est rarement utilisée en politique, à l’exception des partis écologistes.

Le vert de Jospin en 1995 :



En revanche, le rose lui continue d’être utilisé en politique. "Comme le bleu, c’est une couleur positive. C’est ‘voir la vie en rose’. Les politiques l’utilisent donc régulièrement. Mais par touches", précise la spécialiste, remarquant que la nouvelle affiche de Nicolas Sarkozy use du rose pour marquer l’horizon.
Un bleu sans nuage

Le symbolisme est ici presque trop évident, estime Annie Mollard-Desfour : "avec le rose, l’horizon s’éclaircit derrière Sarkozy". Il n’y a d’ailleurs, à l’inverse de 2007, aucun nuage dans le ciel du président candidat.

L'affiche de 2007, avec nuages :

"Enfin, le fond marin, bleu UMP, fait immanquablement penser à un capitaine de bateau qui n’abandonnera pas son poste", estime l’auteure des dictionnaires des couleurs. Une métaphore que Nicolas Sarkozy a d’ailleurs lui-même filé, mercredi soir, au JT de TF1.

Une campagne "vintage"

Le Nouvel Observateur. Le 13/02/2012. Accès à l'article

1974, 1988, 2012, les rétro-stratégies de Sarkozy et de Bayrou

Le modèle du premier, c’est la réélection de François Mitterrand en 1988, celui du second, l’élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974.

Que François Hollande s’inspire de François Mitterrand, que Marine Le Pen joue des mêmes ressorts que son père, quoi de plus naturel ! Mais que Nicolas Sarkozy, il ne s’en cache pas, calque sa stratégie sur celle du président socialiste est plus étonnant.

Rester le plus longtemps possible au-dessus de la mêlée. Etre celui qui agit face à ceux qui proposent. Celui qui maîtrise le temps et dont la parole est renforcée par le poids présidentiel. Sarkozy n’en démordait pas. Il serait candidat en mars, pas avant. Pourquoi, disait-il à ses interlocuteurs, ce qui avait si bien réussi à Mitterrand, ne me réussirait-il pas ?

C’était oublier, bien sûr, que les circonstances sont toutes différentes. Contraint à la cohabitation après la défaite des socialistes aux législatives de 1986, Mitterrand n’était pas tenu pour responsable des échecs du gouvernement RPR. Et lorsqu’il s’est déclaré, en mars effectivement, il n’était ni impopulaire ni discrédité et les sondages d’intentions de votes le donnaient largement gagnant.
Une grossière erreur

Pour Sarkozy, c’est l’inverse : son bilan et son comportement personnel sont sévèrement jugés par les Français et toutes les enquêtes lui annoncent une cinglante défaite. Sarkozy comptait sur les tirs de ses snipers pour saper la popularité de François Hollande. Et sur ses propres efforts – tardifs – pour enfiler enfin les habits présidentiels.

L’image du président protecteur, du chef à la main ferme dans la tempête allait s’imposer. Rien ne s’est produit. La volonté massive de tourner la page Sarkozy demeure majoritaire. D’où la brutale accélération du calendrier qui sonne comme un aveu : la "stratégie à la Mitterrand" n’était plus tenable, c’était une grossière erreur.
François Bayrou, comme Giscard ?

François Bayrou bénéficiera-t-il, comme Giscard en 1974, d’une fracture au sein du parti majoritaire de la droite ? Cette année-là, Jacques Chirac et 43 députés gaullistes s’étaient ralliés au candidat du centre droit, précipitant ainsi la chute de Jacques Chaban-Delmas, le candidat de leur propre parti.

En faisant implicitement porter la responsabilité de la crise française aux chômeurs et aux immigrés, en approuvant les propos de son ministre de l’Intérieur sur l’inégalité des civilisations, Nicolas Sarkozy a provoqué la vive réaction de 36 personnalités pour la plupart proches de Jacques Chirac. Dans un texte, elles rappellent que l’ancien président a toujours manifesté "le souci permanent de l’humain et du sort des plus vulnérables qu’il s’agisse des peuples ou des individus" et affirment refuser l’intolérance et la xénophobie.

François Bayrou se plaît à rêver qu’un certain nombre de personnalités gaullistes feront un pas supplémentaire en lâchant Sarkozy comme les 43 avaient lâché Chaban. Et qu’il rassemblera "tous les Français qui ont une certaine idée de la France", tous ceux qui "ne peuvent se taire quand ils voient à quels ressorts on veut faire appel".

Comme Sarkozy, Bayrou a d’abord parié sur l’effondrement de Hollande. Il s’est donc adressé en priorité aux électeurs de gauche avec l’espoir d’affronter le président sortant au second tour. Erreur. Comme Sarkozy, il doit aujourd’hui revoir sa stratégie en espérant rassembler les anti-sarkozystes de droite pour affronter Hollande au second tour. Mais 2012 n’est pas 1974 et le rétroviseur de Bayrou n’est pas mieux réglé que celui de Sarkozy.


Le Monde. Le 16/02/2012. Source

La campagne vintage




C'est un tweet signé Georges Marchais. Il est bref mais dit tout :"comment se passionner pour une campagne où Hollande se prend pour Mitterrand, Sarko pour Giscard et Mélenchon pour l'inimitable Georges Marchais ?"

Bien vu M. Marchais ! Jamais une campagne n'avait pris une telle allure vintage. C'est comme si on rejouait le match de 1981. Le décor évidemment a changé mais, à 31 ans de distance, les personnages font tout pour coller à leur modèle.

Mélenchon , c'est le tribun qui flirte avec le populisme, l'ex-socialiste qui tente de remonter les communistes à coup de formules chocs. Il est là comme un remords ou une réparation. Car c'est quand même bien Mitterrand qui a commencé à les tuer en 1981 !

Hollande c'est Mitterrand. Il constate tout haut devant la City ce que son modèle pensait tout bas à savoir que les communistes sont bel et bien morts. Surtout, il tente d'incarner "la force tranquille", le seul slogan à ce jour à avoir fait élire et réélire un président de gauche sous la Vème République.

Sarkozy c'est Giscard, de façon presque psychanalytique. Le président sortant a tellement intégré sa position de challenger qu'il en vient à copier l'affiche de campagne du battu de 1981: "la France forte". Aveu d'échec ou ultime défi ? En tout cas, c'est osé.

Mais qu'est ce qui les pousse tous à refaire ainsi le match ? Deux explications possibles. L'une rassurante : il faut gommer la rupture de 2007, renouer avec les fils de l'histoire, retrouver ses racines et rassurer les français : ce n'est pas la première fois que la France essuie une tornade. Elle a survécu à deux chocs pétroliers, elle peut bien survivre à une crise financière doublée d'une crise de la dette souveraine.

L'autre plus inquiétante : les candidats sont incapables de projeter le pays dans l'avenir et d'imaginer un futur. Le "rêve français" de François Hollande reste largement indéfini, celui de Nicolas Sarkozy est de coller à l'Allemagne et celui de Mélenchon de ressusciter le passé.

Avouons qu'il y a mieux pour motiver l'électeur !