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François Bayrou : les ralliements

François Bayrou : les ralliements
Dominique de Villepin
Les libéraux
Arnaud Dassier
Philippe Douste-Blazy
Sénateurs centristes




Le Point.fr - 06/03/2012 - François Bayrou invite Dominique de Villepin à le rejoindre 


Le candidat du MoDem espère fédérer une grande famille centriste avant le premier tour de la présidentielle.


François Bayrou s'est dit prêt mardi à accueillir Dominique de Villepin dans ses rangs dans l'espoir de fédérer une grande famille centriste avant le premier tour de l'élection présidentielle. Dominique de Villepin a déclaré lundi avoir dépassé le seuil des 420 signatures d'élus, sur un total de 500 nécessaires pour se présenter au scrutin. Prié de dire si l'ancien Premier ministre avait pris contact avec lui, François Bayrou a répondu mardi matin sur Canal+ : "Je n'ai pas eu de contacts récents. Je serais heureux d'en avoir."

"Tous les responsables publics qui veulent sortir de l'affrontement (Hollande-Sarkozy) ont leur place", a ajouté le candidat du Mouvement démocrate (MoDem). Fin 2011, le MoDem avait écarté l'idée d'un ticket Bayrou-Villepin à l'élection présidentielle. De son côté, l'ancien Premier ministre a récemment déclaré dans une interview au quotidien Le Monde qu'il n'envisageait pas de rejoindre un autre candidat. "Je ne me rallierai pas parce que ce n'est pas inscrit dans mon programme ni dans mon tempérament. C'est tellement facile de se résigner, de prendre sa petite place en rang d'oignons ! C'est tellement facile de se taire ! Je ne me tairai pas", avait-il dit.



Marianne 2 - 19/03/2012 - Furieux contre Sarkozy, les libéraux adoptent Bayrou faute de mieux - Par Aurélie ROSSIGNOL

Aussi criquet et récent soit-il, le Parti libéral démocrate a innové la semaine dernière dans la campagne présidentielle : un débat animé, mené à coup de Tweets. Ces petits messages de 140 signes que l’on se transmet sur le réseau Twitter. Un dénommé « BarCamp » passé inaperçu dans les médias, malgré la présence d’Alain Madelin et d’Arnaud Dassier, particulièrement critiques à l’égard du président-candidat. Reportage.

En temps normal, la bienséance voudrait que lorsqu’un confrère parle à la tribune, on ne trifouille pas son téléphone en attendant son tour. Pourtant mercredi, au rassemblement du Parti libéral démocrate (PLD), tous les intervenants avaient les yeux rivés sur leur Smartphone alors que s’exprimait le maître de cérémonie et président du parti, Aurélien Véron. 
Toute l’assistance semblait cautionner l’infâme grossièreté. Et Albert Batihe, autre pilier du Parti, incitait même les invités à l’impolitesse : « Lâchez-vous », lançait-il tel un chauffeur de salle. Peut-être pas au point de répondre au téléphone en pleine conférence, comme Alain Madelin, mais… « N’hésitez pas à faire des blagues, c’est une soirée sympathique », poursuivait le jeune libéral au micro.

LE PREMIER « BARCAMP » EN FRANCE
Bon public, les quelques 200 citoyens venus assister à ce premier « BarCamp » politique jouent le jeu : ils twittent leurs idées, leurs propositions et leurs critiques à l’égard du pouvoir, du système et de l’économie. Les messages sont visibles par tous sur un écran géant, placé derrière les intervenants. Et les débats s’enchaînent, en fonction des réflexions participatives. « C’est parfois un peu confus », admet Aurélien Véron, fier tout de même d’être le premier parti à importer le concept en France. 
En début de soirée, des petits groupes sont formés. Quatre grands thèmes sont au menu : la jeunesse, l’emploi, les solidarités et la liberté. Alain Madelin, Arnaud Dassier, l’ancienne présidente d’Alternative libérale Sabine Herold et le président du Parti naviguent entre les ateliers, où chacun peut les interpeler, avant qu’ils retournent à la tribune et fassent une synthèse des débats. Les Tweets continuent de s’afficher sur l’écran. Plus vifs cette fois. La salle est à bonne température. Et Madelin prêt à faire le show. 


RAS-LE-BOL DE SARKOZY !
L’ambiance a beau être conviviale, on ne plaisante pas avec les sujets avancés : « Penser à revoir Schengen, c’est honteux », confie Aurélien Véron, profondément européen et libéral. De Nicolas Sarkozy et de ses retournements de veste, il n’en peut plus. Et c’est un sentiment que partage la majorité de la salle, Arnaud Dassier, l’ex-responsable de sa campagne web en 2007, en tête de file : « Je me demande comment les libéraux de l’UMP font pour supporter la campagne fiscalo-activiste et protectionniste de leur candidat », twitte-t-il peu avant le débat. « Vous avez aimé l'Etat providence ? Vous allez adorer l'Etat sécuritaire », insiste-t-il très remonté. 
« Qu'est ce que c'est que cette histoire d'European buy act ? s'énerve Alain Madelin. Alors il faut aussi un "Boulanger buy act" : tous les matins, j'achète mon pain à mon boulanger... Lui, il ne m'a jamais rien acheté ! Il n'y a pas reciprocité... Au secours Sarkozy ! »


« LA LIBERTÉ, C’EST MAINTENANT »

Alors que même le président-candidat se met au protectionnisme, ils ont de quoi pester, les libéraux. Mais non, contre toutes attentes, ils sont plein d’espoir et sont persuadés que c’est maintenant que leurs idées trouveront le plus d’échos. « Nous n’avons pas de candidat à la présidentielle mais nous soutenons Bayrou, explique Aurélien Véron. Nous assumons nos différences et pensons qu’il est le plus réceptif aux idées libérales ». Yann Wehrling, porte-parole du MoDem, est d’ailleurs présent à la tribune. Histoire d’officialiser les liens. 
« Le clivage gauche / droite est périmé dans l’esprit des Français, poursuit Aurélien Véron. Contrairement à une idée reçue, il y a aussi des libéraux à gauche. J’ai moi-même voté pour Manuel Valls au premier tour des primaires socialistes ! » Il faut dire que la préoccupation électorale du Parti libéral démocrate, ce sont plutôt les législatives : « Il y a une attente, si vous avez envie de représenter le Parti, présentez-vous ! » L’appel est clair : le petit parti cherche des figures de proue locales.

AVEC LA CRISE, LA LIMITE DE L’ETAT EST ATTEINTE
« L’Etat ne peut pas tout, la société civile oui », martèle le représentant des Libéraux. Lui donner uniquement des fonctions de régulation et accorder plus d’autonomie aux entreprises, aux écoles, aux associations… C’est ça, le libéralisme moderne selon les intervenants de l’insolite réunion. Pas de réelle étiquette politique mais une idéologie forte. Des propositions concrètes pour transposer le pouvoir aux individualités. « Pas au sens péjoratif de l’individualisme », précise Aurélien Véron. « La France a des talents, il faut savoir les retenir, renchérit Alain Madelin, trépignant sur son siège. Les candidats disent souvent aux électeurs "Faites moi confiance"… Moi, je rêve d’un candidat qui dise "Je vous fais confiance" ».

AUTONOMIE DE L’EDUCATION, SUPPRESSION DU MINISTÈRE DE LA CULTURE, LIBRE CIRCULATION DE LA DROGUE…

« La médiocrité du débat de la campagne présidentielle illustre l’incapacité de la classe politique actuelle à réagir à la faillite programmée de l’État providence », annonçait déjà l’invitation au BarCamp. L’ambition du tout frais Parti libéral démocrate, c’est donc de proposer une alternative. Par exemple, stop aux dépenses inutiles du Ministère de la Culture. Il faut le supprimer. Les localités sont tout à fait capables de mettre en avant leurs artistes, construire des projets et faire leur promotion. « Légalisons la drogue, on gagnera du temps pour se concentrer sur les trafics et éviter que nos enfants soient sollicités devant l’école », propose Aurélien Véron, avant que Sabine Herold, ex- Alternative libérale, rappelle l’importance de l’Education : « La dépendance des personnes âgées, ok, mais on en parle plus que de l’Education ! On va se retrouver avec un grand Luna Parc pour retraités ! » s’insurge-t-elle, très applaudie. « Il faut une autonomie de l’Education, confirme le président du Parti libéral. Laissez des projets locaux s’organiser, les soutenir. On agit mieux en connaissant le terrain et ses besoins particuliers. » Une sorte de décentralisation de l’Ecole.

…ET UN CODE DU TRAVAIL PLUS SOUPLE !

Stop également à la saisie systématique des Prud’hommes : « Les chefs d’entreprises doivent pourvoir remercier les salariés, avec des compensations financières définies au préalable, sans fournir d’explication et une paperasse monstrueuse… C’est une perte de temps pour les grosses PME qui sont l’avenir de la France. Certes les employés sont moins protégés mais ça veut dire aussi que les patrons hésiteront moins à embaucher ! C’est terminé le temps où l’on restait toute une vie dans une entreprise. Le Code du travail est beaucoup trop imposant, il faut l’alléger. La précarité, c’est quand on protège trop ! » insiste-t-il, porté par une ambiance réellement chaleureuse dans la salle. Presque intimiste, où seul Marianne2 s’était glissé. Beaucoup de jeunes. Des idéalistes et des déçus du sarkozysme. Très loin des meetings calibrés à gros budget, il s’est passé quelque chose, ce mercredi 14 mars, au musée social du 7ème arrondissement de Paris…




Marianne 2 - 06/01/2012 - Arnaud Dassier rejoint François Bayrou et s'en explique - Par Laureline DUPONT

C'est officiel : Arnaud Dassier, ex-responsable web de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, rejoint François Bayrou. Le 31 décembre, ce libéral revendiqué quittait l'UMP suite, notamment, au refus du parti majoritaire de l'investir pour les législatives. Et depuis son départ, Dassier n'a d'yeux que pour le candidat centriste. Interview.

Photo : Dailymotion
Marianne : Vous avez rencontré Marielle de Sarnez au siège du Modem jeudi 5 janvier, ça y est, vous rejoignez les troupes bayrouistes ?
Arnaud Dassier : Oui. J’ai eu une révélation en regardant son émission (ndlr : « Des paroles et des actes ») sur France2. Je la regardais par hasard parce que pour moi, comme pour beaucoup de Français, François Bayrou avait disparu du radar. Je ne m’étais pas retrouvé dans la posture centriste de 2007, ni droite ni gauche. Mais ce que j’ai vu sur France2 m'a semblé très différent, il était calme, avait les idées claires. J’ai été favorablement impressionné par la qualité de ses interventions. Il avait des prises de position courageuses, notamment sur la question fondamentale de la dette, puisque c’est quand même le symptôme principal de la crise politique, économique, que nous connaissons aujourd’hui. Je l’ai dit sur Twitter et j’ai reçu des messages d’amis du secteur Internet qui étaient chez Bayrou depuis quelques semaines, ils m’ont invité à les rejoindre. Ça m’a amené à réfléchir. J’ai eu une révélation synthétique, je me suis dit : « Bayrou c’est la meilleure solution pour atteindre un bon nombre d’objectifs politiques indispensables pour entamer le redressement du pays. »

Quels sont ses objectifs politiques indispensables, selon vous ?
Premièrement, faire barrage à la gauche que je trouve irresponsable. François Bayrou peut le faire bien mieux que Nicolas Sarkozy qui a un passif. Après cinq ans de pouvoir, il est très impopulaire et très affaibli, je ne pense pas qu’il soit capable de lutter contre le candidat socialiste.
Deuxièmement, il faut ouvrir ce système politique verrouillé qui empêche l’intégration de gens différents, issus de la société civile. Il faut réconcilier la représentation nationale avec les forces vives du pays et c’est d’autant plus nécessaire que c’est elles qui vont payer l’addition. Il faut arrêter cette séparation entre une classe politique fermée et un pays qui trime pour elle. Le seul candidat qui peut ouvrir le jeu politique, c’est Bayrou. 

L'UMP a refusé de vous donner l'investiture pour les élections législatives (ndlr : Arnaud Dassier brigue la 3e circonscription du Loiret). Vous ne craigniez pas qu’on vous accuse de chercher une étiquette pour concourir plus qu’une véritable adhésion à un programme ?
Je comprends très bien qu’on me fasse ce reproche d’opportunisme mais ça m’est égal, je sais comment j’en suis arrivé là. Puis, ma famille politique a toujours été le centre et le droite, j’étais membre du Parti républicain, ensuite de Démocratie libérale, puis nous avons rejoint l’UMP. On ne peut pas me reprocher de ne pas afficher mes convictions ! Je vais continuer à défendre mes idées, il y a un certain nombre de structures politiques qui peuvent les porter. Et je n’ai jamais dit que je voterai Nicolas Sarkozy ! J’ai toujours dit, et je le maintiens, que je voterai pour lui au second tour s’il se retrouvait face au candidat de gauche ou du Front national. Ce n’est pas parce que j’ai fait la campagne de Sarkozy en 2007 que je suis un « sarkozyste du web », c’est un raisonnement primaire.

Mais voir un pilier de Galaxie libérale rejoindre Bayou, ça peut surprendre quand-même…
Ça va de moins en moins surprendre, les libéraux sont en train de rejoindre François Bayrou. C’est un mouvement de fond.

Qu’est-ce qui rapproche les Libéraux des Centristes alors ?
La même chose qui leur permettait de travailler ensemble à l’UDF ! Ce sont des gens indépendants qui respectent la liberté de penser et la liberté de parole, malheureusement ce sont des valeurs qui ont été un petit peu oubliées à l’UMP. L’UMP est plus dans une logique caporaliste RPR, quand vous n’êtes pas du même avis que le chef, vous êtes priés de la fermer, sinon vous êtes exclus. Les Libéraux et les Centristes partagent les valeurs de la famille orléaniste, l’indépendance et le respect de la liberté et de la responsabilité individuelle. On voit bien la capacité de la famille centriste à se diviser en permanence en une multitude de chapelles, les libéraux, c’est la même chose. On a au moins un ADN commun.

Vous restez membre de Galaxie libérale ?
Bien sûr, Galaxie libérale est un réseau, pas une organisation structurée. Il y a plein de gens à Galaxie libérale qui vont voter Bayrou.

Vous allez tenter d’injecter une dose de libéralisme dans le projet de François Bayrou ?
C’est une discussion que j’ai eue avec l’équipe de Bayrou. Je leur ai dit que s’il s’agissait de faire quelque chose à mi-chemin entre la gauche et la droite, ça ne m’intéressait pas. Je souhaite que face à une situation très difficile, nous soyons capables de rassembler et de fédérer les meilleurs talents du pays, d’où qu’ils viennent politiquement, de gauche ou de droite, pour être en mesure d’amorcer des réformes fortes et courageuses. Le clivage droite/gauche va devenir complètement obsolète, le clivage va être entre les conservateurs et les  réformateurs qui ont compris que le modèle appliqué depuis la Seconde Guerre mondiale, cet interventionnisme systématique de l’Etat commandé par une classe politique professionnelle issue de l’ENA au service d’un clientélisme politique alimenté par des dépenses publiques qui n’ont eu de cesse d’augmenter n’est plus viable. Je pense qu’un homme comme Bayrou, libre de tous réseaux d’influence et d’intérêt, est le seul en situation de réaliser ce rassemblement national.

Quel rôle allez-vous jouer dans cette campagne ?
Je vais apporter mes compétences techniques sur Internet. Ils ont déjà une très bonne équipe web. Je vais rejoindre le comité de pilotage mais je ne vais pas devenir directeur de la campagne web de Bayrou. Concernant les aspects politiques, je vais essayer avec d’autres d’organiser le soutien des jeunes actifs de 30-40 ans qui sont les dindons de la farce de ces 30 dernières années. Cette génération est déçue par le conservatisme de l’UMP et du PS. Je pense qu’elle a vocation à s’engager et à renverser la table.

Vous aurez donc l’étiquette Modem aux prochaines législatives ?
Non, car je ne vais pas rejoindre le Modem. Je n’appartiens pas à cette famille politique centriste, je suis un libéral. Nous allons chercher à réorganiser la famille politique libérale dans le creuset de cette année politique 2012, de manière à ce qu’elle constitue un pôle fort dans la majorité présidentielle de François Bayrou. C’est la reconstitution inévitable et logique de la famille de centre-droit qui s’appelait autrefois l’UDF et qui aura probablement un nouveau nom après les élections. La famille libérale s’est laissée dissoudre dans l’UMP parce qu’elle a été loyale et ne s’est pas faite entendre suffisamment. L’élection de François Bayrou sera l’occasion de reconstruire la famille libérale en France et j’en suis très heureux.
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Le nouvel observateur - 08/01/2012 - Philippe Douste-Blazy soutient François Bayrou

"L'UMP s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers", regrette l'ex-ministre.
L'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, a annoncé dimanche 8 janvier son ralliement à François Bayrou (MoDem), dont il avait partagé les combats à l'UDF, se disant déçu par "le tournant droitier du gouvernement" et séduit par "l'indépendance" et "la fidélité" du leader centriste "à ses convictions"

"Voilà deux ans que je m'interroge sur ma place à l'UMP face au tournant droitier désormais assumé par l'état major du mouvement". "L'UMP est-il encore un grand parti de centre-droit humaniste et libéral? C'est parce que telle n'est plus ma conviction qu'il est temps pour moi de rompre le silence", explique Philippe Douste-Blazy dans une tribune au Monde.fr.
"Il avait raison"

"J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement (l'UMP, ndlr) qui se construisait sur la base de nos idées et nos valeurs", rappelle l'ancien ministre de la Culture du gouvernement Juppé (1995-1997). "Il avait refusé, persuadé que la famille centriste devait rester indépendante. Il était persuadé que l'alliance des centres et des droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison", constate l'ex-maire de Lourdes.

"Je prends acte que l'UMP, depuis 2007, a pris ses distances avec ce que nous avions créé (...) L'UMP d'aujourd'hui s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers. Elle a laissé dans sa poche sa boussole principale : la personne humaine", regrette l'ex-ministre des Affaires étrangères du gouvernement Villepin (2005-2007).

"Aujourd'hui, la vie politique nationale est derrière moi, je ne demande rien, je n'attends rien. Ni poste ni circonscription. Si ce n'est un engagement fort de celui qui sera élu en mai dans la mise en place d'une solidarité mondialisée", affirme-t-il en se défendant de "fragiliser son camp".
Boutin et Dassier séduits également

"En reconnaissant à Nicolas Sarkozy sa stature et son courage, je veux réaffirmer les idées humanistes et européennes, ma croyance en l'économie sociale de marché, ma préférence pour la solidarité et la justice", poursuit Philippe Douste-Blazy en expliquant qu'il votera pour François Bayrou à la présidentielle.

"Et j'invite tous les Français qui se reconnaissent dans ces valeurs à le rejoindre, lui dont la fidélité à ces convictions, et l'indépendance en font un leader apte à rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté prêts à redresser notre pays", conclut-il.

Le candidat MoDem a le vent en poupe : Christine Boutin a annoncé vendredi qu'elle pourrait le soutenir si elle n'obtenait pas ses 500 signatures, quelques jours après que Arnaud Dassier, ancien responsable web de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a annoncé lui aussi son ralliement à François Bayrou.
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Le Monde.fr - 24/02/2012 - Un vingtaine de sénateurs centristes appelleront à voter Bayrou


Le président de l'Alliance centriste, Jean Arthuis, a assuré vendredi sur France 2 qu'une vingtaine de sénateurs vont lancer "dans les jours qui viennent" un appel en faveur du candidat du MoDem à la présidentielle, François Bayrou.

"Un certain nombre de sénateurs Nouveau Centre ont d'ores et déjà pris position pour François Bayrou et dans les jours qui viennent, je pense que nous serons au moins une vingtaine de sénateurs à lancer un appel en faveur de François Bayrou", a déclaré le sénateur de la Mayenne.

Il a laissé entendre que "certains membres éminents" du parti d'Hervé Morin devraient également lancer un appel de ralliement au président du MoDem. Pour lui "le centre commence à se rassembler". Il a émis le voeu que pour les législatives, des candidatures uniques centristes soient présentées.

Le Nouveau Centre tiendra samedi un congrès extraordinaire au cours duquel partisans de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou devraient s'affronter après le ralliement de son président Hervé Morin au chef de l'Etat sortant
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François Bayrou : les temps forts

François Bayrou : les temps forts
Meeting au Zénith
Le made in France et les sites internet
Sarkhollandisation du débat politique






Rue 89 - 25/03/2012 - Bayrou au Zénith : ses 25 phrases les plus applaudies - Par Mathieu DESLANDES



Il y a des dizaines de façons de raconter un meeting. Il y a des dizaines de façons de rendre compte d’un discours.

Faut-il se focaliser sur le thème principal ? Sur les promesses inédites par rapport aux discours précédents ? Sur les mesures concrètes ? Sur les passages qui se font l’écho de l’actualité immédiate ?

Les phrases jugées essentielles par l’orateur sont rarement celles qui retiennent l’attention des journalistes... Quel est le bon critère de choix ? Comment rendre compte à la fois de l’ambiance et du fond ?

Ce dimanche après-midi, au Zénith de Paris, où François Bayrou tenait son premier gros « rassemblement » (on parle français, au MoDem), j’ai eu envie de me fier à la salle. Et de suivre le discours comme un applaudimètre.

Voici donc les 25 phrases les plus applaudies, celles qui ont provoqué des trépignements, des bravos, des « Bayrou président ! », des « On va gagner ».

La majorité d’entre elles concerne l’organisation de la vie politique et institutionnelle. Suivent quelques autres propositions concrètes et de grandes déclarations qui n’engagent à rien. Les auriez-vous applaudies, vous aussi ?

Catégorie A : trépignements monstres

« Au XVIe siècle, dans les guerres de religion, il y avait les ligueurs d’un côté, du côté de l’affrontement, de la détestation, et Henri de Navarre de l’autre qui plaidait pour qu’on vive ensemble. Vous connaissez mon choix, mon choix d’homme, et mon choix de président : je suis et je serai du côté d’Henri IV, de celui qui force la réconciliation, la tolérance, la compréhension réciproque. »
« J’obligerai les parlementaires à siéger effectivement dans leurs assemblées en décidant qu’ils ne pourront pas voter sans être présents. »
« [Le redressement] impose un gouvernement qui dépasse la droite et la gauche. [...] Il sera peu nombreux, moins de vingt ministres. Il sera fondé sur le compétence et le désintéressement. [...] L’expérience de la société civile y tiendra autant de place que la politique. »
Catégorie B : « Il est vraiment phénoménal ! »

« Je règlerai de manière définitive la question de la moralisation de la vie publique française. [...] J’organiserai le 10 juin. [...] un référendum de moralisation de la vie publique en France. »
« Il est des valeurs de gauche que j’aime et dont la France aura besoin : le partage, l’attention au plus faible, la générosité. Il est des valeurs de droite que j’aime et dont la France aura besoin : l’esprit d’entreprise, de l’effort, la fierté nationale. Et le centre a ses valeurs, dont on aura besoin : la solidarité, l’esprit de justice, l’idéal européen. »
Catégorie C : « On va gagner ! »

« Je reconnaîtrai le vote blanc comme un suffrage exprimé à toutes les élections. »
« Je mettrai un terme à la procédure scandaleuse qui fait de la nomination des présidents de l’audiovisuel public l’apanage personnel du chef de l’Etat. »
Catégorie D : « Bayrou président ! »

« Je nommerai dans chacun des quartiers [devenus zones de non droit] un sous-préfet chargé de coordonner tous les services de l’État, qui sera l’interlocuteur des habitants et de leurs élus, avec obligation de résidence dans le quartier, pour qu’il vive la réalité de tous les jours des habitants et qu’il soit pour eux un interlocuteur quotidien. »
« Je serai le président qui tiendra la promesse écologique. Je n’oublie pas que j’ai signé, il y a cinq ans, le pacte de Nicolas Hulot. Pour moi, ce qui est signé est signé. »
« Une loi électorale juste permettra à l’Assemblée la représentation de toutes les minorités pour peu qu’elles franchissent le seuil de 5% des voix. »
« Ma conception de la République, ce n’est pas la guerre aux corps intermédiaires, comme elle a récemment été déclarée, c’est le contraire, c’est la défense et la promotion des corps intermédiaires dans notre pays ! »
Catégorie E : « Ouais » / « Bravo » / « Merci »

« Je ferai enfin voter avant la fin de l’année 2012 une loi sur l’égalité hommes-femmes, qui traitera de la parité politique, de l’égalité salariale et de la lutte contre les violences conjugales. »
« Je ferai adopter par la France la charte des langues et cultures régionales, qui sont pour notre pays une partie de son trésor national. »
« [Je ferai voter] la suppression de toute caution pour les locataires. »
« Exceptionnellement, en 2012, il n’y aura pas de vacances parlementaires et le Parlement siègera pendant tout l’été. »
« Je défendrai la création d’un président pour l’Europe. [...] Je défendrai l’idée que ce président soit élu au suffrage des citoyens européens. »
« Je demanderai que l’Histoire retrouve sa place en terminale scientifique et que la chronologie soit consacrée des petites classes jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. »
« Je veux reconstruire le “produire en France”. Pour cela, je ferai de la production dans notre pays une obsession nationale. »
Catégorie F : applaudissements nourris

« Avant le 14 juillet, [le gouvernement] créera la possibilité d’un emploi sans charges pour toutes les entreprises de moins de 50 salariés. »
« Je mettrai fin aux dérives du financement de la vie publique en supprimant la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance. »
« Je prendrai la défense de la profession la plus attaquée, la plus décriée, la plus injustement ciblée, je prendrai la défense du monde enseignant. »
« Je ferai voter une loi nouvelle qui fera entrer les représentants des salariés, avec droit de vote, au conseil d’administration des entreprises de plus de 500 salariés et au comité de rémunération des dirigeants pour mettre fin à la folie des salaires indécents. »
« Je ne veux plus entendre des enfants utilisés par des bandes dire à des policiers débordés : de toutes façons, tu ne peux rien me faire, j’ai la loi pour moi ! »
« Je soutiendrai l’idée de Jean Arthuis d’une Cour des comptes européenne. »
« J’entends, dès le redressement engagé, que la mise à niveau des petites retraites soit la première à bénéficier des conditions nouvelles du pays. »



L'Expansion.fr - 21/03/2012 - Ces sites internet qui surfent sur le "made in France" - Par Sébastien JULIAN



François Bayrou rêve de sauvegarder l'emploi grâce à un "label France". Ce qu'il ne sait peut-être pas, c'est que le débat sur le "made in France" a déjà un effet positif sur l'emploi. Sur Internet, les sites sur lesquels ont peut acheter des produits fabriqués en France se multiplient. Leur audience et leurs commandes sont même en nette progression, ce qui profite aux artisans et aux PME situées aux quatre coins de l'hexagone.

Sur le site 100pour100-madeinfrance.fr, l'un des pionniers en la matière, le nombre de visites a fait un bond de 50% depuis la fin de l'année dernière, confie Mathieu Chiavassa, l'un des co-fondateurs. La différence avec la période 2009-2011 est frappante. Lorsque nous avons lancé une première version du site sur une plateforme de blogs en 2009, le sujet du made in France était loin d'être porteur, explique-t-il. Nous devions aller chercher des partenariats avec les producteurs. Même les maires nous disaient : votre projet est beaucoup trop nationaliste ! Aujourd'hui, certains producteurs viennent spontanément vers le site pour proposer un partenariat et l'activité se porte bien. La campagne présidentielle a clairement redonné un coup de fouet.

Le constat est le même pour alittlemarket.com, un site qui regroupe des créations d'artisans français (bijoux, accessoires de mode, meubles...). Notre chiffre d'affaire a augmenté de 20 à 30% grâce au buzz médiatique, constate Nicolas D'Audiffret, l'un des co-fondateurs. Certes, le "made in France" est plus cher. Mais cet argument ne semble pas décourager les ventes. Les comportements changent : beaucoup de consommateurs préfèrent acheter un produit de qualité, qui durera longtemps, plutôt que deux produits ayant une faible durée de vie. Et puis, Internet permet de permet de court-circuiter les distributeurs classiques et donc de réduire le prix du "made in France". Nous jouons sur les économies d'échelles, explique Mathieu Chiavassa : nos marges sont faibles ; nous essayons de compenser par le plus de ventes possibles. Ainsi, nos prix sont bien moins chers qu'en boutiques ou qu'en grandes surfaces. Même constat chez alittlemarket.com : nous prenons juste 5% de commission sur les ventes. Résultat : un produit peut être vendu 35 euros chez nous alors qu'il serait vendu 100 euros en boutique !

"En fait, on ne nous dit jamais : vous êtes trop cher", explique Nicolas D'Audiffret. Le jeune entrepreneur pense d'ailleurs que le débat sur le made in France va se poursuivre au-delà des élections présidentielles. Il y a une tendance de fond. C'est aussi le pari de Sylvain Lescot, gérant du site france-reference.fr, ouvert depuis le 1er décembre dernier. Aujourd'hui, le bio est entré dans les moeurs. Beaucoup de gens sont près à payer un peu plus cher pour consommer ce type de produits. Le "made in France", c'est un peu comme le bio d'il y a cinq ans, explique-t-il. Ce qui n'empêche pas l'entrepreneur d'inciter les consommateurs à acheter français. Sur France-reference.com, vous pouvez comparer le prix des produits français et de leurs équivalents étrangers. A vous de choisir ensuite, celui que vous voulez. C'est la partie pédagogique du site, explique Sylvain Lescot. Au final, cependant, 90% des produits achetés sur le site sont français.




Tribune de Genève - 17/02/2012 - Bayrou dénonce la «sarkhollandisation» du débat politique 

Le candidat centriste souligne le fait que Nicolas Sarkozy et François Hollande représentent «à peine la moitié des électeurs» à eux deux.

François Bayrou dénonce la «sarkhollandisation» du débat politique dans les médias. Il soulignant que le président de la République et le candidat socialiste représentent "à peine la moitié des électeurs" à eux deux.

"L’idée qu’on pourrait continuer avec le parti actuel au pouvoir et les mêmes hommes, ou bien que le PS pourrait avoir tous les pouvoirs, franchement ça donne envie de se faire naturaliser australien", explique le candidat centriste dans un entretien avec des lecteurs du Parisien publié vendredi.

"La +sarkhollandisation+ du débat politique, il va falloir qu’elle recule", lance l’ancien ministre de l’Education en reprenant un néologisme qu’il rodait depuis quelques jours. "Quand j’allume ma radio le matin, j’entends Nicolas Sarkozy et François Hollande qui répond. Ils représentent à peine la moitié des électeurs, et les autres, comment on les entend?", interroge le président du MoDem. "Je vous avertis: les Français ne se laisseront pas confisquer cette élection", dit-il.

En 4e position

Après une poussée en décembre dans les sondages (de 7 à 14%), le leader centriste s’est stabilisé autour de 12 à 13%, en quatrième position derrière François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

"Si vous écoutez les sondages, n’allez pas voter! Deux candidats ont disparu en deux jours (Christine Boutin et Hervé Morin, ndlr). Le paysage se simplifie. Il n’y a que trois candidats éligibles parmi ceux qui restent. Si les gens ont envie de mettre fin au règne de Sarkozy, il ne reste que Hollande et moi", résume le candidat centriste.
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François Bayrou : Stratégie et Analyse

François Bayrou : Stratégie et Analyse
Record de popularité
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Un appel "anti-sarkozy"
Pourquoi Bayrou plafonne
Bayrou à la recherche d'un nouvel élan
Le recours de la droite
La rigueur +++

Le Figaro - 20/03/2012 - Bayrou atteint des records de popularité 


François Bayrou a gagné 5 points de popularité en mars, ce qui lui permet de conforter sa troisième place du tableau de bord Ifop pour Paris-Match publié aujourd'hui, derrière Nicolas Hulot et Jacques Chirac, mais loin devant tous les autres candidats à la présidentielle.

François Bayrou, qui totalise 70% de bonnes opinions, devance largement Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) qui, à la 10e place, enregistre la plus forte progression du mois: 8 points. François Hollande, 13e, cède trois points à 54%. Nicolas Sarkozy, 28e, progresse de 3 points (41%). "Porté par son entrée en campagne, Nicolas Sarkozy (..) atteint ainsi un niveau de popularité qu'il n'avait plus atteint depuis juillet 2011", souligne l'Ifop.

Jean-Marie Le Pen lanterne rouge

Parmi les autres candidats à la présidentielle, Eva Joly (36%) gagne 2 points, Marine Le Pen (34%) un point et Nicolas Dupont-Aignan (27%) deux points. Les autres ne sont pas testés.

En tête du classement, Jacques Chirac (71%, +1 point) cède la première place à Nicolas Hulot (73%, +3). Christine Lagarde (64%) et Alain Juppé (62%) gagnent 2 points, devant Bertrand Delanoë (61%, -1). François Fillon (56%), à la 11e place, gagne 3 points.

Jean-Marie Le Pen est toujours lanterne rouge avec 18% (-1).

Sondage réalisé par téléphone les 15 et 16 mars auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).



Le Parisien.fr - 15/03/2012 - Solidarité, le nouveau thème de Bayrou - Par Martine CHEVALET


Il a esquissé le sujet en recevant cette semaine l’ancien haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch : la France ne se reconstruira pas dans l’individualisme. François Bayrou, qui publie aujourd’hui « la France solidaire » (Plon), rédigé en urgence — deux semaines —, marque un virage dans sa campagne. 
Tirant la leçon des sondages qui montrent l’agacement ou le désintérêt des Français face à l’indigence des thèmes de la campagne, et bien conscient que son « ni gauche ni droite » ne suffit pas à faire décoller sa cote, le centriste a présenté hier un « projet de société » basé sur les solidarités. « Après les forums de réflexion et les mesures techniques, il met ses 140 propositions en cohérence et propose une espérance. Il n’y a là-dedans aucune tactique politique ni volonté de mettre un coup de barre à gauche », jure Bernard Lehideux, membre du comité stratégique de campagne. Reste que ce thème de « solidarité » résonne davantage comme un slogan de gauche que de droite. Faut-il voir là, malgré les dénégations de ses proches, un indice dans le choix que devra faire Bayrou lors de l’entre-deux tours de la présidentielle?

Il a relu les écrits de De Gaulle

En attendant, il y a nécessité de rebond pour le candidat MoDem! Entre deux salves contre les sondages et leurs commanditaires — sujet déjà manié en 2007 —, François Bayrou a donc choisi d’adoucir son discours aride sur les déficits publics. « Il faut parler autrement des problèmes quotidiens des Français, le faire dans la perspective d’une refondation de la société », estime l’eurodéputé MoDem Robert Rochefort. L’ancien sociologue admet que Bayrou a voulu remuscler son discours : « C’est un peu quitte ou double. Il tire la campagne vers le haut, au risque d’apparaître plus comme un penseur qu’un acteur de la société. »

Selon ses proches, Bayrou, qui a beaucoup relu ces derniers temps les écrits du général de Gaulle, a voulu injecter dans les débats « une certaine idée de la France », loin des querelles sur la viande halal. « Il réactualise son christianisme social en se décalant des mesures budgétaires un peu froides qui forment son empreinte depuis son entrée en campagne », précise Rochefort. Pour jouer sa carte, Bayrou veut aussi se démarquer des candidats Hollande et Sarkozy, qui désignent l’un le capitalisme mondialisé et l’autre l’Europe comme raisons à la crise. Et puis « cette phase est le reflet de ses rencontres dans les banlieues avec des associations caritatives, des salariés. C’est la réalité de ce qu’on lui dit qui a infusé », explique Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.



Le Parisien.fr - 11/02/2012 - François Bayrou lance «un appel» anti-Sarkozy - Par MP

Très applaudi samedi après-midi en meeting à Paris, François Bayrou a lancé un appel à tous «les humanistes», de gauche comme de droite, à s'allier contre les propositions de Nicolas Sarkozy. Depuis l'annonce de la feuille de route très à droite du Président de la République dans le Figaro Magazine paru ce samedi, l'opposition est vent debout contre «la droitisation du discours» du «presque candidat UMP» en ciblant notamment son idée de référendum sur les étrangers et les chômeurs.

En début de discours, à la maison de la chimie, François Bayrou a proposé de prendre la tête de la riposte. «J'affirme qu'aucun des hommes et des femmes du centre, ou qui ont eu les convictions du centre, même s'ils sont passés à l'UMP, ne peut accepter cela. Aucun d'entre eux ne doit se taire. J'affirme que la droite républicaine française, pas plus que la gauche, ne peuvent l'accepter», a lancé François Bayrou, citant l'héritage de Jacques Chaban-Delmas et du général De Gaulle.

Le candidat centriste s'en est pris très vivement à cette droite qui vise « l'électorat de l'extrême droite, le grand grenier voix ». «Le moment est venu de dire stop, ça suffit nous n'irons pas dans cette direction».

Vendredi, c'est l'ex-cofondateur de l'UMP, Philippe Douste-Blazy, passé dans le camp de Nicolas Sarkozy, qui avait pris position contre ce qu'il nomme la «dérive droitière» de Nicolas Sarkozy. «Avec un positionnement comme celui-là, je ne vois pas comment un centriste, un humaniste, un démocrate social peut voter pour Nicolas Sarkozy. C'est aux antipodes de nos valeurs.»
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Le Nouvel observateur - 07/02/2012 - Sondages : pourquoi Bayrou plafonne - Par Philippe CRIQUI

La stagnation dans les sondages de François Bayrou s'explique par ses choix stratégiques de campagne.

Après un départ en campagne en fanfare, François Bayrou marque le pas. Il stagne autour de 12% dans les intentions de vote en dépit de la présentation de son programme. Résultat d’un déplacement stratégique qui ne porte pas ses fruits.

L’équation à plusieurs inconnues de François Bayrou, il est vrai, n’est pas simple à résoudre. Il doit récupérer ses électeurs, élargir son espace politique, dépasser son plafond de 2007 et se préparer à toutes les hypothèses de second tour. Or François Bayrou est agrégé de lettres, pas de mathématiques.
Lire Marx

Le capital comme valeur cardinale. La façon dont François Bayrou a soudainement doublé son capital électoral lors de son entrée en campagne (de 7% à 15% d’intentions de vote entre début et mi-décembre) s’explique aisément. En se réaffirmant comme le candidat de l’extrême-centre, il a ouvert le réfrigérateur resté porte close depuis 2007. Il a fait revenir à lui ses électeurs restés au frais. Avant le lancement de sa campagne, il ne rassemblait qu’environ 30% de ses anciens soutiens de la dernière présidentielle. Mi-décembre, il avait provoqué le retour au bercail de presque 60% d’entre eux. Son capital comme fruit de son premier travail.
Lire l'Ecclésiaste

La vanité comme stratégie. Au centre de l’attention, l’ivresse de sa progression a insufflé à François Bayrou l’audace d’aller concurrencer Nicolas Sarkozy comme possible candidat alternatif de droite. Avec le ralliement de poids-plume du centre, il a donné l’impression de ressusciter l’ancienne UDF. Enfin, par un coup de coude habile et cruel, François Hollande lui a courtoisement fermé la porte d’une éventuelle alliance à gauche entre les deux tours et l’a repoussé vers son centre de gravité d’origine. Aujourd’hui, une part de ses anciens électeurs de centre gauche restent fidèles à François Hollande (environ un sur cinq) et François Bayrou ne rassemble guère plus que 40% de ses anciens électeurs. Vanité des vanités.
Lire La Fontaine


Le Figaro - 13/02/2012 - Bayrou à la recherche d'un nouvel élan - Par Rodolphe GEISLER


Face aux «valeurs» de Nicolas Sarkozy, le candidat centriste lance un appel aux «républicains et humanistes». Il estime par ailleurs que si Marine Le Pen n'a pas ses signatures, «les dirigeants des grands courants démocratiques devront en discuter».

Pour peu, les amis de François Bayrou, qui stagne dans les sondages entre 11 et 14% d'intentions de vote, en arriveraient presque à remercier le chef de l'État. «Après l'interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro Magazine, les Français vont se rendre compte que, pour la présidentielle, ils auront le choix entre une société à l'américaine, de plus en plus dure avec les plus faibles d'entre eux, et une société humaniste à l'image de la France de toujours», veut croire un cadre centriste, qui y voit là une occasion de redonner «un nouveau souffle» à son candidat. «Au cynisme électoraliste de Sarkozy, Bayrou répond par des valeurs humanistes», assure encore Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.

Bayrou, lui-même, a visiblement bien senti tout le parti qu'il pourrait tirer des «valeurs» exprimées par Sarkozy dans son interview au Figaro Magazine de ce week-end. Hasard de calendrier: ce samedi, le candidat centriste tenait à Paris le troisième forum de son «agenda 2012-2020» consacré, cette fois, à «la solidarité». L'occasion de profiter d'une tribune.

Pour le chef centriste, le ton de la campagne est désormais donné: ce sera «valeurs contre valeurs». Et 2012, «un choix de civilisation», a-t-il lancé, en clin d'œil aux récentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Très en verve, renouant avec le ton cinglant de son livre Abus de pouvoir, publié en 2009, Bayrou s'est livré à une charge sans concession contre le chef de l'État. «Ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est la négation de valeurs qui sont celles de la France.»

Pari audacieux
Pour le centriste, l'idée avancée par le probable candidat de l'UMP d'un référendum sur les droits des chômeurs est «indigne». Il l'assure: «Une société se juge au traitement qu'elle réserve aux plus faibles de ses membres.» Dans l'assistance, plusieurs centaines de participants venus assister au forum applaudissent. «Or, l'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur les droits des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France.» Et le candidat du «produire en France» d'insister: «Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage: ce sont les gouvernants…» Surtout, derrière ce référendum, Bayrou voit du cynisme: «Qu'y a-t-il derrière cette orientation? Il y a l'idée que c'est l'électorat d'extrême droite qui constitue le grand grenier à voix. Il y a que c'est en jouant de cette corde - «les chômeurs ne foutent rien…», et les étrangers, voilà la question» - que l'on peut puiser dans cet électorat…»

Le discours est long. Les attaques contre les valeurs du chef de l'État nombreuses. Ce samedi, François Bayrou ne s'y est pas trompé: il a totalement ignoré François Hollande, dont il a déjà estimé que «le programme est irresponsable», pour se concentrer sur Nicolas Sarkozy. Le pari est audacieux, mais le rêve du chef centriste est bien de se retrouver au second tour face au candidat socialiste. L'entourage de Bayrou fait en effet valoir des «sondages secrets», où, en cas de duel «entre les deux François», les scores seraient serrés. «Très serrés…», assure-t-on.

Quatrième position
Problème: pour cela, il faudrait à Bayrou passer le premier tour. Or, dans les sondages, le candidat centriste reste pour l'heure en quatrième position, à plus de dix points derrière Sarkozy. Certes, cette semaine, d'anciens cadres RPR, comme Florent Longuépée, l'ont bien rejoint. Mais Bayrou reste loin du compte.

D'où, peut-être, cette nouvelle montée en puissance contre le chef de l'État sortant: Le moment est venu de lancer un appel: je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, aux Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de laisser faire ou dire. Il est des moments où la politique s'arrête et où commence l'essentiel: la défense d'un monde qu'on veut transmettre aux enfants!» Et de lancer depuis son pupitre: «C'est assez, ça suffit. Stop!»
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La force de la fable. François Bayrou doit reconstituer ses forces pour retrouver son niveau de 2007, préalable nécessaire mais pas suffisant pour viser le second tour. Il doit percer son plafond et se créer un espace. En clair, il doit bouger les murs, car le total de voix exprimées ne dépasse jamais les 100%. Mais avant de se faire plus grosse que le bœuf, la grenouille a tout intérêt à être solide. Or aujourd’hui, l’électorat de François Bayrou est le plus fragile de tous. 60% de ceux qui ont l’intention de voter pour lui déclarent qu’ils pourraient changer d’avis. A l’inverse, la majorité des autres électorats est solide : plus de 70% les électeurs de François Hollande et Nicolas Sarkozy et près des deux tiers de ceux de Marine Le Pen se disent sûrs de leur décision. François Bayrou sait ce qu’il peut perdre ; mais il ne sait pas où il peut gagner.
La lecture erronée.

Le choix du glissement stratégique vers le centre droit résulte d’une mauvaise lecture de la situation de Nicolas Sarkozy. Le président sortant est peut être affaibli politiquement, mais il ne baisse pas électoralement. Sa situation est stable. Impopulaire dans le pays, il dispose toutefois d’un noyau dur d’environ 25% de l’électorat. Nicolas Sarkozy étant bas, il est difficile de lui mordre les mollets. Ses électeurs ne sont pas les plus nombreux, mais ils sont déterminés. De fait, François Bayrou n’attire guère plus de 10% des électeurs de 2007 de Nicolas Sarkozy. Ceux là ne croient pas à une alternative au centre.

Par conséquent, François Bayrou est condamné à une drôle de campagne à contre-emploi. Il fixe les électeurs du centre-droit les empêchant de rejoindre l’opposition, ce qui sert Nicolas Sarkozy. Et il offre à Hollande de bons reports au second tour, ce qui facilite le travail du candidat de gauche. Un peu le contraire d’une stratégie gagnante.


Le Figaro.fr - 13/02/2012 - Bayrou à la recherche d'un nouvel élan - Par Rodolphe GEISLER


Face aux «valeurs» de Nicolas Sarkozy, le candidat centriste lance un appel aux «républicains et humanistes». Il estime par ailleurs que si Marine Le Pen n'a pas ses signatures, «les dirigeants des grands courants démocratiques devront en discuter».

Pour peu, les amis de François Bayrou, qui stagne dans les sondages entre 11 et 14% d'intentions de vote, en arriveraient presque à remercier le chef de l'État. «Après l'interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro Magazine, les Français vont se rendre compte que, pour la présidentielle, ils auront le choix entre une société à l'américaine, de plus en plus dure avec les plus faibles d'entre eux, et une société humaniste à l'image de la France de toujours», veut croire un cadre centriste, qui y voit là une occasion de redonner «un nouveau souffle» à son candidat. «Au cynisme électoraliste de Sarkozy, Bayrou répond par des valeurs humanistes», assure encore Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.

Bayrou, lui-même, a visiblement bien senti tout le parti qu'il pourrait tirer des «valeurs» exprimées par Sarkozy dans son interview au Figaro Magazine de ce week-end. Hasard de calendrier: ce samedi, le candidat centriste tenait à Paris le troisième forum de son «agenda 2012-2020» consacré, cette fois, à «la solidarité». L'occasion de profiter d'une tribune.

Pour le chef centriste, le ton de la campagne est désormais donné: ce sera «valeurs contre valeurs». Et 2012, «un choix de civilisation», a-t-il lancé, en clin d'œil aux récentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Très en verve, renouant avec le ton cinglant de son livre Abus de pouvoir, publié en 2009, Bayrou s'est livré à une charge sans concession contre le chef de l'État. «Ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est la négation de valeurs qui sont celles de la France.»

Pari audacieux
Pour le centriste, l'idée avancée par le probable candidat de l'UMP d'un référendum sur les droits des chômeurs est «indigne». Il l'assure: «Une société se juge au traitement qu'elle réserve aux plus faibles de ses membres.» Dans l'assistance, plusieurs centaines de participants venus assister au forum applaudissent. «Or, l'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur les droits des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France.» Et le candidat du «produire en France» d'insister: «Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage: ce sont les gouvernants…» Surtout, derrière ce référendum, Bayrou voit du cynisme: «Qu'y a-t-il derrière cette orientation? Il y a l'idée que c'est l'électorat d'extrême droite qui constitue le grand grenier à voix. Il y a que c'est en jouant de cette corde - «les chômeurs ne foutent rien…», et les étrangers, voilà la question» - que l'on peut puiser dans cet électorat…»

Le discours est long. Les attaques contre les valeurs du chef de l'État nombreuses. Ce samedi, François Bayrou ne s'y est pas trompé: il a totalement ignoré François Hollande, dont il a déjà estimé que «le programme est irresponsable», pour se concentrer sur Nicolas Sarkozy. Le pari est audacieux, mais le rêve du chef centriste est bien de se retrouver au second tour face au candidat socialiste. L'entourage de Bayrou fait en effet valoir des «sondages secrets», où, en cas de duel «entre les deux François», les scores seraient serrés. «Très serrés…», assure-t-on.

Quatrième position
Problème: pour cela, il faudrait à Bayrou passer le premier tour. Or, dans les sondages, le candidat centriste reste pour l'heure en quatrième position, à plus de dix points derrière Sarkozy. Certes, cette semaine, d'anciens cadres RPR, comme Florent Longuépée, l'ont bien rejoint. Mais Bayrou reste loin du compte.

D'où, peut-être, cette nouvelle montée en puissance contre le chef de l'État sortant: Le moment est venu de lancer un appel: je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, aux Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de laisser faire ou dire. Il est des moments où la politique s'arrête et où commence l'essentiel: la défense d'un monde qu'on veut transmettre aux enfants!» Et de lancer depuis son pupitre: «C'est assez, ça suffit. Stop!»

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L'Express - 13/02/2012 - Bayrou, le recours de la droite? - Par Gaëtan SUPERTINO


Le candidat du Modem mitraille le président et ses propositions sur les chômeurs et les immigrés. Le centriste, qui stagne dans les sondages, souhaite aussi que Marine Le Pen puisse se présenter. Pour mieux affaiblir Nicolas Sarkozy? 
Il est bien décidé à ne pas lui laisser la vedette. Annonce supposée de la candidature, grand meeting de soutien à Marseille... Cela devait être la semaine du candidat Sarkozy. Mais François Bayrou ne compte pas rester assis à le regarder. Il ne compte pas attendre que le chef de l'Etat, deuxième dans les sondages, se décide à simplement provoquer en duel le favori socialiste. Il s'immisce dans la bataille. Et attaque le président sur son flanc gauche.
Samedi lors d'un forum sur le "contrat social", dimanche sur France2, lundi matin sur RTL... François Bayrou mitraille depuis trois jours les propositions du chef de l'Etat, évoquées dans l'interview donnée au Figaro magazine, notamment le référendum sur la fin des indemnisations chômage ou les propos sur les immigrés. "Pour moi, c'est une ligne de combat... Le fait de prendre ainsi ceux qui ont le plus de difficultés et d'en faire des responsables de la crise, d'insinuer que ce sont les responsables, c'est une ligne de fracture (...)", martèle le candidat centriste. "Fracture", "combat", les mots sont sans ambiguïté.
Je me refuse de parler de virage à droite, il y a des valeurs de droite respectables
Il faut dire que François Bayrou arrive à un moment charnière de sa campagne. En moins de deux mois, il est passé de 7% d'intentions de vote à plus de 12%, voire 14% dans les sondages. Mais depuis quelques semaines il stagne. Il subirait même plutôt une "tendance baissière", comme on dit dans le jargon des sondages. Or, après les mesures clairement marquées à droite annoncées par Nicolas Sarkozy, il est logique que le candidat du Modem se saisisse de l'occasion pour tenter d'enrôler les voix des modérés de la majorité.
"Je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, je dis à tous les Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses que l'on a pas le droit de laisser faire ou de laisser dire, qu'il y a des directions que l'on a pas le droit de prendre. J'affirme qu'aucun des hommes ou des femmes du centre, même s'ils sont passés à l'UMP, ne peut accepter cela, a-t-il martelé, invitant ainsi tous les déçus du virage à droite de Nicolas Sarkozy à le rejoindre. Je me refuse même à parler d'un virage à droite de Nicolas Sarkozy car il y a des valeurs de droite qui pour moi sont parfaitement honorables et respectables."
"Les déclarations de Nicolas Sarkozy ne font pas changer la campagne. Le produire en France, l'emploi, le chômage... Tout est lié. Mais François Bayrou est obligé de réagir au vu de leur gravité. S'il ne les avait pas prononcées, nous n'aurions pas de raisons de tirer sur le chef de l'Etat", explique à L'Express Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher et soutien du centriste.
"C'est la loi de la campagne"
Pour le moment, les réactions restent timides dans la majorité. Après Philippe Douste-Blazy, deux anciens proches de Philippe Seguin, Florent Longuépée et Xavier Jaglin, viennent d'appeler à soutenir Bayrou. Mais l'impact risque d'en être pour le moins limité.
"Que François Bayrou tente ce genre de chose, c'est la loi de la campagne, remarque ainsi l'ancien secrétaire d'Etat Dominique Bussereau, contacté par le JDD. Mais je ne pense pas que cela ait tellement de conséquences." Même scepticisme du Nouveau centre ou des proches de Jean-Louis Borloo: le chef de l'Etat n'a pas franchi la ligne rouge, du moins pas au point de pousser les modérés de la majorité à rejoindre le Modem.
"Ce n'est pas une stratégie électorale, assure Jacqueline Gourault. François Bayrou se bat simplement pour ce qu'il croit. Après, nous espérons bien sur rassembler tous les Français. Nous sommes persuadés qu'à droite, chez les humanistes, chez certains gaullistes, certains anciens du RPR, il y a des personnes qui pensent qu'une telle politique n'est pas possible. Nous espérons simplement qu'ils le disent."
"Bayrou a compris que 70% des Français veulent la présence de Le Pen"
Quoi qu'il en soit, François Bayrou a tout intérêt à insister dans la brèche qu'il a ouverte ce week-end. Car même si les soutiens politiques n'affluent pas, les électeurs, eux, pourraient y être sensibles. "Beaucoup d'études montrent que lorsque Nicolas Sarkozy droitise son discours, cela profite à Le Pen et à Bayrou. Les électeurs les plus à droite de l'UMP s'en vont vers le FN, ils préfèrent l'original à la copie. Et les autres ont tendance à se déplacer chez Bayrou", décrypte Gaël Sliman, directeur du pôle opinion chez BVA.
Du coup, on pourrait être tenté de voir la proposition du centriste de discuter des parrainages de Marine Le Pen comme un gros caillou glissé dans le soulier du chef de l'Etat. Une candidature Le Pen permetrrait à Bayrou de se poser en recours de la droite, face à un Sarkozy abandonné de son électorat.
"Je ne suis pas sûr que Bayrou milite pour la présence de Marine Le Pen pour ces raisons-là", nuance toutefois Gaël Sliman. François Bayrou serait en effet le premier avantagé de l'absence de Le Pen. D'après le sondeur, il gagnerait même quatre points avec un tel scénario. De plus, la droitisation de Sarkozy profite de manière égale à Le Pen et à lui. Et il n'est pas sûr qu'il l'emporte contre elle, dans la course au second tour.
Mais ce qu'il a compris en revanche, c'est que 70% des Français, de droite comme de gauche, veulent que Le Pen puisse se présenter. S'il insiste sur l'importance de la présence de Marine le Pen au premier tour, c'est parce qu'il sait que c'est un discours qui a le soutien du public.
"Les Français sont attachés au pluralisme, et François Bayrou aussi. Ce n'est pas comme si le FN faisait 1 ou 2%. Tous les partis parlent de ça entre eux. Mais ils font les faux-culs, assène Jacqueline Gourault. Nous, nous osons en parler publiquement."
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Marianne 2 - 15/02/2012 - Bayrou ou la rigueur +++ - Par Laurent PINSOLLE

Avec François Bayrou, le retour à l'équilibre budgétaire est prévu pour 2015. Soit un an avant l'échéance annoncée par Nicolas Sarkozy et deux ans avant celle de François Hollande. Son secret ? Privilégier une cure d'austérité drastique avant la croissance. D'après Laurent Pinsolle, qui soutient Nicolas Dupont-Aignan, ce modèle ne peut fonctionner, et montre surtout la manière dont Bayrou tente de séduire l'électorat de droite encore indécis.

Le candidat du Modem a révélé le chiffrage de son programme la semaine dernière. Sans surprise, il a creusé le sillon de la rigueur, qui est une de ses marques de fabrique. S’il fait plaisir à Jean-Michel Aphatie, sa recette serait une vraie catastrophe pour les Français.

ENTRE APHATIE ET CHURCHILL
François Bayrou ne pouvant pas se distinguer de François Hollande ni de Nicolas Sarkozy facilement sur les questions économiques, puisqu’il est lui aussi favorable à la monnaie unique, au libre-échange ou à la libre circulation des mouvements de capitaux, il a décidé de se différencier sur la question de l’austérité. En effet, alors que Nicolas Sarkozy promet un retour à l’équilibre budgétaire pour 2016 et François Hollande pour 2017, le candidat du Modem propose carrément 2015 !

Concrètement, cela représente un effort de 100 milliards d’euros entre 2011 et 2015, ou 80 milliards d’euros entre 2012 et 2015. Le président du Modem propose de réaliser cela pour moitié avec des baisses de dépenses et pour moitié avec des hausses d’impôts (nouvelles tranches d’impôt sur le revenu, hausse de la TVA). Bref, après le candidat allemand, voici le candidat churchillien, qui propose de la sueur et des larmes pour remettre de l’ordre dans les finances publiques.

UNE AUSTÉRITÉ SUICIDAIRE
Le problème est que ces propositions sont extrêmement dangereuses. Elles représentent un ajustement budgétaire d’environ 1,5 point de PIB par an pendant 3 ans. Le FMI a souligné dans une étude de 2010 que les phases d’austérité pèsent fortement sur la croissance. La potion amère de François Bayrou pourrait se révéler beaucoup trop dure pour tenir les 1,5 % de croissance du PIB qu’il annonce dans son projet, rendant caduque l’ensemble de son projet.

L’avis des économistes n’est pas très positif. Même les adeptes de la pensée unique sont sceptiques, comme le rapporte L’Express. Quand aux hétérodoxes, ils dénoncent ces politiques vivement, comme Joseph Stiglitz pour qui « l’austérité mène au désastre  » et qui évoque « la pratique de la saignée dans la médecine médiévale  ». En outre, comment ne pas y voir une réplique des politiques mortifères menées en Grèce, et qui n’ont absolument rien résolu.

UN GRAND COUP DE BARRE À DROITE

Dans un papier assez vif, le blogueur SuperNo, s’est posé la question « Bayrou, encore plus libéral que Sarkozy ?  ». Il est vrai que le programme budgétaire du candidat centriste à l’élection présidentielle le déporte sur la droite de l’échiquier politique puisqu’il est celui qui va le plus loin dans les efforts de réduction des déficits budgétaires, poussant jusqu’à l’absurde une politique qui achèverait de casser définitivement toute croissance, comme cela se passe en Grèce.

Certes, on peut reconnaître une certaine constance au candidat, qui tenait déjà un discours similaire en 2007. Mais pratiquement, c’est une impasse économique. En fait, elle constitue sans doute un virage à droite. En effet, la seule chance pour François Bayrou n’est-elle pas de convaincre l’électorat de droite de laisser tomber un Nicolas Sarkozy — qui sera forcément battu par François Hollande — pour le soutenir lui, qui serait capable d’éviter le retour de la gauche au pouvoir ?

Devant la faiblesse du président sortant, le président du Modem semble faire le pari de devenir un candidat de droite de substitution pour faire barrage à François Hollande. Mais ce dernier ne fait pas très peur. Pire, il est pour le moins paradoxal de nous proposer une potion qui échoue partout ailleurs.
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Bayrou : sa proposition sur les parrainages

Bayrou : sa proposition sur les parrainages

Le Parisien.fr - 12/02/2012 - Parrainages du FN : la proposition de Bayrou fait flop

C'est un non catégorique qu'opposent ce lundi le PS, les Verts, le Front de gauche et l'UMP à la proposition de François Bayrou d'aider Marine Le Pen à obtenir ses 500 signatures nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle. Si la présidente du FN «fait une déclaration publique en disant qu'elle n'a pas ses signatures, les dirigeants des grands courants démocratiques devront en discuter», a affirmé dimanche soir François Bayrou, invité du 20 Heures de France 2. Ce matin sur RTL, il a précisé sa proposition d'une rencontre entre leaders des grands courants démocratiques sur la question des parrainages de la patronne du FN : «Il est impossible qu'une formation politique seule, comme la mienne, dise : On va faire ce qu'il faut, parce que ça ferait manoeuvre», indique Bayrou. Il se dit, en revanche, disposé «à en parler avec les autres partis politiques pour que le pluralisme ait droit de cité en France, s'ils y sont prêts, ce dont je ne suis pas certain». Une élection sans le FN, «c'est un trouble», selon le député des Pyrénées-Atlantiques.

Dans la journée, face au refus des partis de droite comme de gauche, le patron du MoDem a dit regretter un refus «désinvolte» des grands partis, en expliquant qu'il existe un intérêt supérieur à celui des partis, celui de la confiance des citoyens «dans la démocratie».
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Le Pen : «Je n'ai pas à appeler à l'aide»

La principale intéressée rétorque : «Je n'ai pas à les appeler à l'aide.» Si elle salue le «comportement républicain» et «démocrate» du leader du MoDem, elle n'a «pas à lui dire merci», précise-t-elle. La présidente du parti d'extrême droite affirme qu'elle approche «doucement des 400 parrainages», parlant de promesses de signatures qui «rentrent progressivement».








Valls : «La famille Le Pen a toujours eu ses signatures»

Le socialiste Manuel Valls a catégoriquement rejeté la proposition de François Bayrou. «Vous vous rendez compte ! Des responsables politiques se réunissant dans une arrière-boutique pour répartir des signatures ! Et moi, je te donne tel département et moi, je te donne tel maire... Qu'est-ce que cela veut dire ?» s'est exclamé sur Europe 1 le responsable de la communication de campagne du candidat PS, François Hollande. Si Marine Le Pen ne disposait pas de ses signatures, «ça serait sans doute un problème», concède Valls, ajoutant aussitôt : «Nous n'en sommes pas là (...) La famille Le Pen a toujours eu ses signatures. Elle nous a toujours fait la même histoire sur le fait qu'elle ne les aurait pas. Elle va les avoir.»

Joly : «Ce n'est pas mon problème»

«Ce n'est pas mon problème, il ne faut pas compter sur moi, les règles sont les mêmes pour tous et je veux qu'elles soient respectées», réagit Eva Joly. La candidate d'Europe Ecologie - Les Verts (EELV) s'est exprimée en marge d'un déplacement à Marseille. «Il faut comprendre que, si Mme Le Pen a du mal à obtenir ses parrainages, c'est parce que ça pose problème aux maires et ce sont les positions de Marine Le Pen qui posent problème, parce qu'elles ne sont pas conformes aux valeurs républicaines», a souligné Joly.

Dominique Voynet, porte-parole de la candidate, avait déjà  rejeté la proposition de Bayrou un peu plus tôt dans la matinée. Elle a pronostiqué que la présidente du parti d'extrême droite aurait ses signatures. «A chaque échéance, l'extrême droite joue cette menace pour occuper le terrain. Elle ferait mieux de se débattre sur le terrain des idées et des propositions concrètes pour sortir de la crise.»

Jacob (UMP) :  «L'impression d'un tripatouillage politique»

Fin de non-recevoir identique du côté du parti de la majorité présidentielle. Selon le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, «ça n'aurait pas de sens. C'est contraire à l'esprit de la Ve République et ça donnerait l'impression d'un tripatouillage politique». Interrogé par l'AFP, il souligne : «Ce n'est pas aux partis politiques d'aller donner des instructions aux élus. Chaque élu est responsable et sait ce qu'il a à faire. Marine Le Pen doit s'interroger sur sa manière de faire campagne. Si elle n'arrive pas à trouver 500 signatures sur 43 000 (parrains potentiels), c'est un vrai sujet pour elle.»

Une «tambouille», selon le Front de gauche

Le codirecteur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Olivier Dartigolles, qualifie, lui, de «tambouille» la proposition de François Bayrou. «Voici ce que sont devenues les institutions de la Ve République : un téléthon en faveur de la candidature lepéniste !» écrit-il dans un communiqué. «Quant à Marine Le Pen, le sort de ses signatures nous indiffère. Quelle s'en débrouille. De toute façon, qu'elle soit candidate ou non, nous devons la battre, elle et ses idées nauséabondes, sur le fond et cela sur tous les terrains, élections comprises. Le Front de gauche est engagé dans une campagne pour faire reculer l'extrême droite. Il ne ménagera pas ses efforts», assure-t-il.
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Bayrou : "achetez français" mais roulez en audi

Rue 89. Le 12/12/2011. Source

Bayrou : « Achetez français », mais il repart en Audi !
Yann Barthès a mis François Bayrou devant une sacrée contradiction, lundi au « Petit Journal » de Canal+, en montrant le candidat du Modem faire sa campagne sur le thème du « achetez français » et « y en a marre des pubs pour les voitures allemandes », avant de repartir... en Audi ! Une séquence ravageuse.

Mise à jour le 13/12/2011 à 7h38. Les amis de François Bayrou ont vite allumé le contrefeu en expliquant que l'Audi en question était celle d'un élu de Pau qui a raccompagné le candidat centriste, mais que sa voiture personnelle était une Twingo Renault made in France, et la voiture familiale une Peugeot 3008 tout autant made in France.

Donc François Bayrou se retrouve dans la même position que Dominique Strauss-Kahn (une semaine avant le Sofitel de New York) avec la Porsche de son conseiller en communication Ramzi Khiroun, victime d'une collision frontale entre un discours et une image. C'est cela aussi une campagne électorale : le diable se cache dans les détails.

Réaction de François Bayrou sur Twitter, qui a pris le parti d'en rire :

« On Audi pas tout ! Un ami vous raccompagne : changer d'ami ? Non ! Le persuader de changer de voiture ? Mieux ! En rire ? Encore mieux ! »

François Bayrou : les propositions

François Bayrou : les propositions
Acheter français
Redresser l'économie française
Les principales propositions
La rigueur
Les objectifs
L'euthanasie
Députés et proportionnelle 
Ministère de l'égalité
Référendum sur la vie publique
Photo : AFP

Le Figaro. Le 05/12/2011. Source

François Bayrou relance le slogan «acheter français»

Pour doper la production, le chef du MoDem suggère de créer un label France. 
C'est un peu «sa» semaine qui débute. Invité dimanche soir du «Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro», François Bayrou officialisera, cette fois pour de vrai, sa troisième candidature à l'Élysée mercredi à la Maison de la chimie de Paris, avant un banquet «festif» samedi à Pau. En attendant, comme dimanche soir au «Grand Jury», il parle beaucoup d'Europe. D'un côté, il juge «irresponsables» les propos germanophobes venus du PS. De l'autre, il dénonce «l'affichage», voire «l'entente fallacieuse», du couple franco-allemand, qui, selon lui, ne serait en réalité «d'accord sur rien».

Pour le président du MoDem, «l'Europe ne se construit pas à deux, ça ne marchera pas».

Évoquant la crise «dans la zone euro», il a encore estimé «contre-productif» que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel «multiplient des conférences de presse dont il ne sort rien». En opposition, le leader centriste défend une «méthode communautaire». «Le couple franco-allemand, explique-t-il, doit être un ferment. Un entraîneur. Mais il ne doit pas se placer en commandant prétendant donner des instructions aux autres sans jamais pour autant être clair.» Pour sortir de la crise, il préconise notamment de «sécuriser la dette en assurant les prêteurs» et «en assurant le refinancement de la dette des États sur une période assez longue pour leur permettre de sortir la tête de l'eau». «Ce qui est différent des subventions», précise-t-il.

Voilà, pour la crise de la zone euro. Sur le plan national, le presque candidat François Bayrou -qui a gagné deux points et demi à 8,5% d'intentions de vote dans le dernier sondage Ifop pour le site Atlantico-, martèle son slogan pour 2012: «produire et instruire». Pour lui, il ne s'agit pas de baisser le coût du travail. Mais, il faut «reconquérir des marchés», améliorer la marque française par un label, voire pour les consommateurs, «acheter français» . Pour lui, ce «n'est pas un gros mot»: «On est en train de crever, il faut inverser le mouvement et redonner envie d'acheter français, c'est une démarche civique…»
Plusieurs soutiens 

L'occasion encore de rappeler son offre «centrale» pour réunir les Français dans un «esprit d'union nationale». «Il n'y a pas que deux offres, Hollande ou Sarkozy», répète-t-il. Ce week-end plusieurs personnalités dites de «la société civile» ont ainsi officiellement annoncé leur soutien au leader centriste. L'ancien patron du Crédit lyonnais Jean Peyrelevade, qui avait soutenu Manuel Valls pour la primaire socialiste, a déclaré samedi qu'il était en «accord total avec le discours économique» de François Bayrou. «De tous les hommes politiques qui s'expriment sur le sujet, il me paraît le plus adapté aux défis du pays», a ajouté sur Europe 1 l'ancien directeur adjoint de cabinet de Pierre Mauroy.

L'ancien directeur de Marianne, Jean-François Kahn, aujourd'hui écrivain, a également annoncé ce week-end qu'il soutiendrait la candidature de François Bayrou. «Ce ne sera pas un soutien et un vote par défaut comme en 2007. Je ne suis pas à 100% d'accord avec lui, mais en tant que patriote, je suis convaincu que c'est l'homme dont la France à besoin pour incarner le changement dans un climat de haine et de clivages», a-t-il déclaré dans Nice-Matin. En 2009, déjà, «JFK» s'était fait élire aux élections européennes sur une liste MoDem, avant de céder son siège «par courtoisie» à sa deuxième de liste, la sortante Nathalie Griesbeck.

Pour Bernard Lehideux, vice-président du MoDem, François Bayrou serait ainsi «le seul à pouvoir incarner une synthèse» de la société française. «Qui peut réunir ensemble des gens comme Jean-Luc Bennahmias, ancien patron des Verts, Jean Arthuis, sénateur de l'Alliance centriste, ou encore l'ancien ministre Bernard Bosson, si ce n'est François Bayrou?», interroge-t-il.



Les Echos. Le 15/01/2012. Source


La méthode Bayrou pour redresser l'économie française


Le candidat centriste, depuis longtemps alarmiste sur la dette, s'est dit, hier, en mesure de relancer la production hexagonale, et surtout de combler les déficits d'ici 2016.

« Une journée exceptionnelle dans un contexte exceptionnel ». C'est avec ces mots que François Bayrou a ouvert, samedi à Paris, son premier « forum » thématique, dédié au « redressement de la France », qui s'inscrit dans le cadre de son « agenda 2012-2020 ». Un rendez-vous des plus opportun, alors que la France venait juste de perdre son triple A. Le leader centriste n'avait, lui, pas cessé d'alerter de longue date sur la crise de la dette. Hier encore, devant une centaine d'intervenants, (économistes, chefs d'entreprises, figures du sérail politique), l'homme, qui semble à nouveau fédérer autour de lui, est longuement revenu sur « le produire en France », sillon qu'il creuse depuis son entrée en campagne -et créneau visiblement gagnant au vu de sa percée rapide dans l'opinion. « Il nous faut relancer la production sans utiliser les armes classiques de la dépense publique », a expliqué, hier, le vice-président du Modem Robert Rochefort. Tandis que l'ex-ministre convié Francis Mer, juge, lui, la perte du triple A comme « une excellente nouvelle nous mettant au pied du mur ». « Il faut retrouver la production, mère de toutes les batailles », a ainsi lancé le candidat centriste à la tribune. Retrouver à l'horizon 2020 « une France qui sache innover, produire et vendre », avec, dès l'automne 2012, une loi-cadre « sur le réarmement productif de la France ». Vaste programme, qui ne s'attarde toutefois guère sur les disparités majeures du coût du travail dans le monde, mais promet de mettre l'accent sur le haut de gamme. Parmi les outils, le développement d'un label « produit en France », qui ne serait, en rien, le symptôme d'une tentation protectionniste. « N'écoutez pas les menteurs, on ne refermera pas nos frontières et si cela devait se faire, ce serait un drame », a plaidé le Béarnais qui veut un « Etat stratège », « un commissariat aux stratégies », rappelant, même s'il s'en défend, les planifications d'antan. Aucune relance ne fera, insiste-t-il, sans refonte du dialogue social, sans mettre fin à « la guerre froide sociale dans les relations entre les entreprises et leurs salariés ». Et François Bayrou de souhaiter que leurs représentants « siègent avec droit de vote au conseil d'administration des entreprises » de plus de 500 salariés.

Sur la réduction des dépenses publiques, son leitmotiv, le « troisième homme » de 2007 a redit sa volonté d'augmenter de deux points la TVA, encore très sceptique sur l'impact d'une TVA sociale sur le pouvoir d'achat. Lui entend notamment supprimer certaines niches fiscales, la défiscalisation des heures supplémentaires, et instaurer deux tranches d'impôts supplémentaires dont une à 50% pour les revenus excédant 20 000 euros mensuels. Et taxer, sous certaines conditions, le patrimoine à 0,5% : « une exigence de solidarité indispensable dans la période actuelle ».


François Bayrou ambitionne une remise en état rapide des comptes publics, et se donne « trois exercices budgétaires » pour « combler le déficit de 100 milliards », « par un plan sérieux et progressif ». « On me dira que trois ans, c'est irréaliste. Mais ce qui est irréaliste, c'est de croire que nous avons du temps devant nous », a-t-il argué. Et de croire, de vouloir,pour rendre possible ce redressement d'ici 2016, à la fin d' « une vie politique régressive et pénalisante », au-delà des clivages de ceux qu'il s'amuse à nommer « partis provisoirement principaux »... mais aussi l'amorce, indispensable d'une véritable « stratégie européenne ». Bref, une entreprise de longue haleine. François Bayrou sait, lucide, ne pouvoir la construire seul...Et rêve, ragaillardi par les sondages, que les Français le placent au centre de cette « union nationale », plus que jamais revendiquée en ces temps d'instabilité.



Les Echos. Le 19/01/2012. Source
Les principales propositions du candidat Bayrou

Fiscalité, temps de travail, institutions, nucléaire... tour d'horizon des thèmes que le candidat du Modem veut défendre pendant la campagne présidentielle.


TVA

Le leader centriste veut l'augmenter de 2 points pour contribuer à la réduction des déficits et non pour alléger les charges des entreprises. François Bayrou n'est pas favorable à la TVA sociale, une idée qu'autrefois il ne rejetait pas aussi ouvertement. « Une augmentation de 5 points du pouvoir d'achat, serait un traumatisme pour le pouvoir d'achat des chômeurs, des retraités , justifie-t-il, malgré l'avis contraire du sénateur centriste Jean Arthuis rallié au candidat centriste pour la présidentielle.


Dette

Celui qui se félicité d'avoir tant et tant alarmé sur la crise de la dette veut faire de la réduction des déficits son cheval de bataille, jugeant « réaliste » de revenir à l'équilibre début 2016. « Le déficit budgétaire doit être supprimé en trois exercices budgétaires par un plan sérieux et progressif, qui reposera à parts égales sur la diminution des dépenses et l'augmentation des recettes ». Mais « les salaires ou les retraites doivent respirer », estime-t-il dans le « Figaro Magazine » de ce week-end.

« Produire en France »
François Bayrou veut la création de labels sur l'origine France du produit, indiquant la part de fabrication hexagonale. Il s'agirait d'un étiquetage facultatif à la demande des entreprises. Pour réindustrialiser la France, François Bayrou veut « un Etat stratège » avec la création d'un « commissariat aux stratégies », fixant les priorités à tenir.

35 heures
François Bayrou n'a pas cessé de souligner combien les 35 heures avaient été « une erreur » pour la France. Bien sûr, il ne cache pas son souhait d'une remise à plat du système sans pour autant entrer dans les détails. Pour l'heure, il ne va pas aussi loin que la majorité, inscrivant dans son projet présidentiel le souhait d'une « renégociation branche par branche, voir entreprise par entreprise ».

Fiscalité
Le candidat centriste à l'Elysée plaide en faveur de la création d'une nouvelle tranche d'impôts, taxée à 50 % pour les revenus dépassant 20.000 euros mensuels. La tranche de 41% serait, elle, portée à 45 %. Il envisage la la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, et, sous certaines conditions, la taxation du patrimoine à 0,5% : « une exigence de solidarité indispensable dans la période actuelle ».



Dialogue social. 
Le candidat Modem entend en finir avec « la guerre froide dans les relations entre les entreprises et leurs salariés ». Et propose notamment que leurs représentants « siègent avec droit de vote au conseil d'administration des entreprises ».

Institutions
Aujourd'hui François Bayrou veut, en cas de victoire, faire mentir, à l'échelle de la France, la réputation parfois autocratique que ses anciens camarades ont dessiné de lui. Il en plaisante d'ailleurs, évoquant son entourage : « désormais, il m'arrive de dire « vous avez raison » ! ». Et de plaider pour une constitution appliquée à l'aune de ce qu'elle préconise ; « une distinction précise entre la responsabilité du président et de celle du gouvernement ». Et d'épingler, sans nommer Nicolas Sarkozy « une concentration de tous les dangers » lorsque le pouvoir émane du seul chef de l'Etat. Lui souhaiterait ne pas mettre en place un gouvernement pléthorique. Fidèle à ses convictions européennes, il envisage à terme, dans une approche fédéraliste, l'élection d'un président de l'Union européenne au suffrage universel direct.

Nucléaire
« Inventer un nouveau modèle durable ». Vaste programme dont François Bayrou ne livre pas tous les détails, même s'il envisage à terme d'en finir avec la prépondérance du nucléaire. A condition que le développement des énergies fossiles, par contre-coup, n'ait pas trop d'incidences négatives sur les productions de CO2. « Les énergies non polluantes sont à portée de la main, d'ici une génération à deux », a-t-il déclaré, affirmant, loin d'être un détracteur absolu du nucléaire, qu'il s'agissait d' « une énergie de transition utile ».



Le Monde. Le 01/02/2012. Source

François Bayrou, la rigueur pour horizon

François Bayrou a présenté, mercredi 1er février, des précisions sur son programme économique pour un retour à l'équilibre des finances nationales (lire son programme en PDF). Le candidat du Mouvement démocrate renvoie dos à dos PS et UMP en jugeant qu'ils "manquent de cohérence" et aime à se camper en seul candidat crédible pour réduire la dette. Mais les moyens qu'il compte mettre au service de cet objectif manquent parfois de précision. Décryptage.


UNE BAISSE DES DEPENSES PUBLIQUES

François Bayrou commence par un postulat : une hausse "zéro en valeur" des budgets de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités territoriales. La notion de "valeur" signifie que les dotations resteraient au même montant, quelle que soit l'inflation, pendant trois ans. Le PS comme l'UMP parlent eux de budgets équivalents en volume, c'est-à-dire en y ajoutant l'inflation. Celle-ci s'est élevée, en 2011, à 2,5 %.

Avec une stabilité en valeur, le budget de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités territoriales serait donc diminué d'autant chaque année, voire plus, puisque M. Bayrou veut augmenter la TVA de 1 % en 2012 et à nouveau de 1 % en 2014, ce qui peut provoquer de l'inflation également.


NICHES FISCALES : UN "COUP DE RABOT" PROFOND...

Première annonce de M. Bayrou : un "coup de rabot" sur les niches fiscales censé rapporter 20 milliards d'euros en trois ans, dont 10 la première année. Si l'ensemble de la dépense fiscale actuelle - les "niches" - se chiffre à plus de 70 milliards d'euros annuels, elle se traduit concrètement en avantages pour certaines catégories de population, qu'il n'est jamais évident d'abroger. Par exemple, les niches actuellement les plus coûteuses, comme le taux de TVA réduit pour les travaux dans la résidence principale (5,2 milliards), ou la TVA à 5,5 % dans la restauration (3,2 milliards) sont aussi celles qui aident des professions, qui risquent de défendre leurs acquis.

Pour contourner la difficulté, le PS envisage de raboter globalement de 10 % toutes les niches. François Bayrou parle pour sa part d'un "coup de rabot" général sur l'ensemble des niches (sans préciser de pourcentage), mais aussi de la suppression de certaines autres, comme l'exonération des revenus des heures supplémentaires pour les salariés.

...ET CRÉATION DE NOUVELLES NICHES 
Mais le rigorisme de François Bayrou n'est pas total. Le candidat annonce ainsi la création de trois nouvelles niches fiscales. L'une touche au financement des PME : une grande entreprise qui crée ou participe à une structure d'investissement en faveur des petites entreprises bénéficierait d'un avantage fiscal. La mesure n'est pas en l'état plus détaillée, ni dans l'avantage qui serait proposé ni dans l'ampleur attendue du dispositif.

Deuxième niche, la création d'un "crédit impôt innovation" calqué sur le crédit d'impôt recherche (CIR). Une entreprise innovante bénéficierait d'avantages fiscaux. François Bayrou ne chiffre pas le coût de la mesure, mais la compare au CIR. Celui-ci, "victime" de sa grande popularité, devrait coûter 5,5 milliards d'euros en 2011, selon les deux auteurs de Un quinquennat à 500 milliards, et ses détracteurs l'accusent d'offrir des effets d'aubaine aux grandes entreprises.

Enfin et surtout, François Bayrou propose d'exempter de charges durant deux ans toute embauche d'un jeune ou d'un chômeur dans une petite ou moyenne entreprise de moins de 50 salariés, à concurrence d'une par entreprise. La mesure est nouvelle dans le programme du MoDem, qui la chiffre à deux milliards d'euros mais elle ressemble à d'autres mesures du même type. Le gouvernement avait ainsi mis en place en 2009 un dispositif "zéro charges" pour les embauches dans les entreprises de moins de 10 salariés. Prolongé en 2010, le dispositif a été réactivé en 2012 à l'issue du sommet social. Limité aux embauches de jeunes et de seniors, il avait coûté 600 millions d'euros en 2009 et 410 en 2010, soit, selon le ministère de l'emploi, 185 euros par mois et par salarié.


LA TVA AU SECOURS DU DEFICIT

Autre source de revenu évoquée par François Bayrou : la hausse de la TVA, de deux points, en trois ans : un point en 2012 et éventuellement un autre en 2014, "si la croissance n'est pas au rendez-vous". Pour le leader centriste, la mesure rapporterait là encore 20 milliards d'euros au total.

Il y a trois taux de TVA en France : le taux normal de 19,6 %, le taux réduit à 7 %, et enfin le taux super-réduit de 2,1 %. M. Bayrou ne précise pas s'il compte augmenter le seul taux normal (chaque point d'augmentation représenterait environ 5 milliards d'euros), ou s'il veut augmenter d'un point l'ensemble de la TVA (soit le taux normal à 19,6 %, mais aussi le taux réduit de 7 % et le taux super-réduit de 2,1 %), ce qui rapporterait autour de 7 milliards d'euros par point.

Dans tous les cas, cette hausse risque de toucher les portes-monnaies des ménages - c'est un des arguments des opposants à la mesure gouvernementale - d'autant que, à la différence de la TVA dite sociale, prônée par Nicolas Sarkozy, il n'est ici pas question d'abaisser en contrepartie les cotisations patronales.


UN "CHOC FISCAL" 

François Bayrou prévoit deux nouvelles tranches d'imposition : d'une part un relèvement de la tranche actuellement fixée à 41 %, qui concerne les revenus au-delà de 70 830 euros, qui passerait à 45 %. Ensuite, M. Bayrou veut créer une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu, à 50 %, pour les revenus au-dessus de 250 000 euros par part. En 2008, 313 148 foyers fiscaux qui gagnaient en moyenne 219 000 euros ont payé des impôts (47169 € en moyenne) sur la tranche à 40 %. lls seraient donc les premiers concernés par la hausse à 45 % de cette tranche.

Le député de Pyrénées-Atlantique propose aussi que, pour tout patrimoine supérieur à 1 million d'euros, un "revenu théorique" de 1 % soit intégré dans la base de l'impôt sur le revenu. Selon le calcul de l'économiste Thomas Piketty, auteur de Pour une révolution fiscale, il y avait en France en 2010, 3 % de Français possédant un patrimoine d'au moins 1 million d'euros, soit environ 1,5 million de personnes.

Le simulateur de Revolution-fiscale.fr permet de calculer une estimation des révenus générés par les deux nouvelles tranches : il serait de 1,3 milliards d'euros sur un an. Le candidat centriste espère lui obtenir un montant supérieur avec ses réformes fiscales, "ajoutées à une revue des avantages fiscaux infondés et à la croissance espérée, même modeste" : 10 milliards d'euros.



Le Nouvel Observateur. Le 02/02/2012. Source


Présidentielle : les 3 objectifs proposés par Bayrou


Après avoir vertement critiqué ses adversaires, le candidat MoDem a présenté mercredi les mesures de son programme.

François Bayrou a tenté mercredi 1er février de reprendre la main sur ses principaux concurrents PS et UMP qu'il juge peu cohérents, en se posant en champion du retour à l'équilibre des finances publiques, défenseur de la production et promoteur d'une co-gestion à la française.

Après deux semaines dominées par les annonces de François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou,quatrième dans les sondages avec 11 à 15% des intentions de vote, a critiqué tour à tour ses deux adversaires, en prenant appui sur ses sujets de prédilection : la lutte contre les déficits et le produire en France.

"J'ai été frappé par le manque de cohérence dans l'intervention de Nicolas Sarkozy. Il annonce qu'il n'augmentera pas les impôts et annonce la TVA sociale et deux impôts", a-t-il dit. Et de brocarder dans le même élan "le manque de logique et de crédibilité de François Hollande", qualifiant "d'illusion" la création de 60.000 postes dans l'Education et 150.000 emplois d'avenir.

"La course aux dépenses nouvelles est une course vers l'abîme", a lancé le leader centriste, en dénonçant la surestimation des chiffres de la croissance par ses deux rivaux. "Nous, nous avons pris en considération les estimations des organismes internationaux (0,2% en 2012, 1% en 2013 et 1,5 en 2014)".

1. Sortir du surendettement
"Le premier devoir de l'Etat, c'est de bien gérer, de mettre la France en état de sortir du surendettement assez vite pour que ce soit crédible et de procéder à cette remise en ordre en sachant que cela sera supportable, sans porter atteinte ni à la santé économique du pays ni à la justice sociale", a-t-il expliqué.

Proclamant vouloir fonder son action sur "la vérité", François Bayrou propose, pour redresser les finances publiques, 50 milliards d'économies et 50 milliards de recettes avec pour objectif de sortir du "surendettement" du pays en trois ans et demi, d'ici à la fin 2015.

Dans ce cadre, le candidat veut que la France ne dépense pas un euro de plus dans la sphère publique pendant deux ans.

Côté les recettes, il suggère un coup de rabot de 20 milliards sur les niches fiscales, une augmentation de la TVA d'un point à partir de 2012 et, si la croissance n'est pas au rendez-vous, une seconde d'un point en 2014. Il entend également créer deux tranches d'impôt supplémentaires sur le revenu à 45% et 50% (pour les revenus supérieurs à 250.000 euros).


2. Produire en France

Sur le produire en France, son cheval de bataille, François Bayrou estime nécessaire une stratégie nationale à travers un "commissariat aux stratégies" et la création d'un "label indépendant" pour permettre aux consommateurs d'identifier la part française des produits.


3. Soutenir les entreprises et la co-gestion

Il compte également défendre les PME, fer de lance de cette reconquête, avec la création de banques de soutien à l'investissement décentralisées et associées aux collectivités locales.

Autres mesures, l'offre d'un emploi sans charges pendant deux ans pour toutes les entreprises de moins de 50 salariés (coût 2 mds: équilibré, selon lui, par la suppression de l'exonération fiscale des heures supplémentaires), et des incitations fiscales pour favoriser la mise en réseau des grandes entreprises et des PME.

Partisan de la co-gestion au sein des entreprises, il propose de faire entrer les représentants des salariés dans les CA des entreprises de plus de 500 salariés avec voix délibérative, une négociation nationale sur la rénovation du climat social et la participation des salariés à la réflexion stratégique.

Prenant ses distances avec Nicolas Sarkozy sur les "accords de compétitivité" par entreprise, François Bayrou a souhaité que ces derniers soient validés au niveau des branches pour éviter des abus dans les petites structures.


France soir - 17/02/2012 - François Bayrou s'oppose à l'euthanasie - Par SC

Le président du Modem s'est dit vendredi opposé à la légalisation de l'euthanasie. Il rejoint sur ce point la position de Nicolas Sarkozy. François Hollande, lui, y est, en revanche, favorable.
L'euthanasie va bien être l'un des « sujets de société » de la campagne présidentielle. Vendredi, dans un entretien à l'hebdomadaire Le Généraliste, François Bayrou se prononce contre la légalisation de l'euthanasie. Pour le candidat du Modem, la loi Leonetti « constitue un équilibre qu'il faut préserver car elle évite deux écueils que je ne souhaite pas: d'un côté, l'acharnement thérapeutique et, de l'autre, l'euthanasie qui porte un risque non négligeable de comportements contraire à nos valeurs ».
François Bayrou rejoint donc Nicolas Sarkozy sur ce sujet. Dans son interview au Figaro Magazine, publiée la semaine dernière, le chef de l'État estime que « l'euthanasie légalisée risquerait de nous entraîner vers des débordements dangereux, et serait contraire à nos conceptions de la dignité de l'être humain ». « La loi Leonetti est parfaitement équilibrée. Elle fixe un principe, celui du respect de la vie », argumente Nicolas Sarkozy. (…) Laissons place au dialogue entre le malade, sa famille et le médecin. Cela s'appelle faire preuve de compréhension et d'humanité. On n'est pas obligé de légiférer sur tout et tout le temps. »


Hollande favorable à une légalisation
À l'inverse, François Hollande est favorable à une légalisation de l'euthanasie active, même si le terme n'est pas prononcé. Selon Marisol Touraine, la « Madame Social » du candidat socialiste, Hollande proposera, s'il est élu président de la République, « que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, (…) à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».
De fait, la loi Leoneti de 2005 instaure le principe de du droit de « laisser mourir ». Cette loi légalise l'euthanasie dite « passive ». Le médecin peut donc décider, avec l'accord du patient ou de sa famille, de stopper les traitements et d'administrer des médicaments. Si la loi dénonce l'administration d'actes médicaux « inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », elle interdit, en revanche, l'euthanasie dite « active », c'est-à-dire l'administration volontaire de substances provoquant de manière délibérée la mort du patient.
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RTL.fr - 20/02/2012 - Moins de députés, proportionnelle : Bayrou sort du bois


Le candidat centriste à la présidentielle, François Bayrou, a affirmé lundi soir qu'en cas de victoire il réduirait à 400 le nombre de députés (577 actuellement), dont 100 seraient élus à la proportionnelle. Premier invité de l'émission "Parole de candidat" sur TF1, le président du MoDem s'est prononcé pour une "diminution sensible, drastique, de 30% du nombre de députés à l'Assemblée nationale". Ils sont actuellement 577. François Bayrou a également proposé la création d'un ministre de l'Egalité contre les discrimination, évoquant également son plan pour les quartiers.

Réduction du nombre de députés et proportionnelle aux législatives

François Hollande a expliqué qu'ils seraient "400, 300 (élus) au scrutin majoritaire et 100 à la proportionnelle, avec interdiction du cumul de mandats".

"Cela permettrait à l'Assemblée moins nombreuse de peser plus lourd (...) on va donner l'exemple en donnant plus de poids, en coûtant moins cher et en arrêtant de multiplier les mandats qui ne sont pas réellement justifiés par l'usage qu'on en fait", a-t-il dit.

Il a souligné qu'il fallait que "cette partie des sièges (à la proportionnelle) garantisse qu'il y aura à l'Assemblée nationale une majorité stable". "Si la coalition arrivée en tête n'a pas le nombre de sièges suffisant  (...), sur ce contingent de 100 sièges, on lui donne les sièges pour qu'il y ait une majorité", a-t-il dit. "Le reste des sièges (à la proportionnelle) sert à donner leur compte aux partis qui ont eu un nombre de voix suffisant et ne sont pas représentés à l'Assemblée", a-t-il ajouté.

Il a plaidé de nouveau pour qu'un parti, par exemple comme ce fut le cas de son parti en 2007, obtenant 10% des voix aux législatives puisse avoir le nombre de sièges correspondant. Le MoDem a trois sièges. Il s'inscrit dans le sillage de Nicolas Sarkozy, qui a lui aussi milité pour l'arrivée de la proportionnelle aux élections législatives.

Pour lui, le Front national a "le droit d'avoir des sièges". S'agissant des écologistes, M. Bayrou a jugé "anormal qu'ils aient besoin des circonscriptions cadeaux" que lui donne le Parti socialiste pour être davantage représentés à l'Assemblée.

"Une grande, grande attente d'égalité"

Le candidat centriste à la présidentielle, François Bayrou, a déclaré qu'il créerait un ministère de l'Egalité pour lutter contre toutes les discriminations, lundi soir sur TF1 dans "Parole de candidat". amis, leur logement, leur travail", a-t-il regretté. Il répondait à une question d'un Sénégalais de 34 ans, qui sera naturalisé le lendemain et qui regrettait le climat de "stigmatisation" des étrangers ou des Français d'origine étrangère. Il fait partie du panel choisi par la chaîne.

"Je vais créer un ministère de l'Egalité, qui sera chargé de la lutte contre les discriminations pas seulement celles liées à l'immigration, mais celles dues au sexe, les discriminations contre les femmes, à l'emploi qui frappe souvent des jeunes issus de quartiers, qui n'ont pas la bonne adresse", a affirmé le président du MoDem.

Pour François Bayrou, "c'est une lutte générale qui ne touche pas que les Français issus de l'immigration". "Il y a beaucoup, beaucoup de Français qui se sentent mal reçus, mal vus, mal intégrés et ils méritent d'être pris en charge", a insisté le candidat centriste, estimant que "ce ministère" était "une grande, grande attente".

"En 2007 Nicolas Sarkozy a créé un ministère de l'Identité nationale, peut-être y avait-il une attente mais il l'a abandonné depuis", a-t-il rappelé. "Mais aujourd'hui il y a une attente d'égalité".

"Un climat de tension et de rejet"

"Des Français souvent jeunes se sentent ciblés, et souvent ils le sont. Or la France doit garantir que chez nous, on ne cible pas. On donne à chacun ses droits, on fait respecter par chacun ses devoirs mais on ne cible pas", a-t-il insisté.

Concernant les conditions de délivrance des titres de séjour, M. Bayrou s'est engagé à ce que "l'on donne les papiers avec des critères stricts et clairs", en dénonçant "la multiplication des abus" qui obligent "les gens à faire la queue toute la nuit" devant des préfectures.

Cela "crée au bout du compte un climat de tension et de rejet pour les gens qui vivent sur le territoire national, qui ont chez nous leurs amis, leur logement, leur travail", a-t-il regretté.

Bayrou veut des représentants de l'Etat dans les cités

Le candidat centriste à la présidentielle a également proposé qu'il y ait dans chaque cité sensible un représentant de l'Etat qui y aurait une "obligation de résidence" pour "ré-ancrer l'Etat".

M. Bayrou a soutenu une "idée classique" qu'il "voudrait voir appliquée": "la police de proximité". Il a aussi avancé une "idée innovante": "dans les quartiers en difficulté, je voudrais qu'il y ait un représentant de toutes les actions possibles de l'Etat qui soit non seulement présent mais qui habite le quartier".

"Appelez-le un 'sous-préfet chargé de la sécurité' si vous voulez mais qui ne soit pas en préfecture mais qu'il habite dans la cité, que ses enfants aillent à l'école dans la cité s'il en a". Il serait chargé de "discuter avec les élus, les associations". Il faudrait une "obligation de résidence pour le responsable de l'action de l'Etat dans le quartier".

Pour que l'Etat se ré-enracine dans la réalité des quartiers"

"Et s'il y avait ainsi dans les quelques centaines de quartiers, disons un sous-préfet qui ait la charge de coordonner la totalité de l'action de l'Etat et qui soit obligé de résider sur place, son regard changerait car ce n'est pas la même chose de regarder la cité depuis la préfecture ou depuis la cité appartement 26 B de l'escalier 2C", a-t-il poursuivi. "Je suis pour que l'Etat se ré-enracine ainsi dans la réalité des quartiers, c'est le seul moyen pour en sortir et cultiver le vivre ensemble", a-t-il souligné.

Sur la délinquance des jeunes, M. Bayrou a plaidé pour qu'il y ait "à la première bêtise une prise en charge immédiate et le plus tôt possible, pas quelques mois après parce que c'est une éternité pour des enfants".

Cette prise en charge peut être "sanction s'il le faut, travaux d'intérêt général, pas enfermement dans les prisons qui sont des pourrissoirs dans lesquels ils rentrent amateurs et ressortent professionnels", a-t-il précisé.
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Le parisien.fr - 20/02/2012 - Bayrou vveut un "ministère de l'égalité"

Le candidat centriste à la présidentielle, François Bayrou était l'invité de l'émission Parole de candidat lundi soir sur TF1. Il a fait un certain nombres de propositions en réponse aux questions de quatorze invités du public et des journalistes dont François Bachy, chef du service politique de TF1-LCI, François-Xavier Pietri, chef du service économie de TF1-LCI, Michel Field, Françoise Fressoz, éditorialiste politique au «Monde» et Etienne Grenelle, directeur de la rédaction du «Point».

Borloo placé à la tête de Veolia par Nicolas Sarkozy ? Le candidat du Modem a exprimé son étonnement quant à l'éventuelle nomination de Borloo à la tête de la «plus grande entreprise de France, employant 300 000 personnes (ndlr: 120 000 en France», sans aucune expérience. «Les relations incestueuses perpétuelles que connait la France entre les pouvoirs politique et les intérêts économiques. Ca suffit !» a-t-il lancé. Et d'ajouter : « C'est une perpétuelle atteinte aux intérêts de l'Etat ».

Une dose de proportionnelle aux législatives. François Bayrou a réagi à la proposition faite par Nicolas Sarkozy lors du meeting de Marseille dimanche. Il a décrit le système actuel comme «injuste» et souhaiterait que tous les partis ayant «un nombre suffisant de voix» soient représentés à l'Assemblée nationale. Mais il a insisté pour qu'il y ait une majorité : « S'il n'y a pas de majorité, on lui donne des sièges. Le reste doit aller aux partis qui ont un nombre de voix suffisants ». Il a préconisé par la même une baisse du nombre de députés : « 400 députés, 300 au scrutin majoritaire et 100 à la proportionnelle permettrait à l'Assemblée de peser plus lourd. » Il a rappelé que « Nicolas Sarkozy est au pouvoir depuis 5 ans et il n'est pas allé dans le sens d'une proportionnelle ».

La création d'un «ministère de l'Egalité». Comme il l'avait déjà annoncé dimanche, le candidat centriste à la présidentielle, François Bayrou, a déclaré qu'il créerait un ministère de l'Egalité pour lutter contre toutes les discriminations. «Je vais créer un ministère de l'Egalité, qui sera chargé de la lutte contre les discriminations pas seulement celles liées à l'immigration, mais celles dues au sexe, les discriminations contre les femmes, à l'emploi qui frappe souvent des jeunes issus de quartiers, qui n'ont pas la bonne adresse», a affirmé le président du MoDem. Il répondait à une question d'un Sénégalais de 34 ans, qui sera naturalisé le lendemain et qui regrettait le climat de «stigmatisation» des étrangers ou des Français d'origine étrangère. Il fait partie du panel choisi par la chaîne. « En 2007 Nicolas Sarkozy a créé un ministère de l'Identité nationale, peut-être y avait-il une attente mais il l'a abandonné depuis », a-t-il rappelé. « Mais aujourd'hui il y a une attente d'égalité ».

Les fonctionnaires. François Bayrou a critiqué les appartenances des fonctionnaires au parti de la majorité. «L'Etat doit être impartial et doit respecter la compétence des gens et pas les obliger à avoir la carte d'un parti». Et d'ajouter «On n'a pas besoin de fonctionnaires soumis mais compétents.»
Le candidat du Modem a également préconisé une diminution du nombre de fonctionnaires «mais pas avec des principes de hache.», a-t-il insisté. « Il faut baisser le nombre de fonctionnaires au fur et à mesure que l'on réforme l'Etat, »a-t-il déclaré. Les enseignants seraient épargnés par cette baisse d'effectif puisque François Bayrou a affirmé que le système éducatif devait être « soutenu ».
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Le Figaro - 26/02/2012 - Moralisation de la vie publique : Bayrou veut un référendum - Par Rodolphe GEISLER


En marge d'un forum sur son projet présidentiel, le candidat centriste a dénoncé samedi la «complicité affichée de Sarkozy et Hollande» visant «à faire croire qu'il n'y aura pas de premier tour».

François Bayrou veut toujours y croire. «Élu président de la République le 6 mai, j'organiserai le 10 juin, jour même du premier tour de l'élection législative, et en même temps que celle-ci, un référendum sur la moralisation de la vie politique», a lancé, ce samedi à Paris, le candidat centriste, lors de son discours de clôture du quatrième forum consacré à son «agenda 2012-2020». «Il s'agit de rendre aux Français l'estime et le respect de ceux qui les gouvernent», a-t-il exposé devant quelques centaines de participants.

Sans le dire explicitement, François Bayrou voit une raison au fait qu'il reste atour de 12% d'intentions de vote dans les sondages: le débat politique, qu'il juge «affligeant», serait confisqué par le PS et l'UMP. Selon lui, finalement avec la complicité des médias, où «on organise, pour amuser la galerie, des combats de catch entre Mélenchon et Le Pen, mais du chômage, plus question».

Dénonçant encore «la complicité affichée» de Nicolas Sarkozy et de François Hollande qui «présentent un programme assez simple et interchangeable: pour Hollande, battre Sarkozy, pour Sarkozy, battre Hollande», le président du MoDem parle encore de «gavage».

Et de se lancer dans une nouvelle charge: «Le PS n'a pas plus envie que l'UMP de changer quoi que ce soit.» Et de mettre en garde en cas de victoire de François Hollande: «Les socialistes ont déjà plus de pouvoirs locaux, municipaux, départementaux, régionaux, qu'aucun parti n'en a jamais eu depuis que la République et république».

Instituer une «Autorité de déontologie de la vie publique»
Bref, Bayrou veut «réformer» la démocratie! Avec «son» référendum, il proposera une loi cadre qui fixerait de nouvelles règles: gouvernement limité à vingt membres, réduction du nombre de députes de 577 à 400, dont un quart élus à la proportionnelle. Le nombre de sénateurs baisserait également. Pour chaque élection, le vote blanc serait reconnu. Il promet encore «l'obligation de parité», ou encore de nouvelles règles sur le financement des partis.

Pour mettre fin «aux pratiques abusives» ou encore aux conflits d'intérêts», Bayrou propose d'instituer une «Autorité de déontologie de la vie publique», qui pourrait être saisie par les citoyens. La salle applaudit. L'occasion, cette fois, de donner sa définition d'un président de la République. «Pour fédérer le peuple, il faut le respecter dans toutes ses sensibilités. C'est pourquoi, le président ne peut être chef de parti, sinon c'est une offense à la fonction qu'il a la charge!» Sans prononcer le nom de Nicolas Sarkozy, François Bayrou a ainsi dénoncé «les réunions partisanes organisées à l'Elysée».

S'il était élu, donc, Bayrou se promet en «président impartial d'une République honnête». Sous des «Bayrou président», il a terminé son discours en ironisant, cette fois, sur François Hollande: «Il a cru pouvoir écrire qu'il ne comprenait pas que dans une campagne électorale on puisse prétendre ne pas faire de promesse. En effet, c'est un risque qu'il ne court pas! Il y a des mois qu'il s'évertue à ne rien dire, certes, tout le monde l'a remarqué, mais ce rien est émaillé d'un chapelet de promesses qu'il ne tiendra pas...» Le ton se veut plus offensif. Son public est ravi. Commentaire dans la salle: «Bayrou est remonté sur le ring, c'était bon!», lâche un participant.
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