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Exclusion de Thierry Solère pour Claude Guéant

Exclusion de Thierry Solère pour Claude Guéant

Le Monde.fr ( Majorité en campagne) - 21/03/2012 - Pour faire place à Claude Guéant, l’UMP exclut Thierry Solère - Par Eric NUNES

L'UMP veut faire place nette sur le chemin de Claude Guéant vers l'Assemblée nationale. Candidat parachuté dans l'imperdable (pour la droite) 9e circonscription des Hauts-de-Seine (Boulogne-Billancourt), le ministre a toutefois un caillou dans la chaussure : la candidature de Thierry Solère, élu local, sarkozyste déclaré et vice-président du conseil général du département.


Pour réduire le poids électoral du dissident, Thierry Solère a été exclu « provisoirement » de l'UMP. Dans un courrier du 19 mars, signé par Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, l'élu boulonnais est accusé d'entretenir « la confusion et la désunion auprès des militants et des électeurs ». Un comportement qui « porte préjudice à l'image de notre famille politique et constitue une faute grave », accuse le patron du parti présidentiel. «Vous ne pouvez plus désormais vous prévaloir de votre appartenance à notre mouvement et devez faire disparaître le logo de l'UMP de vos supports de propagande», commande-t-il.

Cette exclusion ne semble freiner en rien l'ambition législative de Thierry Solère : « Je poursuis ma campagne, je multiplie les rencontres avec les habitants », déclare-t-il, incrédule suite à la décision de la hiérarchie de l'exclure :« Dans ce département, nous avons perdu 5 cantons en 2011, reculé lors des élections régionales de 2010. Les cadres politiques sont vieillissants et le parti décide de m'exclure moi, 40 ans, le conseiller général le mieux élu du département ! » s'exclame-t-il. « Si nous avons la droite la plus bête du monde, elle réside dans les Hauts-de-Seine », tire l'élu boulonnais.

Thierry Solère ne manque également pas de souligner le "deux poids deux mesures" de Jean-François Copé rappelant que le député et maire de Meaux n'a jamais souhaité exclure Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, qui pourtant n'a cessé d'éreinter la candidature de François Fillon dans la seconde circonscription de Paris. Un territoire que la députée européenne considère comme sa chasse gardée au sein de la majorité présidentielle.

« L'exclusion est provisoire », souligne toutefois Thierry Solère. « Dans l'histoire récente, on se souvient de la candidature dissidente de Pierre Charon lors des sénatoriales parisiennes. Il a été réintégré une fois élu », rappelle-t-il, soulignant les limites des notions de discipline au sein de l'UMP.


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Claude Guéant : les propos

Les propos de Claude Guéant
Polémique
Vote des étrangers
Dérapages à propos des civilisations


Les Echos.fr - 03/03/2012 - Les propos de Claude Guéant créent la polémique


Claude Guéant a fait un lien entre le droit de vote des étrangers et la viande halal dans les écoles. Des propos qualifiés de 'nauséabonds' par Manuel Valls.

Claude Guéant, lors d'un meeting vendredi soir près de Nancy, a estimé qu'accorder le droit de vote aux étrangers pourrait conduire à ce que 'des étrangers rendent obligatoire la nourriture hallal' dans les cantines. Le ministre de l'Intérieur a également évoqué son opposition à 'des réglementations des horaires de piscine (...) contraires à nos principes de mixité' ou au fait que certaines accepteraient 'le port de maillots de bain de style burqa'.

Manuel Valls a qualifié sur Europe 1 de 'propos nauséabonds mais qui sont à l'image de la campagne de Nicolas Sarkozy' les déclarations du ministre de l'Intérieur. 'Cette semaine a été terrible pour Nicolas Sarkozy, il s'est livré à des attaques personnelles à l'égard de François Hollande et de sa compagne, il a utilisé des mots condamnés par le grand rabbin en parlant d'épuration, et là, pour préparer peut-être le terrain au discours de Nicolas Sarkozy à Bordeaux sur la sécurité et l'immigration, là encore on désigne des boucs émissaires, on stigmatise', a ajouté le député-maire d'Evry.

Interrogée par la presse, avant le début d'un meeting de François Hollande à Dijon, Martine Aubry a estimé au sujet des propos de Claude Guéant : 'ça ne mérite que du mépris. Il ne faut surtout pas répondre à cette provocation'. 'Je suis triste qu'une ministre de l'Intérieur s'exprime ainsi. La République et la France méritent mieux', a poursuivi la maire de Lille.

En marge d'un déplacement en Eure-et-Loir, François Bayrou a qualifié de « leurre » destiné à « exciter les peurs » les éclarations de Claude Guéant. « C'est une stratégie qui vise à dresser les citoyens les uns contre les autres », a dénoncé le candidat Modem, déplorant « une campagne où l'on ne parle d'aucun sujet important ». Concernant les élections municipales, François Bayrou ne s'est pas déclaré opposé au vote des étrangers, mais a souligné que selon lui « les maires doivent être français et les adjoints doivent être français ».

'Un prompteur écrit par Marine Le Pen'

Olivier Besancenot a accusé Claude Guéant de jouer 'sur le terrain du racisme'. Invité de RTL, il a ajouté :'Claude Guéant est en train de lire un prompteur écrit par Marine Le Pen'. 'Marine Le Pen veut occuper une partie de la place de l'UMP. L'UMP veut occuper une partie de la place du FN. Donc un jour ou l'autre, ils vont finir par se rencontrer', a poursuivi l'ancien candidat du NPA. 'Au rendez-vous, il y aura Claude Guéant, qui joue sur un terrain précis, le terrain du racisme et de l'islamophobie. C'est un terrain haineux que je condamne. C'est quoi le rapport avec les préoccupations concrètes de millions de personnes?'.

Olivier Besancenot a par ailleurs indiqué que le candidat du NPA Philippe Poutou ne disposait que de 478 promesses de parrainages sur 500 à quinze jours de la date-butoir du 16 mars. 'Le Parti socialiste nous a mis des bâtons dans les roues', a-t-il lancé. 'On a eu une dizaine de cas de maires qui avaient promis leur signature et qui ont ensuite été démarchés par le PS', a-t-il développé, ironisant: 'C'est contradictoire avec le grand discours démocratique des primaires'. Il a qualifié de 'mesurettes' la proposition de François Hollande d'une tranche à 75% pour les revenus supérieurs au million annuel: 'on ne peut être que pour'.

'Sa conviction d'homme politique'

Dans l'entourage du ministre, on s'étonnait de cette controverse, expliquant que Claude Guéant avait dit 'la même chose, quasiment dans les mêmes termes lors du débat au Sénat' à l'automne lors de la proposition de loi socialiste sur le vote des étrangers. 'Devant des militants, il alertait sur les dangers du communautarisme. C'est sa conviction d'homme politique', insistait-on.

Quelques années après avoir laissé ouverte la porte au droit de vote des étrangers aux élections locales, Nicolas Sarkozy y est désormais opposé, comme il l'avait expliqué début février au Figaro Magazine: 'Faut-il des cantines scolaires halal ? Des piscines réservées aux femmes ? Est-ce cela que nous voulons ? Ma réponse est non'.

Depuis son arrivée place Beauvau il y a un an, des propos de Claude Guéant sur l'islam ont régulièrement suscité la controverse. Fin février, il avait expliqué sa conviction que 'toutes les civilisations ne se valent pas'. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) lui avait publiquement demandé des éclaircissements, expliquant que de nombreux fidèles s'étaient 'sentis visés par ces déclarations'.

Au printemps 2011, à la veille du débat controversé de l'UMP sur la laïcité, Claude Guéant avait dit: 'C'est vrai que l'accroissement du nombre des fidèles de cette religion et un certain nombre de comportements, posent problème.' A la même période, il avait également été critiqué pour s'être félicité que Nicolas Sarkozy ait 'pris la tête de la croisade' pour mobiliser la communauté internationale dans le conflit libyen. Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait regretté l'emploi d''expressions très déplacées telle que croisade', tandis que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé évoquait une 'maladresse'.
Source : Factiva



Le Parisien.fr - 02/03/2012 - VIDEO. Vote des étrangers : l'opposition fait feu sur Guéant


Les propos de Claude Guéant provoquent à nouveau la polémique. Selon le ministre de l'Intérieur, accorder le droit de vote aux étrangers pourrait conduire à ce que «des étrangers rendent obligatoire la nourriture halal» dans les cantines. Ces propos ont été tenus vendredi soir lors d'un meeting près de Nancy. L'opposition dans son ensemble a fait feu pour dénoncer des propos jugés «nauséabonds».

Valls (PS): Guéant «dépasse les bornes»

Pour Manuel Valls (PS), «Guéant dépasse les bornes sur les étrangers, l'Islam, l'insécurité ou la Corrèze» dans un tweet diffusé vendredi soir en réaction à des propos du ministre de l'intérieur sur le vote des étrangers. Samedi matin sur Europe 1, il a ajouté que ces propos «nauséabonds sont à l'image de la campagne de Nicolas Sarkozy». «La provocation est tout ce qui reste à ce clan».

Un «leurre» pour «exciter les peurs», selon Bayrou

«Ces propos sont un leurre qui vise à exciter la France et à exciter les peurs. On ne peut pas se comporter comme ça quand on est aux responsabilités de la France», a estimé pour sa part François Bayrou en marge d'un déplacement à Hanches (Eure-et-Loir). «C'est une stratégie qui vise à dresser les citoyens les uns contre les autres». Concernant les élections municipales, M. Bayrou ne s'est pas déclaré opposé au vote des étrangers, mais a souligné que selon lui «les maires doivent être français et les adjoints doivent être français».

Marie-George Buffet : «On ne peut pas être ministre de l'intérieur de la République et tenir des propos xénophobes.»
La députée communiste Marie-George Buffet a aussi fortement réagi ce samedi matin: «On ne peut pas être ministre de l'intérieur de la République et tenir des propos xénophobes. Aussi je lui demande de choisir: ou il choisit les valeurs de la République et le respect des hommes et des femmes qui la constituent ou il s'en va. A lui de décider, maintenant», écrit l'ancienne secrétaire nationale du PCF dans un communiqué.

Olivier Besancenot, sur RTL, estime lui que «Claude Guéant est en train de lire un prompteur écrit par Marine Le Pen». Celle-ci «veut occuper une partie de la place de l'UMP. L'UMP veut occuper une partie de la place du FN. Donc un jour ou l'autre, ils vont finir par se rencontrer», a-t-il poursuivi. «Au rendez-vous, il y aura Claude Guéant, qui joue sur un terrain précis, le terrain du racisme et de l'islamophobie. C'est un terrain haineux que je condamne. C'est quoi le rapport avec les préoccupations concrètes de millions de personnes?»

«Si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux»

«Les étrangers doivent accepter nos règles, c'est à eux de s'adapter. Chacun comprend que si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux», avait déclaré vendredi Claude Guéant lors de cette réunion à laquelle assistaient environ 300 personnes. «Il y a 5,8% d'étrangers en France alors que 13% des condamnations concernent les étrangers: il y a du bon sens à remettre dans la gestion des affaires publiques», a-t-il encore dit.

Lors de cette réunion de soutien à Nicolas Sarkozy - à laquelle participait également la ministre de l'Apprentissage et élue de Meurthe-et-Moselle Nadine Morano - M. Guéant a par ailleurs visé le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, par ailleurs président du Conseil général de Corrèze, le ministre a affirmé que «la Corrèze, qui est le département le plus endetté, c'est la Grèce de la France».

Sarkozy avait déjà assimilé droit de vote des étrangers et cantine hallal

Dans l'entretien que le président-candidat avait accordé au Figaro Magazine, le 11 février, soit quelques jours avant l'annonce officielle de sa candidature, Nicolas Sarkozy avait également évoqué le thème de la viande hallal et les piscines réservées aux femmes... Dans l'interview, Nicolas Sarkozy justifier son refus d'accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales par «les risques de montée du communautarisme». Si les étrangers extra-européens
pouvaient voter en France aujourd’hui, songeons comment risquerait d’évoluer le débat municipal dans telle ou telle commune : fautil des cantines scolaires hallal ? Des piscines réservées aux femmes ? Est ce
cela que nous voulons ? Ma réponse est non.»

VIDEO. Un extrait de l'intervention de Claude Guéant lors d'une réunion publique près de Nancy

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Libération - 06/02/2012 - Slalom Guéant et dérapages - Par Alain AUFFRAY, Fabrice TASSEL

Le ministre de l’Intérieur provoque à nouveau la polémique avec des déclarations douteuses.

Et si Claude Guéant finissait par devenir un ministre encombrant pour Nicolas Sarkozy ? Mélange d’inexpérience ministérielle, de provocation électoraliste à l’égard d’une droite dure et de l’électorat FN, d’obsession de rompre avec «le multiculturalisme des années 80» et de lutter contre «la bien-pensance», le ministre Guéant provoque polémique sur polémique. L’image du «cardinal» froid, efficace et silencieux, tapi dans l’ombre de Nicolas Sarkozy, est loin. Ministre depuis moins d’un an (le 27 février), il semble déjà à bout de souffle, usé par ses «vrai-faux» dérapages.

Début janvier, le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et de l’Immigration promet : «Je ne veux pas que ce thème [l’islam, ndlr] soit un sujet d’empoignade» pendant la campagne. Et pourtant, samedi, Claude Guéant a déclaré, lors d’une réunion de l’UNI, le syndicat étudiant proche de l’UMP : «Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation.»

Des propos assumés hier sur RTL et France Inter, et nourris par deux exemples, le port du voile intégral et la prière de rue, désignant clairement «la civilisation» à laquelle il faisait référence samedi. Et de conclure sur la radio publique : «Est-ce que le Parti socialiste trouve qu’une civilisation qui asservit la femme, qui bafoue les libertés individuelles et politiques, qui permet la tyrannie est une civilisation qui a la même valeur que la nôtre? Qu’ils répondent !»

Échec. Passée l’évidence de la réponse (formulée par exemple par Ségolène Royal : «Nous ne voulons pas le choc des civilisations, nous voulons défendre les mêmes valeurs universelles, dans toutes les civilisations il y a des valeurs communes»), le mélange fait par Guéant montre ses deux cibles : le PS et l’islam. Et donc ses deux niveaux d’intervention : la campagne électorale et sa conception rigoriste de l’immigration. Depuis onze mois, Claude Guéant stigmatise une partie des étrangers et des Français d’origine étrangère pour séduire les citoyens fragilisés par la crise, perdus dans la mondialisation et tentés éventuellement par un vote nationaliste. Ainsi, disait-il dès avril : «L’accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème», en parlant «d’une communauté de 5 à 10 millions de personnes» qu’il ramène finalement, début janvier, à «4 millions, dont 800 000 pratiquants». Puis s’enchaîne, à partir de l’été, la crainte pour «les Français qui, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux» ; «il y a deux tiers des enfants d’immigrés qui se trouvent sortir de l’appareil scolaire sans diplôme» ; «le taux de délinquance de la population étrangère est entre deux et trois fois supérieur à la moyenne» ; «la croisade» pour qualifier l’intervention militaire en Libye. Ajoutons-y la polémique sur les étudiants étrangers, celle sur le droit de vote des étrangers…

L’accumulation dessine un axe, par ailleurs concrétisé par l’emprise du ministère de l’Intérieur sur plusieurs pans de la politique de l’immigration (les visas, les naturalisations), mais aussi un échec politique. Car le bilan en matière de sécurité est très mitigé, les débats sur l’immigration sont à l’opposé de «la France apaisée du vivre ensemble» que Claude Guéant prétend servir, et les critiques enflent jusque dans les rangs de la majorité. Mais hier à l’UMP, on s’en tenait à la thèse du «contexte» dans lequel il conviendrait de replacer les propos du ministre.

«Viril». Présent samedi aux côtés de Guéant, le député-maire du Raincy (Seine-Saint-Denis), Eric Raoult, explique ce fameux contexte : «Devant les jeunes de l’UNI, il faut être un peu viril ; ce sont des minots qui se prennent des baffes dans les facs, des militants très actifs.» D’autres responsables de la majorité ont volé à son secours : c’est «un profond républicain», selon le ministre de l’Economie, François Baroin ; «tout sauf un raciste», selon le conseiller de Sarkozy Henri Guaino. «Il est très mauvais en communication», se désolait en revanche, hier, un cadre de l’UMP. La députée Valérie Rosso-Debord, l’une des porte-parole du parti majoritaire, reconnaît que Guéant «n’est pas féru de communication». Et que, pour un discours public, des professionnels «lui auraient conseillé de choisir un autre mot» que civilisation.




Le Monde.fr - 07/02/2012 - L'intégralité de la question du député Letchimy sur les propos de M. Guéant - Par AFP

Le député apparenté PS de la Martinique Serge Letchimy a déclenché, mardi 7 février à l'Assemblée, le départ du gouvernement en interpellant le premier ministre sur les propos polémiques du ministre de l'intérieur Claude Guéant sur "les civilisations".


"Nous savions que pour M. Guéant la distance entre immigration et invasion est totalement inexistante et qu'il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique. Ca n'est pas un dérapage, c'est une constante parfaitement volontaire. En clair, c'est un état d'esprit et c'est presque une croisade. M. Guéant vous déclarez du fond de votre abîme, sans remord ni regret, que toutes les civilisations ne se valent pas. Que certaines seraient plus avancées voire supérieures."

"Non M. Guéant, ce n'est pas "du bon sens", c'est simplement une injure qui est faite à l'Homme. C'est une négation de la richesse des aventures humaines. C'est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations. Aucune civilisation ne détient l'apanage des ténèbres ou de l'auguste éclat. Aucun peuple n'a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de l'intelligence. Montaigne disait "chaque homme porte la forme entière d'une humaine condition". J'y souscris. Mais vous, monsieur Guéant, vous privilégiez l'ombre."

"Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l'esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?"

"Il existe, M. le premier ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque, que vous tentez de récupérer sur les terres du FN [À ce moment-là, François Fillon se lève et part, suivi du gouvernement]. C'est un jeu dangereux et démagogique qui est inacceptable. Il existe une autre [France], celle de Montaigne, de Condorcet, de Voltaire, de Césaire ou d'autres encore. Une France qui nous invite à la reconnaissance, que chaque homme..." [M. Letchimy est alors coupé par le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer].

Peu après l'incident, le premier ministre a demandé dans un communiqué aux responsables de l'opposition de condamner "une provocation indécente".
La polémique sur les propos de Claude Guéant... par LCP

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Rue 89 - 07/02/2012 - Guéant : « Pour moi, ce qui est en cause c'est la religion musulmane » - Par Pierre HASKI

Formidable Claude Guéant ! Quand le ministre de l'Intérieur tente de s'expliquer sur sa petite phrase sur la « civilisation », il s'enfonce. Mardi matin sur Canal +, il a précisé qu'il ne visait pas la « civilisation musulmane » mais ... « la religion musulmane ».

Ce propos qui se voulait rassurant a de quoi déconcerter et renforcer l'idée de nombreux Français, musulmans ou pas, pour qui Claude Guéant, dans sa sortie devant les étudiants de l'UNI, ciblait bien l'islam dans une énième tentative de faire un appel du pied aux électeurs du Front national.

Le ministre indique qu'il a reçu une lettre du président du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui lui demande de lui donner des assurances sur le fait que ses propos « ne visent pas la civilisation musulmane ».

« Je lui réponds que pour moi, ce qui est en cause, c'est la religion musulmane. Les musulmans de France représentent la deuxième religion dans notre pays [...] et la République protège leurs croyances et favorise la pratique de leur culte [...]. Ce que j'ai dénoncé dans mes propos, c'est le relativisme du Parti socialiste. »

Comprenne qui pourra car, dans la foulée, le ministre défend son usage du mot civilisation et sa phrase selon laquelle « toutes les civilisations ne se valent pas », et renvoie dans les cordes l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui a ironisé sur le fait qu'il n'était pas vraiment « ethnologue »...

« J'assume des valeurs »

Alors, serial gaffeur ou franc tireur en territoire lepéniste ? Les deux hypothèses sont accablantes, et si la première fait injure à l'intelligence du ministre nommé par Nicolas Sarkozy, la seconde semble bien grossière.

Sur Canal +, Claude Guéant s'est défendu d'être le « rabatteur » de voix du Front national vers l'UMP. « J'assume des valeurs », a-t-il affirmé. Des valeurs « supérieures », assurément.



Le Figaro.fr - 05/02/2012 - Civilisations : Guéant crée une polémique



Claude Guéant a déclenché une vive polémique en déclarant que "toutes les civilisations ne se valent pas" dans un discours sur la République, aussitôt dénoncé à gauche comme une tentative pour Nicolas Sarkozy de glaner des voix du Front national, à moins de 80 jours du premier tour de la présidentielle.

Très rapidement, cette phrase prononcée samedi par le ministre de l'Intérieur lors d'un colloque organisé par l'association étudiante de droite Uni, s'est répandue sur internet, provoquant des réactions indignées. D'abord au conditionnel, la réunion étant huis clos, avant qu'elle ne soit confirmée dans la soirée par l'entourage de Claude Guéant.

"Condamner les civilisations qui ne respectent pas la liberté de conscience"

Dimanche sur RTL, le ministre de l'Intérieur a répété la phrase exacte qu'il avait prononcée : "Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".

Accusant "certains à gauche d'avoir sorti la phrase de son contexte et d'enlever ainsi la dignité du débat démocratique", le ministre a précisé sa pensée : "Cela veut dire très clairement que, pour nous, tout ne se vaut pas". A la question posée par le journaliste de RTL  : "Notre civilisation était-elle inférieure" quand la France n'accordait pas le droit de vote aux femmes (avant 1945) ou pratiquait la peine de mort (avant 1981)?", le ministre a répondu : "Je dis très clairement qu'elle était inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui".

Le président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), Arno Klarsfled, a défendu le ministre. "Claude Guéant dit des choses évidentes. Si la gauche veut faire campagne sur le fait que le racisme ou les talibans valent la civilisation française ou britannique, qu'ils le fassent", a-t-il déclaré à l'AFP. "Je préfère une civilisation qui respecte la liberté de conscience plutôt qu'une civilisation qui massacre les libertés religieuses, a-t-il poursuivi. Je préfère une civilisation où la femme a une place égale à l'homme plutôt qu'une civilisation où l'homme piétine la femme."

"Un ministre réduit à rabatteur de voix FN"

Dès samedi soir, la toile s'était emparée de la phrase, rapportée en premier lieu par Fréquence ESJ, un site lié à l'Ecole supérieure de journalisme de Paris.

Sur son compte twitter, Harlem Désir, numéro 2 du PS, y a vu "la provocation pitoyable d'un ministre réduit à rabatteur de voix FN. Une majorité en perdition électorale et morale". "Retour en arrière de 3 siècles. Abject", a écrit sur le sien Cécile Duflot (EELV). Sur Twitter, Louis de Raguenel, chargé de la veille internet au ministère de l'Intérieur, a expliqué qu'"il s'agissait de condamner celles qui ne respectent pas la liberté de conscience, d'expression et l'égalité hommes/femmes".

Ségolène Royal a dénoncé dimanche "un dérapage contrôlé et parfaitement volontaire" de Claude Guéant, estimant que ces propos "obscurantistes et dangereux parce que derrière le choc des civilisations, il y a la guerre", a fait valoir l'ex candidate PS à la présidentielle, invitée de "12/13 Dimanche" sur France 3.

Dans un communiqué, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a "condamné les propos" de Claude Guéant en lui "demandant "ce qu'il cherchait en s'enfermant dans son discours xénophobe et raciste". Le ministre "se range dans la catégorie de ceux qui différencient et hiérarchisent les hommes, permettant le basculement vers un véritable racisme culturel", ont-ils ajouté. SOS Racisme a dit, dans un communiqué, "espérer un démenti urgent" de ces propos. "Si ces derniers, très graves, avaient été bel et bien tenus par le ministre de l'Intérieur en fonction, ils marqueraient une nouvelle étape dans une dérive vers des extrêmes inacceptables, structurés notamment par des logiques d'infériorisation de l'Autre"
.
Claude Guéant a déjà suscité la controverse sur des sujets connexes, déclarant notamment en avril que l'augmentation du nombre de fidèles musulmans posait "problème", ou, fin mai, que "les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés". Cette nouvelle polémique à moins de 80 jours du premier tour de la présidentielle intervient alors que tous les sondages donnent Nicolas Sarkozy perdant face à son rival PS François Hollande.
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Le Figaro - 06/02/2012 - Pour Sarkozy, Guéant a tenu des propos "de bon sens" - Par Jim JARRASSE


Le président de la République a affiché lundi son soutien à son ministre de l'Intérieur, contrairement à Alain Juppé et à Jean-Pierre Raffarin qui ont eux déploré l'utilisation du terme «civilisation».


Nicolas Sarkozy est venu lundi au secours de son ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui avait estimé samedi que «toutes les civilisations ne se valent pas», déclenchant une vague de réactions indignées. «C'est une polémique ridicule», a déclaré le chef de l'Etat dans un entretien à France 2 et à la chaîne de télévision allemande ZDF. «Le ministre de l'Intérieur a dit qu'une civilisation, un régime, une société qui n'accordaient pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça n'avait pas les mêmes valeurs. C'est du bon sens.» «Si on veut bien ne pas polémiquer, ça nous éviterait de perdre beaucoup de temps», a-t-il ajouté.


Toutes les personnalités de l'UMP ne se sont pas montrées aussi solidaires avec le ministre. Interrogé lundi matin sur France Info, Jean-Pierre Raffarin a pris ses distances en dénonçant l'usage du terme «civilisation». «Il ne faut pas toujours faire un amalgame entre civilisation et système politique. Sur la politique, il peut y avoir hiérarchie, sur la civilisation, la hiérarchie s'appelle l'ethnocentrisme», a déploré l'ex-premier ministre, qui estime que «Claude Guéant est meilleur ministre qu'ethnologue». «Toutes les civilisations sont respectables», a assuré de son côté Bruno Le Maire sur LCI.
La veille au soir, Alain Juppé s'était déjà qualifié d'«inadéquat» l'usage du mot «civilisation». «Je reconnais que le mot de civilisation peut prêter à confusion car il a une profondeur historique qui est assez différente (de celles des systèmes politiques, ndlr)», a expliqué le ministre des Affaires étrangères sur BFM-TV. «Il faut éviter à tout prix le choc des civilisations. Il n'y a que le dialogue et l'échange qui peuvent être porteurs de progrès», a-t-il ajouté. Pour justifier le fond des propos du ministre de l'Intérieur, Alain Juppé a fait valoir l'existence de «sensibilités différentes» au sein de la majorité.



Même son de cloche chez Jean-Pierre Raffarin: «Claude Guéant représente la droite républicaine, il y a d'autres famille dans la majorité, nous avons une forme de diversité politique», a estimé le vice-président du Conseil national de l'UMP. «C'est la mission d'un ministre de parler à tous les Français, aux électeurs de gauche, comme aux électeurs de droite et d'extrême-droite. Nous sommes dans une campagne électorale, chacun doit convaincre sur ses propositions. Mais il n'y a pas démarchage, il y a pédagogie».

Illustration de cette diversité de courants au sein de la majorité: là où les représentants de la droite humaniste et modérée toussent, l'aile droite de l'UMP applaudit. Chef de file de la Droite populaire, le ministre des Transports Thierry Mariani s'est dit lundi matin «d'accord à 100%» avec son homologue de l'Intérieur. «Claude Guéant n'a pas établi de hiérarchie, a-t-il plaidé sur RTL. Il a simplement dit que les civilisations ne se valent pas».

«La politique, c'est d'exprimer des convictions, on n'est pas obligés de se battre uniquement sur des chiffres économiques, on peut dire: je préfère ce modèle de société», a jugé pour sa part Gérard Longuet, sur Europe 1. «Il y a des systèmes de valeurs. Nous, on se réfère aux droits de l'homme (…) ça marche pas mal, on aime ça, la liberté de l'homme et de la femme, le respect des citoyens, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ça nous plaît», a fait valoir le ministre de la Défense. Dimanche, Gérard Longuet avait déjà réagi en condamnant «le relativisme qui consiste à dire ‘tout s'équivaut'(…) Si on ne peut même pas dire cela, c'est la censure à tous les étages et à tous les moments de la réflexion».

Pris entre deux feux, Jean-François Copé est resté prudent, lundi matin, sur France Inter. «On se focalise sur une polémique qui n'en vaut vraiment pas la peine», a jugé le patron de l'UMP. Avant d'ajouter: «Le politiquement correct peut de temps en temps être mis de côté»…

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Le Figaro - 14/02/2012 - Après l'incident avec Guéant, Letchimy n'est pas sanctionné - Par Sophie HUET


Après plus de deux heures de réunion, le bureau de l'Assemblée nationale, n'a pas dégagé de consensus pour sanctionner le député apparenté PS Serge Letchimy qui avait évoqué le «régime nazi» pour dénoncer les propos de Claude Guéant sur les civilisations.

Le bureau de l'Assemblée nationale qui s'est réuni mardi matin n'a pris aucune sanction contre le député apparenté PS de la Martinique Serge Letchimy, qui avait évoqué «le régime nazi» pour dénoncer les propos du ministre de l'Intérieur Claude Guéant sur les civilisations. La décision s'est prise sans qu'il y ait eu de vote, lors d'une réunion qui a duré deux heures - au lieu d'une demi heure, en temps normal - sous la présidence de Bernard Accoyer.

La gauche était majoritaire ce matin au bureau (qui compte en théorie 22 membres, dont 11 députés de droite, et 10 de gauche), en raison de l'absence de quelques élus UMP. Le député de la Martinique est venu lui-même plaidé sa cause devant cette instance. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a reparlé de cet «incident de séance particulièrement grave» mais il a précisé que «l'origine de cette séquence est liée à un sens différent attaché au mot civilisation: à l'instant t pour Claude Guéant, dans le plus long terme pour M. Letchimy».

«Dégradation du climat à l'Assemblée nationale»
Bernard Accoyer a reconnu qu'il ne s'était «pas dégagé de consensus pour prononcer des sanctions» à l'égard du député de la Martinique, mais que le bureau avait souhaité «à l'unanimité que les séances de questions d'actualité se déroulent dans le respect mutuel». «Je suis très affecté et préoccupé par la dégradation du climat lors de ces séances» a-t-il ajouté. A gauche, la satisfaction était visible. «On ne peut pas sanctionner les opinions» a plaidé François de Rugy (Verts). «Le bureau a bien fait, car cette affaire ne rentrait dans aucun des cas (de sanction) prévus par le règlement» de l'Assemblée, a renchéri Jean Mallot (PS). Quatre types de sanctions sont prévus: le simple rappel à l'ordre, le rappel à l'ordre avec inscription au procès verbal, la censure ou la censure avec exclusion temporaire de l'Assemblée, et sanctions financières à la clé.

De son côté, le principal intéressé s'est dit «heureux» de ne pas avoir été sanctionné: «Cela montre bien que nous restons dans un pays de liberté et de respect de la démocratie», a déclaré Serge Letchimy, précisant que son intervention ne comportait «aucune attaque personnelle, aucune volonté de créer le tumulte à l'Assemblée nationale».

«Je n'ai aucun sentiment à exprimer»
Depuis les Antilles où il est en déplacement, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a réagi au fait que le député apparenté PS de la Martinique ne soit pas sanctionné: «J'en prends acte et c'est tout. J'ai toujours dit que c'était une décision qui appartenait au bureau de l'Assemblée nationale et que je n'avais aucun sentiment à exprimer» a-t-il déclaré au Figaro.

Lors de la séance des questions au gouvernement du mardi 7 février, Serge Letchimy avait interpellé directement le ministre de l'Intérieur et sa déclaration sur les civilisations, en l'accusant de «privilégier l'ombre» et de «nous ramener jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration». Ce parallèle avec le «régime nazi» avait provoqué la colère dans les rangs de la majorité. Dans la confusion, une grande partie des élus UMP et des membres du gouvernement, le premier ministre François Fillon en tête, avaient quitté l'hémicycle.
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Législatives : Claude Guéant parachuté à Boulogne-Billancourt

Le Parisien, le 07/01/2012. Source 

Vraie-fausse lettre : ce que risque Guéant


A peine candidat déclaré aux prochaines législatives à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, vient de connaître un déboire digne d’un débutant : son communiqué de candidature à l’AFP rédigé sur papier à en-tête du ministère de l’Intérieur a été reproduit à 65 000 exemplaires dans une lettre du député-maire Pierre Christophe Baguet, qui voulait en informer ses concitoyens. 
Or la loi interdit à tout candidat de faire campagne en utilisant les moyens d’une collectivité publique… Et le papier à en-tête d’un ministère, fusse un fac-similé, appartient à l’Etat.

Y a-t-il eu une atteinte à la sincérité du scrutin ?

Du coup, Guéant, dont la candidature ne ménage pas les susceptibilités de l’UMP locale, risquerait un recours en annulation de son élection. Du moins, théoriquement. Car, d’après les experts, le Conseil constitutionnel, seule juridiction compétente pour décider de l’annulation d’une élection, a peu de chances de voir là une atteinte à la sincérité du scrutin. « Ce n’est pas très réaliste », estime ainsi Bernard Malinier, spécialiste du droit et des contentieux électoraux au CNRS. « Utiliser du papier à en-tête pour faire valoir ses titres est malheureusement une pratique répandue depuis Napoléon III ! Monsieur Guéant a voulu faire valoir sa qualité de ministre. Mais c’est un argument un peu court pour être retenu comme une irrégularité. Les juges des élections sont pragmatiques. La seule véritable question à laquelle ils doivent répondre lorsqu’ils sont saisis est : le corps électoral a-t-il été placé devant une situation inadmissible? »

En revanche, Claude Guéant devra probablement réintégrer en partie (une page sur quatre) le coût de diffusion de la lettre dans ses comptes de campagne, même si celle-ci a été payée par Pierre-Christophe Baguet. « En tout cas, ce serait prudent qu’il le fasse! Car, même si la régularité du scrutin est établie, le contentieux sur le compte de campagne peut entraîner l’inéligibilité du candidat et l’annulation de son élection. C’est ce qui s’est produit en 2007 avec l’annulation de l’élection du député Georges Fenech », souligne aussi Bernard Malinier.

Reste que les lois électorales d’avril 2011 inspirées de la mission confiée à l’ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, ont sérieusement adouci les sanctions. Les candidats oublieux de leurs dépenses ne risquent plus guère, désormais, que d’être privés du remboursement public de leurs dépenses... Un moindre mal.


Le Parisien, le 07/01/2012. Source 

Législatives Boulogne: Thierry Solère propose une primaire à Claude Guéant

L'élu UMP des Hauts-de-Seine Thierry Solère, rival de Claude Guéant pour l'investiture aux élections législatives à Boulogne-Billancourt, a proposé mardi d'organiser une primaire à droite pour départager les deux candidats. "J'ai proposé à Claude Guéant d'organiser une primaire. J'attends qu'il me réponde", a-t-il affirmé à l'AFP. "Le parachutage de Claude Guéant est mal perçu par les Boulonnais. Cela ne passe pas. Je reçois tous les jours des retours négatifs d'habitants", a affirmé à l'AFP le conseiller général et municipal de Boulogne-Billancourt âgé de 40 ans. "Ils ont l'impression que l'on traverse le périphérique pour aller chercher des voix et que l'on repart ensuite à l'Assemblée nationale. Les électeurs boulonnais ne doivent pas être considérés comme des machines à voix au service d'une formation politique, même la mienne", a-t-il également expliqué. Vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, suppléant de Pierre-Christophe Baguet, actuel député de cette circonscription qui cède sa place au ministre de l'Intérieur, Thierry Solère avait vivement critiqué l'arrivée de M. Guéant à Boulogne-Billancourt après l'annonce de sa candidature.