Le Parisien.fr - 20/03/2012 - Une minute de silence : les propos critiqués de Sarkozy
Une minute de silence a été observée mardi autour de 11 heures dans les établissements scolaires de France, à la suite de la décision du président Nicolas Sarkozy, de rendre hommage aux trois enfants et au professeur tués lundi dans une école juive de Toulouse (Haute-Garonne).
Des propos vraiment destinés à rassurer ?
Le chef de l'Etat était présent à la minute de silence organisée au collège-lycée François-Couperin, à Paris (IVe arrondissement), à deux pas du Mémorial de la Shoah.
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Après avoir observé la minute de silence, il a pris la parole devant les élèves... et les caméras pour revenir sur la tragédie : «Ce qui s'est passé à Toulouse dans une école confessionnelle, avec des enfants d'une école juive, aurait pu se passer ici. Ces enfants sont exactement comme vous » a-t-il déclaré, avant d'enchaîner «l'assassin s'est acharné sur une petite fille. Il faut réfléchir à ça». Puis ajouté : «C'est un sujet suffisamment grave pour que toute la République soit concernée».
Des déclarations pas vraiment en phase avec les conseils des psychologues sur la manière d'aborder le drame de Toulouse avec des enfants. Depuis hier des spécialistes insistent sur la nécessité de s'adapter aux mots des enfants, sans projeter sur eux des angoisses d'adultes avec le soucis d'éviter toute psychose.
Sur twitter, Cécile Duflot, des élus et des anonymes fustigent des mots qui font peur
Les mots graves et évocateurs du président de la République n'ont pas tardé à susciter des réactions et notamment celle de la première secrétaire d'Europe Ecologie Les Verts (EELV). «Je pense, M. le Président, qu'on ne parle pas ainsi à des enfants. Le devoir des adultes c'est protéger pas angoisser» a «twitté» Cécile Duflot en proposant un lien vers la vidéo diffusée sur France Télévisions.
Le député PS de l'Ardèche, Olivier Dussopt, a appelé, également sur le même réseau social, à «veiller à ce que les hommages ne soient pas (des) traumatismes... surtout pour les plus petits».
Dominique Bertinotti, maire PS du IVe arrondisssement de Paris a dénoncé «un discours à la George W.Bush devant les élèves».
Plusieurs réactions d'anonymes font aussi part de leur désaccord sur la méthode, comme Maître Eolas qui rappelle : «N'oubliez pas qu'un candidat qui prétend vous protéger a d'abord besoin que vous ayez peur.»
Sur twitter Valérie Pécresse, ministre du Budget, a jugé cette polémique stérile. «Ça n'arrive pas qu'aux autres. C'est le message du Président de la République. C'est pédagogique et utile » a-t-elle conclu.
Slate.fr - 20/03/2012 - Fusillade de Toulouse "Toute la république est concernée"
NICOLAS SARKOZY ÉTAIT, mardi 20 mars au matin, au collège-lycée François-Couperin (Paris-IVe) pour la minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse. Le président de la République, qui a suspendu sa campagne au moins jusqu’à mercredi, s’est exprimé devant les élèves:
«Nous sommes tous concernés par ce qui s’est passé. […] Ca s’est passé à Toulouse, dans une école confessionnelle, avec des enfants de familles juives, mais ça aurait pu se passer ici. […] Ces enfants sont exactement comme vous. La victime n’y est pour rien. […] C’est un sujet grave, et tellement grave que c’est toute la République qui doit être concernée.»
Le Parisien.fr - 10/02/2012 - Quand Louis Sarkozy lance des billes sur une policière depuis l'Elysée - Par A.R.
Un garnement facétieux se cacherait derrière les murs de l'Elysée, selon les informations de RTL. Jeudi après-midi, en faction rue du Faubourg-Saint-Honoré, en face du palais présidentiel, une policière a été la cible de tirs de billes et d'un jet de tomates.
Une petite bille jaune roule d'abord au pied de l'agente.
Elle est rapidement suivie par une tomate. La gardienne de la paix n'a pas le temps de repérer l'origine des projectiles : une seconde bille la touche à la joue. Elle traverse la rue. Aborde les gendarmes en faction devant les portes de l'Elysée, qui lui indiquent un coupable potentiel : Louis Sarkozy, le fils cadet du président, qui reçoit à ce moment-là un ami.
La gardienne de la police rédige alors un rapport administratif. N'étant pas blessée, elle n'a pas souhaité porter plainte. La nouvelle déclenche cependant un véritable branle-bas de combat dans sa hiérarchie. Le directeur du cabinet du préfet rencontre la policière et ses collègues, les enjoint à la plus grande réserve, toujours selon RTL.
Soucieux de ne pas déclencher une polémique en pleine période électorale, le président lui-même reçoit vendredi matin la policière pour lui présenter des excuses. «Le geste malheureux d'un enfant», plaide l'avocat de formation et ancien ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
L'affaire devrait cependant en rester là. Pour apaiser les esprits, la policière s'est vue offerte par l'administration la possibilité d'être mutée à un autre poste. Accès à l'article
Nicolas Sarkozy arrêterait la politique en cas d'échec
Le Hufington Post - 08/03/2012 - Nicolas Sarkozy arrêtera la politique s'il perd l'élection présidentielle - Par Geoffroy CLAVEL
C'est la première fois qu'il s'exprime publiquement sur ce sujet. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV puis de RMC ce mercredi matin, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il quitterait la vie politique s'il venait à perdre le scrutin présidentiel des 22 avril et 6 mai prochains.
"Je vous le dis, oui", a répondu le président candidat à la question "si vous perdez cette élection présidentielle, est-ce que vous arrêtez la politique?". Et le chef de l'État de préciser: "Je me mets pas dans cette perspective", "je ferai autre chose mais quoi, je ne sais pas".
Après ses regrets sur Le Fouquet's, sur ses vacances sur le yacht de Vincent Bolloré ou sur L'Epad mardi soir sur France2, cette confession surprenante marque une étape de plus dans l'opération vérité qu'a entrepris Nicolas Sarkozy avant son grand meeting de Villepinte de dimanche, au cours duquel il devrait dévoiler l'intégralité de son programme présidentiel.
Relancé par une auditrice, le chef de l'État a confirmé sa position. "Je ne me mets pas dans cette perspective, mais puisque Julia (l'auditrice qui a posé la question à M. Sarkozy) me pose une question (...) je lui dis que je ne suis pas sûr de m'installer à Annemasse (le domicile de l'auditrice) mais que je ferai autre chose. Mais quoi, je ne sais pas", a-t-il dit.
Quelques précédents
En janvier 2012, avant qu'il ne se déclare officiellement candidat, Nicolas Sarkozy avait déjà envisagé la défaite en privé lors d'un déplacement en Guyane. "Oui, c’est une certitude. J’ai 56 ans. La politique, j’en fais depuis trente-cinq ans, j’aurai été président de la République", estimait-il alors. Si les électeurs en décident ainsi, "je mènerai une autre vie, poursuit-il. J’ai un métier, je suis avocat, je suis passionné par tout un tas de choses. Vous voulez que je fasse quoi? Que j’anime la section de l’UMP?", relayait alors Le Parisien.
Ces confidences adressées aux journalistes et publiées contre la volonté de l'Élysée, avaient alors jeté un froid dans le camp de Nicolas Sarkozy.
En 2008, le président envisageait même en privé de ne faire qu'un seul mandat et de partir "faire du fric" après 2012. "Président, on a été six à faire l’job. Regardez les seconds mandats-hein? Pas formidables ! Alors, moi, en 2012, j’aurai 57 ans, je me représente pas. Et quand j’vois les milliards que gagne Clinton, moi, j’m’en mets plein les poches ! Je fais ça pendant cinq ans et, ensuite, je pars faire du fric, comme Clinton. 150 000 euros la conférence !", disait-il alors cité par Le Point.
Augmentation de salaire de 170%: Sarkozy plaide la transparence
Interpellé sur l'augmentation de 170% de son salaire présidentiel en début de mandat, Nicolas Sarkozy a plaidé la "transparence", rappelant qu'avant son arrivée à l'Élysée, les chefs de l'État fixaient eux-mêmes leur rémunération. "J'ai été devant l'Assemblée nationale, c'est moi qui ai fait cette réforme, pour dire voilà ce que va gagner le président, et qu'est-ce que j'ai proposé à l'Assemblée nationale ? Exactement ce que gagne le Premier ministre", a encore dit le candidat. Il a assuré que le salaire du Premier ministre avait été fixé par Lionel Jospin lorsqu'il était à Matignon.
En octobre 2007, l'Assemblée nationale avait porté le traitement mensuel du chef de l'Etat d'environ 7.000 euros à plus de 19.000 euros nets par mois. En novembre 2011, en pleine cure d'austérité, François Fillon s'était résolu à annoncer que "les salaires des membres du gouvernement et du président de la République seront gelés jusqu'au retour à l'équilibre des finances publiques".
Le candidat-président a d'ailleurs renvoyé le compliment à son adversaire socialiste qui a promis de baisser sa rémunération de 30% s'il était élu en mai prochain. "J'ai vu que François Hollande proposait de baisser les salaires. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'alors qu'il est président du département le plus endetté de France, il ne l'a pas fait pour lui-même", s'est-il interrogé sur RMC, renvoyant à une critique que la droite adresse régulièrement au député de Corrèze.
Ce dernier gagne, en tant que président du conseil général du département, la somme de 5 512 euros par mois. Considérée comme une indemnité de fonctions, la rémunération d'un président de conseil général, de 5.400 euros brut par mois, est fixée par la loi. Toutefois, si cet élu détient également un mandat de parlementaire, comme c'est le cas pour François Hollande, le total de ses indemnités est plafonné à hauteur de 1,5 fois l'indemnité parlementaire.
Nicolas Sarkozy s'est néanmoins refusé à publier chaque année sa déclaration d'impôts. "J'ai payé des impôts, il suffit d'aller à la trésorerie" pour les consulter, "c'est un droit", a-t-il déclaré. "Est-ce que je dois aller faire étalage ? (...) Est-ce qu'il faut qu'il y ait ce voyeurisme qui consiste chaque jour à vouloir aller plus loin ?", a-t-il demandé. "Ma déclaration de patrimoine, je l'ai faite au début de mon mandat et je la ferai à la fin de mon mandat", a expliqué le président-candidat.
Viande halal: prise de distance avec Claude Guéant
Consacrant une large partie de son entretien à préciser ses positions et à tourner la page de son bilan présidentiel avant son grand meeting de Villepinte, Nicolas Sarkozy est revenu sur la polémique autour de la viande halal et à pris ses distances avec les propos très critiqués de son ministre de l'Intérieur Claude Guéant.
"Faire le lien" entre vote des étrangers aux élections locales et viande halal - comme l'a fait Claude Guéant - était "excessif", a-t-il ainsi reconnu, donnant raison à l'aile modérée de son équipe qui avait refusé de soutenir ces propos.
"Faire le lien, c'est excessif, mais ne pas parler d'un risque c'est excessif aussi", a toutefois estimé sur RMC/BFMTV Nicolas Sarkozy, selon lequel il y a "des tentations de repli communautariste" en France. Il a évoqué à titre d'exemple "ceux qui voudraient une piscine avec des heures séparées pour les femmes et pour les hommes comme l'avait fait et envisagé Mme Aubry à Lille", maire de cette ville et actuelle première secrétaire du PS.
Ces propos interviennent alors que les centristes de l'UMP et qu'une partie des Radicaux de Jean-Louis Borloo montrent leur agacement à l'égard de la "droitisation" de la campagne de Nicolas Sarkozy. Accès à l'article
La Dépêche - 07/03/2012 - Carla Bruni dans les coulisses de France 2 : "Nous sommes des gens modestes"
"Nous sommes des gens modestes" : Carla Bruni-Sarkozy
Mardi soir, Nicolas Sarkozy était l'invité de l'émission de France 2, Des Paroles et des actes. Pour le pousser dans ses retranchements, Laurent Fabius était aussi sur le plateau. Et dans les loges, la Première dame veillait au grain.
Selon un article du Monde, Laurent Fabius est arrivé le premier, quelques minutes avant 20 heures. Suivi dans la foulée par le président et Carla Bruni, accueillie chaleureusement par Rémy Pflimlin, le président de France Télévisions.
Plusieurs sorties de Carla Bruni-Sarkozy ont été rapportées par le journaliste média du Monde, Daniel Psenny. Avant l'émission, Carla aurait déclaré à Rémy Pflimlin en plaisantant "les journalistes sont tous des Pinocchio", faisant avec sa main le geste du nez qui s'allonge. Puis elle rappelle aux journalistes les propos de François Mitterrand au sujet de son mari, celui-ci aurait les "qualités d'un excellent débatteur". Avant de lâcher : "Il a une belle voix", alors que Nicolas Sarkozy débat avec Laurent Fabius.
Pendant l'émission, agacée par le temps passé autour de l'épisode du Fouquet's, Carla argumente en coulisses : "Nous sommes des gens modestes", et questionne Henri Guaino : "De temps en temps, ils donnent la parole à des journalistes de droite ?".
Pas de baiser off cette fois-ci entre Carla et Nicolas Sarkozy, mais des propos en coulisses qui risquent de faire jazzer. Accès à l'article
Le Figaro.fr - 07/03/2012 - Climat de tension pour le débat entre Sarkozy et Fabius - Par Nicolas BAROTTE et François-Xavier BOURMAUD
Ça a commencé par un cadeau d'accueil, mais pas forcément pour détendre l'atmosphère. Laurent Fabius venait à peine de s'installer sur le plateau de France 2 pour débattre avec Nicolas Sarkozy, dont il regrettait la «violence» à l'encontre de François Hollande, que le président-candidat l'accueillait en lui offrant une sélection des petites phrases de l'ancien premier ministre contre son rival passé au sein du PS.
«Pour le critiquer, je dois confesser que je me suis inspiré de vous », glissait Nicolas Sarkozy avant de rappeler qu'en son temps, Laurent Fabius avait qualifié François Hollande de «fraise des bois ». «Vous citer, ce n'est pas être désagréable », assurait Nicolas Sarkozy, forçant Laurent Fabius à reconnaître qu'il n'avait pas toujours soutenu la candidature de François Hollande. «Je n'ai pas toujours eu de bons rapports avec François Hollande », rappelait-il avant d'expliquer les raisons de son ralliement à son ancien adversaire: «Il a été désigné brillamment, il a fait preuve de ténacité, il a su dire oui, il a su dire non, en particulier à votre réélection. »
Une affaire de style
Passé ces premières amabilités, l'ancien premier ministre pouvait lancer la formule qu'il avait préparée: «Votre bilan, c'est votre boulet » Le ton était donc donné d'entrée de jeu et il n'allait pas beaucoup évoluer tout au long du débat: tendu, parfois agressif, tout le temps animé. Notamment après la description cataclysmique brossée par Laurent Fabius du quinquennat. «Pourquoi voulez-vous que ce qui n'a pas marché avec vous pendant cinq ans, tout d'un coup se mette à fonctionner? » Rictus de Nicolas Sarkozy qui déplore des «jugements aussi cruels et brutaux » avant de s'en prendre à son adversaire du jour. «Ça ne vous va pas de jouer la modestie outrageusement », lançait le chef de l'État. Réponse immédiate de Laurent Fabius: «Outrageusement, c'est un mot qui vous va bien ». Nicolas Sarkozy rebondissait ensuite dans une allusion au débat passé de Laurent Fabius face à Jacques Chirac en 1986: «On ne change jamais. » Réplique de Laurent Fabius: «J'allais vous le dire. »
Il était bien sûr impossible que les deux hommes se mettent d'accord. De fond, il a été assez peu question, mais de style beaucoup. Fabius a reproché à Sarkozy de ne pas avoir été «en ligne avec la tradition républicaine ». «Je n'ai pas beaucoup de leçon de style à recevoir de quelqu'un qui militait pour que Dominique Strauss-Kahn soit élu président », relevait Sarkozy, s'attirant en réponse un «bravo pour votre élégance » de la part de Fabius. Accès à l'article
Rue 89 - 06/03/2012 - Campagne sur le halal : des haut-le-cœur à l'UMP - Par Zineb DRYEF
Après les propos de Sarkozy, Guéant et Fillon, les chiraquiens de la majorité – NKM, Debré, Juppé... – prennent leurs distances vis-à-vis de cette obsession musulmane.
Le chômage ? La crise ? Le logement ? L’Europe ? Aucun de ces sujets, que les derniers baromètres donnent pourtant largement en tête des préoccupations des Français, ne domine la campagne pour l’instant.
Non, d’après Nicolas Sarkozy lui-même, « le premier sujet de préoccupation de discussion des Français, [...] c’est cette question de la viande halal ».
Cette déclaration, tenue lundi soir à Saint-Quentin, fait suite à celles, toutes aussi polémiques, de François Fillon et de Claude Guéant :
le Premier ministre estimait lundi matin que le halal et le casher étaient des « traditions ancestrales » et que « les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’état aujourd’hui de la science, l’état de la technologie, les problèmes de santé » ;
le ministre de l’Intérieur, après avoir hiérarchisé les civilisations, s’inquiétait du vote des étrangers aux élections locales parce qu’il ne voudrait pas que « des conseillers municipaux étrangers rendent par exemple obligatoire la présence de la nourriture halal dans les repas des cantines ».
Comment faire, quand on est membre de la majorité, pour réagir à ces débordements ? Rue89 a interrogé des élus de l’UMP. Leurs réactions, comme celles d’autres membres de la majorité, témoignent de leur embarras et d’une posture difficile à tenir : prendre leurs distances sans avoir l’air d’être divisés.
« Où est le respect de la foi ? »
Certains n’hésitent pas à exiger plus de modération. La secrétaire nationale Salima Saa a ainsi exprimé sa consternation dans un communiqué aux propos très vifs dans lequel elle se dit « attristée de voir s’étaler des jugements négatifs et dévalorisants sur les musulmans de France » :
« Au nom de quoi parle-t-on de pratiques ancestrales ? Où est le respect de la foi, des pratiques et des individus ? [...]
Ce genre de provocations doit s’arrêter. Il faut mettre fin aux discours de préjugés et de stigmatisation. De tels propos n’ont pas de place dans le débat.
Je souhaite que la campagne présidentielle se recentre sur les sujets qui importent aux Français : le logement, l’éducation, l’emploi. »
Comme Rachida Dati qui a déclaré « ne pas pouvoir souscrire », Alain Juppé a lui aussi tranché en faveur d’une trêve. Lundi matin, il a clairement affirmé son désaccord avec les sorties intempestives de Claude Guéant et François Fillon :
« On n’est pas tous coulés dans le même moule. J’ai déjà dit que le choc des civilisations n’était pas ma tasse de thé. Je pense que le problème de la viande halal est un faux problème en réalité, qu’il y a d’autres vraies questions qu’il faut se poser. »
Les ministres chargés « des vraies questions qu’il faut se poser », comme le logement par exemple, sont ainsi mis dans l’embarras. Le ministre du Logement ne pouvait décemment pas donner raison au candidat de l’UMP. Sur RMC ce mardi matin, Benoist Apparu a coupé la poire en deux estimant que oui, le halal c’est important, mais que le logement aussi :
« C’est un sujet qui me paraît effectivement important, la viande halal. Je comprends que ce soit important dans une campagne présidentielle. Mais j’ai le sentiment que pour la vie quotidienne des Français, le logement l’est plus encore. »
Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, a eu du mal à défendre le Premier ministre sur France Inter ce mardi matin. Interrogé sur le sujet par Daniel Cohn-Bendit, il a considéré que François Fillon donnait son « avis personnel » et qu’il ne le partageait pas :
« J’estime que le contenu des religions, le contenu de la foi n’a rien à faire dans le débat public. »
Christian Jacob, chef de file des députés UMP, a lui pris ses distances avec le Président et le Premier ministre estimant qu’il y avait « quand même d’autres sujets de préoccupation des Français » que la question du halal et du casher.
« Je ne peux pas suivre sur ce coup-là »
Le député Bernard Debré est lui aussi profondément choqué par les déclarations de François Fillon, condamnées par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et le CFCM (Conseil français du culte musulman) :
« Je redis toute mon amitié à François Fillon mais je ne peux pas suivre sur ce coup-là.
On ne peut pas dire que le halal et le casher sont des traditions ancestrales. La religion en elle-même est une tradition ancestrale. On n’a a pas le droit de dire cela, non. Ça appartient aux religions, il faut les respecter, respecter les traditions des autres. »
Quant à la déclaration de Nicolas Sarkozy, le député tente de la justifier ainsi :
« Il dit que ça peut poser problème et c’est tout à fait vrai. Le PS n’a pas dit autre chose, c’est-à-dire qu’il est naturel de savoir ce que l’on mange, même si c’est du psychologique : je ne crois pas que les viandes différent au goût. »
« Oui, c’est électoraliste mais c’est important »
Députée des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer reconnaît elle que le halal n’est pas un « thème dominant » sur le terrain. Elle explique néanmoins à Rue89 que même si « les gens ne parlent pas du halal », c’est un sujet important parce que « lié à une peur », celle du droit de vote des étrangers :
« A Marseille, le droit de vote des étrangers préoccupe beaucoup. C’est un sujet clivant et anxiogène pour nos concitoyens.
S’il est mis en place, on risque des bouleversements importants, comme ceux décrits par Claude Guéant. Les valeurs républicaines ne doivent pas être remises en cause. Or, nous avons déjà beaucoup de problèmes dans cette ville très populaire. »
Mais tout de même, en parlant sans cesse du halal, des civilisations, de l’islam, l’UMP n’est-elle pas dans une stratégie à visée uniquement électoraliste ?
« L’électoralisme ? Mais on est en campagne présidentielle, il faut donc répondre aux préoccupations des gens. Alors oui, c’est électoraliste mais une campagne l’est par définition.
Et sur le droit de vote des étrangers, c’est François Hollande qui en a parlé le premier, uniquement pour s’attirer des voix et cliver. »
Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, jugeait à l’inverse dimanche qu’il n’était « pas nécessaire » d’établir un lien entre le droit de vote des étrangers aux élections locales et la viande halal.
« Peut-être pas vraiment un sujet d’actualité »
Etienne Pinte, député UMP de Versailles, dit à Rue89 trouver « stupéfiantes » non la teneur du débat mais les réactions scandalisées qu’il suscite :
« Oui, parce que je trouve normal qu’en matière d’abattage de viande et de viande bovine, il y ait traçabilité. Pour tous les produits, que ce soit sur les marchés ou [dans les] grandes surfaces, nos concitoyens exigent une traçabilité. Ce qui n’empêche pas que ceux qui veulent de la viande halal et casher puissent en consommer. »
Il préfère balayer les dernières déclarations de François Fillon et Nicolas Sarkozy :
« Le halal n’est peut-être pas vraiment un problème d’actualité, il y en a bien d’autres qui sont prioritaires. Mais la transparence, c’est important. » Accès à l'article
Nicolas Sarkozy félicite Poutine pour son élection
Le Point - 06/03/2012 - Russie : Sarkozy "félicite" Poutine pour son élection
Le président souhaite que son homologue russe poursuive "l'oeuvre de modernisation démocratique et économique" du pays.
Nicolas Sarkozy a écrit à Vladimir Poutine pour lui adresser ses "félicitations" après son élection à la présidence russe et ses "plus sincères encouragements pour poursuivre l'oeuvre de modernisation démocratique et économique" du pays, a annoncé lundi l'Élysée. "Au lendemain de votre élection à la présidence de la Fédération de Russie, je tiens à vous adresser toutes mes félicitations et mes voeux pour la Russie et le peuple russe", écrit le chef de l'État dans ce courrier rendu public par la présidence.
"Alors que vous vous préparez à exercer pour la troisième fois les plus hautes fonctions exécutives de votre pays, je vous présente mes plus sincères encouragements pour poursuivre l'oeuvre de modernisation démocratique et économique à laquelle, conformément au souhait exprimé par le peuple russe, vous voulez consacrer ce nouveau mandat", poursuit-il. Paris et Moscou entretiennent "des liens étroits à leur bénéfice mutuel", écrit aussi le président, qui "attache la plus grande importance à ce partenariat et à notre dialogue qui doit conduire à des relations bilatérales plus denses et à une relation de plus en plus forte avec l'Union européenne".
"Partenaires privilégiés" (Sarkozy)
"Je suis en effet convaincu que nos deux pays doivent être l'un pour l'autre des partenaires privilégiés et qu'ils ont vocation, ensemble, à montrer la voie pour bâtir à l'avenir cet espace économique, humain et de sécurité commun entre l'Union européenne et la Russie, dont dépendra pour beaucoup la stabilité et la prospérité de notre continent", ajoute Nicolas Sarkozy. "C'est aussi de cette manière, par une coopération toujours plus forte entre nos deux nations, que nous saurons faire progresser la paix et la stabilité dans le monde", conclut-il.
Dans l'après-midi, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avait déclaré que l'élection présidentielle russe n'avait "pas été exemplaire", mettant en avant les "critiques" de plusieurs observateurs sur la façon dont elle s'était déroulée. Il a toutefois ajouté que Vladimir Poutine avait été élu à "une très large majorité" Accès à l'article
Sud ouest - 01/03/2012 - A Bayonne, Sarkozy dénonce la "violence d'une minorité" dont des "militants PS"
Pris à parti, tout au long de sa visite au Pays Basque, et plus particulièrement dans le centre de Bayonne, où des incidents ont éclaté, Nicolas Sarkozy, le président-candidat, a fustigé "la violence d'une minorité" dont des "militants PS".
Dans un bar de la ville, le Bar du Palais, Nicolas Sarkozy a regretté que "des militants socialistes s'allient avec des indépendantistes basques".
"Ici, nous sommes en France, sur le territoire de la République française, et le président de la République ira partout sur le territoire", a-t-il ajouté. "Et si ça ne plaît pas à une minorité de voyous, ils devront s'y faire".
RTL - 26/02/2012 - Piraté, un site d'information annonce la mort de Sarkozy
Le site d'information économique toulousain Midi Presse a été victime d'un piratage. Dimanche après-midi, le portail a en effet affiché, sur sa page d'accueil, une fausse dépêche AFP qui annonce la mort du président de la République dans un "accident de la route". "En fin de journée nous apprenons, dans une dépèche de l'AFP, que le Président de la république aurait succombé à ses blessures pendant son transport...", dit le texte, qui invite à cliquer sur un lien. Ce dernier renvoie ensuite vers un formulaire d'abonnement payant. L'article a été dépublié par la suite. "On ne connait ni l'origine, ni la cause (du piratage", explique le patron de Midi Presse Service Ferdinand Kerssenbrock. "Je suis surpris qu'on utilise un site aussi confidentiel que le nôtre pour tenter de diffuser une information d'une telle ampleur".
Le précédent "Obama"
Une fois l'étape de l'abonnement franchie (ce qu'a fait le site Zataz), la fausse dépêche (écrite avec une faute : "dépèche"), datée du vendredi 2 mars 2012, expliquait que le Président "a succombé à ses blessures pendant son transport en ambulance".
"Nicolas Sarkozy aurait pris sa moto pour se rendre à son QG de campagne, au détour d'un croisement il aurait percuté un camion qui était en stationnement. Un grand malheur pour la France. L'Elysée devrait officiellement annoncer le décès du Président de la république dans les prochaines heures", détaillait l'article dans son intégralité (voir ci-dessous). Accès à l'article
Arrêt sur image - 19/03/2012 - Sarkozy contré sur M6
Il ne l'a pas lâché. Dimanche 18 mars, Nicolas Sarkozy était l'invité du magazine Capital sur M6. Et manifestement, le journaliste Thomas Sotto était en pleine forme, toujours à l'affut de la moindre approximation du candidat. Sur le pouvoir d'achat par exemple, Sarkozy a d'abord affirmé que la France était le seul pays où celui-ci avait augmenté avant d'être immédiatement rectifié par Sotto qui a énuméré les autres pays européens dans ce cas de figure.
Sur les questions de santé, lorsque Sarkozy minimise les dépenses supplémentaires pour les patients pris en charge dans les cliniques, Sotto dégaine : encore faut-il avoir une bonne mutuelle et éviter les dépassements d'honoraires. Sur l'Europe, Sarkozy s'est vanté d'avoir initié la modification des accords de Schengen. Faux, les négociations avaient débuté avant, ce que ne manque pas de glisser le journaliste de Capital.
Et quand c'est Sarkozy qui tente de poser une colle au journaliste sur le nombre de médecins en France... Accès à la vidéo et à l'article
Le Monde.fr - 16/03/2012 - L'équipe de Sarkozy envoie un mail à 600 000 expatriés pour les rassurer
L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy a envoyé vendredi 16 mars un e-mail à quelque 600 000 expatriés pour détailler – et rassurer certains – la proposition faite par le candidat de l'UMP, lundi, de créer un impôt pour les "exilés fiscaux", une mesure qui avait suscité des interrogations chez les expatriés. Le courriel, raconte France-Amerique.com, est accompagné d'une vidéo où Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat, souligne les différences avec François Hollande "qui décourage le travail" et "veut inciter nos compatriotes à quitter le territoire en leur imposant un impôt confiscatoire de 75 %", et Nicolas Sarkozy "qui veut les inciter à rester en France par une fiscalité juste et responsable
Le Parisien.fr - 11/03/2012 - Les coulisses du « sarkoshow » - Par Frédéric GERSCHEL et Nathalie SCHUCK
Pour relancer la campagne du président-candidat, l’UMP n’a pas hésité à sortir la grosse artillerie.
Un sarkoshow à l’américaine. 40 000 places assises, 65 000 inscrits hier selon l’UMP, 46 000 m2, soit plus de cinq terrains de foot… Ce sera « énorme », « monstrueux », « spectaculaire », promet le staff de campagne, ravi.
Nicolas Sarkozy veut une démonstration de force pour renverser la table. Comme lors de son meeting du 14 janvier 2007 porte de Versailles, coup d’envoi de sa conquête du pouvoir. Il rêve de sonner l’adversaire socialiste, d’enfoncer la mobilisation du PS au Bourget.
Il a lui-même battu le rappel en postant sur Twitter un message invitant ses partisans à venir avec famille et amis. « Il est au taquet! » sourit un proche. L’UMP a aussi fait appel à une société de phoning pour solliciter les militants. Objectif : faire masse. Une nouvelle affiche « la France forte, c’est vous » (notre photo) sera dévoilée et l’hymne de campagne sera diffusé pour la première fois en version longue. Tout un symbole, Sarkozy prendra la parole à 13h40. Comme en janvier 2007…
Le candidat répète chez lui. Son conseiller Henri Guaino a travaillé jour et nuit depuis mercredi sur ce discours de plus d’une heure, qui donnera une vision de la France de 2017. « Vous ne serez pas déçu! » promet la « plume ». Avec le président-candidat, ils ont ciselé chaque formule dans la nuit de vendredi à samedi.
Hier, Sarkozy a répété chez lui, dans le XVIe arrondissement de Paris, avant de retrouver ses communicants Patrick Buisson, Jean-Michel Goudard et Pierre Giacometti. A la tribune, il parlera de cette « aventure personnelle » et fera de nouvelles propositions « décoiffantes ». Il en assurera le service après-vente lundi sur TF1, mercredi sur Europe 1, vendredi sur Canal + et dimanche sur M 6, avant l’égalité de temps de parole le 20. Il a renoncé à se rendre aux Antilles comme prévu.
La « famille de droite rassemblée ». Sarkozy a voulu tous ses proches à ses côtés. Carla et ses fils, Pierre, Jean et le garnement Louis seront au premier rang. Il a convaincu son père spirituel, Edouard Balladur, d’être présent. Les sarkozystes historiques ne rateront pas une miette. « Je veux avoir les larmes aux yeux, comme en 2007 », confie Pierre Charon, qui a conseillé à son ami Brice Hortefeux : « Prévois ton casse-dalle ». Car il n’y aura pas de pause déjeuner.
Côté people, Gérard Depardieu, Christian Clavier et Didier Barbelivien sont attendus, avec Enrico Macias. « Je veux aider Sarkozy, qu’il soit réélu », glisse le chanteur Johnny Hallyday, qui ne veut, lui, plus s’afficher en politique. « Il reste son ami », assure un collaborateur. Les ministres ont tous été conviés mercredi par Sarkozy, aigre-doux : « Certains s’impliquent, d’autres ne font rien! Il y a un petit rassemblement dimanche, si vous voulez venir avec vos conjoints… »
Guillaume Peltier et Salima Saa maîtres de cérémonie. Pour lancer le meeting, le président voulait deux nouveaux visages. Salima Saa et Guillaume Peltier, porte-parole adjoints de la campagne, joueront les M. et Mme Loyal. « Une belle promotion », relève un conseiller du président, qui rappelle le précédent Rama Yade, entrée dans la lumière le 14 janvier 2007. Ils introduiront cinq ou six « grands témoins » prévus avant le président, dont le cinéaste Alain Terzian, Henri Guaino ou, clou du spectacle, Bernadette Chirac ! Tout doit être bouclé avant 16 heures pour le match de rugby France - Angleterre au Stade de France, où Sarkozy retrouvera David Cameron et… François Hollande.
Les « mauvais coucheurs » Borloo et Yade. A l’UMP, on fait mine de ne pas s’agacer du lapin posé par Jean-Louis Borloo, qui devait s’exprimer mais ne viendra sans doute pas. Rama Yade non plus, qui a refusé d’apporter son soutien au candidat UMP lors du congrès du Parti radical hier. « Je n’ai pas été invitée », justifie-t-elle. « Enfant gâtée! » peste l’UMP.
Une facture jalousement gardée. Tout juste sait-on que l’addition dépasse largement le million d’euros. « Quand le PS raconte que Le Bourget a coûté 900 000 €, ça ne comprend même pas la location de la salle », assure un pilier de l’équipe. Selon la commission des comptes de campagne, le meeting de la porte de Versailles en 2007 avait coûté 4,5 M€… Accès à l'article
Les Echos. Le 06/01/2012. Source
Sarkozy célèbre Jeanne d'Arc, symbole de «l'unité nationale»
« Jeanne d'Arc n'appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan », a déclaré le chef de l'Etat en direction du FN, en lançant en Lorraine les festivités du 600e anniversaire de sa naissance à Domrémy.
Nicolas Sarkozy a célébré vendredi la mémoire de Jeanne d'Arc érigée en symbole de la « résistance » de la France dans l'épreuve et de son « unité nationale » en dénonçant, à quelque cent jours de la présidentielle, « ceux qui voudraient s'en servir pour diviser ». En s'invitant sur le terrain des exploits de la « pucelle d'Orléans », le chef de l'Etat se savait dans le collimateur de ses futurs rivaux électoraux, prêts à rouvrir son procès en détournement politique de l'Histoire, ouvert avec Jean Jaurès ou Guy Môquet. Surtout à la veille de l'hommage que le Front national doit rendre samedi à celle qui a « bouté les Anglais hors de France ».
C'est donc en termes choisis que le pré-candidat Sarkozy s'est emparé de l'image emblématique de l'héroïne de Domrémy pour donner le coup d'envoi des festivités du 600e anniversaire de sa naissance. Sitôt accueilli dans le village natal de la célèbre bergère au son de « en passant par la Lorraine », le président s'est employé à démentir ceux qui l'ont soupçonné de célébrer celle qui a entendu des voix pour en chasser d'autres. « C'est le 600e anniversaire, ce n'est pas tous les jours », a-t-il lâché, « qu'est-ce qu'on aurait dit si je n'étais pas venu ? »
« Première résistance française dans les épreuves »
Plus tard à Vaucouleurs, où Jeanne lança en 1429 sa campagne victorieuse contre les Anglais, Nicolas Sarkozy s'est une nouvelle fois justifié : « En tant que chef de l'Etat, je me devais de rendre aujourd'hui, ici, sur sa terre de naissance, cet hommage solennel que la France rend à ceux auxquels elle doit sa liberté et sa grandeur ». Tout au long de son discours, le président s'est attaché à décrire une Jeanne d'Arc « oecuménique », une incarnation de « l'unité nationale » et, en pleine crise économique, de la« première résistance française dans les épreuves », au même titre que Victor Hugo, Charles de Gaulle ou Jean Moulin.
Dans son évocation, il s'est gardé de trancher entre la Jeanne « sainte » de l'Eglise catholique et la Jeanne « patriote » de la République laïque. Même s'il a affirmé qu'elle incarnait « les racines chrétiennes de la France ».
Surtout, Nicolas Sarkozy a dénoncé, comme il l'avait déjà fait en 2007 entre les deux tours de la présidentielle, le détournement de l'image de Jeanne d'Arc par le FN, qui en a fait le symbole de sa geste anti-immigration et l'honore à Paris chaque 1er mai depuis les années 1980. « Jeanne n'appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan », a dit le chef de l'Etat, puissions-nous, nous aussi, continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s'en servir pour diviser ».
« Un symbole ultranationaliste », « une imposture »
Sans attendre son discours, tous ses futurs rivaux ont sévèrement critiqué son hommage. « Je vois bien que Nicolas Sarkozy court après moi », a raillé Marine Le Pen. « Aller chercher un symbole ultranationaliste (...) ça ne fait pas sens », a dénoncé l'écologiste Eva Joly. Quant au numéro 2 du Parti socialiste Harlem Désir, il a joint dans la même dénonciation le chef de l'Etat et la patronne du FN, les jugeant « les moins bien placés » pour célébrer Jeanne d'Arc, car « eux passent leur temps à diviser les Français et à jouer sur les peurs ». Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République à l'Elysée, a lui vu dans l'hommage rendu par Nicolas Sarkozy une « imposture ». « Jeanne d'Arc aimait la France. Elle l'a libérée de l'oppression. Nicolas Sarkozy l'a mise sous tutelle », a accusé accuse le le député de l'Essonne.
Face à ces critiques, les proches du président ont nié toute arrière-pensée électorale de sa part.« Election ou pas élection, il aurait été là », a assuré Patrick Buisson, son conseiller réputé très à droite, présent en Lorraine. « Ce n'est pas parce que l'extrême droite a cherché à se l'accaparer que le président ne doit pas lui rendre hommage », a renchéri le député UMP François Grosdidier. Seul le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a concédé un léger trouble sur l'hommage présidentiel. « Il faut y être pour des raisons symboliques mais il n'est pas nécessaire de s'y éterniser »...
Le Point. Le /02/2012. Source
Comment (le candidat) Sarkozy a sauvé Lejaby
"Qu'est-ce qu'on va devenir ? On nous met un coup de pied au cul !" Des femmes en larmes, les joues rouges de colère, les poings serrés, avec encore ce qu'il faut de dignité pour ne pas vaciller lorsque le tribunal de commerce de Lyon choisit le dénommé Alain Prost comme repreneur de la société Lejaby en liquidation. Le chef d'entreprise s'engage à ne garder que 195 des 450 salariés en France et à fermer la dernière usine de la marque dans l'Hexagone, sous-traitant sa production en Tunisie.
Les images de ces femmes éplorées ont touché le coeur de tous les Français. Leur lutte est devenue notre lutte, une grande cause nationale. Depuis, l'entreprise a été sauvée. Par la grâce d'un honnête sous-traitant maroquinier, mais aussi du patron de LVMHsollicité par le pouvoir politique, et enfin d'un président de la République qui aimerait le rester au-delà du 6 mai prochain...
"Bon flair"
C'était le 18 janvier dernier, précisément, le jour du sommet social organisé par l'Élysée. D'un côté, Nicolas Sarkozy, qui exprime un certain volontarisme politique en promettant le sauvetage de ce qui reste de l'industrie française ; de l'autre, le cri de ces femmes d'Yssingeaux (Haute-Loire), à qui on venait d'apprendre la mort de leur usine. Un effet de contraste cruel pour le président de la République, avant que l'Élysée ne voie dans cette triste affaire le moyen de prouver sa capacité d'action. Aussi le futur candidat de l'UMP a-t-il fait de ce dossier Lejaby une affaire personnelle. Non, il ne sera pas Lionel Jospin, Premier ministre, les bras ballants, devant les salariés de LU, affirmant que l'État ne peut pas tout !
En l'occurrence, Laurent Wauquiez, maire du Puy-en-Velay, situé non loin d'Yssingeaux, fut un précieux relais pour Sarkozy. De nombreux repreneurs, plus ou moins sérieux, plus ou moins véreux, ont présenté un dossier de reprise. Au final, neuf offres ont été examinées par les pouvoirs publics. "J'avais un nom en tête, celui d'un entrepreneur de l'Allier que je connais. Je lui ai passé un coup de fil", confie Laurent Wauquiez, qui fit alors preuve, comme il le dit, d'un "bon flair". Entre-temps, le site de Lejaby est devenu une formidable tribune politique pour les candidats à la présidentielle et pour leurs représentants. The place to be... Mandaté par François Hollande, Arnaud Montebourg s'y est rendu avec un projet de reprise inspiré par la cofondatrice des sous-vêtements Tam-Tam.
"C'est une très jolie usine"
À ce titre, Laurent Wauquiez juge "médiocre" l'attitude du PS vis-à-vis des ouvrières de Lejaby et se dit stupéfait des propos de la cofondatrice de Tam-Tam qui, en quittant Yssingeaux, "ne trouva rien d'autre à dire que : C'est une très jolie usine !" Finalement, le contact est pris avec l'entrepreneur de l'Allier, un certain Vincent Rabérin, P-DG de Sofoma, qui réalise des produits finis pour Louis Vuitton et, depuis 2010, pour Chanel. L'homme se dit intéressé, mais... Quid de la formation au métier du luxe des "petites mains" de Lejaby ?
Laurent Wauquiez évoque aussitôt la question avec Xavier Musca, le secrétaire général de l'Élysée. Une solution est trouvée : l'État prendra en charge la formation (de 6 mois à un an) qui fera de ces femmes des spécialistes de la maroquinerie. Quid, ensuite, des machines industrielles de Lejaby inadaptées à la fabrication de bagages et de malles en cuir ? Là encore, l'Élysée a la solution : deux millions d'euros d'investissements, aidés par l'État au titre des fonds de revitalisation, sont débloqués afin de permettre d'adapter l'atelier.
Enfin, avant d'envisager une reprise définitive, Vincent Rabérin doit s'assurer qu'il pourra fournir du travail à ses employées sur une longue durée. L'Élysée ne cogite pas longtemps : Nicolas Sarkozy use de ses relations avec celui qui fut l'un de ses invités au Fouquet's, le soir de sa victoire, Bernard Arnault... Le P-DG de LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, promet à son ami de remplir pour quelque temps les carnets de commandes de l'entreprise. Nous sommes alors le 1er février. La reprise est scellée. Les "Lejaby" - reçues ce vendredi à l'Élysée - peuvent souffler ; Bernard Arnault peut, lui, communiquer. Et Nicolas Sarkozy, triompher...
SARKOZY DÉTOURNÉ DE SON IMAGE
Sitôt publiée, l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été détournée. André Gunthert, chercheur sur l'image et le langage, maître de conférence à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), met des mots sur ces opérations de détournement.
Selon la formule célèbre du livre Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, de Karl Marx, les grands évènements historiques se répètent, “la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.” Cette fois, c’est sûr, on est dans la farce.
Telle était du moins l’impression que produisait l’accueil de l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy aux prochaines présidentielles sur les réseaux sociaux. Pendant qu’une grande partie de la presse s’efforçait de nous convaincre que les choses sérieuses allaient enfin commencer, les outils de l’appropriation s’emparaient du slogan et de l’affiche de campagne pour une série de détournements dévastateurs.
Un slogan giscardien, une affiche mitterrandienne: les communicants sarkozystes ne brillent pas par leur imagination. La seule tentative qui sortait de la routine était celle de décliner la métaphore du capitaine courage, utilisée par le candidat lors de son allocution télévisée. Mais l’option du fond marin pour habiller l’image était un choix risqué1, véritable appel du pied aux blagues et au second degré après l’échouage du Costa Concordia ou la proximité de la sortie du film La mer à boire.
Ça n’a pas raté. Avec une réactivité significative, les premiers détournements mettaient en scène Sarkozy en capitaine naufrageur (voir ci-dessus), suivis de près par le baigneur naturiste du catalogue La Redoute.
A l’époque mitterrandienne, la présence d’un fond uni ou d’un emplacement vide était un choix visuel sans risque particulier. A l’ère du mème et de la retouche, c’est une provocation à la satire. La simplicité graphique de l’affiche La France forte, composée de 3 éléments nettement distincts – le personnage, le slogan et le fond – se prête admirablement à l’appropriation. Constatant le succès du mème, le mouvement des Jeunes socialistes proposait dès le milieu de la matinée un générateur automatique permettant de modifier le slogan ou d’appliquer diverses variations à l’image.
Outre “la France morte”, on a pu noter le succès récurrent de l’adaptation culinaire du slogan, remixé en “Francfort”, allusion à l’empreinte du modèle germanique qui hante la candidature Sarkozy (voir ci-dessus).
Que le net s’empare d’un contenu politique et le détourne, quoi de plus normal ? Mais on n’a pas constaté pareille explosion satirique à l’endroit de François Hollande, dont la campagne, si elle peine à soulever l’enthousiasme, ne provoque pas non plus d’opposition massive. La rage mordante de la caricature s’adresse bien au président sortant, dont le moindre discours paraît définitivement inaudible, menacé par l’inversion et la raillerie. Révélateur de l’exaspération qu’il suscite, le sarcasme le plus cruel a consisté à mimer l’effacement du candidat sur sa propre affiche, jusqu’à la disparition (voir plus haut).
L’écart est frappant entre cet accueil et le sérieux avec lequel la plupart des grands médias continuent de considérer une campagne menacée par le naufrage avant même d’avoir commencé. Qui, à part Alain Duhamel, croit encore que Sarkozy est capable de rééditer Marengo et de l’emporter in extremis par un retournement inouï ? Mais le storytelling d’un combat gagné d’avance ne fait pas les affaires de la presse, qui attend depuis des mois le pain béni de la présidentielle, et qui fera tout pour donner à des chamailleries de cour de récréation les couleurs d’affrontements homériques.
Pendant ce temps, la France ricane, et s’amuse plus sur Facebook que dans les mornes sujets du JT. Une divergence de perception qui rappelle le traitement de l’affaire DSK – et n’annonce rien de bon pour la suite…
Le Monde. fr (L'Elysée côté Jardin) - 18/03/2012 - « Ca c’est sûr »: Bernard Tapie appelle à voter Nicolas Sarkozy - Par Arnaud LEPARMENTIER
Interrogé sur France2, Bernard Tapie a appelé à voter Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012. "Sarkozy a fait plein de choses qui m'ont pas plu et je suis pas UMP. Je ne partage pas leur point de vue sur tout ce qui touche à l'immigration", a souligné l'ancien ministre de François Mitterrand. Mais quand la banque américaine Lehman Brothers "a explosé" en 2008, "Nicolas Sarkozy prend la responsabilité tout seul de dire : je garantis l'épargne des Français". "Il a sauvé le système bancaire en Europe et dans tous les pays occidentaux", a poursuivi Bernard Tapie.
A propos du candidat socialiste, il a affirmé qu'il n'allait "certainement pas appeler à voter pour Hollande". "Je crois qu'il a pas bien compris la crise telle qu'elle se présente. Quand il dit, 'mes adversaires c'est le monde de la finance', il oublie que des milliards nous sont versés par le monde de la finance tous les mois pour payer nos fonctionnaires", a poursuivi M. Tapie, qui avait déjà soutenu Nicolas Sarkozy en 2007. Accès à l'article
Europe1 - 22/03/2012 - Sarkozy avec Borloo à Valenciennes
Pour relancer sa campagne, mise en suspens durant les évènements de Toulouse, Nicolas Sarkozy se rendra, vendredi, à Valenciennes dans le Nord. Il sera accompagné de Jean-Louis Borloo, député de la ville. Il s'agira alors du premier déplacement du président-candidat avec le centriste, ce dernier ayant brillé par son absence à Villepinte lors du grand meeting de Nicolas Sarkozy.
Ensuite, le candidat de l'UMP se rendra, lundi, en déplacement à Rueil-Malmaison avec Claude Guéant. Enfin, lundi 2 avril, Nicolas Sarkozy sera à Nancy. Accès à l'article
Le Monde - 09/03/2012 - Depardieu annoncé au meeting de Sarkozy à Villepinte
L'acteur Gérard Depardieu aurait donné son accord pour assister au grand meeting de Nicolas Sarkozy, dimanche à Villepinte, en Seine-saint-Denis, affirme RTL, vendredi 9 mars. Dans un confidentiel, Le Figaro écrit également dans son édition de vendredi que l'acteur pourrait être "une des surprises" du meeting.
Nathalie Kosciusko-Morizet, la porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, interrogée vendredi matin sur Europe 1, a refusé de confirmer la rumeur. "Les surprises, c'est fait pour être des surprises", a-t-elle déclaré.
> Lire aussi : Sarkozy à Villepinte : l'UMP rameute ses militants pour faire le plein
"Ce sera sans doute vers lui [Nicolas Sarkozy] que j'irai", affirmait l'acteur dans une interview au JDD, en décembre. "Tout le monde sait que les erreurs faites par Sarkozy les trois premières années de son quinquennat sont rattrapées." Accès à l'article
L’ex-ministre de l’Education juge que Hollande est "intelligent" mais manque de "courage".
"L’essence de mon livre est de dire : si nous étions dans une période normale, pourquoi pas François Hollande ? Mais nous entrons dans une période de tempête, nous avons besoin d’un capitaine solide et cela, je crois que Nicolas Sarkozy l’a montré", a déclaré l’ancien ministre de Education nationale Claude Allègre, mardi matin sur Europe 1.
L'ancien ministre de l'Education de Lionel Jospin vient de publier l’ouvrage Sarko ou le complexe de Zorro, dans lequel il dresse le bilan du quinquennat qui se termine. Verdict : "un bilan qui est à la fois négatif, sur les échecs de Sarkozy, et puis sur ses succès, notamment en politique internationale, le courage de la réforme des retraites, etc. Il a été incontestablement un leader, et même un leader international".
Sarkozy "s’est parfois égaré par amour pour Cécilia"
Pour l’élection présidentielle 2012, Claude Allègre opte donc pour Nicolas Sarkozy, même s’il reconnaît que le début de quinquennat a été un échec. "Cet homme s’est au début parfois égaré par amour pour Cécilia. Son départ l’a déstabilisé et je dis à tout le monde : est-ce une faute pour un homme, même président, d’être amoureux d’une femme ?", a avancé l’ancien ministre.
Et Claude Allègre de continuer sa lecture psychanalytique, s'appuyant cette fois sur son ouvrage. "Derrière tous les personnages politiques, historiques, il y a un personnage de sa jeunesse. Donc je crois que ce qui inspire profondément Nicolas Sarkozy, c’est le personnage de Zorro : j’arrive, je fais, je décide, surtout seul.
"Il est profondément empreint de ce personnage", a poursuivi Claude Allègre :
Que manque-t-il alors à François Hollande pour avoir l'étoffe d'un président ? "La volonté, le courage", a répondu Claude Allègre. "François Hollande est un garçon très intelligent, manœuvrier, très ambitieux. Simplement, je pense que, justement, il est trop manœuvrier", a-t-il néanmoins ajouté.
Mais la solidarité entre anciens socialistes a ses limites aux yeux de Claude Allègre. François Hollande "a occupé des postes importants : le Parti socialiste n'a fait que de décroître. Quant à la Corrèze, c'est le département le plus endetté de France donc je ne lui fais pas confiance du tout à titre personnel", a-t-il estimé, avant de démentir toute participation à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, à moins que ce soit dans "un gouvernement d'union nationale".
Le Parisien. Le 03/02/2012
Après Obama, Merkel : Sarkozy enrôle ses «copains» du G20 dans la campagne
L'Elysée concoctait la surprise depuis une quinzaine de jours : lundi, France 2 diffusera dans son journal télévisé de 20heures une interview croisée de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, omniprésente dans la campagne électorale française.
C'est une première pour les deux dirigeants. La chancelière sera à Paris pour assister au conseil des ministres franco-allemand.
L'entretien, qui durera 15 à 20 minutes, en traduction simultanée, sera enregistré dans l'après-midi dans le salon Murat, au rez-de-chaussée de l'Elysée. David Pujadas officiera pour France 2 et Peter Frey pour la ZDF, chaîne publique allemande qui diffusera outre-Rhin. Au menu : la crise européenne, la TVA sociale mise en œuvre en Allemagne en 2007... et surtout la présidentielle. Merkel, qui devrait être interrogée par Pujadas sur le sujet, ne manquera pas d'apporter un soutien appuyé au presque candidat français. L'Elysée assure qu'il ne déclarera pas officiellement sa candidature à cette occasion.
Deuxième intervention télévisée pour Sarkozy en 8 jours
Ce sera la deuxième intervention télévisée du président en huit jours... et la cinquième depuis septembre ! Qu'importe, pour l'Elysée, si le couple « Merkozy » a du plomb dans l'aile depuis la dégradation du triple A de la France par Standard & Poor's. Oubliés, aussi, les agacements du président sur les lenteurs de la chancelière sur la crise européenne. « Elle est toujours d'accord avec moi... avec trois mois de retard », a-t-il coutume de dire en privé.
Ce soutien électoral n'a rien de surprenant. Sarkozy avait soutenu Merkel à l'automne 2009 pour sa réélection. Et leurs partis politiques, l'UMP et la CDU conservatrice, appartiennent tous deux au PPE (parti populaire européen). La chancelière, qui devrait participer à un meeting de Sarkozy au printemps, se montre par ailleurs très critique sur la volonté affichée de François Hollande de renégocier le futur traité européen. Sarkozy avait aussi fustigé en décembre la visite à Berlin du candidat PS, qui avait souhaité la victoire du parti social-démocrate, le SPD, en 2013. « Il va à Berlin souhaiter la défaite de Mme Merkel, c'est du jamais vu ! », accusait-il en privé.
Le précédent Obama
Ce n'est pas la première fois que Sarkozy enrôle un des dirigeants du G20 pour doper sa candidature. Le 4 novembre, son « copain » Barack Obama -comme il dit- avait accordé à ses côtés une interview croisée sur TF1 et France 2, en clôture du sommet du G20 de Cannes. Le président américain avait vanté le « leadership extraordinaire » de son homologue français. Du miel aux oreilles de Sarkozy.
L'objectif de ces interventions croisées est transparent. Il s'agit de souligner la maigre expérience internationale de Hollande par comparaison. « Il pourra toujours demander du soutien à Georges Papandréou », ex-Premier ministre grec, raille Sarkozy en privé. Cet automne, un proche du président confiait : « Quand il sera candidat, Nicolas aura un album photos avec 80 chefs d'Etat. Quand il dira : j'en ai parlé avec Obama, Hollande dira : j'ai vu ça avec Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze »...
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Le Monde.fr - 28/02/2012 - La CGT, cible du candidat Sarkozy - Par Alexandre LEMARIE
Une attaque par-ci, une accusation par-là... Depuis une quinzaine de jours, le candidat Sarkozy se montre particulièrement critique à l'encontre de la CGT. Cette inflexion est flagrante depuis le 13 mars, date à laquelle le syndicat a appelé à voter contre le président sortant. La centrale a alors pris officiellement position alors que depuis 1995, elle s'abstenait de donner des consignes de vote explicites. Pourtant, les relations entre la CGT et Nicolas Sarkozy n'ont pas toujours été hostiles...
Ce 13 mars, le syndicat dirigé par Bernard Thibault a adopté un réquisitoire anti-sarkozyste, intitulé "Changer de politique, conquérir la justice sociale". Tiré à un million d'exemplaires, ce document - distribué par les militants cégétistes lors de la campagne - souligne que le maintien de M. Sarkozy au pouvoir "ouvrirait à coup sûr une nouvelle séquence de lourds reculs sociaux" (voir en PDF). Déjà, le 31 janvier, la centrale avait organisé un meeting au Zénith à Paris à la tonalité très anti-Sarkozy.
Lire : La CGT part en guerre contre Nicolas Sarkozy
Depuis cette "déclaration de guerre" de la CGT, le président-candidat lance régulièrement des piques contre le syndicat, ce qui lui permet notamment de ressouder l'électorat de droite.
SARKOZY ACCUSE LA CGT DE L'AVOIR CENSURÉ
La dernière attaque en date de M. Sarkozy à l'encontre du syndicat date de ce mardi 27 mars. Le président-candidat a fait huer le syndicat, lors de son meeting à Nantes, l'accusant d'avoir empêché la parution de la version papier du quotidien régional en Loire-Atlantique, parce qu'une interview du chef de l'Etat devait y être publiée.
Voir à partir de 1 mn :
L'affirmation présidentielle est pourtant en partie erronée. Le plus grand quotidien de France a bien connu des soucis d'impression et de diffusion ce mardi, mais ces problèmes n'étaient en aucun cas liés à la publication de l'interview présidentielle, plutôt à un mouvement social de solidarité avec des titres de presse en difficulté.
Lire notre décryptage : La CGT "m'empêche de parler" : l'accusation trompeuse de Sarkozy
Sous les sifflets des militants UMP, M. Sarkozy a fustigé l'attitude supposée de la CGT et en a profité pour justifier son intention de recourir au référendum, s'il est réélu, pour contourner les corps intermédiaires. Avant d'accuser la CGT de se livrer à de "la politique politicienne" au lieu "de défendre les intérêts des travailleurs".
M. Sarkozy a d'ailleurs réitéré ses accusations à l'encontre du syndicat mercredi 28 mars, lors d'un meeting, à Elancourt (Yvelines), selon des propos rapportés sur son compte Twitter.
Nicolas Sarkozy 2012@SARKOZY_2012
"Certains corps intermédiaires se conduisent de façon inadmissible. La CGT a bloqué la diffusion de Ouest-France car j'avais donné un itw"
SARKOZY ACCUSE DEUX FOIS LA CGT DE FAIRE "DE LA POLITIQUE"
La veille, M. Sarkozy s'en était déjà pris lundi à deux reprises à la CGT. Une première fois l'après-midi lors de sa visite de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher). Des représentants locaux du syndicat ont refusé d'assister à un entretien à huis clos avec lui, alors que des haut-parleurs invitaient les salariés à venir écouter "Nicolas Sarkozy". "Je pensais qu'un syndicat servait à défendre les salariés et pas à faire de la politique", a pesté le candidat UMP devant les salariés.
Lire le compte-rendu : Nicolas Sarkozy ne veut pas se laisser enfermer dans un discours uniquement sécuritaire
Ce reportage de TV Tours mentionne la manifestation d'une dizaine de militants CGT :
Dans la soirée, lors d'un meeting à Ormes (Loiret), près d'Orléans, M. Sarkozy a de nouveau accusé la centrale syndicale de faire de la politique, alors que lui-même était présent en tant que candidat de l'UMP, comme le relate le journaliste du Monde qui suit l'Elysée.
Lire le compte-rendu : Sarkozy : "Nos compatriotes musulmans doivent savoir qu'ils n'ont rien à craindre" en France
SARKOZY AVAIT DÉJÀ CIBLÉ LES SYNDICALISTES DE FLORANGE
Le 15 mars, soit deux jours après l'appel de la CGT à voter contre lui, le candidat UMP a déjà reproché au syndicat de vouloir jouer "un rôle politique", alors qu'il commentait les incidents survenus devant son QG de campagne dans le 15e arrondissement de Paris entre des salariés d'ArcelorMittal venus de Florange (Moselle) et les forces de police.
"Que les syndicalistes défendent les syndiqués et ne fassent pas de politique et la CGT se portera mieux (...) Que la CGT ne pense pas qu'elle a un rôle politique àjouer dans cette campagne, ça ne lui va pas, ce n'est pas bien", avait déclaréNicolas Sarkozy lors d'un déplacement à Suippes (Marne).
Pourtant, ce jour-là, il n'y avait pas que les représentants CGT de l'aciérie qui avaient manifesté devant le QG de campagne du candidat UMP. Les organisations syndicales CFDT et FO du site étaient également présentes. Toutes avaient ensuite annoncé qu'elles refusaient de rencontrer M. Sarkozy quatre jours plus tard, à l'Elysée, comme c'était initialement prévu.
M. Sarkozy avait aussi opposé "les vrais salariés de Florange, ceux qui travaillent"aux syndicalistes. "Le problème, c'est qu'ils font de la petite politique et qu'ils se moquent bien des salariés", avait-il dit, avant de lancer une mise en garde : "Les gaz lacrymogènes, c'est jamais bien, mais je ne suis pas décidé à laissercasserquoi que soit. Ça vaut pour la CGT, pour les syndicalistes comme pour les politiques."
Les propos de M. Sarkozy avaient déchaîné la colère des principaux concernés, notamment d'Edouard Martin, représentant CFDT au comité d'entreprise européen d'ArcelorMittal de Florange, et personnage emblématique de ce conflit social. Il avait répondu au chef de l'Etat sur un ton offensif et en le qualifiant de "petit" (voirla vidéo ci-dessus).
UN SYNDICALISTE CFDT DE FLORANGE QUALIFIÉ... D'"AGITÉ DE LA CGT"
Invité sur Canal +, le 16 mars, M. Sarkozy avait d'ailleurs présenté Edouard Martin, comme un "agité de la CGT"... alors qu'il est membre de la CFDT.
Le président-candidat avait qualifié ainsi l'un des meneurs de la lutte syndicale des sidérurgistes decette aciérie menacée de fermeture, aprèsavoirvu des images des syndicalistes de Florange dénonçant l'attitude des forces de police à leur égard devant le QG de campagne du candidat. Ces images avaient été diffusées ce jour là dans"Le Zapping", lors du Grand Journal de Canal +.
SARKOZY ET LA CGT AVAIENT POURTANT DE MEILLEURES RELATIONS
Depuis cinq ans, les relations entre le chef de l'Etat et la principale organisation syndicale de salariés n'ont pourtant pas toujours été exécrables. Au début du quinquennat, M. Sarkozy manifestait sa volonté d'afficher une bonne entente avec la CGT.
En 2007, à peine élu, il avait reçu les partenaires sociaux avant même la passation des pouvoirs avec Jacques Chirac. Cette première prise de contact, 48 heures avant sa prise de fonction, avait été perçue de manière relativement favorable par les syndicats, notamment la CGT.
Soucieux d'établir un dialogue social avec les syndicats, l'Elysée a fait de M. Thibault un interlocuteur privilégié pendant près de trois ans. En novembre 2007,Le Monde présentait le secrétaire général de la CGT comme le "pivot du compromis", après le conflit sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Le gouvernement exploitait alors la rivalité entre M. Thibault, héros des cheminots de 1995, et le patron de la puissante fédération CGT des cheminots, Didier Le Reste.
En février 2010, Les Echos évoquaient même "une alliance objective passée entre Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault". Les relations se sont tendues au fil des réformes mises en oeuvre. En juin 2008, les relations s'étaient tendues entre le ministre du travail, Xavier Bertrand, le leader de la CGT et celui de la CFDT, François Chérèque, notamment sur le thème du temps du travail.
Entre MM. Sarkozy et Thibault, la vraie rupture a eu lieu lors de la mobilisation contre la réforme des retraites, fin 2010. Aujourd'hui, l'approche de l'élection présidentielle achève de tendre les rapports entre la CGT et le président-candidat. Accès à l'article
L'Express - 27/02/2012 - Les profs, terre de conquête pour Sarkozy - Par Michel VERON
Le président-candidat a essayé ce lundi d'envoyer des signes d'apaisement au corps enseignant auprès duquel il n'est guère populaire.
Disons-le tout de suite, Nicolas Sarkozy n'a jamais été très populaire auprès des enseignants. Il faut dire qu'il n'a jamais vraiment cherché à s'attirer leur sympathie. Bien au contraire, le discours de Latran où il avait déclaré que "l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur", ses sorties sur la princesse de Clèves ou encore sa proximité avec Claude Allègre, grand pourfendeur du "mammouth" éducatif, sont autant de petits éléments qui, collés les uns aux autres, ont tendu les rapports entre lui et le corps enseignant.
Mais campagne présidentielle oblige, il est temps pour Nicolas Sarkozy d'essayer de recoller les morceaux. Ce lundi matin sur RTL, il a tout d'abord voulu mettre fin au malentendu né de son discours de Latran. Il a assuré que cette phrase avait été "sortie de son contexte".
Mais surtout, il a voulu montrer aux professeurs qu'il avait compris leur désarroi. "Il y a une paupérisation de la fonction enseignante, qui fait que quand l'enseignant rentre dans sa classe, combien y a-t-il d'enfants qui se disent, moi demain je vais faire le métier du professeur? Combien?"
Le chef de l'Etat est allé jusqu'à s'insurger contre l'absence de bureaux individuels pour les profs. "Il n'y a pas un professeur qui a un bureau dans l'établissement. Si dans sa classe, il y a un enfant qui a un problème, où est ce qu'ils discutent tous les deux, dans la cour, devant les autres, comment ça fonctionne?", s'interroge-t-il.
Travaillez plus, vous gagnerez plus...
Le président-candidat assure alors que ce métier n'est pas rémunéré à sa juste valeur et dit vouloir faire des propositions dans ce domaine très prochainement. Mais à cette occasion, Nicolas Sarkozy entend bien ouvrir le débat du temps de travail des professeurs. "Le travail des enseignants est fixé par un décret de 1958, c'est 26 heures de travail pour le primaire, c'est 18 heures d'obligation de service comme on l'appelle pour le secondaire. La question qui se pose aujourd'hui, est-ce qu'on ne peut pas travailler pour ce paramètre?"
Le temps de travail des enseignants ne s'arrête pourtant pas aux heures de cours. Selon un rapport du ministère de l'Education nationale, en 2008, le temps de travail des professeurs d'enseignement du second degré est supérieur à 39 heures par semaine, et celui des professeurs de lycées professionnel dépasse les 40 heures.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy ne veut pas entendre parler d'embauches supplémentaires, contrairement à François Hollande qui prône la création de 60 000 postes sur la durée du quinquennat.
"Le bilan est maigre"
La timide tentative de séduction de Nicolas Sarkozy risque donc de rester vaine. D'autant que les chiffres qu'il présente pour étayer son argumentation sont partiellement faux. "Il y a un peu plus de 400 000 élèves de moins dans l'Education nationale depuis dix ans, et il y a 45 000 profs de plus", explique-t-il. Or, selon l'Insee, depuis 10 ans, le nombre d'élevés n'a baissé que de 150 000 et non de 400 000. Mais surtout, contrairement à ce qu'il affirme, le nombre de professeurs n'a pas augmenté mais diminué. Plus de 60 000 postes ont disparu depuis 2001.
De très larges approximations que les proches du candidat se sont sentis obliger de corriger. Nicolas Sarkozy s'était "juste trompé sur la date de 'départ' de la période". "Sa langue a fourché, il voulait dire depuis vingt ans et non pas depuis dix ans", indique son entourage.
De 1990 à 2011, le nombre d'élèves dépendant du budget de l'Education nationale est passé de 12,926 millions (premier degré, collège, lycée) à 12,363 millions, soit 563.000 élèves en moins, a donc rectifié l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. De même, de 1990 à 2011, le nombre d'enseignants est passé de 809.000 à 844.000, soit une progression de 35.000, a-t-elle ajouté. Des chiffres qui, même amendés et "lissés" sur vingt ans, ne correspondent toujours pas à ceux cités par le président candidat.
Séduire les profs, mission impossible?
Un récent sondage de l'Ifop pour le Monde indiquait à quel point Nicolas Sarkozy restait impopulaire chez les profs. A peine 12,5% d'entre eux déclarent vouloir voter pour lui au premier tour. S'il était opposé à François Hollande au second tour, les profs plébisciteraient le candidat socialiste. (79% contre seulement 21% pour Nicolas Sarkozy).
Son propre conseiller éducation à l'Elysée entre 2007 et 2009, Dominique Antoine vient de rallier François Hollande. Si travailler dans l'équipe de Nicolas Sarkozy à l'Elysée fut "un honneur" pour lui, "ce furent deux années d'espérances déçues", déclarait-il récemment. "80 000 suppressions d'emplois, la fin de l'année initiale de formation des maîtres, la semaine de quatre jours à l'école primaire. Même si l'on place, sur l'autre plateau, les évaluations généralisées des compétences des élèves, le bilan est maigre", avait-il déploré. Accès à l'article
Le Figaro - 06/03/2012 - Nicolas Sarkozy se relance en parlant immigration - Par Solenn DE ROYER
Le président veut reconquérir l'électorat populaire qui a voté pour lui en 2007.
C'est une pluie glacée qui a accueilli le président, lundi, à Saint-Quentin. «Vous allez y voir un mauvais présage, c'est ça?», a plaisanté Nicolas Sarkozy. Surtout se montrer zen, confiant et déterminé. Alors que sa campagne a connu un trou d'air la semaine dernière, le président-candidat compte sur ces jours décisifs pour se relancer. «C'est une semaine importante», confie-t-il, en évoquant son émission de mardi sur France 2, au cours de laquelle Laurent Fabius lui apportera la contradiction. «Je pense que rien n'est fait, sinon je ne me donnerais pas tant de mal», a-t-il ajouté.
Accompagné du maire de la ville, Xavier Bertrand, et du député Éric Ciotti, le chef de l'État a visité un centre de réinsertion qui accueille une centaine de jeunes en difficulté. À la fin du mois, ce centre recevra des mineurs placés sur décision de justice, dans le cadre de la loi instaurant le «service citoyen» inspirée par Ciotti. L'occasion de décliner sa séquence régalienne, initiée samedi à Bordeaux. «J'ai dit que l'immigration pouvait être un atout et un problème, je persiste et signe», a lancé Sarkozy, lors d'un point de presse improvisé. En perte de vitesse dans les sondages, il veut solidifier son socle de droite et séduire les catégories populaires qui avaient délaissé le vote FN pour lui, en 2007. «Cette phrase sur l'immigration était la plus importante du discours de Bordeaux, décrypte un proche. Tout l'enjeu est d'arriver en tête au premier tour. Il faut parler à la majorité silencieuse.»
Droit de vote des étrangers
Faisant l'impasse sur la visite d'une chambre du centre, où l'attendaient trois jeunes droits comme des «i» devant leurs lits bordés, Sarkozy s'est attardé avec la presse, enfonçant le clou sur le droit de vote des étrangers, dont il veut faire une autre ligne de clivage avec François Hollande: «Le vote communautariste est une grave erreur.» Même fermeté sur la viande halal, sujet qu'il avait d'abord jugé peu important lors de sa visite à Rungis, le 21 février, mais dont il a finalement décidé de se saisir pour n'en pas laisser le monopole à Marine Le Pen. Il y a des sujets, si les républicains n'en parlent pas, ce sont les extrémistes qui en parlent mal», a-t-il justifié.
Le président tente de renouer avec ce qui avait fait le succès de sa campagne de 2007: mépriser le politiquement correct et la «pensée unique», montrer qu'il apporte des réponses concrètes aux préoccupations des Français. Ses proches ne manquent pas de rappeler que la loi sur la burqa a ainsi été plébiscitée. Le candidat en a profité pour moquer Hollande, qui a «peu voyagé»: «Il ne se rend pas compte que le monde est ouvert», a-t-il glissé, en stigmatisant la «proposition de régulariser tous les sans-papiers» que le candidat PS ne fait pourtant pas.
Plus tard, dans un bar PMU, le président a rencontré une quinzaine de Français «représentatifs» pour un «café politique». On lui propose un verre, «pour vous doper!». «Vous pensez que j'ai besoin de me doper?, rit-il. Enfin, ne dites pas ça à Noah, il le croirait!» «Qu'il paye ses impôts, lui, d'abord», lance une habitante. Sarkozy se tourne vers la presse, hilare: «Voyez, c'est le peuple! Il dit ce qu'il pense! On ne peut pas lui confisquer la parole.» Accès à l'article
Sud Ouest - 08/03/2012 - Alain Juppé trouve que la campagne de Nicolas Sarkozy est trop à droite
"Finissons-en d'abord avec le débat sur la viande halal. C’est une connerie, cette polémique", aurait dit Alain Juppé à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant
Alain Juppé, le maire UMP de Bordeaux et ministre des Affaires étrangères, trouve que la campagne du président-candidat Nicolas Sarkozy trop "droitière". Et il l'a fait savoir lors de la dernière réunion du comité stratégique de campagne.
C'est Europe 1 qui rapporte la scène : "Devant François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, mais aussi Claude Guéant et bien sûr Nicolas Sarkozy, il a réclamé un ton moins droitier, et la fin de l’obsession sur les questions d’immigration.(...) "Finissons-en d'abord avec le débat sur la viande halal. C’est une connerie, cette polémique", a-t-il d’abord lancé. "Ensuite, ne faisons pas de l'islam un problème..."
Le Canard Enchaîné s'était déjà fait l'écho d'une prise de distance, après le meeting de samedi à Bordeaux : "C'est vraiment un sacré cadeau qu'il m'a fait, venir en terre girondine pour faire un discours aussi à droite, je ne suis pas sûr que c'est ce que les Bordelais attendaient", aurait dit Alain Juppé dixit le Canard.
Reçu vendredi lors d'une rencontre avec les lecteurs de Sud Ouest, le ministre des Affaires étrangères n'avait pas non plus manié la langue de bois pour admettre que, oui, il y avait bien "déficit de sympathie" pour Nicolas Sarkozy.
Mais il relevait aussi que la partie n'est pas perdue pour l'UMP. Accès à l'article
Le Monde.fr - 15/03/2012 - Comment Sarkozy pousse Mélenchon pour affaiblir Hollande - Par Alexandre LEMARIE
"C'est notre meilleur allié contre Hollande. Il faut qu'il grappille le maximum de points. S'il monte encore, on lui fera une statue", s'amuse un ministre dans Le Parisien, résumant bien l'état d'esprit qui prévaut actuellement à l'UMP à l'égard de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat du Front de gauche, qui a le vent en poupe et a franchi la barre des 10 % dans certains sondages, est désormais l'objet d'une certaine attention au sein du parti présidentiel.
Nicolas Sarkozy a d'ailleurs vanté ses qualités, mardi 13 mars, lors de son déplacement à Fougères (Ille-et-Vilaine) : "Je ne suis pas d'accord avec lui naturellement. Mais je trouve que c'est un homme qui a du tempérament et qui a une forme de talent. Il dit ce qu'il pense. Il y en a tellement dans la vie politique qui ne disent pas ce qu'ils pensent", a lancé M. Sarkozy au micro de RTL. Le président candidat était interrogé sur sa proposition formulée lundi soir de taxer les exilés fiscaux, une mesure déjà avancée... par Jean-Luc Mélenchon.
"MANOEUVRE DE SARKOZY"
Ce dernier s'est montré ravi que le président candidat reprenne son idée. "Je triomphe !", s'est-il félicité dans un communiqué. Et tente de tirer un profit politique de la séquence actuelle, en se posant comme le principal candidat de gauche. Nicolas Sarkozy "sait très bien que je suis son adversaire le plus implacable", a-t-il affirmé, mardi, sur RFI.
Au Front de gauche, la bienveillance actuelle de M. Sarkozy fait sourire. "Il y a une part de manoeuvre de Nicolas Sarkozy qui ne nous a pas échappée... On ne se nourrit pas de ses bons ou mauvais points. Nous, notre volonté, c'est de le chasser !", réagit Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, interrogé par Le Monde.fr. "Mais Sarkozy parle très mal le Mélenchon et le peuple de gauche fera la part des choses entre son opportunisme cynique et un vrai programme", veut-il croire, se réjouissant de voir "les thèmes portés par Jean-Luc Mélenchon au coeur de la campagne".
Chez les partisans de M. Sarkozy, on vante les qualités du tribun de la gauche radicale pour mieux souligner les faiblesses supposées du candidat socialiste. "Nous n'avons pas les mêmes opinions que Jean-Luc Mélenchon mais au moins, il fait des propositions et ne revient pas systématiquement sur tout ce qu'il dit comme François Hollande", estime Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, interrogée par Le Monde.fr.
"Nous constatons sur le terrain qu'il n'y a pas une grosse envie de Hollande, dont la campagne manque de saveur, alors que le Front de gauche fait une campagne bien plus dynamique", renchérit Sébastien Huygue, secrétaire national de l'UMP et membre de la cellule riposte dans l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, interrogé par Le Monde.fr.
Le stratège de M. Sarkozy, Patrick Buisson, oppose également Jean-Luc Mélenchon "en progression" dans les sondages, à François Hollande "en baisse". "Le candidat de la gauche populiste sera toujours plus crédible qu'une pâle copie sociale-démocrate dans le registre de la lutte des classes", souligne le politologue dans une interview au Monde, publiée mardi.
Et quand ils s'attaquent entre eux, c'est encore mieux... Ces derniers mois, l'UMP avait déjà accueilli comme une divine surprise l'accusation de M. Mélenchon traitant M. Hollande de "capitaine de pédalo". Une attaque formulée en novembre. "Vous n'imaginez pas le mal que Mélenchon a fait à Hollande" avec cette formule, affirmait par exemple au Monde la députée UMP, Marie-Jo Zimmermann, en février.
"QUE SARKOZY SOIT LE PLUS HAUT POSSIBLE AU PREMIER TOUR"
L'UMP se montre bienveillant à l'égard de M. Mélenchon car ce dernier pourrait contribuer à faire baisser le score de premier tour de M. Hollande, qui est le principal adversaire du président sortant. "Notre objectif, c'est que Nicolas Sarkozy soit le plus haut possible au premier tour - en tête évidemment - et creuse l'écart", explique Sébastien Huygue.
La montée de l'ancien sénateur socialiste dans les sondages explique en partie l'évolution à la baisse du député de Corrèze, d'après l'enquête IFOP-Fiducial pour Europe 1, Paris-Match et Public Sénat publiée mardi, dans laquelle M. Mélenchon est crédité de 10 % des intentions de vote au premier tour. Le candidat du Front de gauche capte désormais 14 % des électeurs ayant choisi Ségolène Royal au premier tour de 2007, souligne l'institut.
Depuis quinze jours, les flux se font principalement entre MM. Mélenchon et Hollande, montre la dernière enquête Présidoscopie réalisée par Ipsos Logica Business Consulting pour Le Monde.
Lire : Les ressorts de la percée de Jean-Luc Mélenchon
Aujourd'hui, il s'agit moins de faire baisser M. Hollande au premier tour que de s'adresser à l'ensemble des Français, pour élargir le socle électoral du candidat de l'UMP, selon Valérie Rosso-Debord. "Nicolas Sarkozy fait campagne sur les idées. Ces idées formant un rassemblement, nous pensons que beaucoup d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour peuvent voter pour Nicolas Sarkozy au second", estime-t-elle.
HOLLANDE BRANDIT LE VOTE UTILE FACE À MÉLENCHON
En principe, pour le camp Hollande, la montée de M. Mélenchon n'est pas qu'un problème : ce dernier peut ramener à gauche des électeurs populaires, qui auraient pu être attirés par Marine Le Pen ou par l'absention, et ainsi ramener des voix au candidat du PS au second tour. Le candidat de la gauche radicale ayant assuré qu'il appelerait à voter pour M. Hollande s'il était qualifié pour la finale. Mais si le candidat du Front de gauche poursuit sa progression, il peut aussi devenir un caillou dans la chaussure de M. Hollande car il contribuerait à faire baisser le score du PS au premier tour et pourrait ainsi permettre à M. Sarkozy d'arriver en tête le 22 avril.
Le candidat PS en a bien conscience. "C'est au premier tour que l'écart se fait, que la dynamique se crée", a-t-il rappelé mardi, à Valence. Soucieux de ne pas en faire "un ennemi", le député de Corrèze n'attaque pas directement le candidat du Front de gauche mais appelle au vote utile, en le renvoyant - comme ses autres rivaux de gauche - au rôle de candidat de témoignage. "Je respecte les autres candidats de la gauche. Ils ont leur place, leurs idées. Ce qui m'habite, moi, c'est que je veux gagner [la] présidentielle", a déclaré M. Hollande, qui n'a pas hésité a faire référence au 21 avril 2002 pour rappeler qu'"aucune voix ne doit manquer" au premier tour. Accès à l'article
Le Figaro - 28/02/2012 - Sarkozy veut en finir avec le «président des riches» - Par Charles JAIGU
Le président-candidat a réuni pour la dernière fois ses lieutenants à l'Élysée, mardi matin.
Le dernier petit-déjeuner de la majorité a eu lieu mardi matin à l'Élysée autour de Nicolas Sarkozy. François Fillon s'est félicité «que tout le monde soit resté à bord de la majorité jusqu'à la fin du quinquennat». Le premier ministre a souligné que «tous les textes avaient été votés sans la procédure du 49.3» qui permet de passer un texte sans vote, et il a remercié la majorité pour «cinq ans de réformes dont, a-t-il dit, nous pouvons être fiers».
Mais le débat sur la présidentielle s'est vite imposé. Le chef de l'État a s'est interrogé sur la proposition avancée par François Hollande de prélever 75 % des rémunérations au-dessus d'un million d'euros par an, en la jugeant «irréaliste, démagogique, et peut-être pas constitutionnelle».
«Je ne laisserai plus passer ce genre d'allégation»
Il est aussi revenu sur les attaques contre «le président des riches» - thème sur lequel il a été interrogé lundi matin sur RTL. «A partir de maintenant, je ne laisserai plus passer ce genre d'allégation», a-t-il prévenu. «C'est faux, et je peux le démontrer», a-t-il assuré. «En plus, il y a fort à dire sur le camp d'en face». Il s'est étonné que la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, se sente agressée par la remarque faite à propos de l'émission qu'elle anime sur Direct 8 - la chaîne créée par Vincent Bolloré: «Je ne l'ai pas agressée, j'ai juste posé une question: pourquoi la juge-t-on indépendante des puissances d'argent et pas moi?»
A partir de la semaine prochaine, ce rendez-vous hebdomadaire des responsables de la majorité se tiendra au QG de campagne, 18 rue de la Convention, dans le XVe, dans une configuration renouvelée. Accès à l'article
Analyses des stratégies politiques, des bons mots des candidats ou de leurs plus beaux flops... Chaque semaine, Jeune Afrique vous livre sa chronique de la campagne présidentielle française.
En écoutant Nicolas Sarkozy présenter et justifier sa candidature, l'impression s'imposait peu à peu irrésistiblement qu'il demandait moins un second mandat qu'une deuxième chance. L'objection surgissait alors, renforcée à chaque séquence de son argumentation : pourquoi n'a-t-il pas fait plus tôt ce qu'il nous annonce pour demain ? Toujours rétif au mea culpa, remplacé par la remarque anodine que « tout le monde fait des erreurs », il a tenté de s'en expliquer, à propos notamment de la question la plus sensible, la nouvelle politique du chômage, avec sa conséquence non plus seulement avouée mais désormais revendiquée : la fin de l'assistanat. Une révolution dans la culture sociale française de l'État-providence. C'est là encore, avec l'allègement du coût du travail, un emprunt à la réussite allemande : mieux vaut un travail moins payé et inconfortable qu'un chômeur à la maison financé par les transferts sociaux. Pourquoi le découvrir aujourd'hui seulement ?
Le président sortant invoque le manque de temps, la priorité donnée au sauvetage des retraites, la mise en place de l'autonomie des universités. En bon avocat, il invente qu'on lui reprochait à l'époque d'en faire trop pour justifier qu'il n'ait pas pu en faire assez.
Plus qu'un second mandat, il demande une deuxième chance.
En réalité, les sondages critiquaient surtout la dispersion vibrionnante de son hyperprésidence. François Fillon s'est montré plus sincère en regrettant à plusieurs reprises que le gouvernement n'ait pas agi dès 2007. La même incohérence s'est fait sentir comme une gêne tout au long du plaidoyer sarkozien. Puisque le chef de l'État était si désireux de rendre la parole à « la France dépossédée de ses pouvoirs » et qui « ne croit plus à rien », pourquoi ne pas avoir inauguré avec la réforme des retraites les nouveaux référendums qu'il propose pour faire arbitrer par le peuple tout blocage de société - une gageure dans le pays le plus bloqué d'Europe ? De même, fallait-il cinq années d'aggravation de la dette, dont deux seulement, rappelle sévèrement la Cour des comptes, sont attribuables à la crise, pour s'apercevoir qu'un pays « ne peut dépenser plus qu'il ne gagne » ?
Le temps n'est plus où Valéry Giscard d'Estaing se promettait lui aussi d'aller sur le terrain à la rencontre des Français, persuadé que les électeurs ne s'intéressent pas « à l'oeuvre accomplie, mais demandent à savoir ce qui les attend ». La crise a tout changé. Les tournées en France profonde de Nicolas Sarkozy s'annoncent au contraire comme une série de difficiles face-à-face où ses adversaires ne seront pas les seuls à opposer aux visions d'avenir du candidat le bilan moins glorieux du président. Dans son livre Témoignage publié pour sa candidature de 2007 (XO Éditions), Sarko écrivait prémonitoirement : « J'aime construire, agir, résoudre les problèmes. Je crois que tout se mérite et qu'au final l'effort est toujours payant. » Ce fut l'argument essentiel de sa victoire. C'est aujourd'hui l'obstacle principal à sa réélection.
L'UMP lance une nouvelle page Facebook pour Sarkozy
«Il s'agit de rendre hommage au président et de rendre compte de son action après des militants et sympathisants», explique l'UMP.
Voilà un nouveau signe, s'il en fallait un, que la candidature de Nicolas Sarkozy à sa réélection est imminente. Ce vendredi matin, l'UMP a invité les internautes à découvrir la nouvelle page du président sur Facebook. Très soignée, à coups de géolocalisation et à grand renfort de photos, la page retrace non seulement des temps forts du quinquennat, mais aussi quelques moments choisis de son parcours de militant du RPR puis de jeune élu.
Dans l'en-tête de cette nouvelle page, à côté d'une large photographie de Nicolas Sarkozy souriant, on peut lire ces mots - les mêmes qu'il avait prononcés au soir de sa victoire le 6 mai 2007 : «J'éprouve depuis le plus jeune âge la fierté d'appartenir à une grande, vieille et belle nation : la France». Puis vient sa présentation, courte : date de naissance - 28 janvier 1955 - lieu d'habitation - Paris - et employeur - la présidence de la République...
Sous ces informations personnelles, on accède au déroulé des «actualités», en l'occurence, les déplacements du chef de l'Etat «presque candidat» : visite de la centrale nucléaire de Fessenheim jeudi, visite d'une crèche dans le Tarn mardi, conseil des ministres franco-allemand lundi... Le tout largement illustré. A y regarder de plus près, on remarque d'ailleurs que les plus anciennes photographies ont été ajoutées en octobre 2011. Preuve que l'UMP préparait ce compte depuis plusieurs mois...
Pas de commentaire sur cette nouvelle page
Jusqu'ici, il existait sur Facbeook une page officielle «Nicolas Sarkozy» gérée par l'Elysée, qui comptait encore vendredi matin pas moins de 523 156 fans. Mais le président n'avait pas de profil personnalisé. En utilisant la nouvelle «timeline» (frise chronologique) proposée par le réseau social, le parti de la majorité a donc choisi de mettre en avant le bilan de Nicolas Sarkozy. «Il s'agit de rendre hommage au président et de rendre compte de son action après des militants et sympathisants», explique Ludovic Guillot, l'attaché de presse de l'UMP. Concrètement, de nouvelles fonctionnalités permettent aussi de bloquer les commentaires sur les posts, textes ou photos. Un atout non négligeable. «La modération prend un temps fou», reconnaît Ludovic Guillot
Avec ce nouveau compte - qui enregistrait 4 000 abonnés vendredi après-midi - l'UMP fait aussi table rase des 523 156 fans de la page du président. Et fait le pari de les séduire à nouveau. Pour un deuxième mandat.
Pourquoi Angela Merkel a intérêt à la victoire de Nicolas Sarkozy
La chancelière soutient le président dans sa campagne. Elle a pour cela d'excellentes raisons.
Le soutien sans faille d’Angela Merkel à Nicolas Sarkozy ne se dément pas. Alors que, selon le Handelsblatt de ce lundi, la chancelière n’a toujours pas donné suite à la demande d’audience de François Hollande, elle va encore afficher son unité avec le président français dans une interview commune diffusée sur France 2 et la ZDF. Mais comment expliquer un tel engagement de la chancelière dans la bataille politique intérieure de la France ? Tentative de réponses…
1. Cacher cette puissance que je ne saurais voir.Avec la crise de la dette, l’Allemagne, seul grand pays vraiment solvable en Europe, a acquis une puissance économique et politique immense. Berlin a désormais une vraie capacité à imposer ses choix à ses partenaires de l’Union européenne. Mais, outre-Rhin, on sait que la puissance allemande est toujours suspecte. La chancelière doit donc à tout prix afficher une alliance infaillible avec la France afin que ses projets apparaissent comme le fruit d’un compromis et d’une décision collective. Et ceci est d’autant plus vrai que la situation économique et budgétaire de la France est difficile, c’est-à-dire plus proche des pays du « sud » que de ceux du « nord » de l’Europe. Ainsi peut-elle imposer ses vues sous le couvert de l’intérêt général. Elle a donc besoin d’une France prête à jouer ce rôle. Or, c’est ce à quoi s’évertue depuis quelques semaines Nicolas Sarkozy. Lors des derniers sommets européens, il a rapidement oublié ses exigences concernant le rôle de la BCE ou les obligations européennes pour accepter une vision très « rigoriste » de la réforme des traités. En faisant de l’Allemagne son modèle, et en plaçant ce modèle au cœur de sa campagne, il accepte implicitement les positions de Berlin au niveau européen. Et il assure ainsi la puissance de la République fédérale en ménageant les formes.
2. La peur de l’inconnuOn aurait bien du mal à nous faire accroire qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s’aimassent sincèrement. Leurs caractères et leurs personnalités divergent bien trop. Le souvenir des premières heures du quinquennat, où le président agaçait franchement Berlin, devrait achever de nous en convaincre. Seulement, la crise de la dette européenne a contraint les deux dirigeants à s’entendre. Et Angela Merkel est parvenue, non sans mal, à amadouer le bouillant président français. Changer de cheval en pleine crise serait synonyme, pour la chancelière, de perte de temps. D’autant que non seulement François Hollande inquiète, avec sa promesse – peu réaliste il est vrai – de renégocier le nouveau traité, mais que Nicolas Sarkozy s’affiche avec un programme « allemand ». Au point que Gerhard Schröder lui-même l’a pris sous son aile. Autrement dit, l’Allemagne va être au centre des débats de la campagne présidentielles françaises. Du coup, si le candidat PS est élu, il devra immanquablement faire preuve d’une certaine fermeté dans un premier temps face à Berlin pour justifier son statut d’opposant à la « copie de l’Allemagne » proposée par son opposant. Sans doute cette résistance sera limitée, car la France ne peut plus guère peser. Mais pour l’Allemagne, tout délai est malvenu dans la crise européenne : elle risque de fragiliser le retour à la confiance et de gêner leur volonté de diffuser leur fameuse « culture de la stabilité » sur le vieux continent.
3. La peur de la défaite électoraleDans l’histoire des relations franco-allemandes, la correspondance entre la droite et la gauche des deux côtés du Rhin a rarement été aussi parfaite. Traditionnellement, la gauche française s’entendait mieux avec la droite allemande et inversement. Helmut Schmidt, grand ami de VGE, se méfiait de François Mitterrand. Ce dernier, très proche de Helmut Kohl, était peu friand d’Oskar Lafontaine. Quant à Lionel Jospin, on se souvient de son peu d’enthousiasme face aux réformes Schröder. En 2012, la situation semble différente : François Hollande défend des positions plus proches de celles du SPD et des Verts, comme les euro-obligations, même si les deux programmes sont encore loin d’être entièrement comparables. En face, on a déjà évoqué l’alignement de la position française sur celle du gouvernement conservateur allemand. Du coup, une victoire de la gauche en France pourrait donner un avantage au SPD avant les élections de l’automne 2013 outre-Rhin qui s’annoncent difficiles pour Angela Merkel. D’autant que le candidat PS affiche clairement sa volonté de renforcer l’axe franco-allemand après la victoire de la gauche outre-Rhin. Du coup, Verts et SPD pourront se prévaloir d’être réellement le camp de l’Europe et de la coopération avec Paris pendant la campagne. Angela Merkel se retrouverait donc doublement isolée, en Allemagne et en Europe.
Sarkozy : les secrets d’un virage à droite Pourquoi ce brutal virage à droite, à l’aube de son entrée en campagne ?Nicolas Sarkozy s’est attiré les foudres de ses adversaires en s’engageant dans « le Figaro Magazine », s’il est réélu, à consulter les Français par référendum pour durcir les obligations des chômeurs et le droit des étrangers.
« Populisme », « dérive droitière », s’écrient ses détracteurs jusqu’au sein de la majorité, qui redoutent un mauvais remake du débat sur l’identité nationale. La polémique ravit l’Elysée, qui veut imposer ses idées au cœur du débat. Derrière l’idée du référendum, il y a un homme : Patrick Buisson. Le conseiller de l’ombre duprésident, expert ès études d’opinion, lui murmure depuis des mois que « la présidentielle se gagne au peuple ». Or, les sondages confidentiels de l’Elysée montrent que les catégories populaires sont très sensibles à la thématique de l’assistanat et des supposés « profiteurs » des prestations sociales. « L’électorat populaire fera l’élection », parie un sondeur UMP. « Il y aura quatre mots dans la campagne : peuple, idées, sincérité, vérité », professe Sarkozy.
Il espère capter les voix des électeurs tentés par le FN, Mélenchon et BayrouDroitisation ? « Bien sûr qu’il clive un peu, mais pas à l’extrême droite! » proteste un proche du président. « C’est le sarkozysme populaire. Sarkozy est le candidat du peuple face à Hollande, candidat du système », clame Guillaume Peltier, secrétaire national UMP, passé par le FN avant de devenir le poulain de Buisson. A l’Elysée, Henri Guaino, qui aime se définir comme un « gaulliste social », se dit très à l’aise avec cette stratégie. « Il faut redonner la parole au peuple de temps en temps », se réjouit-il. En clivant ainsi, Sarkozy espère capter les voix des électeurs tentés par le FN, mais aussi par Jean-Luc Mélenchon, voire François Bayrou, qui surfent aussi sur une posture populaire, sinon populiste. Le président sait qu’il a cruellement besoin de réserves de voix au second tour. Il anticipe également le séisme que constituerait l’absence de Marine Le Pen, si celle-ci ne parvenait pas à rassembler ses 500 signatures. « Il prend ses précautions, décrypte un proche. Il y a un vrai risque. »
Reste une question, que beaucoup se posent : le président est-il sous influence du « gourou » Buisson?« Il n’est pas manipulé! » récuse un conseiller. L’homme suscite beaucoup de fantasmes, y compris chez les ministres, qui n’en parlent qu’en chuchotant… Sarkozy l’appelle plusieurs fois par jour et le voit chaque soir à 19 heures avec ses autres stratèges, dont le politologue Pierre Giacometti et l’ex-publicitaire Jean-Michel Goudard. Il pense qu’il lui doit sa victoire de 2007, grâce à l’idée du ministère de l’Identité nationale. « Quand Buisson a parlé, c’est tranché! » résume un ancien du Palais. L’ex-patron de l’hebdomadaire d’extrême droite « Minute » et de « Valeurs actuelles » sera une des têtes pensantes de la campagne. Il impose aussi son casting : il n’est pas pour rien dans le retour du « cerveau » Emmanuelle Mignon. Elle exècre, comme lui, le politiquement correct.
Libération. Le 11/02/2012. Source
Scènes de séduction médiatique
Nous nous sommes tant aimés… Mais était-ce vraiment de l’amour ? La journaliste Hélène Pilichowski qui couvre le monde politique depuis longtemps - correspondante à Paris pour le Dauphiné libéré, puis aujourd’hui sur LCI, France Info, et la chaîne parlementaire - explique qu’au début, entre la presse et Nicolas Sarkozy, c’était de l’amour. C’est-à-dire quand le futur président n’était encore que ministre, candidat iconoclaste, jeune espoir d’un vieux RPR.
«Même les stars lui font la cour. Il n’en néglige aucune et cisèle un mot particulier pour chacun. Nicolas ne se révèle pas un simple ministre de la Communication. Il est la communication», écrit, admiratif, Nicolas Domenach dans sa bio intime du héros (1).Récemment, le même journaliste, avec Maurice Szafran, a publié les secrets de leurs conversations (2) pour révéler la «vulgarité», la«grossièreté» et le «sans-gêne» du locataire de l’Elysée.
Hélène Pilichowski cite le correspondant de Reuters qui confirme la fascination pour le Sarko-pas-encore-président : «Les journalistes politiques sont tous fascinés par lui. Le secret de Sarkozy est de les faire entrer dans l’intimité du pouvoir. Ils sont flattés de participer à un pseudo-cercle d’amitié.» «Nicolas» et les journalistes se tutoient. Philippe Ridet du Monde, qui le suit durant la campagne 2007, a raconté l’ambiance pour le journaliste «embedded» (3) : «L’avion n’a pas plus tôt décollé que Nicolas Sarkozy est parmi nous. Il salue les visages connus d’une poignée de main virile, d’une bourrade, d’une bise.» Un flirt avancé. Les femmes sont sous le charme - «la bête politique cherche à assouvir son désir de reconnaissance à travers les regards féminins» (4) - mais les journalistes du genre masculin tombent aussi…
A l’assaut de l’Elysée, Sarkozy est donc convaincu d’avoir le quatrième pouvoir dans son camp, des plumitifs de base aux propriétaires des journaux et télés, ses amis Lagardère, Bouygues, Pinault, Dassault… Le «pote» est élu en 2007, et soudain, dans le modèle freudien du couple amoureux fascination-répulsion, c’est la répulsion qui gagne. Hélène Pilichowski retrace l’évolution des unesqui montent en puissance dans la critique : «Le vrai Sarkozy», «Ce qui cloche»… Puis dans l’attaque : «A-t-il déjà perdu ?»«Cet homme est-il dangereux ?»… La liste est ouverte, le quinquennat n’est pas fini.
La journaliste date la déception aux premiers jours de son élection : le Fouquet’s des ultrariches, la balade sur le yacht de Bolloré. Comme dans tous les divorces, la responsabilité est partagée, il fait des erreurs, du Kärcher aux Roms en passant par «casse-toi, pauvre con !». Mais on sent que Pilichowski trouve exagérée, la «diabolisation» du personnage, pensant même qu’il pourrait séduire à nouveau cette presse volatile. Sarkozy le croit-il ? Aveugle ou provocateur, à la cérémonie des vœux à l’Elysée, il lance aux journalistes : «Dans le très vieux couple que nous formons, je ne détecte aucun stigmate annonciateur d’un divorce.» Aucun ? Et pourquoi ajoute-t-il, soudain lucide : «Je vois bien vos tentatives pour me remplacer…»
(1) «Sarkozy au fond des yeux». (2) «Off : ce que Nicolas Sarkozy n’aurait jamais dû nous dire». (3) «Ma vie avec Sarko», «le Monde» du 20 février 2007. (4) «Sarkozy et les Femmes» par Caroline Derrien et Candice Nédélec.
Voilà donc l'hypercandidat... Celui qui durant un peu plus de 60 jours va tenter de démontrer que rien n'est joué. Il est sans doute celui qui y croit le plus à droite. Ou fait le mieux semblant d'y croire. Nicolas Sarkozy candidat, cela ne change rien. Cela change tout, dit-il. D'où cette accélération de son calendrier d'entrée en campagne. «J'ai hâte de retrouver les Français sans la lourdeur du protocole», a-t-il affirmé sur TF1. Inaudible dans son habit de Président, il prend à revers le principe selon lequel un chef de l'Etat sortant doit jouer à fond la carte des attributs du pouvoir liés à sa fonction.
Pour lui, ce sera l'inverse. L'opération déprésidentialisation a été lancée mercredi soir. Le candidat -bête de campagne supposée- doit maintenant faire oublier le président de la République. Avec une parole libérée du carcan des institutions et des propositions flattant les instincts de cette «droite culturelle» majoritaire dans le pays, comme le croit l'Elysée. Comme en 2007, la «valeur travail» est mise au centre du discours avec la promesse d'une «France forte» pour «protéger» ses citoyens.
Plus prosaïquement, cette entrée dans la bataille présidentielle est sans doute la dernière fenêtre de tir pour essayer de créer une dynamique de reconquête de l'opinion. Toutes les tentatives de ces dernières semaines se sont soldées par des échecs patents. Qui se souvient des mesures du «sommet pour l'emploi»? Quels résultats, même dans l'hypothétique frémissement des sondages, pour le duo télévisé avec Angela Merkel, la chancelière allemande? Pour la grande émission dominicale multidiffusée sur les chaînes? Aucun, si ce n'est la démonstration que la parole présidentielle n'imprimait pas. Pire, ces sorties se sont traduites par un recul dans les sondages.
«A 57 ans, on est pas foutu»
Acculé à devoir changer une fois encore de stratégie, Nicolas Sarkozy a donc opté pour un retour aux fondamentaux de la droite avec son entretien sur les «valeurs» au Figaro Magazine. Il sera toujours temps de se recentrer au fil de la campagne si les circonstances l'exigeaient. Mais pour l'heure, ce sera bloc contre bloc. Avec appel au peuple pour trancher par référendum des sujets aussi sensibles que les droits des chômeurs ou l'immigration. «A chaque fois qu'il y aura un blocage, je ferai voter le peuple français», a-t-il indiqué mercredi soir.
Nicolas Sarkozy peut-il renouer avec sa parole magique et ressusciter le candidat de 2007? C'est tout son pari. Il a remis en place une équipe de campagne très imprégnée de la précédente édition. Sur le plateau de TF1, il a indiqué qu'une «nouvelle période s'ouvre» et qu'un éventuel nouveau quinquennat «ne sera pas conforme au premier», sans pour autant se lancer dans le moindre mea culpa sur les travers de sa personnalité. On notera pour finir ce cri du coeur quand le candidat Sarkozy a raconté avoir dit à une salariée de Lejaby lui faisant part de son désespoir qu'«à 57 ans, on est pas foutu». 57 ans, c'est précisément l'âge qu'il vient d'avoir.
Ce fut un immense malentendu. L'élection d'un homme qui allait briser les codes et incarner la rupture. Les Français ont élu Nicolas Sarkozy en 2007, ne sachant s'il était le néoconservateur libéral des années 2000 ou l'homme qui parlait depuis quelques mois dans ses discours à la France qui souffre, se référant à Blum et à Jaurès.
Ils ont surtout découvert un président bling-bling, qui avait passé la soirée de son élection au Fouquet's et embarquait ensuite pour une croisière sur le yacht de son ami milliardaire Vincent Bolloré. Et dire qu'il avait laissé entendre qu'il se retirerait quelques jours dans un monastère... Double méprise, politique et personnelle. Double tromperie, sur laquelle il a fallu se justifier sans cesse.
"J'ai changé." Combien de fois Nicolas Sarkozy a-t-il prononcé cette phrase ? A chaque faux pas, à chaque dérapage clinquant, à chaque revirement politique, le président a promis que, cette fois, il avait retenu la leçon et qu'il allait modifier son comportement.
La thématique du "changement" imprime ses propos dès le lancement de campagne, le 14 janvier 2007. Il est politique. "J'ai changé, jurait-il. J'ai changé parce qu'à l'instant même où vous m'avez désigné, j'ai cessé d'être l'homme d'un seul parti, fût-il le premier de France." A peine élu, il lui fallait dire qu'il avait changé à nouveau. "Il a pris la pleine mesure de sa fonction", se chargeaient de répéter ses amis après les écarts du début du quinquennat.
"L'EUROPE M'A CHANGÉ"
L'exercice du pouvoir l'avait rendu meilleur, juraient-ils en cœur. Dès décembre 2008, après six mois de présidence de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy confiait aux députés européens : "L'Europe m'a changé. Lorsqu'on a la chance pendant six mois de connaître et d'avoir à trancher des problèmes de vingt-sept pays, on gagne en tolérance, on gagne en ouverture d'esprit."
L'arrogant candidat à la présidentielle s'est mué en défenseur inconditionnel de la Realpolitik et du couple franco-allemand. "S'il a changé, c'est surtout d'avis, cingle un haut responsable de la majorité. Il était pour le bouclier fiscal, il est revenu dessus, il était contre le référendum, il est pour." La seconde métamorphose que Nicolas Sarkozy veut mettre en avant est d'ordre personnel. Il s'agit de réparer l'image de "président des riches" - que le bouclier fiscal a achevé d'ancrer -, à la vie facile. Lui qui a choqué une partie des Français en se remariant, à peine divorcé, avec l'ancienne top modèle devenue chanteuse Carla Bruni. Un travail de longue haleine, entamé sur les conseils du politologue Pierre Giacometti, qui culmine aujourd'hui.
A Annecy, le 16 février, Nicolas Sarkozy s'est présenté en candidat du peuple contre "l'entre-soi des élites". Et depuis un an, le président s'applique à montrerune nouvelle image : concentré, conscient de ses responsabilités. Cela passe par de petits arrangements avec son allure. Il ne se fait plus photographier en jogging dans Central Park, à New York. Il préfère son profil grave, ruisselant sous la pluie dans la cour des Invalides à Paris, décorant en juillet 2011 les soldats français morts en Afghanistan. Les tempes sont grisonnantes, le visage émacié, et le costume sombre impeccable. La voix est plus grave, le débit plus lent.
"IL PIQUE MOINS DE COLÈRES"
Dans sa nouvelle posture, Nicolas Sarkozy raconte une histoire à ses interlocuteurs : celle d'un homme modifié par le pouvoir et apaisé par une vie personnelle épanouie. En Guyane fin janvier, il expliquait ainsi avoir renoncé à la"jalousie" et à la "haine" : " Quand vous détestez quelqu'un et que vous commencez à en parler, vous le détestez encore plus. J'ai, dans mon plus jeune temps, détesté des gens, ça ne m'apaisait pas du tout." Et de gloser surDominique de Villepin, son ennemi juré, "un homme qui pense qu'une tempête se gère par d'autres tempêtes".
Lui, ne goûte plus ces sentiments, jure-t-il. Le président nouvelle formule veille à ne plus avoir d'éclats en public. Celui qui avait traité d'"imbécile" son éphémère porte-parole David Martinon éviterait désormais les heurts. "Il pique moins de colères, assure son conseiller en communication Franck Louvrier. Des fois, il n'est pas content, mais je n'ai pas connu de rogne depuis qu'il est président."D'autres conseillers racontent sous couvert de l'anonymat des explosions persistantes : Nicolas Sarkozy qui peste contre Xavier Musca, son secrétaire général, parce qu'il n'y a pas de microphone pour l'interprète lors d'une allocution devant les sherpas du G20 ou qui s'exaspère en raison d'une caméra oubliée lors d'un déjeuner.
Ses propos tenus à Barack Obama au dernier G20, en novembre 2011 à Cannes, attestent qu'il n'a guère changé. "Je ne peux plus le voir, c'est un menteur", a dit M. Sarkozy à propos du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. Les dirigeants européens ne sont pas dupes. "Lorsque nous téléphonons entre nous, on se dit : "Tu me dis les méchancetés qu'il a dites sur moi, ou c'est moi qui commence ?"" raconte l'un d'entre eux.
"Nicolas est encore moins tempéré que par le passé, estime un dirigeant de l'UMP. Il est dans la séduction comme dans la dureté au-delà du raisonnable."
"IL DEVIENT DE PLUS EN PLUS SECRET"
Autre mythe, véhiculé par ses proches : la plus grande capacité d'écoute du président. "Le pouvoir l'a transformé, assure ainsi sa ministre de l'écologie et désormais porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet. Il a des façons différentes demener les réunions par rapport au début du mandat. Avant, il cherchait à donnersa vision, aujourd'hui il écoute la diversité des points de vue." Certes, il écoute, mais n'en tient guère compte, comme il l'avait lui-même dit. Celui qui tutoie moins aisément que par le passé "a plus de distance, est plus secret", remarque son ami, le député européen Brice Hortefeux. Alain Minc, lui, ne cesse de le voir se"mitterrandiser" et cloisonner ses réseaux. "Il devient de plus en plus secret", confie un ministre.
S'il a tant changé, c'est grâce à sa nouvelle épouse, raconte la légende élyséenne."Je pense être le premier président qui n'ai pas abdiqué le droit au bonheur", assure-t-il. Et de confier : "Souvent, on se dit avec Carla : "On s'est rencontrés, on s'est mariés, on a eu une petite fille", whaou !" Bluffé par sa félicité conjugale. "Je fais ce que j'aime, j'ai une vie très simple, très calme, je suis tous les soirs chez moi", prétend-il. Selon un de ses proches, "il ne s'est pas laissé dévorer par l'Elysée".
Au contact de son épouse, il se cultive, visionnant les grands classiques ducinéma et multipliant les lectures. Une nouvelle mythologie, racontée sans cesse par le président, se met en place : le candidat de 2007 était celui de la culturepopulaire et de la variété française, de Jean Reno à Johnny Hallyday ; celui de 2012 dévore les livres d'Emmanuel Carrère, Stefan Zweig, Raymond Radiguet et les films d'auteur. Mais, à son anniversaire, le 28 janvier, c'est bien son ami Christian Clavier qui était invité.
"LÉGER, C'EST CHER ? KLEIN, PLUS QUE LÉGER ?"
Surtout, cet hypermnésique, qui a le don de répéter ce qu'il vient d'entendre, en fait toujours un brin de trop. Certes, il ne fustige plus La Princesse de Clèves, qui lui en avait "fait voir" lorsqu'il était collégien, mais à se piquer de culture, il prend des risques. En septembre 2011, Nicolas Sarkozy prononce Roland "Barthesse"lorsqu'il évoque le sémiologue Roland Barthes, auteur de Mythologies, lors d'une remise de décoration à l'Elysée. L'écrivain Philippe Sollers en a bien ri : "Le Roland "Barthesse" a claqué comme une fausse note à Pleyel."
De même s'est-il extasié, lors de l'inauguration d'une exposition itinérante duCentre Georges-Pompidou, non pas sur les œuvres, mais sur leur prix : "Léger, c'est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ?" On ne se refait pas. Le président, que son mariage a mis à l'abri du besoin financier, continue de penser à l'argent. C'est en tout cas ce qu'il disait encore aux grands de ce monde, à Cannes, au G20. "Moi aussi, dans le futur, je voudrais gagner de l'argent", avait-il lâché, avant de fustiger "l'immoralité" des financiers.
Changer pour que rien ne change. L'adage du Guépard hante tous les présidents."J'ai changé, parce que j'ai eu à supporter le poids de la conduite des affaires de la France... Et ceci m'a changé. C'étaient des temps qui étaient durs et difficiles. (...) Je me suis battu pour la France et les Français. Cette action, au lieu de m'éloigner d'eux, en réalité, m'a rapproché d'eux. L'expérience me permettra mieux qu'auparavant d'exercer les fonctions de président de la République." Est-ce Nicolas Sarkozy qui tient un tel propos, à quelques semaines d'un scrutin difficile ? Non, c'est Valéry Giscard d'Estaing, lors du débat face à François Mitterrand le 5 mai 1981. Cinq jours avant la défaite face à celui qui promettait le changement.
L’opposition y voit un "coup" destiné à draguer le centre et l’extrême droite.
C’est l’annonce surprise du discours de Nicolas Sarkozy à Marseille. Lors de son premier grand meeting de campagne, le président-candidat s’est prononcé dimanche pour l’introduction d’une dose limitée de proportionnelle aux élections législatives. Nicolas Sarkozy a précisé lundi au Parisien qu’il souhaitait instaurer 10% de proportionnelle. Ce qui représenterait un peu moins de 60 députés sur 577.
Cette idée n’est pas nouvelle. Dans l'entre deux tours de la dernière campagne présidentielle, le 29 avril 2007, à Bercy, Nicolas Sarkozy s'était déjà engagé à mettre en place "une dose de proportionnelle".
"Je m’engage, si je suis élu président de la République, à réunir toutes les forces politiques de la Nation, et à discuter avec elles de la possibilité d’introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l’Assemblée nationale, sans créer le risque d’une instabilité qui serait désastreuse", avait lancé Nicolas Sarkozy.
Une proposition restée lettre morte pendant le quinquennat. Pire, Nicolas Sarkozy est accusé par le PS d’avoir au contraire refusé d’instaurer une dose de proportionnelle à l’Assemblée lors de la réforme constitutionnelle de 2008. "Il y a, dans cette proposition, des dimensions uniquement électoralistes", estime Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande, au micro d’Europe 1.
Le FN et le MoDem dénoncent "un coup politique"
Un "coup politique" également dénoncé par le FN et le MoDem. François Bayrou a qualifié de "nouveau leurre" la proposition de Nicolas Sarkozy d'instaurer "à la marge" une dose de proportionnelle dans le mode d'élection des députés. "L'idée de proportionnelle, c'est-à-dire d'un scrutin juste, qui respecte équitablement tous les grands courants de la vie politique, est incompatible avec l'expression "à la marge". La charité de quelques sièges, merci beaucoup", a répondu laconiquement Bayrou. La présidente du FBN, Marine Le Pen, a, elle fustigé un Nicolas Sarkozy "multirécidiviste en matière de promesses non tenues".
A l’UMP, la proposition de Nicolas Sarkozy est loin de faire l’unanimité. Le patron du parti majoritaire, Jean-François Copé et le premier ministre François Fillon ont toujours défendu l’idée qu’il ne fallait pas toucher au mode de scrutin majoritaire. Mais, en coulisses, depuis quelques semaines, le président-candidat avait préparé ses troupes à cette annonce.
Le Monde. Le 19/02/2012. Source
Parachutes dorés : Nicolas Sarkozy réitère sa promesse de 2007
Les campagnes se suivent, et parfois se ressemblent : Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il voulait interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux, mercredi 22 février sur France 2. En campagne à Marseille, le 19 avril 2007, le même candidat avait déclaré : "Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des 'golden parachutes', parce c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes."
Cette loi n'a jamais vu le jour, mais un certain nombre de dispositions visant à encadrer les rémunérations (au sens large) des patrons ont été prises depuis 2007.La loi TEPA sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat du 21 août 2007 a ainsi prévu que les parachutes dorés, ces indemnités de départ versées à des dirigeants d'entreprises, fassent l'objet de conventions approuvées par le conseil d'administration et l'assemblée générale des actionnaires et soient liées à des critères de performance.
NOUVELLE CHARGE EN 2008
Le 3 octobre 2008, le chef de l'Etat était revenu à la charge sur ces sujets, exigeant du patronat qu'il présente ses propositions de pratiques "acceptables" encadrant la rémunération des dirigeants d'entreprises, et en particulier les parachutes dorés. Il avait formulé le souhait que ces rémunérations soient liées aux performances économiques réelles des entreprises et qu'il n'y ait pas de versement de parachutes dorés en cas de faute du dirigeant ou lorsque celui-ci quitte une entreprise en difficulté.
L'arme de la fiscalité a été utilisée à plusieurs reprises par le gouvernement Fillon : les indemnités de rupture dont le montant est trente fois supérieur au plafond annuel de la Sécurité sociale ont ainsi été soumises aux cotisations sociales et aux contributions sociales (CSG-CRDS) dès le premier euro par la loi de financement de la Sécurité sociale de 2009. Par ailleurs, la loi de finances pour 2011 a alourdi la taxation des retraites chapeaux en créant un barème progressif à trois tranches (7 %, 14 % et 21 % pour la partie de la rente supérieure à 24 000 euros).
Huit mandataires sociaux sur dix bénéficient d'une retraite chapeau, dont le montant peut être de plusieurs millions d'euros au moment de la liquidation de la retraite. Les grandes entreprises versent aussi des retraites supplémentaires à prestations définies à leurs cadres et plus rarement à leurs salariés. Quelque 100 000 personnes en bénéficieraient.
Le NouvelObs.com a réalisé un montage vidéo rappelant les précédentes déclarations de Nicolas Sarkozy :