Marine Le Pen : Stratégie et Analyse
Tueries de Toulouse : Marine Le Pen cherche à en profiter
Divergences avec Jean-Marie
La ruralité
Maires et parrainages
Programme économique jugé "non crédible"
Les intégristes
L'entrée de Sarkozy en campagne
Candidate anti-système
Le Nouvel observateur - 21/03/2012 - Toulouse : comment Marine Le Pen cherche à en profiter
On ne l'avait pas beaucoup vue et entendue ces derniers jours. Mais la candidate du FN a profité ce matin des révélations sur l'identité du suspect pour monter au créneau avec un triple objectif : mettre en cause Nicolas Sarkozy, se poser en rempart contre l'islamisme et promouvoir la peine de mort. "L'extrême-droite cherche à surfer sur la situation", a d'ailleurs commenté François Bayrou sur i-Télé.
Interrogée mercredi 21 mars, sur i-Télé, sur les tueries de Toulouse et Montauban, Marine Le Pen estime que le "risque fondamentaliste a été sous-estimé" en France et qu'il faut mener une "guerre" contre lui.
La candidate d'extrême-droite met en cause implicitement le bilan de Nicolas Sarkozy, en soulignant le "laxisme" de ces dernières années. "Des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme. Il faut maintenant mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants chrétiens, nos jeunes hommes chrétiens, nos jeunes hommes musulmans et les enfants juifs, il y a deux jours".
Plus tard dans la journée, Marine Le Pen déclare encore sur i-Télé à propos du suspect encerclé à Toulouse, et qui se réclame du jihadisme : "Je ne fais pas d'amalgame et je vais profiter de cette émission pour rassurer les Français musulmans, pour leur dire qu'en aucune manière, je ne les considère comme devant être amalgamés avec les fondamentalistes".
"Clairement, l'homme qui a tué est un homme qui se considérait musulman avant d'être Français", estime la candidate du Front national. "Il y a des centaines de milliers de musulmans qui sont Français avant d'être musulmans et ce sont les Français, la fraternité qu'ils vont exprimer entre eux, musulmans, juifs, chrétiens, qui vont pouvoir lutter contre l'avancée du fondamentalisme."
Parmi les promesses de 2007...
Et de poursuivre : "Ce qui est sûr en tout cas, c'est qu'ils sont en possession d'armes". "Parmi les multiples promesses" qu'elles a entendues en 2007, il y avait "celles d'aller chercher les armes dans les caves. Je n'ai pas le sentiment qu'on ait fait ça".
"Quelqu'un qui manifestement possédait chez lui des armes de guerre alors même qu'il était parti deux ans en stage de criminalité au Pakistan et en Afghanistan, c'est vrai que c'est assez inquiétant", poursuit la candidate du Front national.
Le Pen entend "mener la guerre aux groupes... par LeNouvelObservateur
"Il faut profiter de cela pour démanteler les réseaux" ou "même les individus qui portent le fondamentalisme dans notre pays", a poursuivi Marine Le Pen. "Ca fait des années que je suis mise en cause pour avoir dit que l'antisémitisme dans notre pays était lié au fondamentalisme islamique", "ceci démontre que j'avais, sur ce sujet-là aussi, peut-être raison".
Et le halal ?
Comme on lui demandait si le débat qu'elle a ouvert sur la viande halal n'avait pas pu créer un "climat", elle s'est insurgée : "C'est une plaisanterie, j'espère !". "Je me demandais bien comme vous alliez réussir quand même à me trouver une responsabilité dans cette affaire", a-t-elle ajouté. "Les Français ne sont pas dupes : le fait de poser des vrais problèmes ne peut en aucun cas justifier l'avancée du fondamentalisme islamique", a-t-elle protesté.
Elle a mis en cause la politique internationale de la France et notamment l'intervention en Libye dans laquelle elle a vu "une faute" et où sont arrivés au pouvoir des fondamentalistes "avec notre armée, avec notre argent".
Pour elle, "la sécurité est un thème qui vient de s'inscrire dans la campagne". Peut-être qu'"il va falloir parler de la peur dans laquelle vit aujourd'hui notre peuple et des réponses qu'il va falloir apporter. Certains jouent sur la peur sociale, la peur physique", a poursuivi la présidente du FN.
"Un référendum sur la question de la peine de mort"
"Les Français doivent regarder où sont les responsabilités", a-t-elle exhorté, en ajoutant: "On pourra se poser la question un référendum sur la manière dont il faut mettre hors d'état de nuire ce type de criminels ou d'assassins". Pour elle, "un référendum sur la question de la peine de mort et de la perpétuité réelle se pose". "Si cet homme est arrêté, non je n'imagine pas qu'il puisse sortir dans 25 ans et qu'on puisse le croiser dans les rues".
Pour la candidate, "tous ceux qui ont essayé de profiter politiquement de ces assassinats sont disqualifiés". Elle a cité Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem), qui ne sont "pas à la hauteur du poste qu'ils briguent".
L'Express - 28/002/2012 - Marine Le Pen reconnait des "divergences" avec son père
La candidate du Front national a tenu à se démarquer de Jean-Marie le Pen, après les récents propos polémiques de ce dernier. "Jean-Marie Le Pen est Jean-Marie Le Pen. Il n'est pas Marine Le Pen" a-t-elle insisté.
"Jean-Marie Le Pen est Jean-Marie Le Pen. Il n'est pas Marine Le Pen". La présidente du FN a tenu ce mardi à se démarquer de son père et de ses récents propos polémiques.
"Ses propos l'engagent lui, ils ne m'engagent pas, moi. Moi, ce sont mes propos qui m'engagent, ce sont mes propositions qui m'engagent", a déclaré Marine Le Pen. "On peut avoir aussi, a-t-elle poursuivi, un certain nombre de divergences ou de sensibilités différentes".
La candidate frontiste a démenti quoi qu'il en soit un quelconque "couac" avec son père, qui a proposé de débattre avec le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, alors qu'elle s'y est refusée.
"Il est inquiétant de voir un homme chargé des élections traiter mes électeurs de nazi"
"Mon père est toujours prêt à aller au combat. Moi aussi d'ailleurs. Si je n'ai pas voulu débattre, c'est parce que j'en ai assez, mes électeurs aussi, d'être en permanence insultée", s'est-elle justifiée. "Jean-Marie Le Pen n'est pas candidat à l'élection présidentielle. Moi, je suis candidate à l'élection présidentielle et je me dois de faire respecter mes électeurs", a-t-elle ajouté.
Elle a par ailleurs dénoncé les déclarations du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui avait usé des qualificatifs de "nationaliste" et de "socialiste" pour caractériser le Front national. Il est "très inquiétant de voir un homme chargé des élections traiter mes électeurs et moi-même de nazi", a fustigé la candidate.
Le Parisien.fr - 26/02/2012 - A Châteauroux, Marine Le Pen se pose en championne de la ruralité
Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, s'est posée dimanche à Châteauroux en championne de la "France rurale", vidée selon elle de ses services publics, et des chasseurs, qui restent "charnellement attachés à la tradition française".
Devant environ un millier de militants, Mme Le Pen, qu'un sondage a placée samedi en 2e position dans le vote des agriculteurs, a rendu hommage à "l'incomparable terre de France", avec ses "paysages, villes moyennes et petites" et ses terres, "les plus fertiles du monde".
"Sur un trône, les amis de (Nicolas) Sarkozy et (François) Hollande ont mis l'argent-roi, qui vaut plus que nos terroirs", a dénoncé Mme Le Pen.
"Nous défendrons cet héritage (...) qui a permis de marier les viandes d'Auvergne, à condition qu'elle ne soient pas halal, aux vins de Bourgogne, à condition qu'ils ne deviennent pas un vin d'Algérie ou du bouchon de Transylvanie", a fait valoir Mme Le Pen, attendue vendredi au Salon de l'agriculture.
Brocardant les "intellos de pacotille qui daubent sur les paysans" ou "les technocrates qui désertifient notre territoire" et ne "distinguent pas une vache d'une chèvre", Mme Le Pen a fustigé la fermeture de services publics dans certains territoires.
Si elle est élue en mai, elle "inscrira dans notre Constitution que chaque Français a droit aux services publics, indépendamment de ses revenus ou de son lieu de résidence".
Mme Le Pen a aussi promis de "redonner à La Poste son statut d'entreprise publique et de cesser les fermetures de bureaux dans certaines zones". De même, elle entend "demander à la SNCF de cesser avec la politique du tout-TGV et de tout concentrer sur quelques lignes".
La présidente du FN a également rendu hommage aux chasseurs, "que le parisianisme oppose trop souvent à la nature", alors qu'is sont "charnellement attachés à la tradition française".
"Il ne faut plus considérer les chasseurs comme des barbares", a ajouté Mme Le Pen, relevant d'ailleurs que les chasseurs "sont amoureux de leur chien". Selon elle, ils sont "des relais de connaissances ancestrales sur les cycles et les équilibres de la nature".
Mme Le Pen a également rendu hommage à la gendarmerie, "cette vieille et noble institution française", indispensable, selon elle, au moment où "la violence se déverse sur la France des champs et des clochers". Elle milite pour un retour des gendarmes "dans le giron du ministère de la Défense" et a critiqué la "destruction cynique de ses effectifs par Sarkozy".
Souhaitant "remettre la France rurale au centre du jeu", elle a "promis aux paysans une renaissance" et le remplacement de la politique agricole commune (PAC) par sa déclinaison française, "la PAF".
Enfin, pour éviter que les campagnes françaises "deviennent un parc à touristes quelques semaines par an", avec des "villages figés", Marine Le Pen s'est élevée contre la "désertification médicale".
Elle a ainsi pointé la limitation du numerus clausus dans la formation des médecins, qui oblige, a-t-elle dit, à faire appel à des "médecins venus de Roumanie", et s'est insurgée contre la fermeture des petits hôpitaux.

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La Montagne. Le 13/02/2012. Ces maires qui ont parrainé le FN...et qui ne le referont plus

Parrainer un candidat d'extrême-droite à la présidentielle, on ne les y prendra plus. Du moins tant que l'anonymat ne sera pas de mise. Témoignages d'élus d'Auvergne et du Limousin.
Pas une seule promesse, zéro, rien. " On a relancé l'ensemble des maires mais personne n'accepte de signer ". Chargé de mission pour le FN, dans l'Allier, David Salvan assure qu'il n'a recueilli aucun parrainage pour sa candidate, Marine Le Pen (*). En 2007, le FN en avait pourtant obtenu (au moins) quatre en Auvergne. Pour lui, la faute en revient aux grands partis, accusés de faire pression sur les élus. " Marine Le Pen fait peur. Elle se trouve dans une situation bien plus avantageuse que son père " estime David Salvan. Les sondages lui accordent entre 15 et 20 % des voix. Pourtant, la plupart des maires qui avaient offert leur parrainage au FN en 2007 et en 2002 - et qui ne recommenceront pas cette fois-ci - pointent d'autres explications.
Le Jardin (Corrèze)
En 2007, René Peyron, maire de la petite commune du Jardin, était le seul, en Corrèze, à apporter sa signature à Jean-Marie Le Pen. " Je ne suis pas du tout FN, précise-t-il. C'était pour la démocratie, pour que le parti puisse se présenter. Il faisait 16 % dans les sondages ". L'élu reconnaît que l'atmosphère a été pesante lorsque son choix a été révélé publiquement. " J'avais décidé d'envoyer une lettre à chaque habitant pour expliquer mon geste. Au final, ça m'a fait perdre un conseiller municipal ". Il ne recommencera pas cette année. " De toute façon, ce qui compte pour le maire d'une petite commune, c'est qu'il sache décoincer un robinet ou manier la pelle pour dégager la neige. Y a pas de politique au bout de la pelle ".
Narnhac (Cantal)
Dans le département voisin du Cantal, Jean-Marie Mézange garde un mauvais souvenir de 2002. Il avait aussi parrainé Jean-Marie Le Pen. " J'ai toujours eu un regret ". À l'époque, les émissaires d'extrême droite " ont été tellement tenaces ". " Ils sont passés me voir trois ou quatre fois, ils ont fait des pieds et des mains. Ils disaient qu'il leur manquait quelques signatures… Je me suis dit qu'il avait le droit de se présenter alors j'ai cédé. Mais le FN m'avait certifié que ça ne se saurait pas. Quasiment le soir même, mon nom était sur Internet ". L'élu estime qu'il a été piégé. Pourtant, la règle du jeu est connue. Depuis, en tout cas, il ne répond plus aux demandes, y compris celles d'autres candidats.
Auzelles (Puy-de-Dôme)
Même son de cloche du côté de Paul Pouget Chabrolle, maire d'Auzelles depuis 2001 et, à l'instar d'au moins trois autres élus du Puy-de-Dôme, parrain, en 2002, de Bruno Mégret (MNR). " Comme personne d'autre n'est passé me voir, j'ai accepté " le parrainage ; " je venais d'être élu […] ils m'ont dit que c'était anonyme ". À la publication de son nom dans la liste des parrains, l'élu assure " avoir eu des ennuis " et il a même pensé " avoir été piégé par certains dans son conseil ". " Je ne donnerai plus à personne " martèle-t-il en condamnant un règlement " illogique ". " C'est comme si on mettait des caméras dans les isoloirs ! ".
Dans le Puy-de-Dôme
Un ancien maire du Puy-de-Dôme – qui, aujourd'hui, retiré de la politique a souhaité rester anonyme – explique qu'il s'agissait d'une stratégie. Il en avait parlé avec son entourage : permettre à Bruno Mégret, à qui il a donné sa signature, d'être candidat, c'était en quelque sorte allumer un contre-feu. " Pour enlever des voix à Le Pen " et " éviter qu'il se retrouve en première position devant Chirac ".
" Personnellement, poursuit l'ex- élu, je n'ai jamais mis un bulletin dans l'urne pour un parti d'extrême-droite ou d'extrême-gauche […] Il y a des gens qui n'ont pas compris ma démarche et j'ai démissionné dans la foulée, à cause de la polémique " engendrée. Pour lui, enfin, " si l'on veut que les choses soient claires et la démocratie respectée ", il est indispensable que " les parrainages soient anonymes ".
Lavigerie (Cantal)
Pour le maire de Lavigerie (Cantal), Philippe Gandilhon, le choix était un peu différent. Il n'a pas seulement donné sa signature à Le Pen en 2002, il lui a aussi donné son vote au deuxième tour. L'expérience lui reste cependant en travers de la gorge : " On m'a collé une étiquette, ça a été publié dans les journaux. Au collège, mes enfants se faisaient insulter ". Depuis, plus de parrainage non plus.
Crocq (Creuse)
En 2007, le maire du Crocq (Creuse) avait plutôt une étiquette de gauche. C’est dire la surprise au village lorsqu’il a parrainé la candidature de Jean-Marie Le Pen.
« C’est la démocratie. Je ne partage pas ses idées mais quand un candidat représente 20 % des voix, c’est normal qu’il puisse se présenter » explique aujourd’hui Pierre Persignat. Cet ex-agent EDF n’est plus maire aujourd’hui et n’aura donc plus à prendre une telle décision.
En mars 2007, quand le Journal Officiel publie son nom dans la liste des parrainages au FN, les conséquences ne se font pas attendre. « Au conseil municipal, des personnes se sont mises en colère. Mais c’était plus pour se faire de la publicité ».
La réplique la plus violente est nocturne. Et anonyme, contrairement au parrainage. « Au lendemain de la parution de mon nom, il y a eu des graffitis chez moi, sur les bâtiments publics, sur les routes. On associait mon nom à SS. J’ai déposé une plainte ». Les auteurs n’ont jamais été retrouvés.
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Le Point - Le 03/02/2012 - Moins de 2 Français sur 10 jugent crédible le programme économique du FN
Le programme économique de Marine le Pen est jugé crédible par moins de deux Français sur dix (18 %), selon un sondage CSA pour Capital et M6 publié vendredi. À la question "Selon vous, le programme économique de Marine Le Pen est-il crédible ?", 18 % des personnes interrogées répondent oui, 69 % non, et 13 % ne se prononcent pas.
Parmi les sympathisants du
FN, 70 % le trouvent crédible, et 18 % le jugent "pas crédible". En revanche, 15 % des sympathisants UMP et 9 % des sympathisants de gauche le trouvent crédible, contre 72 % des sympathisants UMP et 83 % des sympathisants de gauche, qui ne le trouvent pas crédible.
Cette étude CSA a été réalisée par téléphone les 31 janvier et 1er février auprès d'un échantillon de 1 008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.
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Le Monde - 15/01/2012 - Marine Le Pen prend pour cible les "intégristes" au nom de la laïcité - Par Abel MESTRE
Marine Le Pen veut être la candidate de la laïcité. Mais d'une laïcité déclinée selon les fondamentaux du Front national et qui se résume, au bout du compte, à la condamnation de certaines pratiques de l'islam. Ainsi, dimanche 15 janvier, à Grand-Quevilly, dans la banlieue de Rouen (Seine-Maritime), la candidate du FN a promis que, si elle était élue à la présidence de la République, elle ferait une "application stricte" de la loi de 1905.
"Immédiatement, les prières de rue (...) prendront fin. Il ne sera plus question de financer par un biais détourné la construction des mosquées (...). C'est bien ça la République et certainement pas les reculades permanents du couple Sarkozy-Guéant habitués à se coucher devant toutes les revendications communautaristes. (...) Trop de laisser faire, trop de démissions, trop de laxisme ont miné la République française et la laïcité ", a-t-elle notamment lancé.Avant de se faire menaçante : "Les intégristes doivent savoir qu'ils trouveront face à eux et pour la première fois depuis des décennies, un pouvoir extrêmement déterminé".
Pour faire cela, Mme Le Pen propose la création d'un ministère de l'immigration et de la laïcité. En accolant ces deux termes, la présidente du parti d'extrême droite dévoile sa grille d'analyse : les atteintes à la laïcité et le communautarisme sont le fait de l'islam dont la présence en France est le fruit d'une "immigration massive" qui serait "un facteur de tensions et de division". Un amalgame que Mme Le Pen a répété à plusieurs reprises lors de son discours de dimanche, comme lorsqu'elle affirme que "laïcité sera d'application plus aisée quand nous aurons stoppé l'immigration".
Un discours qui a laissé place à certaines mesures préconisées par Mme Le Pen dont on ne sait pas la manière dont elles pourraient être appliquées. Il en va ainsi de l'interdiction de porter le voile ou "tout autre signe religieux ostentatoire" pour les usagers des "services publics administratifs dépendants de l'Etat ou des collectivités territoriales".
CONTRE LE "MULTICULTURALISME"
La candidate à l'Elysée en a aussi profité pour railler la proposition d'Eva Joly - sans nommer l'ancienne juge - de créer un jour férié pour Kippour ou l'Aid el-Kebir. N'ayant pas peur de la contradiction, Marine Le Pen a, sur fond de la "skyline" de Rouen faite de clochers, rappelé que la France plongeait "ses racines dans le christianisme. C'est (...) notre histoire, notre identité".
Mme Le Pen a aussi vilipendé devant les 1 500 personnes qui se tassaient dans la salle, "le relativisme culturel", le "multiculturalisme", en général et celui dont elle accuse "l'UMP, le PS, le MoDem, les Verts", qu'elle englobe - tout comme les questions d'économies - dans le mot valise de "mondialisme".
Un mondialisme - et son vecteur le communautarisme - contre lequel Mme Le Pen estime que la seule défense est la nation et l'identité nationale. "Le mondialisme, ce n'est pas seulement un système économique sauvage (...), c'est aussi une idéologie qui va au-delà de la simple mondialisation et qui vise à uniformiser les cultures, à encourager le nomadisme la circulation permanente d'hommes déracinés d'un continent à l'autre à les rendre interchangeables, en somme à les transformer en anonymes", a déclaré Marine Le Pen. Et de reprendre : "Dans leur système l'individu ne compte plus en tant que tel. On n'est plus qu'une unité de production ou de consommation, dans un monde sans frontières où les territoires se valent." Face à cela, Mme Le Pen entend mettre en avant la seule communauté qui vaille à ses yeux, à savoir "la communauté nationale".
"La négation des identités nationales, l'immigration massive, le multiculturalisme comme doctrine, le communautarisme, tous ces fléaux contemporains participent du projet mondialiste. C'est le versant culturel de ce projet qui consiste à transformer chaque territoire, chaque nation, chaque peuple dans un magma mondialisé vide de toute identité et où règne en maître celle du commerce", a continué Mme Le Pen. Un raisonnement qui rappelle les analyses des penseurs de la Nouvelle droite (courant de pensée notamment hostile au multiculturalisme) et de son fer de lance, le GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne).
"RETOUR DE BOOMERANG" DES "MENSONGES" DE SARKOZY
Au début de son discours, Marine Le Pen est notamment revenue sur la perte du AAA de la France et sur les mesures qu'elle préconise - sortie concertée de l'Euro, monétisation de la dette, entre autres. Elle a aussi très durement attaqué M. Sarkozy, lui prédisant un "retour de boomerang" de ses "mensonges". "Le mensonge est devenu industriel sous Nicolas Sarkozy[Il] a triomphé sur le mensonge, il a triomphé par le mensonge, et c'est par le mensonge qu'il chutera", a-t-elle notamment affirmé.
A quelques encablures du site de Petroplus, qui doit fermer, Mme Le Pen a raillé les "assassins qui revenaient sur le lieu de leur crime", à savoir les leader politiques qui se sont succédés au chevet des 700 salariés promis au chômage. Pour Mme Le Pen, les partis de gouvernement sont "tous coupables de ces fermetures d'usine".
Libération - 15/02/2012 - Le Pen sort un «carton rouge» à Sarkozy - Par Christophe FORCARI
La candidate du FN a tout fait mercredi soir pour relativiser l'entrée en campagne du président.
«Finalement la seule vraie nouvelle de cette semaine, c'est que Dr House a fini par sortir avec un de ses collègues». Il est presque 21 heures. La candidate Marine Le Pen vient de livrer sa réaction à l'annonce de la candidature du président sortant, Nicolas Sarkozy, devant une vingtaine de journalistes massés dans une petite salle surchauffée de son QG de campagne, boulevard Malesherbes à Paris. Réajustant les raccords de maquillage devant les flashs des photographes avant un passage en duplex sur un plateau d'un journal de vingt heures d'une chaîne nationale.
La présidente du Front National plaisante avec son staff. La prétendante à l'Elysée relativise à tout crin cette entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. «Un non événement vient de se produire après cinq années de campagne permanente. Cette candidature n'a aucun intérêt et sa campagne sera une pâle copie de celle de 2007. Sa parole ne comptera pas car il est comptable d'un bilan auquel il ne pourra échapper. Deux mois de promesses n'effaceront pas son quinquennat», pilonne Marine Le Pen, plutôt relax face à l'entrée en lice de son principal adversaire. Pour elle, Nicolas Sarkozy «a trahi les français. Il est le candidat des faux semblants, de la posture et de l'imposture. Il m'a paru insincère et pas convaincu de pouvoir faire oublier aux Français les échecs de son quinquennat. Un magicien dont les ficelles un peu grossières sortent du costume». Et de brandir devant les caméras «un carton rouge que les Français doivent lui donner. Sarkozy doit sortir du terrain», assène celle qui se voit déjà en arbitre de cette élection
Le nouvel observateur - 19/02/2012 - Sarkozy, Mélenchon, les médias... Le Pen attaque tous azimuts - Par Thierry MAËL et Nicolas CHAPUIS
La candidate du FN entend incarner "l'anti-système" et déroule les grands thèmes du Front National. Par nos envoyés spéciaux à Lille, Maël Thierry et Nicolas Chapuis.
Les oreilles de Nicolas Sarkozy ont dû siffler lors de son discours à Marseille. Au même moment à l’autre bout de la France, une salle entière haranguée par Marine Le Pen conspuait le président-candidat. Lors de son discours à la Convention de son parti à Lille, la candidate du FN devait parler de valeurs et de nation. Mais sur la scène du Grand palais, il est surtout question du bilan du quinquennat de son rival. "Sa stratégie est conforme à 2007, a-t-elle attaqué. Pas de bilan, pas de passif, pas de passé et quelques bonnes annonces bien électoralistes. Il emploie la stratégie du "Plus c’est gros, plus ça passe". Le candidat des puissants serait devenu par un coup de baguette médiatique le candidat du peuple."
Le public, nombreux mais lent à l’allumage, brandit à sa demande les cartons rouges qu’on leur a distribués. Ils scandent "Dehors ! Dehors !", à l’adresse du président sortant. "Expulsez-le du terrain", tonne la présidente du FN. Elle refuse de croire à "une France atteinte du syndrome de Stockholm et qui voterait pour son geôlier."
"La classe dominante"
Si Sarkozy semble occuper une bonne part de l’attention du FN, Marine Le Pen en a gardé sous le pied pour les autres. En s’en prenant à tous les acteurs de "la classe dominante", elle essaye de brosser un portrait d’elle même, en candidate anti-système. La bipolarisation Hollande-Sarkozy agace le FN. Le Pen rêve de lui en substituer une autre : elle contre le reste du monde.
Elle attaque donc "le nouveau clergé des journalistes, ces experts et professionnels des plateaux qui n’ont rien vu venir depuis 40 ans." Elle se plaint "de leur agressivité, de leur impolitesse, de leurs regards goguenards". François Hollande a droit lui aussi à son couplet, après son interview au Guardian sur la finance. "Vous voyez tout est dit sur l’UMPS, en si peu de mot", raille-t-elle, tout en en parlant pendant près d’une demi heure.
Jean-Luc Mélenchon n’est pas épargné. Il est gratifié d’un "idiot utile du système". "Il croit que porter une écharpe rouge et imiter Georges Marchais sauvera les ouvriers Français. Mais il finira par voter François Hollande et aura sa place d’équarrisseur, c’est à dire ministre dans un gouvernement de gauche."
"Menacent la laïcité"
Les équarrisseurs semblent d’ailleurs inspirer la candidate, très branchée abattoirs ce week-end. Elle reprend son accusation déjà formulée la veille sur les boucheries Hallal. "L’ensemble des abattoirs d’Ile-de-France font du halal à l’insu des consommateurs et avec la complicité zélée du gouvernement." Une affirmation démentie par les professionnels du secteur.
Mais Marine Le Pen, pas à une approximation près, sait que la salle apprécie. Des "scandaleux !" descendent des travées. Elle fustige donc "les islamistes radicaux" qui "menacent la laïcité". Une manière aussi pour la candidate de chasser la polémique Brasillach – que son père avait cité la veille - en allumant un autre fumigène. Mais le halal ne pose pas toujours problème au FN : Paul Lamoitier, conseiller régional FN du Nord-Pas-de-Calais, est l’un des principaux fournisseurs de viande halal de la région.
De valeurs, il en sera surtout question en creux dans ce discours un peu fourre-tout. Et qui dit valeur, dit nation dans le lexique Le Pen : "Notre République est une attache de la liberté que parce qu’elle est charnellement française."
"La France, notre mère patrie, aime tous ses enfants"
Partie dans une ode à la fraternité, Marine Le Pen se veut rassembleuse du peuple : "La France, notre mère patrie, aime tous ses enfants. Les fils aînés, les Français de vieille souche mais aussi ses fils cadets plus récents. Il n’y a pas de différence entre les Français de souche ou les Français immigrés, il y a des Français. A eux tous s’appliquent la préférence nationale." Avant de lancer cela, Marine Le Pen avait préparé le terrain "j’ai une annonce solennelle à faire, et je sais que vous allez applaudir." Pas aisé dans un parti où le président d’honneur Jean-Marie Le Pen aime à parler des "Français de papier" pour désigner les immigrés qui ont acquis la nationalité.