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Le prix de l'essence et du gazole

Le prix de l'essence et du gazole

Le Figaro.fr - 28/03/2012 - L'essence joue sur le vote (sondage)


Près d'un Français sur deux (49,8%) estime que son vote peut être influencé par les propositions des candidats à la présidentielle pour faire baisser le prix des carburants, révèle une enquête Toluna réalisée pour le magazine spécialisé LSA à paraître demain.

Alors que les prix des carburants battent record sur record depuis la fin 2011, ce sondage souligne qu'une majorité de Français (60,3%) pensent que le futur président peut faire baisser les prix s'il le décide. Pour près de la moitié des personnes interrogées (47,42%), la mesure la plus efficace serait une baisse de 20% des taxes sur l'essence.

Impact sur leur pouvoir d'achat

La quasi-totalité des personnes sondées (92%) pensent que la hausse des prix va affecter leur pouvoir d'achat et plus d'une personne sur deux (58,3%) envisage de réduire sa consommation d'essence. Si elles devaient réduire d'autres postes de dépenses, les personnes interrogées sacrifieraient en priorité les sorties (54,67%) et les produits high-tech (50,30%), détaille le sondage.

Selon les dernières données du gouvernement, le litre de l'essence sans plomb 95 a atteint la semaine dernière en moyenne 1,6506 euro, celui du sans plomb 98 1,6929 euro et le litre de gazole 1,4560 euro. Cette flambée des prix, qui frappe les automobilistes au portefeuille, a suscité de nombreuses réactions et propositions de la part des candidats à l'élection présidentielle.

L'enquête Toluna/QuickSurveys pour LSA a été réalisée par internet le 22 mars auprès d'un échantillon de 2.000 personnes âgées de 18 ans et plus.

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Le Monde.fr - 29/03/2012 - Recours aux stocks stratégiques de pétrole : un signe politique - Par Jean-Michel BEZAT


Cette ultime carte, Nicolas Sarkozy a longtemps hésité à l'abattre : puiser dans les stocks stratégiques de pétrole pour faire baisser les prix du brut et ceux des carburants (essence, gazole) à la pompe. A moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, il s'y est finalement résolu pour répondre à la grogne grandissante des électeurs - un défi politique auquel le président américain, Barack Obama, est également confronté dans la campagne pour sa réélection.

Le premier ministre, François Fillon, a estimé, jeudi 29 mars sur France Inter, qu'il y a de "bonnes perspectives" d'accord entre Européens et Américains sur l'utilisation de ces stocks créés après le premier choc pétrolier (1973-1974) pour faire face à une éventuelle pénurie. La France table "raisonnablement" sur un feu vert de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a pour sa part affirmé le ministre de l'économie, François Baroin, sur Europe 1.

Les ministres de l'industrie et du budget, Eric Besson et Valérie Pécresse, avaient annoncé, mercredi, que la France travaille sur ce scénario avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. "Nous sommes en phase de consultation à l'AIE", basée à Paris, puisque "son avis est un pré-requis pour pouvoir puiser dans ces réserves", avait précisé Mme Pécresse, la porte-parole du gouvernement, à l'issue du conseil des ministres. Il s'agit, selon elle, de "casser la spéculation". "Ce sont les Etats-Unis qui l'ont demandé", a pour sa part assuré M. Besson.

PRÉSERVER L'EMPLOI

L'urgence politique est de faire baisser les prix à la pompe. Celui d'un litre de super sans plomb 98 était en moyenne de 1,69 euro la semaine dernière, tandis que le sans plomb 95 atteignait 1,65 euro et celui du gazole près de 1,46 euro. Dans certaines stations-service de Paris, le super s'affichait à presque 2 euros, indique le comparateur de prix du ministère de l'économie et des finances.

Le gouvernement veut d'abord envoyer un signe politique. Il sait, en effet, qu'une utilisation des stocks - forcément limitée sur un marché mondial bien approvisionné en brut - ne ferait baisser les prix à la pompe que de quelques centimes. La mise sur le marché de 60 millions de barils par l'AIE, en juin2011, pour répondre à l'arrêt des exportations de pétrole libyen, n'avait eu qu'un effet réduit (quelques centimes) et temporaire. M.Fillon a lui-même reconnu qu'"il ne faut pas en attendre des miracles sur la baisse du prix de l'essence".

M. Sarkozy est jusqu'à présent resté sans réponse face à ce phénomène qui grève le pouvoir d'achat des ménages. Son concurrent PS, François Hollande, a annoncé deux mesures un peu plus ambitieuses, même si elles n'enrayeront pas une tendance lourde : le gel des prix à la pompe pendant trois mois, comme l'y autorise le Code du commerce ; la baisse de la taxe sur la consommation de produits pétroliers à due concurrence de ce que l'Etat engrange comme TVA, le mécanisme devant être neutre pour les finances publiques.

Au-delà de son effet - très limité - sur les prix à la pompe, cette mesure assez exceptionnelle est destinée à écarter une lourde menace pesant sur l'activité économique et l'emploi. "Une perturbation majeure qui enverrait très haut les prix du pétrole pourrait interrompre le redressement économique", prévenait mi-février le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke. Depuis, les cours n'ont pas baissé, et le baril de brent de la mer du Nord oscille toujours autour de 125 dollars.

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Insécurité : Affaire Merah

Insécurité : Affaire Merah

Suspension de campagnes pour certains - Pas de trêve politique pour d'autres
Failles dans l'union nationale
A qui profite le crime ?
L'impact sur les sondages


Libération.fr - 21/03/2012 - La vraie fausse suspension de la campagne électorale


Toulouse, les candidats à la présidentielle ont annoncé la suspension de la campagne. S'est-elle vraiment arrêtée? C'est le duel du jour entre Paul Quinio («Libération») et François d'Orcival («Valeurs actuelles»). Avec France Info, animé par Jean Leymarie.
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Slate - 19/03/2012 - Fusillade de Toulouse : le PS suspend sa campagne


Le porte-parole du PS Benoît Hamon vient d'annoncer lors d'un point presse ce 19 mars 2012 que la campagne de François Hollande était «supendue pour honorer la mémoire des victimes» de la fusillade de Toulouse, qui s'est déroulée devant un collège juif et a fait quatre morts, dont trois enfants.

François Hollande maintient sa présence au Grand journal de Canal+ lundi soir, mais ne participera pas à la séquence du Petit journal, précise par ailleurs 20 Minutes.

Nicolas Sarkozy a lui précisé qu'une minute de silence aurait lieu mardi dans les écoles de France.

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L'Express - 20/03/201 - Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d'une trêve de la campagne - Par Michel VERON, Matthieu DEPRIECK et Philippe LESAFFRE


Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d'un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants?
Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: "Ce n'était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d'une réunion de réflexion nationale."
Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu'il y a un "degré de violence, de stigmatisation dans la société française (...). Et ceci n'est pas sans rapport avec la responsabilité publique."
D'où la réplique d'Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu'on "ajoute de l'ignoble à l'horrible". François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: "Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire", souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu'il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal.
Le ministre des Affaires étrangères "va trop loin, il n'a pas compris le message", réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, "Bayrou a dit ce qu'il a toujours dit sur les tensions au sein de la société".
"Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse" (Mélenchon)
François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s'est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a "intégré l'information dans sa campagne": "Son agenda risque d'être modifié dans les prochains jours", croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.
Cette vraie-fausse campagne n'est pas du goût du Front de gauche: "Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c'est plutôt un affichage de trêve", avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: "En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre."
Même ton chez le candidat du Front de gauche: "Poursuivre la campagne, c'est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective", a lancé Mélenchon, dont l'agenda n'a pas été modifié. "Nous ne sommes pas à la merci d'un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera", a-t-il insisté.
"J'ai envie de dénoncer cette comédie de l'union nationale et je n'y jouerai pas" (Arthaud)
Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L'Express, abonde en ce sens: "Ce serait donner raison à l'assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (...) La pudeur doit être de mise. Mais elle n'interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n'est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment."
Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: "Je n'ai absolument pas envie d'aller dans ce sens-là de l'union nationale, d'un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis", a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de "barbares et horribles" les événements de Toulouse. "J'ai envie de dénoncer cette comédie de l'union nationale et je n'y jouerai pas", a-t-elle ajouté.
Luca s'en prend à Hollande
De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s'est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes.
Un peu plus tôt, il était aussi l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée "indécente" pour le député UMP Lionnel Luca.
Dans un communiqué intitulé "Trêve de plaisanterie", l'élu des Alpes-maritimes écrit: "Devant l'épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l'exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin!"
"Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée?", demande Lionnel Luca.

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Le Temps - 21/03/2012 - Tueur: premières failles dans l’union nationale - Par Catherine DUBOULOZ


La trêve et l’union nationale n’auront pas duré longtemps. Le débat politique, mis en veille depuis la tuerie de Toulouse, lundi matin, reprend ses droits dans l’Hexagone. A 11h, élèves, enseignants et élus se sont recueillis au cours d’une minute de silence à la mémoire des trois enfants et de l’enseignant, père de deux d’entre eux, abattus à l’école juive d’Ozar Hatorah. Nicolas Sarkozy se trouvait dans un collège du centre de Paris; François Hollande dans une école de banlieue. Tous deux – comme Eva Joly et Marine Le Pen – ont annulé leurs rendez-vous de campagne. Ce mercredi, l’un talonnant l’autre, ils se rendront à Montauban pour l’hommage aux militaires abattus les 11 et 15 mars. François Bayrou et Marine Le Pen y seront également.

Attention stigmatisation!

Unité nationale? Très vite, des voix discordantes se sont fait entendre. La candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a dénoncé «la comédie d’union nationale»: «Ma compassion et ma solidarité à l’égard des proches des victimes ne créent pour autant aucune «solidarité nationale» avec Marine Le Pen, Sarkozy, Guéant et bien d’autres.» Jean-Luc Mélenchon, en lutte ouverte et pédagogique contre le Front national, refuse de suspendre sa campagne. Pour le candidat du Front de gauche, continuer est «un acte de résistance morale, intellectuelle et affective». «C’est montrer que nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré. Il ne fait pas la loi.»

Le centriste François Bayrou ne s’est pas non plus mis en veille. Il a même ouvert le débat sur la stigmatisation dont font l’objet les minorités religieuses ou les immigrés. Lundi soir à Grenoble – un symbole –, au cours d’une «réunion de réflexion nationale», le président du MoDem a déclaré à propos de la tuerie: «Je crois profondément que ce type de folie s’enracine dans l’état d’une société. […] Il y a un degré de violence, de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, et c’est purement et simplement inacceptable. […] Le fait de montrer du doigt les uns ou les autres en raison de leur présence dans le pays, de leur origine, de leur situation sociale, c’est d’une certaine manière faire flamber ce genre de passion, ce genre de sentiment.» L’allusion à peine voilée à des propos tenus par Marine Le Pen comme Nicolas Sarkozy.


Exploitation du drame

Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a vivement réagi. «N’ajoutons pas l’ignoble à l’horrible, n’essayons pas de tirer parti dans un sens ou dans l’autre, dans quelque direction que ce soit, de ce drame qui n’a rien à voir avec la campagne électorale», a-t-il rétorqué sur France 2. Le député UMP Bernard Debré a aussi qualifié les propos de François Bayrou d’«absurdes» et motivés par le souhait de faire parler de lui.

Dans l’opposition, d’autres critiques ont émergé à l’encontre du chef de l’Etat. La patronne des écologistes, Cécile Duflot, a posté ce message sur Twitter: «Je pense, Monsieur le Président, qu’on ne parle pas ainsi à des enfants. Le devoir des adultes c’est de protéger, pas d’angoisser.» L’écologiste réagissait à cette déclaration de Nicolas Sarkozy après la minute de silence dans les écoles: «Nous sommes tous concernés parce qu’il s’est passé. Cela s’est passé à Toulouse dans une école confessionnelle avec des enfants de famille juive, mais cela aurait pu se passer ici.»

Jean-Marc Ayrault, le patron du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, a tenté de calmer le jeu: «Il ne doit y avoir aucune tentative d’instrumentalisation ou d’exploitation du drame de Toulouse», a-t-il écrit sur son compte Twitter. Pas sûr qu’il soit vraiment entendu.

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Le Monde.fr (Le 19 heures de Françoise Fressoz)  - 23/03/2012 - A qui profite le crime ? - Par Françoise FRESSOZ


La gauche voudrait se faire entendre mais c’est la voix de Marine le Pen qui couvre toutes les autres.

La candidate du Front national dénonce le crime en espérant que le crime lui profite. Elle s’indigne des assassinats de Montauban et de Toulouse qui ont plongé le pays dans l’horreur mais c’est pour mieux exploiter ce qui fait son fonds de commerce : l’insécurité et la peur de l’islam.

Depuis la mort de Mohamed Merah, l’auteur des tueries, abattu par les hommes du RAID, elle reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir négligé "le risque fondamentaliste". Elle accuse les services de renseignement d’avoir commis "une faute" dans la surveillance du terroriste qui avait été interpellé puis relâché en novembre, de retour d’un séjour au Pakistan.

Elle remet sur la table sa proposition de référendum sur la peine de mort et/ou la perpétuité réelle. Elle surfe sur l’émotion et joue sur les peurs pour reprendre à Nicolas Sarkozy la part d’électorat qu’il est parvenu à grignoter depuis son entrée en campagne le 15 février.

La campagne de 2012 est d’une rare violence. C’est l’émotion qui domine, avec bruits de gâchette et terreur afférente. On avait cru à une trêve en tout début de semaine après la mort de trois élèves et d’un enseignant du collège Ozar Hatora de Toulouse qui a plongé dans l’effroi le pays tout entier.

Mais après une accalmie de deux jours, les coups sont repartis de plus belle, d’autant plus violents qu’il ne reste plus que quatre semaines de campagne. Dans ce paysage dévasté, les petits candidats qui entendaient profiter de l’égalité du temps de parole sur les médias audiovisuels sont condamnés à de la figuration.

La gauche et le centre qui mettent l’accent sur le "vivre ensemble" et le refus de la stigmatisation sont à la peine : les questions de sécurité n’ont jamais été leur fort. Cette fin de semaine ressemble à un face-à-face entre Nicolas Sarkozy et Marine le Pen qui, fragilisée pendant toute la période où elle cherchait ses parrainages, est de nouveau à l’offensive.

La candidate du Front national cherche à débusquer le candidat UMP, qui s’est de nouveau paré de ses atours de président pour jouer les rassembleurs et les rassurants. Elle lui demande des comptes sur son bilan sécuritaire, entretient les failles qui sont apparues au sein du gouvernement entre le ministre des affaires étrangères et le ministre de l’intérieur. Elle le pousse à la surenchère comme elle l’avait déjà fait sur la viande halal ou sur l’immigration.

A droite, c’est la bataille du premier tour qui se joue sous nos yeux, obligeant Nicolas Sarkozy à un jeu beaucoup plus subtil que ces dernières semaines : lui qui voulait de "l’épicé", devra dire à un moment : "halte au feu !"

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Libération - 27/03/2012 - Affaire Merah : un impact limité dans les sondages - Par Laure EQUY


Il devait y avoir «un avant et un après Toulouse», pressentaient les équipes de campagne des candidats et les observateurs. Pour ce qui est des intentions de vote en tout cas, l’affaire Mohamed Merah a eu un effet plutôt limité, à en croire deux sondages publiés ce mardi. Une enquête Ipsos pour France Télévisions, Radio France et Le Monde crédite Nicolas Sarkozy et François Hollande de 27,5% et 28% des intentions de vote au premier tour. Des scores stable pour le Président sortant et en recul d’un demi-point pour le socialiste. L’ordre est inversé pour l’Ifop au premier tour, mais les deux candidats UMP et PS sont également au coude à coude: Sarkozy à 28,5% et Hollande à 27, selon le baromètre réalisé pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat.

Un troisième sondage, OpinionWay-Fiducial pour LCI et Le Figaro,  publiée mardi soir, donne à son tour les deux favoris dans un mouchoir de poche au premier tour. Sarkozy en tête à 28% d’intentions de votes suivi par Hollande à 27. Mais depuis la précédente livraison, le 15 mars, les candidats qui étaient à égalité n’ont que peu bougé, un demi-point en plus pour l’un, le second en baisse également d’un demi.

«Même si les tueries à Toulouse et Montauban ont représenté un événement dramatique qui a beaucoup ému les Français, l’effet sur le rapport de force électoral n’est pas évident», observe Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. L’explication: l’insécurité ne figurait pas parmi les principales attentes des Français avant le drame et elle n’est pas pour autant remontée en flèche.

«On n’est pas dans le contexte de 2002»

«Le curseur est indexé sur les questions économiques et sociales. On n’est pas dans le contexte de 2002, où la fusillade de Nanterre et le fait divers avec Papy Voise avaient pu influer: coup de barre à droite, Le Pen au second tour...» Les seuls dossiers sociétaux qui portent dans l’opinion sont l’éducation et la santé, ajoute Dabi, pour qui «la sécurité pourrait progresser légèrement dans l’ordre des préoccupations mais c’est trop tôt pour le dire.»

«Les Français continuent à trouver qu’on ne parle pas assez de pouvoir d’achat, de chômage, d’école. Sur l’insécurité, ils sont partagés», remarque Jean-François Doridot, de l’Ipsos: 39% d’entre eux estiment que le sujet n’est pas assez traité, mais 29% le jugent trop évoqué.

Sarkozy, qui a pu revêtir le costume de chef d’Etat rassembleur, n’a guère bénéficié de cette séquence. Pourtant, selon le résultat de l’enquête Ipsos, 70% des sondés lui sont gré d’avoir trouvé le «ton juste» (ou «plutôt juste») alors qu’ils sont 55% à penser de même pour Hollande. «Il s’agit plus du Président que du candidat. Ce jugement dépasse d’ailleurs les clivages partisans. C’est un effet parmi d’autres, qui ne se traduit pas forcément en gain électoral» pour Sarkozy, justifie Jean-François Doridot.

Meilleurs reports de voix de Le Pen pour Sarkozy

Le résultat du sondage Ipsos au second tour sourit un peu plus au candidat UMP. Toujours donné perdant, il parvient quand-même à resserrer l’écart avec Hollande, à 46 contre 54% des intentions de vote -au lieu de 56 contre 44% la semaine dernière. Et ce grâce à de meilleurs reports de voix au second tour auprès des électeurs de Marine Le Pen. «Il y a là un effet Toulouse mais pas seulement, cette progression a été amorcée il ya trois semaines après le meeting de Villepinte», rappelle Doridot, d'Ipsos.

Pour Frédéric Dabi, Sarkozy consolide aussi son électorat traditionnel, dans le contexte de l’affaire Merah: le Président progresse chez les électeurs de plus de 65 ans, autour de 44% -son score de 2007- et chez les artisans et commerçants.

Si Marine Le Pen perd 0,5 point dans le sondage Ifop (15,5%), la frontiste en gagne un pour l’Ipsos (16%). Mais les deux sondages ont été réalisés juste avant ou le jour de son meeting à Nantes, dimanche: la candidate d’extrême droite avait franchement durci le ton, en faisant l’amalgame immigration-terrorisme.

«La dynamique Mélenchon n’a pas été freinée»

«Le perdant de la séquence serait François Bayrou», note le sondeur de l’Ipsos. Le candidat Modem, qui avait brisé le consensus général en invoquant après le drame «l’état d’une société [...] malade de ses divisions», perd 1,5 point à 11,5% dans les deux sondages. Nouvelle précaution: ce recul date d’avant son meeting de dimanche au Zénith.

Dernier signe que l’affaire Merah n’a guère eu d’impact dans les sondages: «la dynamique Mélenchon n’a pas été freinée», relève Frédéric Dabi (Ifop). Au contraire. Après son rassemblement place de la Bastille, voilà dix jours, le candidat du Front de gauche, poursuit sa poussée. En grimpant d’1,5 point dans le sondage Ipsos et même de trois points pour l’Ifop, le candidat du Front de gauche est crédité de 13%.

-> Sondage Ifop réalisé par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone du 22 au 25 mars auprès d'un échantillon de 1 769 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. (Méthode des quotas)

-> Sondage Ipsos réalisé du 23 au 24 mars auprès d'un échantillon représentatif de la population française constitué de 978 personnes et interrogé par téléphone. (Méthode des quotas, Marge d'erreur autour de 2%)

->  Sondage réalisé en ligne les 26 et 27 mars auprès d'un échantillon de 1.148 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d'un échantillon de 1.209 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 2 à 3 points au plus pour un échantillon de 1.000 répondants. Notice consultable à la commission des sondages.

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Les relations franco-algériennes

Les relations franco-algériennes

Slate.fr - 20/03/2012 - Présidentielle: la guerre d'Algérie s'est immiscée discrètement dans la campagne  - Par Ariane BONZON

Alors qu'aucun des candidats n'a vécu le conflit, son héritage continue de perturber la classe politique, cinquante ans après les accords d'Evian du 19 mars 1962, sur fond de disputes mémorielles et de considérations électorales.


Pour la première fois sous la Ve République, aucun des candidats à la présidentielle n’a «fait» d'une manière ou d'une autre la guerre d’Algérie. Au moment des accords d’Evian, le 19 mars 1962, Marine Le Pen n’était pas née, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient sept ans, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou dix. Pourtant, en raison d’un télescopage du calendrier électoral avec le calendrier historique, la guerre d’Algérie s’immisce discrètement, cinquante ans après, dans la campagne présidentielle. Un terrain glissant pour tous les partis.

Entre 1954 et 1962, ce conflit aurait entraîné la mort de 260.000 à 275.000 personnes, dont 75.000 à 85.000 militaires français et 6.494 civils européens, selon un nouveau décompte proposé par le journaliste Jean Jolly dans son livre Décolonisation, crimes et châtiments (L’Harmattan). Et pourtant, cette «guerre n’a pas dit son nom» pendant quarante-cinq ans. Le 18 octobre 1999, le Parlement français la reconnaissait enfin en substituant le terme de «guerre d’Algérie» à celui d’«opérations».

Des familles politiques divisées
Aujourd’hui encore, certains jeunes cadres politiques, pourtant pas nés dans les années 50, se sentent gênés aux entournures. Les uns à cause des mensonges socialistes sur la torture, les autres en raison de l'attitude gaulliste à l’égard des pieds-noirs. Car aucune des figures tutélaires de la gauche (François Mitterrand), de la droite (Charles De Gaulle) et de l’extrême-droite (Jean-Marie Le Pen) ne sortirait indemne d’un examen sérieux de leur rôle dans cette période.

Et puis, la guerre d’Algérie a profondément divisé les deux grandes familles politiques, opposant entre eux militants et responsables de même tendance. A gauche, c’est Michel Rocard qui dénonce la politique répressive de Guy Mollet en Algérie, quitte la SFIO et rejoint le Parti socialiste autonome (PSA) en 1958. A droite, c’est, en 1960, le résistant Jacques Soustelle qui démissionne de son poste de ministre et quitte le général de Gaulle pour soutenir l’Algérie française et l’OAS.
Au sein des deux camps, la mémoire politique de la guerre d’Algérie est multiple, tourmentée et contradictoire. Dans le sud de la France, des candidats de droite et de gauche, théoriquement opposés, adoptent des postures électoralistes presque similaires et «draguent» également les pieds noirs: on a pu le vérifier dans le cas de l’ancien maire socialiste de Montpellier Georges Frêche ou d'une poignée de députés UMP qui avaient déclenché une violente polémique il y a deux ans autour du film Hors-la-loi. Pourtant, membre de l’UMP, le collectif Droite populaire, qui compte 42 députés, partage lui certaines positions du FN sur le dossier algérien.

Seul parti à peu près homogène sur cette question, le FN se voit comme le dépositaire de l’Algérie française. Les harkis et les rapatriés d’Algérie constituent un fond de commerce électoral pour Marine Le Pen. En janvier, à Perpignan, la candidate du Front national rappelait qu’il fallait «régler d’une manière définitive par une loi-cadre les questions patrimoniales et morales liées à l’exode de ces [...] rapatriés, de ces harkis».

Affinités prononcées avec le FN
Très revendicatif, un ancien élu du FN et membre actif de l’OAS, Jean-François Collin, préside l'Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus politiques et exilés de l'Algérie française (Adimad), qui multiplie les initiatives (stèles et plaques commémoratives, hommages à l’OAS...). En mai 2011, il a été nommé chevalier de la légion d'honneur avec pension par décret de la Présidence de la République.

Six mois plus tard, c’était au tour d’Hélie Denoix de Saint Marc, l'un des officiers putschistes du 22 avril 1961, d'être élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy. «Ces pieds-noirs alliés à d’anciens militaires, très mobilisés et présents dans le sud de la France, se rapprochent du gouvernement pour obtenir des avantages  comme des médailles, des pensions, des postes dans les commissions», explique l’historienne Claire Mauss-Copeaux, auteur de Algérie, 20 août 1955 (Payot).

En leur donnant des gages concrets durant son mandat, le président de la République a préparé le terrain du candidat Nicolas Sarkozy, qui cherche à détourner les rapatriés du FN comme il l’avait fait en 2007. Car selon une note publiée en janvier par le Cevipof et l'Ifop, «l'électorat pied-noir continue de nourrir des affinités très ou assez prononcées en faveur du FN quelles que soient les générations».

C’est dans cet esprit que, le 9 mars, à Nice, le président-candidat s’est adressé aux 450 pieds-noirs et harkis soigneusement «choisis par les associations de rapatriés de la ville». Nicolas Sarkozy a rejeté toute repentance quant à la conduite de la guerre mais a lancé à son auditoire: «Pour que vous puissiez pardonner, la République doit reconnaître qu'il y a eu une forme d'injustice, d'abandon. C'est fait.» Sans tout à fait convaincre puisque plusieurs associations d’harkis lui ont reproché de ne pas avoir tenu ses promesses de 2007.

«On s'aime, on a des enfants ensemble»
Ce même jour, une trentaine de militants communistes et d’extrême gauche ont tenté d’entrer dans l’enceinte niçoise où Nicolas Sarkozy prononçait son discours, mais ont été repoussés par la police sans ménagement. Sur France 5, le dimanche suivant, leur candidat, Jean-Luc Mélenchon, reprenait le sujet pour s’attaquer, non pas à Nicolas Sarkozy, mais à leur rivale commune, Marine le Pen, qui continue selon lui «à nous saoûler avec cette histoire de l'Algérie française».

Et le dirigeant du Front de gauche d’accuser le «petit monsieur» Le Pen d’avoir du «du sang jusqu'aux coudes, [...] le sang d'un tortureur» pendant la guerre d'Algérie. «Je suis pied-noir», a souligné Jean-Luc Mélenchon, natif de Tanger (Maroc), «et les pieds-noirs qui raisonnent savent une chose»: «Maintenant la guerre est finie, on s'aime, on a des enfants ensemble» et «la France déclare la paix à tous les Algériens».

«Tous les rapatriés d’Algérie ne partagent pas nécessairement les idées des plus bruyants mais ils ont peur de se distinguer», explique l’ancien président de la Ligue des Droits de l’homme à Toulon, François Nadiras, qui anime le site internet de l’association dédié aux séquelles de cette période. «Nous avons essayé d’organiser des rencontres avec des personnes ayant participé à cette guerre ou en ayant été victimes d’une façon ou d’une autre, mais aucune association de pieds-noirs n’a jamais répondu de façon positive à nos propositions; la situation changera sans doute avec la création de l’Association des pieds-noirs progressistes (ANPNPA)», espère-t-il.

Récemment, des protestations venues d'associations marquées à gauche ont déjà contraint le ministre de la Défense, Gérard Longuet, à faire volte-face sur un sujet sensible. Début février, il a annoncé sur TV5 reporter à septembre 2012 le transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides, projet soutenu par le collectif Droite populaire au sein de l’UMP.

A la mi-novembre, une vingtaine d’associations de sensibilité de gauche avaient lancé une pétition (près de 10.000 signatures à la mi-mars) pour dénoncer l’utilisation politicienne du général Bigeard, soupçonné d’avoir couvert la torture en Algérie. Si Europe Ecologie-Les Verts, représenté par Cécile Duflot, a signé la pétition, le PS s’est en revanche abstenu.

Quelle date de commémoration?
Une autre bataille, législative cette fois, a eu lieu en février. Au terme d’une procédure accélérée, l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi qui fait du 11 novembre le jour anniversaire de l’Armistice et d’hommage à tous les morts pour la France. Lors des débats autour de ce projet de loi, le ministre chargé des relations avec le Parlement Patrick Ollier a précisé que «le 11 novembre ne se substitue pas aux autres commémorations; il n'a jamais été question de les supprimer ni de les hiérarchiser».

Une précision qui rappelle le caractère épineux du choix d'une date de commémoration en ce qui concerne la guerre d’Algérie. Impensable d’opter pour le 2 juillet 1962 qui marque l’indépendance du pays. Et la date des accords d’Evian, le 19 mars 1962, soutenue par la Fnaca, la principale association d'anciens combattants, suscite aussi les protestations des associations de rapatriés d’Algérie. «Pour certains rapatriés d’Algérie, explique l’historien Guy Pervillé, c’est la date à partir de laquelle ils se sont sentis trahis par la métropole.»
Déjà, le gouvernement Jospin, qui avait tenté de la faire voter, avait dû entreprendre une marche arrière à quelques mois des élections de 2002. Le sujet a encore provoqué une polémique récemment au conseil de Paris, tandis qu'au Sénat, le groupe communiste déposait une proposition de loi visant à inscrire dans le droit cette date du 19 mars, jugeant «pas acceptable» la date du 5 décembre «imposée en 2003 par Jacques Chirac à l'instigation des nostalgiques de l'Algérie française».
Et à ces polémiques viennent s'ajouter les sentiments des personnes issues de l'immigration algérienne en France, directement concernées par la place que la France accorde à la guerre d’Algérie et qui avaient été au premier rang de ceux qui ont combattu la loi du 23 février 2005 qui proclamait les aspects positifs de la colonisation.
Sourdement, l'héritage du conflit continue de peser lourd dans le sentiment que les enfants d’immigrés vivant dans les banlieues peuvent éprouver d’être des citoyens de seconde zone et que perdure sur le territoire de la République quelque chose de la domination coloniale. «Il n’est pas simple pour les descendants des colonisateurs et colonisés, aujourd’hui citoyens égaux en droit, de partager le même rapport à l’histoire, d’autant que le déni de la colonisation est possible. Car  elle a eu lieu dans un territoire supposé français, et hors de la conscience nationale», suggère le réalisateur Karim Miske.

«Sans repentance ni mise en accusation»
Toutes ces raisons font que le cinquantenaire du 19 mars 1962 en pleine campagne présidentielle tombe mal. Les éventuelles cérémonies bilatérales ont été reportées au second semestre, alors que l'Algérie est elle-même en pleine campagne électorale avant des législatives prévues le 10 mai. Le secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Marc Laffineur, a annoncé qu'«aucune commémoration nationale » n'aurait lieu le 19 mars. Un jour délicat pour Nicolas Sarkozy qui devrait s'exprimer en tant que Président de la République, théoriquement plus consensuel, sans déjuger le candidat qu'il est et qui tente de séduire l’électorat pied noir.

Le candidat socialiste devrait également marquer l’anniversaire des accords d’Evian, après son geste fort du 17 octobre dernier, «une date qui pour beaucoup est date de souffrance», avait-il dit. Ce jour-là, au lendemain de sa victoire à la primaire, il s'était rendu au pont de Clichy jeter une rose dans la Seine en hommage aux manifestants algériens sympathisants du Front de Libération National (FLN) qui ont péri à Paris cinquante ans plus tôt, le 17 octobre 1961, noyés après avoir été jetés au fleuve par des policiers de Maurice Papon.

«Il faut que la vérité soit dite. Sans repentance, ni mise en accusation particulière, déclarait-il. Reconnaitre ce qui c’est produit. Aujourd’hui je le fais en tant que socialiste. Ensuite, ce sera sans doute à la République de le faire…» Mais comme Nicolas Sarkozy, il devrait opter, en ce mois de mars, pour le service minimum.
En contraste avec la prolifération actuelle d’articles, de livres, de films et de conférences consacrés à la guerre d’Algérie. La Déchirure, documentaire d’archives recolorisées et très pédagogique sur la guerre d’Algérie, diffusé le 11 mars sur France 2, a été regardé par 3,3 millions de personnes. La preuve, selon le co-auteur du film et historien Benjamin Stora, «que ce silence d’en haut, ce silence des responsables politiques ne correspond pas à l’effervescence de la société»:
«Il y a un grand contraste. Les politiques ne se rendent pas compte des souffrances, de tous les côtés, et ce sont les extrêmes, le Front national et l’islam politique, qui s’engouffrent dans le silence des politiques.»
Pour Benjamin Stora, lui-même pied-noir, juif, né à Constantine, la solution politique, ce pourrait être une «Commission réconciation et vérité» entre l’Algérie et la France comme ce qui s’est fait en Afrique du sud. Le seul moyen d’établir et reconnaitre officiellement les faits et les blessures des deux côtés.

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Education

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Le Monde.fr - 04/03/2012 - Education : les programmes des candidats - Par Hélène BEKMEZIAN



Nicolas Sarkozy a présenté cette semaine ses propositions sur la politique de l'éducation, axée sur un renforcement de la présence des enseignants pour mieuxaccompagner les élèves. Mais la politique de l'éducation s'articule aussi autour d'autres thématiques comme l'apprentissage, les rythmes scolaires ou l'université ; quels sont les propositions des candidats sur l'éducation ?
UN ACCES PLUS DEMOCRATIQUE A L'ENSEIGNEMENT ET UNE UNIFORMISATION DE L'ECOLE
Pour Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), la politique de l'éducation s'axe autour du renforcement des services publics et d'une normalisation de l'école. Tous trois sont pour l'arrêt du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et pour l'embauche d'enseignants et de personnels de l'éducation dont ils souhaitent revoir la formation (notamment au handicap).
Les candidats de LO et du NPA proposent la création d'un service public de la petite enfance et, avec le candidat du Front de gauche, ils souhaitent scolariser les enfants dès 2 ans. Par ailleurs, ils sont fermement opposés à toute orientation précoce et M. Poutou propose une école commune sans sélection ni orientation de 3 à 18 ans quand M. Mélenchon souhaite que les mêmes programmes soient enseignés à tous jusqu'à la fin du collège et que la scolarité soit obligatoire jusqu'à 18 ans.
Sur les rythmes scolaires, le candidat du NPA propose plus de souplesse et de réserver le temps scolaire au matin et l'après-midi aux activités extra-scolaires. Il propose en outre d'ouvrir un débat public sur les contenus des cours et défend, comme Mme Arthaud, un système sans note ni classement.
Concernant les études supérieures, M. Poutou souhaite construire au moins 220 000 logements étudiants et accorder une allocation d'autonomie aux étudiants, tout comme M. Mélenchon, qui veut augmenter les montants des bourses. Tous deux refusent par ailleurs une privatisation du secteur (ils sont pour l'abrogation de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU)) et une perte de la mainmise de l'Etat aux profit des entreprises dans l'université.
Avec un peu moins de ferveur, Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts) défend elle aussi une uniformisation de l'école avec la mise en place d'une "école fondamentale" réunissant le primaire et le secondaire. Elle souhaite également l'arrêt du "un sur deux" et veut embaucher 20 000 postes de cadres éducatifs et enseignants, dont elle compte rétablir l'année de formation en alternance avec la pratique en classe (supprimée en 2009). Mme Joly propose enfin de revoir le système d'affectation des enseignants, notamment dans les zones difficiles (allègement des charges horaires et pas d'affectation non désirée pour les enseignants de moins de cinq ans d'expérience). Elle compte également créer un service public de la petite enfance et 400 000 places d'accueil pour les jeunes enfants.
Par ailleurs, la candidate met en avant les innovations pédagogiques dans les cours ainsi que les activités artistiques et culturelles. Elle propose également un plan national d'éducation à la préservation de la nature et de systématiser l'enseignement des sciences de la nature à tous les niveaux. Comme Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, elle souhaite abandonner le système des notes.
La candidate d'EELV souhaite enfin la construction d'au moins 50 000 chambres universitaires, l'abaissement des frais d'inscription à l'université et l'abrogation la loi LRU (qu'elle remplacera par une "loi élaborée avec la participation de tous les acteurs").
Corinne Lepage (Cap21), comme l'autre candidate écologiste Mme Joly, veutintroduire davantage d'innovation dans les programmes scolaires en s'ouvrant à d'"autres formes d'apprentissage des connaissance" et réviser les rythmes scolaires.
Dans le supérieur, elle ne compte pas revenir sur la LRU et propose de concentrerles efforts sur quelques universités (metttre en place une "Silicon Valley à la française"). Elle suggère un nouveau modèle d'établissement, offrant des formations professionnelles en deux ans et servant aussi de lieux de vie ouverts sept jours sur sept.
François Hollande (Parti socialiste) attache lui aussi une certaine importance à l'acquisition d'un même socle commun de compétence pour tous, particulièrement sur les fondamentaux (français, mathématiques, etc.). Le candidat socialiste, qui propose de scolariser les enfants dès 2 ans et de créer un service public de la petite enfance, souhaite par ailleurs revoir les rythmes scolaires en allongeant l'année pour alléger les journées de travail. Pour les jeunes sortis de l'école à 16 ans et sans formation, il veut proposer une "solution de formation, d'apprentissage ou un service civique", pour, à terme, diviser par deux le nombre de jeunes sortant sans qualification du système scolaire.
M. Hollande compte également arrêter le "un sur deux" dans l'éducation etembaucher 60 000 professionnels de l'enseignement - sans pour autantaugmenter le nombre global de fonctionnaires. Il propose de revaloriser leur salaire et de restaurer l'année de formation pratique.
Dans les études supérieures, il souhaite décloisonner les filières universitaires etrenforcer les passerelles pour éviter des spécialisation trop précoce et réformer la loi LRU pour une "autonomie réelle des établissements". Enfin, il souhaite lui aussi créer un système d'allocation d'étude.
Dominique de Villepin (République solidaire), un peu comme ses concurrents d'extrême gauche, se prononce pour une solide école commune et continue de 3 à 18 ans. Mais il suggère de la diviser en deux parties, avec une "école du socle"commune à tous jusqu'à 14 ans et une "école de la détermination" avec orientation et spécialisation progressive jusqu'à 18 ans et compte ainsi sortir du collège unique. Il propose la suppression des ZEP et le transfert de ces crédits vers un"droit personnalisé à l'enseignement prioritaire" affecté anonymement à des élèves en fonction de critères scolaires et sociaux.
L'ancien premier ministre veut également rendre possible l'apprentissage dès 14 ans et propose de créer des grands établissements régionaux pour les études supérieurs tout en interdisant le recrutement local des enseignants-chercheurs. Il veut également permettre l'accès à un "revenu citoyen" de 550 euros par mois dès 18 ans et reserver des places dans toutes les filières sélectives (CPGE, STS, IUT) aux 5 % des élèves de chaque lycée ayant eu les meilleurs résultats au bac
Concernant les statuts des enseignants, M. de Villepin propose d'introduire une distinction entre les jeunes enseignants et les enseignants confirmés dans les horaires, les mutations, les rémunérations et de développer les passerelles à mi parcours dans les carrières.
UNE EDUCATION PLUS PERSONNALISÉE
Nicolas Sarkozy (Union pour un mouvement populaire) veut lui un renforcement de la présence des enseignants pour un meilleur encadrement individuel des élèves. Tout en donnant plus d'autonomie aux chefs d'établissement, il propose aux enseignants du secondaire qui le souhaitent de pouvoir travailler huit heures de plus par semaine (passer de dix-huit à vingt-six heures hebdomadaires) pouraugmenter leur salaire d'environ 25 % (soit 500 euros par mois). Le but est d'augmenter leurs horaires de présence dans les établissements pour mieuxaccompagner les élèves qui éprouvent des lourdes difficultés scolaires.
Il a également annoncé qu'il arrêterait le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans le primaire. Dans la même idée d'accompagnement personnalisé des élèves, le candidat de l'UMP veut, comme M. Bayrou, sortir du collège unique et permettre l'entrée en apprentissage dès 14 ans.
M. Sarkozy a par ailleurs montré sa satisfaction envers les "internats d'excellence"qu'il compte pérenniser. Sur le supérieur, pas plus de propositions, si ce n'est la poursuite de la loi LRU qu'il a lui-même fait voter.
UNE ÉCOLE PLUS CLASSIQUE ET LA PRIORITÉ AUX FONDAMENTAUX
François Bayrou (Mouvement démocrate) prône une école plus individualisée et adaptée aux parcours des élèves avec la sortie du collège unique au profit d'un"collège hors les murs" avec des pédagogies adaptées. Il veut en outre donnerplus d'autonomie aux chefs d'établissement.
Comme François Hollande, le candidat du MoDem estime qu'il faut donner la priorité à l'apprentissage des contenus fondamentaux et propose de consacrer 50 % du temps scolaire en primaire à l'écrit et au français mais aussi "informer les élèves sur ce qu'ils ne maîtrisent pas : les codes de comportement, d'habillement, de langage, les chemins de la confiance en soi". M. Bayrou, qui souhaite par ailleurs que le contenus des programmes soient débattus au Parlement, veut, comme son concurrent socialiste, alléger les journées de travail.
Sans augmenter les effectifs de l'éducation nationale, il propose de réduire le nombre d'élèves par classe dans les établissements où cela est nécessaire. Tout en prônant un encadrement des élèves après la fin des cours (il avait créé les "études dirigées" en 1996, lorsqu'il était ministre de l'éducation), il souhaite que les temps de travail des enseignants puissent être étendus, mais seulement sur la base du volontariat. Concernant leur formation, il souhaite restaurer l'année de formation en alternance avec la pratique en classe et maintenir les concours de recrutement nationaux pour les enseignants du second degré.
Le candidat du MoDem met également l'accent sur l'apprentissage qu'il veut"favoriser, soutenir et valoriser" notamment en créant de nouveaux centres de formations. Il ne développe pas davantage de propositions sur l'enseignement supérieur si ce n'est de repenser la classe de terminale comme une préparation aux études supérieures.
Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), veut lui avant tout revenir aux fondamentaux dans les programmes scolaires et restaurer le respect de l'école et de l'enseignant : il propose d'augmenter le nombre d'heures de français dans le primaire (passer de dix à seize heures hebdomadaires) et permettre l'exclusiondes élèves "gravement perturbateurs" pour les prendre en charge dans un"environnement spécialisé, à vocation disciplinaire et éducative". Les enseignants seront en outre mieux formés à l'autorité.
Le candidat souverainiste souhaite également revoir les rythmes scolaires, en revenant à la semaine de quatre jours et demi dans le premier degré et dédoubler les classes de CP. Il compte d'ailleurs stopper le "un sur deux" pour recruter 30 000 enseignants, principalement pour les premières classes.
Sur le supérieur, le candidat de DLR veut, en dix ans, porter à 2 % du PIB l'effort budgétaire dans ce secteur pour "permettre un accès plus démocratique" à l'enseignement supérieur par des bourses au mérite et la réduction des frais d'inscription.
Marine Le Pen (Front national) insiste également sur le respect de l'enseignant et de l'école (la "valeur discipline") et l'apprentissage des fondamentaux, dont elle veut augmenter les volumes horaires. Comme M. Sarkozy, elle souhaiteindividualiser davantage l'école, donner plus d'autonomie aux chefs d'établissement, sortir du collège unique et permettre l'entrée en apprentissage dès 14 ans. La candidate frontiste propose d'arrêter le "un sur deux" et deremplacer tous les départs à la retraite sans pour autant réembaucher.
Elle veut par ailleurs placer des détecteurs de métaux à l'entrée des établissements les plus dangereux et compte interdire l'accès à l'école pour les enfants de sans-papiers. Mme Le Pen veut créer un service public de l'enseignement supérieur et généraliser le regroupement des universités en pôles de recherche et d'enseignement. Enfin, elle souhaite que les étudiants français soient prioritaires dans l'attribution des logements étudiants.

Les retraites

Les retraites

Les Echos - 27/02/2012 - Retraites : les réformes du PS, de Mélenchon et de Joly coûteraient entre 5 et 33 milliards - Par Vincent COLLEN

Hormis Nicolas Sarkozy, tous les candidats préconisent de revenir sur la réforme des retraites entrée en vigueur en 2011.


A l'exception du chef de l'Etat, tous les candidats à la présidentielle proposent de revenir sur la réforme des retraites de l'an dernier, de façon plus ou moins radicale. L'Institut Montaigne a chiffré l'impact de leurs propositions en rythme de croisière, en 2017. Elles coûteraient entre 5 milliards d'euros par an pour celle de François Hollande et 33 milliards pour celle de Jean-Luc Mélenchon. Contactées par « Les Echos », les équipes de campagne ont toutes indiqué qu'elles ne contestaient pas les chiffrages du think tank libéral, à quelques détails près. Dans tous les cas, il s'agit d'un coût net. Il tient compte de l'impact positif sur les comptes de l'assurance-chômage qu'aurait l' « appel d'air » sur le marché du travail. C'est l'équation plus de retraités = moins de chômeurs.
Le PS d'abord. François Hollande a promis de rétablir le droit au départ à 60 ans pour les salariés qui ont cotisé la durée nécessaire (41 ans pour la génération 1952, 41 ans et demi pour les assurés nés en 1955). Tous ne seront pas concernés -le PS estime que 150.000 personnes chaque année bénéficieront du retour à 60 ans, soit 20 % seulement d'une génération. Ce qui explique qu'elle ne coûte « que » 5 milliards d'euros par an à l'horizon 2017.
« Sans décote, ni surcote »

La proposition d'Eva Joly coûterait deux fois plus cher : 10,75 milliards à la fin du quinquennat, selon l'Institut. Comme François Hollande, la candidate écologiste veut rétablir l'âge légal de 60 ans, mais elle précise que ce départ pourra se faire « sans décote, ni surcote pour ceux qui ont suffisamment cotisé ».
Marine Le Pen, elle aussi, veut rétablir l'âge légal de 60 ans et elle préconise en plus de revenir à 40 années de cotisations. Coût : 14 milliards.
Les réformes de Jean-Luc Mélenchon, enfin, coûteraient 33 milliards. Outre le retour à 60 ans (14,5 milliards), le Front de gauche demande le relèvement au niveau du SMIC de toutes les pensions, ce qui coûterait 22,5 milliards. L'Institut n'a pas pu chiffrer, « faute de précision », la proposition du calcul de la pension sur la base de 75 % du salaire moyen des dix meilleures années. Et le Front de gauche ne s'est pas exprimé sur la durée de cotisation qu'il préconise.
L'Institut Montaigne n'a pour l'instant pas pu mesurer l'impact de la réforme proposée par François Bayrou. Le candidat centriste est favorable à l'instauration d'un système de retraite à points, comme la CFDT, ce qui impliquerait un bouleversement général, difficile à chiffrer.

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L'emploi

L'emploi

Le Parisien.fr - 28/03/2012 - Emploi : les propositions des candidats - Par Mathieu CROISSANDEAU et CG


En France, décrocher un premier emploi est un véritable parcours du combattant. De contrats spécifiques en allégements de charges, beaucoup a été essayé. Sans que l’on parvienne jamais à trouver la recette miracle. Aujourd’hui, plus d’un jeune sur cinq pointe au chômage, comme il y a vingt ans. A chaque soubresaut économique, ce sont les jeunes générations qui trinquent.

Des classes d’âge entières peinent à trouver leur place dans le monde du travail et piétinent dans le sas inévitable des stages à répétition et des petits boulots. Les moins de 25 ans, qui votent moins que leurs aînés, n’ont jamais constitué une clientèle électorale. De François Hollande à François Bayrou, pourtant, plusieurs candidats à la présidentielle ont fait de la jeunesse un axe de leur campagne. Comment en finir avec la précarité, leur redonner l’espoir de mener des projets ou leur permettre d’envisager l’avenir? Les défis sont immenses. Les risques de déception aussi. Comme l’écrivait autrefois Georges Bernanos : « Tous les vingt ans, les jeunes du monde posent aux vieillards une question à laquelle ils ne savent pas répondre… »

Favoriser les embauches

Pour enrayer le chômage des jeunes, Nicolas Sarkozy propose de réduire le coût de leur embauche, en réactivant une mesure lancée en 2008 : une très petite entreprise (moins de 10 salariés) qui embaucherait un jeune de moins de 26 ans ne payera aucune charge pendant six mois sur ce contrat de travail. François Hollande propose un « contrat de génération », qui prévoit de lier l’embauche d’un jeune de moins de 30 ans au maintien dans l’emploi d’un senior jusqu’à son départ à la retraite, les 2 salariés faisant l’objet d’une exonération de cotisations sociales. Le candidat PS propose aussi de créer 150000 « emplois d’avenir » d’ici cinq ans pour faciliter l’insertion des jeunes, en ciblant prioritairement les quartiers populaires.
François Bayrou souhaite accorder aux PME de moins de 50 salariés « une embauche sans charges pendant deux ans », si le CDI est proposé à un jeune dont c’est le premier emploi ou à un chômeur. Chantre de la priorité nationale à l’embauche, Marine Le Pen entend encourager les jeunes à créer leur entreprise, en suscitant l’émergence en France de « business angels » (des investisseurs qui les aident, moyennant réduction d’impôts, à démarrer leur projet).
Jean-Luc Mélenchon commencera, lui, par titulariser les 850000 précaires dans la fonction publique, parmi lesquels beaucoup démarrent leur vie professionnelle. Le recours aux intérimaires et aux CDD (qui sont légion avant 30 ans) sera strictement encadré : pas plus de 5% des effectifs dans les très grandes entreprises et jusqu’à 10% dans les PME. Eva Joly (Europe Ecologie-les Verts) souhaite créer près de 1 million d’emplois liés à l’essor d’une économie verte d’ici à 2020. Des nouveaux emplois, dans le secteur des énergies renouvelables ou de l’isolation des habitats, qui profiteraient de facto aux jeunes. Nathalie Arthaud (LO) veut interdire, comme Philippe Poutou (NPA), les licenciements dans les entreprises et prévoit des « embauches massives de jeunes dans les services publics, l’éducation, les transports, les hôpitaux ».

Améliorer la formation

Nicolas Sarkozy veut obliger les entreprises de plus de 250 salariés à compter 5% de jeunes en apprentissage. Objectif : 150000 jeunes apprentis supplémentaires par an pendant cinq ans. Par ailleurs, les jeunes chômeurs, comme les autres, seront contraints d’accepter une formation dans un secteur porteur… puis l’emploi qui leur sera proposé une fois leur formation achevée. François Hollande, lui, promet d’instaurer un nouveau droit à la formation pour les jeunes sans diplôme de vingt heures par an. Il souhaite aussi encadrer les stages pour empêcher les abus et augmenter les cotisations chômage « des entreprises qui ont trop recours aux emplois précaires ». François Bayrou, comme Sarkozy, veut développer l’apprentissage et instaurer un droit à la formation effectif dès l’embauche et pour toute la vie professionnelle.

Pour Marine Le Pen, il faut en finir avec le collège unique et proposer l’apprentissage dès 14 ans aux élèves qui n’auraient pas vocation à poursuivre dans l’enseignement général. Objectif : revaloriser les métiers manuels. Jean-Luc Mélenchon veut limiter la durée des stages à six mois et les rémunérer, à hauteur de 50% du smic, dès le premier mois. Idem pour Eva Joly, qui propose aussi que chaque jeune (de 15 à 25 ans) s’inscrive dans un projet (formation professionnelle, études, réinsertion, service civique, mobilité européenne…) et bénéficie pour cela d’un revenu d’autonomie de 600 €. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) s’engage à instaurer un crédit de formation utilisable à vie pour les jeunes qui sortent sans diplôme ni qualification du système scolaire.

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