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Fusillade de Toulouse : la presse israëlienne

Fusillade de Toulouse : la presse israëlienne

Slate - 19/03/2012 - Fusillade de Toulouse : les premières analyses de la presse israélienne


LES SITES D'INFORMATION ISRAELIENS CONSACRENT EVIDEMMENT UNE LARGE PLACE à la tuerie qui a coûté la vie à quatre Franco-Israéliens, dont trois enfants, au collège Ozar-Hatorah de Toulouse, lundi 19 mars. Ils citent notamment en longueur la réaction du Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui a dénoncé «le meurtre odieux de Juifs, dont des petits enfants», ainsi que les révélations du Point sur la possible implication d'anciens militaires néo-nazis.
La Une de la version anglaise du site d'information Haaretz.

Le quotidien de gauche Haaretz cite également un membre de la communauté juive de Toulouse selon qui le collège Ozar-Hatorah constitue le cœur de ladite communauté et se fait l’écho d'autres réactions au sein de la classe politique israélienne. La chef de file de l’opposition Tzipi Livni (Kadima) a ainsi dénoncé des attaques «choquantes et douloureuses» et le député Danny Danon (Likoud) a lui annoncé que la commission parlementaire compétente se réunirait en urgence mardi, voyant dans les évènements de Toulouse «une alerte rouge pour les juifs dans le monde entier».

Le Jerusalem Post a lui interviewé le rabbin de Toulouse Avraham Weill, qui a expliqué qu’il n’avait reçu aucune information comme quoi sa communauté, qui compte environ 20.000 membres, pouvait être la cible d’un acte de ce genre: «Il n’y a rien eu, pas de coup de téléphone, pas d’avertissement.» Il s’est également entretenu avec le vice-président du Crif Gil Taieb, qui s’est dit sûr que l’acte était antisémite: «Pour que quelqu’un situe cette école dans une ville comme Toulouse, cela veut dire qu’il savait ce qu’il était en train de faire. Il allait là pour tuer des juifs.» Selon lui,la communauté juive «n’a rien connu de tel depuis au moins dix ans».

Yediot Aharonot, un des autres grands quotidiens israéliens, a interviewé de son côté Benjamin Touati, chef de la branche française du mouvement de jeunesse Bnei Akiva: selon lui, «ce n’est pas encore la panique et les parents n’ont pas retiré leurs enfants des écoles, mais nous craignons qu’une nouvelle vague de terreur n’arrive sur nous».

Sarkozy habile ou pyromane?

Haaretz se risque par ailleurs à deux analyses de l'évènement en lien avec l'élection présidentielle. Le journaliste Sefy Hendler explique que  «Sarkozy est un dirigeant qui a choisi de commencer son mandat en prononçant un discours à côté d'un monument commémorant les victimes de la Résistance exécutées par les Allemands en 1944», en référence à un discours qui était en réalité le dernier du candidat Sarkozy, au plateau des Glières le 4 mai 2007. «Maintenant qu'il approche de la fin de son mandat, il doit traiter un acte de terreur envers des enfants juifs comme la France n'en a pas connu depuis plus d'un demi-siècle. […] Nul doute que son habilité éprouvée à gérer la crise viendra renforcer sa candidature à un moment décisif.»

Un autre journaliste, Gilad Halpern, estime lui que si la thèse d'un «crime de haine» se confirme, cela voudra dire que «les juifs se révèlent une nouvelle fois les perdants des importantes tensions ethniques en France, sauf que les flammes auront cette fois-ci été attisées par le président lui-même».

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L'élection suivie dans les capitales européennes

L'élection suivie dans les capitales européennes


Le Monde - 29/02/2012 - Le match Sarkozy-Hollande est suivi de près dans les capitales européennes - Par Philippe RICARD


Le premier s'est dépensé sans compter pour assurer "le retour de la France en Europe", le second est un nouveau venu, attendu au tournant par les Européens. Le duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande interpelle les dirigeants des Vingt-Sept, même si rares sont ceux qui, à l'instar de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont pris clairement parti pour le président sortant, ou choisi, comme le socialiste belge Elio Di Rupo, de soutenir son challenger.

Nicolas Sarkozy a su surfer sur les crises à répétition subies par les Vingt-Sept pour asseoir son autorité dès la présidence française de l'Union européenne, au second semestre 2008. Crise financière, médiation entre la Géorgie et la Russie, sa réactivité lui a permis d'imprimer sa marque, avant que le séisme qui ébranle depuis plus de deux ans la zone euro ne mette comme jamais à l'épreuve l'improbable tandem qu'il constitue avec la chancelière allemande. Le couple franco-allemand - la Merkozy- s'est alors imposé comme le véritable pilote de l'Union européenne, en dépit des tensions multiples suscitées entre Paris et Berlin par le sauvetage des maillons faibles de l'union budgétaire, et le reformatage de cette dernière.

Chef de file des pays du Sud, Nicolas Sarkozy a pu pousser des idées qui lui tenaient à cœur, comme le gouvernement économique, mais c'est Angela Merkel qui en a déterminé la substance, en exportant sa "culture de stabilité". Dans la foulée, M. Sarkozy a cherché à limiter les transferts de souveraineté, pour placer au centre du jeu les sommets des 17 chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, tandis que la chancelière prône désormais une véritable "Union politique", de type fédéral, pour surmonter la crise.

STYLE PEU DIPLOMATIQUE

Le style peu diplomatique et les méthodes très intergouvernementales de Nicolas Sarkozy ont cependant dérouté une bonne partie de ses homologues européens. "Quand nous nous appelons au téléphone, nous nous racontons d'abord les méchancetés que Sarkozy a pu dire dans notre dos", confiait, fin 2011, un habitué du Conseil européen.

Plus fondamental, M. Sarkozy a, selon ses détracteurs, beaucoup fait pour transformer le fonctionnement des Vingt-Sept, en donnant le premier rôle aux Etats, quitte à marginaliser les institutions européennes, la Commission comme le Parlement.

Il a multiplié les passes d'armes plus ou moins discrètes avec Jean-Claude Trichet, l'ancien président de la Banque centrale européenne, dont le rôle dans la crise des dettes a pourtant été déterminant.

En cas de passage de relais à l'Elysée, l'attitude de François Hollande, peu connu sur la scène européenne, est jugée moins prévisible. "Personne ne sait vraiment ce qu'il a en tête, même si sa lointaine filiation avec Jacques Delors est plutôt encourageante", dit un haut responsable bruxellois. Ce dernier espère que les socialistes français ont bel et bien surmonté les divisions apparues en 2005, lors du référendum négatif contre la Constitution. Sans être vraiment rassuré à ce stade par leur abstention lors de la ratification du Mécanisme européen de stabilité, le fonds de secours permanent mis en place contre la volonté initiale de l'Allemagne pour soutenir les pays dans le collimateur des marchés.

L'IDÉE DE RENÉGOCIER LE PACTE

Les premières prises de position du candidat socialiste sur l'Europe ne laissent pas non plus indifférents. Son intention de renégocier le pacte budgétaire pour adjoindre au volet "budgétaire" un volet plus orienté sur le soutien à la croissance passe mal. Selon un dirigeant européen, elle tiendrait même du "vœu pieux", alors que le nouveau traité doit être signé vendredi 2 mars, et sera donc en phase de ratification.

"Nous ne sommes certainement pas en faveur d'une renégociation", a estimé Jan Kees de Jager, le très orthodoxe ministre néerlandais des finances, un des alliés de l'Allemagne dans la gestion de la crise des dettes souveraines. "En revanche, si M. Hollande veut mener davantage de réformes, alors nous serons à ses côtés, qu'il s'agisse de la libéralisation des services ou des réformes du marché du travail", a-t-il ajouté.

"Le paradoxe est que M.Hollande entend donner des gages de son sérieux budgétaire, mais il s'en prend à l'instrument qui est justement censé donner du corps à la discipline collective mise en place par les capitales européennes", constate pour sa part Yves Bertoncini, le secrétaire général de la fondation Notre Europe, créée par Jacques Delors.


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La présidentielle vue d'Afrique

La présidentielle vue d'Afrique

Le site d'actualité Jeune-Afrique propose un dossier sur les élections présidentielles vues depuis quelques pays africains.
Pour accéder à la page cliquer ici

Exemple :

Jeune Afrique - 28/02/2012 - La Présidentielle française vue depuis l'Algérie - Par Vincent DUHEM


Jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle française, Jeune Afrique prend le pouls de la campagne depuis le continent. Direction l’Algérie où la presse commente amplement la course à l'Élysée.
À en croire les nombreux billets des éditorialistes algériens, l’élection présidentielle française est un sujet porteur pour la presse. « La campagne est très suivie par les Algériens », confirme Miloud Brahimi, avocat et ancien président de la Ligue algérienne des droits de l’homme. Selon lui, ses concitoyens seraient même « incollables », sur le sujet.
« C’est très spécial de voir la campagne électorale française depuis l’Algérie car plusieurs choses nous rapprochent : l’histoire, la langue, l’immigration et la télé. Avec la parabole, nous avons accès à toutes les chaînes françaises. Les débats entre les candidats passionnent », explique-t-il.
"Dérives droitières"
L’intérêt est « à la fois intellectuel et politique », précise Miloud Brahimi. Les Algériens sont par exemple très critiques à l’égard des « dérives droitières » de l’UMP, estime le militant des droits de l’homme. Si pour Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan, ils savent « pertinemment que ces dérapages verbaux se font à la veille d’élections présidentielles ou législatives », les lecteurs et auditeurs ont violemment réagi aux dernières orientations politiques de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Une stratégie qu’El Watan qualifie de « surenchère verbale contre l’immigration ». « Bien avant les propos de Guéant sur « la supériorité de la civilisation occidentale », le parti présidentiel, l’UMP, n’a pas économisé ses efforts pendant cette mandature pour faire du musulman l’origine de tous les maux », estime El Watan. « Burqa, laïcité, prière de rue, identité nationale, la machine de guerre de Jean-François Copé a fait du musulman le juif des années 30 » va jusqu’à proclamer le célèbre quotidien.
Une « dérive droitière » qui explique selon l’Expression pourquoi « toutes les personnalités, qui incarnaient au début de son quinquennat l’ouverture à la diversité prônée par le président français, ont été évincées ». De Rachida Dati à Fadéla Amara, en passant par Rama Yade ou encore Abderrahmane Dahmane – et même si, de manière opportuniste, on en voit réapparaître certaines depuis quelques jours.
À contrario, les médias algériens semblent prendre les déclarations de Marine Le Pen, la candidate du Front national, avec plus de distance. El Watan ne s’étonne par exemple pas de ses propos sur la viande Halal. « Les Algériens ne s’intéressent pas à elle. Ils savent que le pouvoir est entre le PS et l’UMP », explique Miloud Brahimi. Et entre les deux ténors de la vie politique française, François Hollande aurait une longueur d’avance, estime le militant des droits de l’homme. « Les Algériens sont plus proches de la sensibilité socialiste. Car qui dit droite, dit droite de la droite et ce qu’elle véhicule », dit-il.
Ce qui ne changera pas...
La sensibilité des relations franco-algériennes donne également un intérêt particulier à cette élection. Outre le sort réservé aux immigrés algériens vivant en France, deux thématiques ternissent les relations entre les deux pays : la question de la mémoire et celle du Sahara occidental. Mais pour Miloud Brahimi, le choix du prochain président français n’aura aucune conséquence sur ces deux thématiques.
« Au mieux, il y aura avec la gauche un changement de langage » sur la question du Sahara, « les relations entre le Maroc et la France sont trop importantes ».
Sur le thème sensible de la mémoire, il estime « qu’un changement supposerait un bouleversement de ce qu’a été pour la France l’Algérie coloniale et de ce qu’elle représente aujourd’hui ». Un bouleversement que, 50 ans après les accords d’Évian, Nicolas Sarkozy comme François Hollande, ne seraient pas encore prêts à opérer.


Le point de vue Suisse

Europe 1 (le lab). Le 18/02/2012. Source

SARKOZY VU PAR LA TSR

Comme d'habitude la télévision suisse a un regard décalé sur la France. Le sujet du JT de la TSR repéré par notre blogueur Guy Birenbaum en atteste.

Les articles du Courrier International

Le Courrier International - 26/03/2012 - Adieu Sarkozy ?





Est-ce la fin de Nicolas Sarkozy ?, interroge l’hebdomadaire américain Time à la une de son édition européenne. En couverture, le profil du président français se détache sur fond noir, façon nécrologie, barré d’un sobre “Adieu ?”

Comment expliquer qu’un homme d’Etat respecté internationalement, par ailleurs formidable meneur de campagne, se retrouve au bord de la défaite?, se demande le magazine. Réponse : “C’est l’économie, pardi !” Les Français se soucient moins des prouesses internationales que du bilan intérieur d’un président résolument trop bling-bling. S’ils doivent subir des mesures d’austérité, ils préfèrent les voir imposées par un leader proche de leurs souffrances que par un président des riches.

Quelles que soient l’évolution de la campagne et les retombées de la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy ne peut en tout cas plus revenir sur son virage vers l’extrême droite, assure le Time. Celui-ci lui vaudra soit une répudiation politique, soit une spectaculaire réélection.




Le Courrier International - 08/03/2012 - La pitoyable campagne de Nicolas Sarkozy - Par Rudolf BALMER

Devant le spectacle offert par le président depuis son entrée en campagne, le quotidien allemand Die Tageszeitung (gauche alternative) s'interroge. Angela Merkel a-t-elle vraiment besoin de cet allié peu recommandable ?


Les Français doivent-ils réélire leur président par pitié ? Celui-ci va jusqu'à déballer de vieux problèmes de famille devant les caméras [Le 6 mars, interrogé sur France 2, Nicolas Sarkozy est revenu sur sa rupture avec sa précédente épouse Cécilia, en 2007]. Ou encore à clamer qu'il a fait son possible dans le combat contre le chômage.

Nicolas Sarkozy sait que son pire ennemi, c'est son bilan des cinq dernières années. Il a donc tout intérêt à en attribuer la responsabilité à divers adversaires anonymes comme "la crise". Et lorsque des journalistes évoquent ses erreurs, chiffres à l'appui, il devient agressif.

On dit que, par affection pour son Nicolas, Angela Merkel se serait secrètement mise d'accord avec l'Italien Mario Monti, l'Espagnol Mariano Rajoy et le Britannique David Cameron, pour ignorer François Hollande et ne pas le recevoir pendant la campagne [selon le magazine allemand Der Spiegel]. Mais le mauvais service qu'elle lui rend ainsi n'a pas revigoré Sarkozy. Le candidat de l'Allemagne ? Il n'avait pas besoin de s'embarrasser de cette étiquette.

Est-ce cette impasse qui l'a amené à l'idée de se lancer dans la polémique sur la viande halal initiée par le Front National et, avec un zèle idéologique, de demander un nouveau durcissement de la politique d'immigration ? Toujours est-il qu'il pointe du doigt les communautés religieuses et les étrangers, qui deviennent pour lui le problème. Il affirme - en s'appuyant sur des sources introuvables - que le débat sur la viande halal est le "premier sujet de préoccupation des Français". Il part ainsi sans complexe à la chasse aux voix des sympathisants du FN - selon ses conseillers, l'unique réelle source potentielle de voix.

On aimerait savoir ce que pense Mme Merkel de ce "goulasch électoral" parisien, qui doit lui rappeler son collègue nationaliste [le ministre-président hongrois] Viktor Orbán, avec lequel elle n'a pourtant pas plus d'affinités qu'avec Hollande.

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Le Courrier International. Le 22/02/2012. Source


Tout le monde regarde vers Hollande


Au centre du jeu, Hollande ? Alors que les politiques d'austérité dominent l'Europe, le candidat socialiste est perçu comme l'un des premiers à avoir proposé une autre voie. S'il venait à l'emporter, ce pourrait être le signal d'un retournement de tendance, estiment plusieurs observateurs étrangers.

François Hollande, l'homme de la rupture ? Plusieurs éditorialistes et observateurs d'Europe et des Etats-Unis disent l'importance qu'aurait sa victoire à l'élection présidentielle à l'échelle européenne. Dans un contexte marqué par l'austérité, le candidat socialiste est devenu, à leurs yeux, le représentant d'une autre voie. Celui aussi qui pourrait faire basculer le jeu européen vers une politique plus équilibrée entre austérité et mesures de croissance.

"La gauche européenne regarde vers Paris", titre le quotidien espagnol El País, qui écrit : "Un opéra unique s'est joué depuis le début de la décennie dans les théâtres politiques européens. Ténors et sopranos ont entonné vigoureusement le chant de l'austérité et de la flexibilité des marchés du travail. Les dirigeants progressistes ont presque tous accepté, sans tiquer, le diktat allemand sur la règle d'or du déficit. Mais la conjoncture politique semble offrir une opportunité à ceux qui souhaitent une autre musique. Tout le monde regarde vers Paris."


Obama et Monti : de bons alliés pour Hollande


"François Hollande, poursuit l'article, est le seul leader de poids qui se soit déclaré clairement contre le traité européen d'austérité négocié en janvier dernier. Hollande, qui est en tête des sondages, a affirmé que, s'il gagnait, il exigerait sa renégociation. Il a également plaidé pour la création d'eurobonds, regretté que l'accord n'inclue pas de dispositions plus explicites en faveur de la croissance et promis de plus lourds impôts pour les banques. Des vingt-sept pays de l'Union européenne, quatre seulement sont gouvernés par des sociaux-démocrates ; mais une victoire de Hollande pourrait ouvrir la voie à un retournement de tendance." Le cas échéant, le socialiste trouverait plusieurs alliés précieux : l'Italien Mario Monti et l'Américain Barack Obama, qui combattent eux aussi "la culture exclusive de l'orthodoxie fiscale", souligne le quotidien espagnol.

Le même thème a été abordé par des observateurs, par exemple sur le site du think tank italien mRI(Meridiani-RelazioniInternazionali), qui affirme que "les heures de l'austerity sont comptées". L'auteur cite François Hollande comme promoteur d'une autre politique en Europe et voit aussi en Mario Monti un possible allié de circonstance. De fait, le lundi 20 février, douze pays européens, dont l'Espagne, l'Italie et la Grande-Bretagne, ont envoyé une lettre à la Commission européenne pour réclamer des politiques de croissance. Lettre que n'ont signée ni la France ni l'Allemagne.


Un référendum sur l'Allemagne


Côté américain, même analyse sur le site d'information économique Bloomberg: "Si François Hollande chasse Nicolas Sarkozy au printemps, la zone euro pourrait connaître une nouvelle période d'instabilité", écrit un observateur, pour qui "les élections françaises peuvent aussi être vues comme un référendum sur l'approche allemande de la monnaie unique européenne".

Le quotidien britannique The Daily Telegraph explique quant à lui pourquoi une défaite de Nicolas Sarkozy devrait "terrifier David Cameron et réjouir Ed Miliband [chef de l'opposition]". "La Grande-Bretagne en train d'être étranglée par le même défaut de croissance [que la France]. (...) Si Hollande venait à l'emporter, ajoute l'auteur, l'orthodoxie politique qui place les coupes budgétaires avant tout le reste pourrait également être en lambeaux."

Bien sûr, les éditorialistes ne se trompent pas sur les intentions de François Hollande. "De culture politique modérée, Hollande ne risque pas de brandir un quelconque drapeau rouge", écrit The Daily Telegraph. "Hollande ne cherchera pas beaucoup plus qu'un amendement au pacte d'austérité négocié par le Conseil européen en janvier dernier pour promouvoir la croissance", estime le Financial Times. "Cela dit, poursuit le quotidien économique, toute proposition propre à rendre les marchés nerveux sur l'Europe est malvenue."