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Jacques Cheminade : Temps forts

Jacques Cheminade : Temps forts


L'Express - 21/03/2012 - Pour Cheminade, la reine d'Angleterre tire sa fortune de la drogue 

Le candidat à la présidentielle partage la thèse du millionnaire américain Lyndon Larouche selon laquelle la reine s'est enrichie grâce à divers trafics. 
Il avait déjà comparé la politique d'Obama à celle d'Hitler. Jacques Cheminade a refait parler de lui ce mercredi lors de l'émission "Questions d'Info" sur La Chaîne Parlementaire. 
Jacques Cheminade était interrogé sur les affirmations du millionnaire américain d'extrême droite Lyndon Larouche, personnalité dont il s'inspire, qui a affirmé que "la reine d'Angleterre tirait sa fortune du trafic de drogue", manipulée "par les banquiers juifs de la City". 
"Non, pas toute la fortune, il y a plusieurs autres sources. Mais c'est une série de trafics dans lesquels, oui, il y a le trafic de drogues", a répondu Jacques Cheminade, après avoir évoqué "la tradition des Rothschild [...] qui ont fait toutes sortes de trafics".  
"Un prophète"
Comme il l'avait dit la semaine dernière, il a aussi réaffirmé le "parallèle entre le début du régime nazi et les mesures qui progressivement sont mises en place, et ce qui est fait aux États-Unis aujourd'hui".  
Conformément à son programme, il souhaite engager "une politique d'exploration vers la lune, vers Mars, dont tout le monde parle, à la NASA, au CNES, partout".  
Interrogé sur la manière dont il avait récolté ses 500 parrainages et sur d'éventuels soupçons d'achat, Jacques Cheminade a trouvé la question "absolument insultante" pour les maires.  
Ceux-ci ont été convaincus car ils se sont dit: "c'est quelqu'un qui ose bouger les lèvres, c'est en hébreu un prophète, quelqu'un qui ose bouger les lèvres devant les puissants et leur dire leurs quatre vérités", a-t-il expliqué. 
"Vous me traitez comme quelqu'un que je ne suis pas"
Sur les quelque 150.000 euros qu'il doit encore au Trésor Public, du fait de l'invalidation de ses comptes de campagne pour l'élection de 1995, Jacques Cheminade a indiqué qu'il ne "croyait pas" que cette somme puisse être prélevée sur la nouvelle avance d'environ 150.000 euros à laquelle il a droit pour le scrutin qui vient. Un contentieux est toujours en cours devant la cour administrative d'appel de Paris. 
Interrogé enfin sur le fait que son parti Solidarité et Progrès ait été visé par un rapport de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de 2005, Jacques Cheminade a affirmé que c'était "clos" et que la dérive sectaire n'a "pas été caractérisée". Avant de s'emporter et de dire: "Pour qui me prenez-vous? Vous me traitez comme quelqu'un que je ne suis pas". 



Le Figaro.fr - 20/03/2012 - Cheminade parle de "fascisme financier" 


Jacques Cheminade, candidat à la présidentielle, a assuré aujourd'hui que "l'oligarchie" de la City et de Wall Street "est en train d'engendrer un fascisme financier".

Sur Canal +, le candidat a lancé : "L'oligarchie financière de la City et de Wall Street, qui est la même qui a promu Hitler en son temps, et qui l'a aidé, s'exprime dans le monde".

Ce sont "des forces qui sont en train d'engendrer un véritable fascisme financier", a ajouté M. Cheminade, ce proche du milliardaire américain controversé Lyndon LaRouche qui se définit en "gaulliste de gauche", quand certains le classent à l'extrême droite.
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Jacques Cheminade : Les propositions

Jacques Cheminade : Les propositions

Les temps forts : Nicolas Sarkozy

Les temps forts : Nicolas Sarkozy
Capital sur M6
Les expatriés
Meeting de Villepinte
Jeanne d'Arc
Lejaby
Sarkozy détourné de son image


Arrêt sur image - 19/03/2012 - Sarkozy contré sur M6


Il ne l'a pas lâché. Dimanche 18 mars, Nicolas Sarkozy était l'invité du magazine Capital sur M6. Et manifestement, le journaliste Thomas Sotto était en pleine forme, toujours à l'affut de la moindre approximation du candidat. Sur le pouvoir d'achat par exemple, Sarkozy a d'abord affirmé que la France était le seul pays où celui-ci avait augmenté avant d'être immédiatement rectifié par Sotto qui a énuméré les autres pays européens dans ce cas de figure.
Sur les questions de santé, lorsque Sarkozy minimise les dépenses supplémentaires pour les patients pris en charge dans les cliniques, Sotto dégaine : encore faut-il avoir une bonne mutuelle et éviter les dépassements d'honoraires. Sur l'Europe, Sarkozy s'est vanté d'avoir initié la modification des accords de Schengen. Faux, les négociations avaient débuté avant, ce que ne manque pas de glisser le journaliste de Capital.
Et quand c'est Sarkozy qui tente de poser une colle au journaliste sur le nombre de médecins en France...
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Le Monde.fr - 16/03/2012 - L'équipe de Sarkozy envoie un mail à 600 000 expatriés pour les rassurer

L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy a envoyé vendredi 16 mars un e-mail à quelque 600 000 expatriés pour détailler – et rassurer certains – la proposition faite par le candidat de l'UMP, lundi, de créer un impôt pour les "exilés fiscaux", une mesure qui avait suscité des interrogations chez les expatriés. Le courriel, raconte France-Amerique.com, est accompagné d'une vidéo où Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat, souligne les différences avec François Hollande "qui décourage le travail" et "veut inciter nos compatriotes à quitter le territoire en leur imposant un impôt confiscatoire de 75 %", et Nicolas Sarkozy "qui veut les inciter à rester en France par une fiscalité juste et responsable


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Le Parisien.fr - 11/03/2012 - Les coulisses du « sarkoshow » - Par Frédéric GERSCHEL et Nathalie SCHUCK


Pour relancer la campagne du président-candidat, l’UMP n’a pas hésité à sortir la grosse artillerie.

Un sarkoshow à l’américaine. 40 000 places assises, 65 000 inscrits hier selon l’UMP, 46 000 m2, soit plus de cinq terrains de foot… Ce sera « énorme », « monstrueux », « spectaculaire », promet le staff de campagne, ravi.

Nicolas Sarkozy veut une démonstration de force pour renverser la table. Comme lors de son meeting du 14 janvier 2007 porte de Versailles, coup d’envoi de sa conquête du pouvoir. Il rêve de sonner l’adversaire socialiste, d’enfoncer la mobilisation du PS au Bourget.
Il a lui-même battu le rappel en postant sur Twitter un message invitant ses partisans à venir avec famille et amis. « Il est au taquet! » sourit un proche. L’UMP a aussi fait appel à une société de phoning pour solliciter les militants. Objectif : faire masse. Une nouvelle affiche « la France forte, c’est vous » (notre photo) sera dévoilée et l’hymne de campagne sera diffusé pour la première fois en version longue. Tout un symbole, Sarkozy prendra la parole à 13h40. Comme en janvier 2007…

Le candidat répète chez lui. Son conseiller Henri Guaino a travaillé jour et nuit depuis mercredi sur ce discours de plus d’une heure, qui donnera une vision de la France de 2017. « Vous ne serez pas déçu! » promet la « plume ». Avec le président-candidat, ils ont ciselé chaque formule dans la nuit de vendredi à samedi.
Hier, Sarkozy a répété chez lui, dans le XVIe arrondissement de Paris, avant de retrouver ses communicants Patrick Buisson, Jean-Michel Goudard et Pierre Giacometti. A la tribune, il parlera de cette « aventure personnelle » et fera de nouvelles propositions « décoiffantes ». Il en assurera le service après-vente lundi sur TF1, mercredi sur Europe 1, vendredi sur Canal + et dimanche sur M 6, avant l’égalité de temps de parole le 20. Il a renoncé à se rendre aux Antilles comme prévu.

La « famille de droite rassemblée ». Sarkozy a voulu tous ses proches à ses côtés. Carla et ses fils, Pierre, Jean et le garnement Louis seront au premier rang. Il a convaincu son père spirituel, Edouard Balladur, d’être présent. Les sarkozystes historiques ne rateront pas une miette. « Je veux avoir les larmes aux yeux, comme en 2007 », confie Pierre Charon, qui a conseillé à son ami Brice Hortefeux : « Prévois ton casse-dalle ». Car il n’y aura pas de pause déjeuner.
Côté people, Gérard Depardieu, Christian Clavier et Didier Barbelivien sont attendus, avec Enrico Macias. « Je veux aider Sarkozy, qu’il soit réélu », glisse le chanteur Johnny Hallyday, qui ne veut, lui, plus s’afficher en politique. « Il reste son ami », assure un collaborateur. Les ministres ont tous été conviés mercredi par Sarkozy, aigre-doux : « Certains s’impliquent, d’autres ne font rien! Il y a un petit rassemblement dimanche, si vous voulez venir avec vos conjoints… »

Guillaume Peltier et Salima Saa maîtres de cérémonie. Pour lancer le meeting, le président voulait deux nouveaux visages. Salima Saa et Guillaume Peltier, porte-parole adjoints de la campagne, joueront les M. et Mme Loyal. « Une belle promotion », relève un conseiller du président, qui rappelle le précédent Rama Yade, entrée dans la lumière le 14 janvier 2007. Ils introduiront cinq ou six « grands témoins » prévus avant le président, dont le cinéaste Alain Terzian, Henri Guaino ou, clou du spectacle, Bernadette Chirac ! Tout doit être bouclé avant 16 heures pour le match de rugby France - Angleterre au Stade de France, où Sarkozy retrouvera David Cameron et… François Hollande.

Les « mauvais coucheurs » Borloo et Yade. A l’UMP, on fait mine de ne pas s’agacer du lapin posé par Jean-Louis Borloo, qui devait s’exprimer mais ne viendra sans doute pas. Rama Yade non plus, qui a refusé d’apporter son soutien au candidat UMP lors du congrès du Parti radical hier. « Je n’ai pas été invitée », justifie-t-elle. « Enfant gâtée! » peste l’UMP.

Une facture jalousement gardée. Tout juste sait-on que l’addition dépasse largement le million d’euros. « Quand le PS raconte que Le Bourget a coûté 900 000 €, ça ne comprend même pas la location de la salle », assure un pilier de l’équipe. Selon la commission des comptes de campagne, le meeting de la porte de Versailles en 2007 avait coûté 4,5 M€…
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Les Echos. Le 06/01/2012. Source

Sarkozy célèbre Jeanne d'Arc, symbole de «l'unité nationale»

« Jeanne d'Arc n'appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan », a déclaré le chef de l'Etat en direction du FN, en lançant en Lorraine les festivités du 600e anniversaire de sa naissance à Domrémy.

Nicolas Sarkozy a célébré vendredi la mémoire de Jeanne d'Arc érigée en symbole de la « résistance » de la France dans l'épreuve et de son « unité nationale » en dénonçant, à quelque cent jours de la présidentielle, « ceux qui voudraient s'en servir pour diviser ». En s'invitant sur le terrain des exploits de la « pucelle d'Orléans », le chef de l'Etat se savait dans le collimateur de ses futurs rivaux électoraux, prêts à rouvrir son procès en détournement politique de l'Histoire, ouvert avec Jean Jaurès ou Guy Môquet. Surtout à la veille de l'hommage que le Front national doit rendre samedi à celle qui a « bouté les Anglais hors de France ».

C'est donc en termes choisis que le pré-candidat Sarkozy s'est emparé de l'image emblématique de l'héroïne de Domrémy pour donner le coup d'envoi des festivités du 600e anniversaire de sa naissance. Sitôt accueilli dans le village natal de la célèbre bergère au son de « en passant par la Lorraine », le président s'est employé à démentir ceux qui l'ont soupçonné de célébrer celle qui a entendu des voix pour en chasser d'autres. « C'est le 600e anniversaire, ce n'est pas tous les jours », a-t-il lâché, « qu'est-ce qu'on aurait dit si je n'étais pas venu ? »
« Première résistance française dans les épreuves »

Plus tard à Vaucouleurs, où Jeanne lança en 1429 sa campagne victorieuse contre les Anglais, Nicolas Sarkozy s'est une nouvelle fois justifié : « En tant que chef de l'Etat, je me devais de rendre aujourd'hui, ici, sur sa terre de naissance, cet hommage solennel que la France rend à ceux auxquels elle doit sa liberté et sa grandeur ». Tout au long de son discours, le président s'est attaché à décrire une Jeanne d'Arc « oecuménique », une incarnation de « l'unité nationale » et, en pleine crise économique, de la« première résistance française dans les épreuves », au même titre que Victor Hugo, Charles de Gaulle ou Jean Moulin.

Dans son évocation, il s'est gardé de trancher entre la Jeanne « sainte » de l'Eglise catholique et la Jeanne « patriote » de la République laïque. Même s'il a affirmé qu'elle incarnait « les racines chrétiennes de la France ».

Surtout, Nicolas Sarkozy a dénoncé, comme il l'avait déjà fait en 2007 entre les deux tours de la présidentielle, le détournement de l'image de Jeanne d'Arc par le FN, qui en a fait le symbole de sa geste anti-immigration et l'honore à Paris chaque 1er mai depuis les années 1980. « Jeanne n'appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan », a dit le chef de l'Etat, puissions-nous, nous aussi, continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s'en servir pour diviser ».
« Un symbole ultranationaliste », « une imposture »

Sans attendre son discours, tous ses futurs rivaux ont sévèrement critiqué son hommage. « Je vois bien que Nicolas Sarkozy court après moi », a raillé Marine Le Pen. « Aller chercher un symbole ultranationaliste (...) ça ne fait pas sens », a dénoncé l'écologiste Eva Joly. Quant au numéro 2 du Parti socialiste Harlem Désir, il a joint dans la même dénonciation le chef de l'Etat et la patronne du FN, les jugeant « les moins bien placés » pour célébrer Jeanne d'Arc, car « eux passent leur temps à diviser les Français et à jouer sur les peurs ». Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République à l'Elysée, a lui vu dans l'hommage rendu par Nicolas Sarkozy une « imposture ». « Jeanne d'Arc aimait la France. Elle l'a libérée de l'oppression. Nicolas Sarkozy l'a mise sous tutelle », a accusé accuse le le député de l'Essonne.

Face à ces critiques, les proches du président ont nié toute arrière-pensée électorale de sa part.« Election ou pas élection, il aurait été là », a assuré Patrick Buisson, son conseiller réputé très à droite, présent en Lorraine. « Ce n'est pas parce que l'extrême droite a cherché à se l'accaparer que le président ne doit pas lui rendre hommage », a renchéri le député UMP François Grosdidier. Seul le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a concédé un léger trouble sur l'hommage présidentiel. « Il faut y être pour des raisons symboliques mais il n'est pas nécessaire de s'y éterniser »...


Le Point. Le /02/2012. Source


Comment (le candidat) Sarkozy a sauvé Lejaby



"Qu'est-ce qu'on va devenir ? On nous met un coup de pied au cul !" Des femmes en larmes, les joues rouges de colère, les poings serrés, avec encore ce qu'il faut de dignité pour ne pas vaciller lorsque le tribunal de commerce de Lyon choisit le dénommé Alain Prost comme repreneur de la société Lejaby en liquidation. Le chef d'entreprise s'engage à ne garder que 195 des 450 salariés en France et à fermer la dernière usine de la marque dans l'Hexagone, sous-traitant sa production en Tunisie. 

Les images de ces femmes éplorées ont touché le coeur de tous les Français. Leur lutte est devenue notre lutte, une grande cause nationale. Depuis, l'entreprise a été sauvée. Par la grâce d'un honnête sous-traitant maroquinier, mais aussi du patron de LVMHsollicité par le pouvoir politique, et enfin d'un président de la République qui aimerait le rester au-delà du 6 mai prochain... 


"Bon flair"

C'était le 18 janvier dernier, précisément, le jour du sommet social organisé par l'Élysée. D'un côté, Nicolas Sarkozy, qui exprime un certain volontarisme politique en promettant le sauvetage de ce qui reste de l'industrie française ; de l'autre, le cri de ces femmes d'Yssingeaux (Haute-Loire), à qui on venait d'apprendre la mort de leur usine. Un effet de contraste cruel pour le président de la République, avant que l'Élysée ne voie dans cette triste affaire le moyen de prouver sa capacité d'action. Aussi le futur candidat de l'UMP a-t-il fait de ce dossier Lejaby une affaire personnelle. Non, il ne sera pas Lionel Jospin, Premier ministre, les bras ballants, devant les salariés de LU, affirmant que l'État ne peut pas tout !

En l'occurrence, Laurent Wauquiez, maire du Puy-en-Velay, situé non loin d'Yssingeaux, fut un précieux relais pour Sarkozy. De nombreux repreneurs, plus ou moins sérieux, plus ou moins véreux, ont présenté un dossier de reprise. Au final, neuf offres ont été examinées par les pouvoirs publics. "J'avais un nom en tête, celui d'un entrepreneur de l'Allier que je connais. Je lui ai passé un coup de fil", confie Laurent Wauquiez, qui fit alors preuve, comme il le dit, d'un "bon flair". Entre-temps, le site de Lejaby est devenu une formidable tribune politique pour les candidats à la présidentielle et pour leurs représentants. The place to be... Mandaté par François Hollande, Arnaud Montebourg s'y est rendu avec un projet de reprise inspiré par la cofondatrice des sous-vêtements Tam-Tam.




"C'est une très jolie usine"

À ce titre, Laurent Wauquiez juge "médiocre" l'attitude du PS vis-à-vis des ouvrières de Lejaby et se dit stupéfait des propos de la cofondatrice de Tam-Tam qui, en quittant Yssingeaux, "ne trouva rien d'autre à dire que : C'est une très jolie usine !" Finalement, le contact est pris avec l'entrepreneur de l'Allier, un certain Vincent Rabérin, P-DG de Sofoma, qui réalise des produits finis pour Louis Vuitton et, depuis 2010, pour Chanel. L'homme se dit intéressé, mais... Quid de la formation au métier du luxe des "petites mains" de Lejaby ?

Laurent Wauquiez évoque aussitôt la question avec Xavier Musca, le secrétaire général de l'Élysée. Une solution est trouvée : l'État prendra en charge la formation (de 6 mois à un an) qui fera de ces femmes des spécialistes de la maroquinerie. Quid, ensuite, des machines industrielles de Lejaby inadaptées à la fabrication de bagages et de malles en cuir ? Là encore, l'Élysée a la solution : deux millions d'euros d'investissements, aidés par l'État au titre des fonds de revitalisation, sont débloqués afin de permettre d'adapter l'atelier.

Enfin, avant d'envisager une reprise définitive, Vincent Rabérin doit s'assurer qu'il pourra fournir du travail à ses employées sur une longue durée. L'Élysée ne cogite pas longtemps : Nicolas Sarkozy use de ses relations avec celui qui fut l'un de ses invités au Fouquet's, le soir de sa victoire, Bernard Arnault... Le P-DG de LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, promet à son ami de remplir pour quelque temps les carnets de commandes de l'entreprise. Nous sommes alors le 1er février. La reprise est scellée. Les "Lejaby" - reçues ce vendredi à l'Élysée - peuvent souffler ; Bernard Arnault peut, lui, communiquer. Et Nicolas Sarkozy, triompher...


Owni. Le 19/02/2012. Source

SARKOZY DÉTOURNÉ DE SON IMAGE
Sitôt publiée, l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été détournée. André Gunthert, chercheur sur l'image et le langage, maître de conférence à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), met des mots sur ces opérations de détournement.


Selon la formule célèbre du livre Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, de Karl Marx, les grands évènements historiques se répètent, “la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.” Cette fois, c’est sûr, on est dans la farce.

Telle était du moins l’impression que produisait l’accueil de l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy aux prochaines présidentielles sur les réseaux sociaux. Pendant qu’une grande partie de la presse s’efforçait de nous convaincre que les choses sérieuses allaient enfin commencer, les outils de l’appropriation s’emparaient du slogan et de l’affiche de campagne pour une série de détournements dévastateurs.

Un slogan giscardien, une affiche mitterrandienne: les communicants sarkozystes ne brillent pas par leur imagination. La seule tentative qui sortait de la routine était celle de décliner la métaphore du capitaine courage, utilisée par le candidat lors de son allocution télévisée. Mais l’option du fond marin pour habiller l’image était un choix risqué1, véritable appel du pied aux blagues et au second degré après l’échouage du Costa Concordia ou la proximité de la sortie du film La mer à boire.


Ça n’a pas raté. Avec une réactivité significative, les premiers détournements mettaient en scène Sarkozy en capitaine naufrageur (voir ci-dessus), suivis de près par le baigneur naturiste du catalogue La Redoute.

A l’époque mitterrandienne, la présence d’un fond uni ou d’un emplacement vide était un choix visuel sans risque particulier. A l’ère du mème et de la retouche, c’est une provocation à la satire. La simplicité graphique de l’affiche La France forte, composée de 3 éléments nettement distincts – le personnage, le slogan et le fond – se prête admirablement à l’appropriation. Constatant le succès du mème, le mouvement des Jeunes socialistes proposait dès le milieu de la matinée un générateur automatique permettant de modifier le slogan ou d’appliquer diverses variations à l’image.


Outre “la France morte”, on a pu noter le succès récurrent de l’adaptation culinaire du slogan, remixé en “Francfort”, allusion à l’empreinte du modèle germanique qui hante la candidature Sarkozy (voir ci-dessus).

Que le net s’empare d’un contenu politique et le détourne, quoi de plus normal ? Mais on n’a pas constaté pareille explosion satirique à l’endroit de François Hollande, dont la campagne, si elle peine à soulever l’enthousiasme, ne provoque pas non plus d’opposition massive. La rage mordante de la caricature s’adresse bien au président sortant, dont le moindre discours paraît définitivement inaudible, menacé par l’inversion et la raillerie. Révélateur de l’exaspération qu’il suscite, le sarcasme le plus cruel a consisté à mimer l’effacement du candidat sur sa propre affiche, jusqu’à la disparition (voir plus haut).

L’écart est frappant entre cet accueil et le sérieux avec lequel la plupart des grands médias continuent de considérer une campagne menacée par le naufrage avant même d’avoir commencé. Qui, à part Alain Duhamel, croit encore que Sarkozy est capable de rééditer Marengo et de l’emporter in extremis par un retournement inouï ? Mais le storytelling d’un combat gagné d’avance ne fait pas les affaires de la presse, qui attend depuis des mois le pain béni de la présidentielle, et qui fera tout pour donner à des chamailleries de cour de récréation les couleurs d’affrontements homériques.

Pendant ce temps, la France ricane, et s’amuse plus sur Facebook que dans les mornes sujets du JT. Une divergence de perception qui rappelle le traitement de l’affaire DSK – et n’annonce rien de bon pour la suite…

Nathalie Arthaud : les propositions

Nathalie Arthaud : les propositions
Indexer les salaires sur les prix
Le programme et les proposition disponibles ici


Europe 1.fr - 29/03/2012 - Arthaud : "indexer les salaires sur les prix"



Arthaud : "indexer les salaires sur les prix" par Europe1fr
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Nathalie Arthaud : la candidate

Nathalie Arthaud : la candidate
La seule candidate communiste
Les signatures
Portrait


Marianne 2 - 27/02/2012 - Electeur 2012: Votez Arthaud, «la seule candidate communiste» - Par Coralie DELAUME


Coralie Delaume poursuit son Micro-trottoir 2012, une série d'interviews de futurs votants à la présidentielle. Rencontre avec Olivier qui votera Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte Ouvrière. Pour ce jeune informaticien, elle est la seule candidate communiste.


Olivier a 29 ans. Il est informaticien et vit à Paris. Il votait pour Arlette Laguiller auparavant, et votera pour Nathalie Arthaud (LutteOuvrière ) le 22 avril 2012.

Coralie Delaume : Vous avez l'intention de voter pour Nathalie Arthaud au premier tour de la présidentielle. Comment avez-vous fait votre choix ?
 
Olivier : La société dans laquelle nous vivons me révolte. Je pense que nous avons le devoir de la changer, profondément et à l'échelle mondiale. Le capitalisme a permis l'industrialisation et le rapprochement des peuples, mais n'est régulé que par des crises, très violentes pour la population. Je pense qu'il a fait son temps et que le communisme le remplacera.
 
Nathalie Arthaud est la seule candidate communiste dans ces élections. Je partage l'analyse politique de son organisation, Lutte Ouvrière. Je votais déjà Arlette Laguiller en 2002 et 2007, c'est donc tout naturellement que je reconduirai mon vote pour la seule organisation qui défend mes idées.
 
C.D. : J'en déduis donc que la candidature de Philippe Poutou, par exemple, ne vous séduit pas. Quelle est sa grande différence avec Nathalie Arthaud ?
 
O. : En l'absence de la candidature de Nathalie, je pourrais voter pour Philippe. Mais je regrette la transformation récente de son organisation en un aggloméré d'associations qui l'ont éloigné de la perspective révolutionnaire. Son prédécesseur, Olivier Besancenot, m'a profondément déçu en appelant à voter Jacques Chirac en 2002 alors que ce dernier était déjà assuré de gagner. La différence profonde, c'est que Lutte Ouvrière est toujours restée résolument communiste, trotskiste. Le NPA quant à lui, parle volontiers de luttes sociales et des méfaits du capitalisme, mais peu de révolution.
 
C.D. : Ne pensez-vous pas qu'une alliance de ces deux organisations les rendrait plus visibles, quitte à maintenir des « courants » différents, comme dans les grands partis ?
 
O. : Une seule candidature, ce serait deux fois moins de temps de parole. Dans les alliances, les idées sont bradées, il faut faire des compromis...Qu'y aurait-il à gagner ? À l’extrême gauche, on ne se présente pas pour être élu, mais pour partager des idées. Contrairement, donc, aux grands partis, dont la seule idée est de gagner l'Élysée, des sièges ou des strapontins. Que deux organisations brandissent l'interdiction des licenciements, ça donne fatalement à cette mesure plus de visibilité. Et à l'inverse, je ne sais pas si on entendrait parler de l'abolition du secret bancaire s'il y avait une candidature commune.
 
C.D. : Que vous inspire la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? N'est-il pas en mesure de porter vos idées et de représenter le « vote utile » de la gauche non socialiste ?
 
O. : Mélenchon a été, rappelons-le, un ministre de Jospin et sénateur pendant 24 ans. Je n'ai pas connaissance qu'il en ait profité pour faire quoi que ce soit pour la classe ouvrière. Il a par contre appliqué de sales réformes à l'Éducation nationale. Son modèle c'est Mitterrand. Qui oserait dire, que Mitterrand était anti-capitaliste, au delà de ses discours de l'époque ? Mais s'il prenait à Mélenchon ou au PS de parler de l’échelle mobile des salaires ou encore de supprimer la TVA, je ne m'en plaindrais pas ! Ce serait toutefois des promesses mitterrandiennes.
 
C.D. : Quelles sont les mesures phares portées par Nathalie Arthaud, et que vous ne retrouvez chez aucun autre candidat, même à la « gauche de la gauche » ?
 
O. : On peut lire sur les affiches de Nathalie « répartition du travail entre tous, sans perte de salaire ». Autrement dit, travailler moins pour gagner tous ! C'est une mesure urgente, que je n'ai pas vue ailleurs.
 
Pour le pouvoir d'achat, j'aime assez l'idée qu'elle seule semble défendre, d'indexer les salaires sur les prix : « Quand les prix augmentent, les salaires et les retraites doivent suivre ». Mesure également nommée « échelle mobile des salaires ». Lorsque certains à gauche parlent d'imposer un salaire maximum; elle préfère élever significativement le salaire minimum, ce qui est bien plus concret. Le salaire des riches n'étant souvent qu'un argent de poche, comparé aux dividendes qu'ils touchent.
Bien entendu, ces mesures devront être imposées par les travailleurs eux-mêmes, dans les grandes luttes à venir. Les élections permettent de prendre la température.
 
C.D. : Il semble y avoir, aujourd'hui, en France, une sorte de consternation résignée, sans doute due à la peur du lendemain. Croyez-vous malgré ce calme apparent à la possibilité d'une révolution ?
 
O. : Ça ne semble en effet pas être pour tout de suite ! Mais, qui avait prédit la révolution russe ? Ou même la révolution française, qui s'est étalée sur des années ? Plus récemment et à une toute autre échelle, les grandes grèves de 1995 et la lutte insuffisante mais victorieuse contre le CPE/CNE, ont prouvé que la colère pouvait gagner les plus résignés très rapidement. Alors ça ne sera peut-être pas cette année, ce ne sera peut-être même pas dans 6 ans pour les 50 ans de mai 68. Mais d'ici là, préparons le terrain ! Voter pour l’extrême gauche n'est pas un acte révolutionnaire, mais donne du crédit à un ... programme de lutte !
 
C.D. : Votre candidate a peu de chance d'être au second tour. Que pensez-vous faire alors ? Seriez vous prêt à voter pour un autre candidat de gauche ?
 
O. : En 2002, c'est une enveloppe vide que j'ai glissée dans l'urne du second tour. En 2007, j'ai voté, sans illusion pour Ségolène Royal : en partie parce que c'est une femme, mais surtout par solidarité avec tous ceux qui, dans les classes populaires, réclamaient « tout sauf Sarkozy ».

Je suivrai la consigne de vote, s'il y en a une, de Nathalie Arthaud pour le second tour. Mais une chose est certaine: je ne prendrai jamais plaisir à voter pour le PS. Pour moi, ce qui comptera vraiment ce sont les batailles contre l'austérité, qu'il faudra mener dans les entreprises et dans la rue, quelque soit le président élu, et sans attendre la prochaine mascarade électorale.
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Le Parisien.fr - 07/03/2012 - Nathalie Arthaud, candidate de LO, première à rendre publiques ses 500 signatures



Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) a déposé mercredi matin ses 48 derniers parrainages au Conseil constitutionnel, atteignant ainsi 521 signatures, au-delà du seuil de 500 requis pour participer à l'élection présidentielle, a constaté une journaliste de l'AFP.
Elle est la première des candidats à l'Elysée à rendre publique l'obtention de ses signatures. Les candidats ont jusqu'au 16 mars pour déposer leurs précieux sésames au Conseil constitutionnel, qui doit ensuite les valider. 

"J'ai déposé les signatures qui m'assurent d'être présente à l'élection présidentielle, je tiens à remercier tous les maires car je sais qu'ils ne partagent pas forcément mes idées mais, par ce geste démocratique, ils ont permis ma candidature", a déclaré Mme Arthaud en sortant du Conseil constitutionnel, devant de nombreux micros et caméras.
"Ce n'est jamais facile" d'obtenir ces promesses, a-t-elle ajouté, car "il faut déployer beaucoup d'énergie, sillonner le pays, aller discuter, convaincre des milliers de maires pour être parrainé et je suis soulagée après ce dépôt", a-t-elle ajouté.
Selon son équipe de campagne, celle qui succède à Arlette Laguiller pour la course à l'Elysée a effectué en tout quatre dépôts au Conseil constitutionnel dont celui de mercredi matin qui était le dernier, avec 48 signatures déposées.
Elle s'est déclarée '"très fière" de l'héritage d'Arlette Laguiller et se "revendique de la continuité, c'est la même politique, le même combat".
"Il s'agit d'opposer à la politique toujours en faveur des plus gros et des grandes entreprises une politique pour les travailleurs. Le patronat n'en a jamais assez, il est prêt à condamner à la misère les travailleurs", a souligné la candidate trotskiste.
Interrogée sur l'ombre que pourrait lui faire Jean-Luc Mélenchon (FG), boosté dans les sondages (10% d'intentions de vote selon un sondage CSA mardi alors que Mme Arthaud ne dépasse pas les 1% pour l'instant), elle a estimé qu'elle et lui n'étaient "pas sur le même terrain".
Elle a insisté sur le fait qu'"une nouvelle phase pour cette campagne démarre, une phase où j'espère être davantage invitée dans les médias puisque je suis bel et bien candidate".
Lutte ouvrière a présenté un candidat, une femme à chaque fois, à toutes les élections présidentielles depuis 1969.

Slate.fr - 07/02/2012 - Nathalie Arthaud, c'est la lutte terminale 


Photo : Sébastien TRONCHE
La candidate de Lutte ouvrière, qui a succédé à Arlette Laguiller, est professeur d’éco-gestion dans un lycée d’Aubervilliers. Nous l'avons rencontrée sur son lieu de travail.

Dans la bouche de Nathalie Arthaud, cernée par l’enchaînement des déplacements et des meetings entre deux jours de cours, le même gimmick qu’Arlette Laguiller, sextuple candidate à l’élection présidentielle dont elle a pris le relais: l’invocation constante des travailleurs. Et quand elle nous reçoit, veston vert et foulard bariolé, c’est en tant que travailleuse, comme professeure au lycée Le Corbusier d’Aubervilliers. Elle y enseigne depuis trois ans, à quelques hectomètres de Pantin où Lutte ouvrière, dont elle est porte-parole depuis 2008, a son siège.

Congé électoral
En accord avec son proviseur et le rectorat, aucun journaliste n’assistera à un de ses cours, pour ne perturber ni leur déroulement ni les élèves. Pour ne pas enfreindre la neutralité de l’Education nationale. Cocasse pour une révolutionnaire, au sens propre, d’extrême-gauche.

Sollicité, le rectorat de l’Académie de Créteil n’a pas donné suite à nos questions sur cette situation un peu particulière. Le proviseur, Bruno Bobkiewicz, préfère également ne pas aborder le sujet: «En accord avec Nathalie Arthaud, je ne m’exprimerai pas sur son travail.» «On s’est mis d’accord, cordialement, pour que la presse reste à l’entrée de l’établissement», confie Nathalie Arthaud en nous retrouvant à la sortie de ses cours avant d’accepter de nous faire visiter les lieux, un lycée moderne construit il y a six ans en face de la maison de retraite.

Ce lundi-là, elle vient de prodiguer son avant-dernier cours avant de bénéficier du congé électoral que lui accorde le droit du travail. «C’est un droit mais je ne suis pas sûre que beaucoup de candidats à la présidentielle le prennent. Ils n’en ont pas tous besoin», rigole-t-elle. Elle dispose ainsi de vingt jours fractionnables que son temps partiel —70%, soit deux jours de cours par semaine— va lui permettre d’étaler de janvier à avril pour se consacrer à sa campagne. Ou plutôt à la deuxième phase de celle-ci, ouverte par un grand meeting le 3 février —«présidé par Arlette Laguiller», précise-t-elle— comme le montrent les deux affiches électorales à son effigie collées sur l’enceinte extérieure du lycée, où elle est pour le moment la seule à figurer.

«Moi je suis communiste, pas Mélenchon»
Devant nous, un élève, qui ne l’a pas comme professeur, l’apostrophe:

«Madame, vous, c’est une branche à Mélenchon?»

«Non, moi je suis communiste, pas lui», lui rétorque-t-elle du tac-au-tac, fière de sa formule. Candidate «antisystème capitaliste», ce que n’est pas Marine Le Pen, précise-t-elle aussitôt, elle souhaite qu’un courant communiste s’exprime car «au-delà de la personne de Sarkozy, c’est tout un système qu’il faut combattre». Mais qu’entend-elle par communisme?

«Je n’ai pas de doute sur le fait que tôt ou tard une révolte va éclater. Nous sommes communistes, nous sommes révolutionnaires, nous pensons que les travailleurs peuvent transformer les choses en se battant, par leurs luttes. Etre communiste, c’est avoir le programme d’exproprier la classe capitaliste. Et ce n’est sûrement pas parce qu’il y a eu cette caricature qu’est le stalinisme et qui a dénaturé cet idéal, qu’il faut s’interdire de faire le bilan du capitalisme.»

Salle 209
Après avoir déambulé dans les couloirs et les escaliers, flanqués de deux militants de LO, dont un prof à Drancy, et de l’attaché de presse du parti, on s’assoit au deuxième étage, salle 209. La prof en campagne ne prend pas place derrière son bureau, s’installant sur une simple chaise face au pupitre d’élève qui nous sert de table pour bavarder.

Dans cette salle où les murs sont bordés d’ordinateurs, la classe de terminale Gestion des Ressources Humaines a cours deux fois par semaine avec la candidate à l’élection présidentielle. Dix heures hebdomadaires en tête-à-tête avec la nouvelle Arlette Laguiller. Une situation particulière, comme le reconnaissent ses élèves qui trouvent ça «spécial», «marrant de la voir à la télévision» et qui, pour certains, voteront peut-être pour elle car ils savent «qu’elle défend les travailleurs et les ouvriers». Et «parce qu’il y a un côté sentimental aussi». Aussi. Et Lutte ouvrière? Ils n’en savent pas grand-chose et affirment que la candidate à la révolution ne leur parle jamais de Sarkozy.

Enseigner est-il alors un acte politique? «Un acte politique, non. Militant, oui.» Même si elle explique, terre à terre, que sa profession est «d’abord et avant tout un gagne-pain», Nathalie Arthaud concède qu’il existe une forme de militantisme dans cette vocation. Celle de «transmettre, non seulement les connaissances, mais aussi les capacités aux jeunes de juger la société, d’être conscient de son organisation. La conscience est le premier pas vers plus de liberté».

«L’éducation, c’est développer l’esprit critique»
Cette passionnée d’histoire de 41 ans, fille de «parents qui ne sont pas des intellectuels, qui n’ont pas fait de grandes études», sait de quoi elle parle. «L’école m’a ouvert énormément de portes», confie l’agrégée en économie-gestion, qui a débuté sa carrière dans l’Education nationale à Saint-Denis après avoir passé le concours en région lyonnaise. Un chemin qu’elle empruntera en sens inverse, lorsque, après être revenue vers la capitale des Gaules, elle demanda sa mutation à l’académie de Créteil. «Cette mutation, je l’ai obtenue beaucoup plus facilement que dans l’autre sens», observe-t-elle, dubitative.

Alors, à ces élèves des «quartiers dits sensibles», elle ne parle pas du «rétrécissement des options et des possibilités» qu’elle constate dans l’Education nationale. Pas de diatribes politiques ou d’appel à la révolte, tout juste insiste-t-elle sur l’importance de suivre l’actualité. Son cours, lui, porte sur «les questions liées au recrutement, à la durée du temps de travail, au droit à la formation dans un parcours professionnel»...

«C’est concret, ça nous parle», explique Alexandra, 19 ans, et élève de la terminale GRH, devant le lycée. L’enseignante-candidate s’en tient au programme, assure-t-elle, même si elle déplore qu’ils «soient faits sur mesure»:

«Il n’y a pas de chapitre et il n’est nullement question de la crise. Il n’est bien sûr pas question d’une économie planifiée ou de type communiste… Mais les élèves posent des questions, sont critiques. Ils ont un appétit de comprendre et de savoir. Quand la crise des subprimes a éclaté, ils m’ont demandé ce que c’était. Je leur ai répondu d’où cette crise venait et livré l’analyse sur la spéculation. Dans ces cas-là, j’essaye surtout de les faire se forger leurs propres opinions. L’éducation, c’est aussi développer l’esprit critique.»
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François Bayrou : les ralliements

François Bayrou : les ralliements
Dominique de Villepin
Les libéraux
Arnaud Dassier
Philippe Douste-Blazy
Sénateurs centristes




Le Point.fr - 06/03/2012 - François Bayrou invite Dominique de Villepin à le rejoindre 


Le candidat du MoDem espère fédérer une grande famille centriste avant le premier tour de la présidentielle.


François Bayrou s'est dit prêt mardi à accueillir Dominique de Villepin dans ses rangs dans l'espoir de fédérer une grande famille centriste avant le premier tour de l'élection présidentielle. Dominique de Villepin a déclaré lundi avoir dépassé le seuil des 420 signatures d'élus, sur un total de 500 nécessaires pour se présenter au scrutin. Prié de dire si l'ancien Premier ministre avait pris contact avec lui, François Bayrou a répondu mardi matin sur Canal+ : "Je n'ai pas eu de contacts récents. Je serais heureux d'en avoir."

"Tous les responsables publics qui veulent sortir de l'affrontement (Hollande-Sarkozy) ont leur place", a ajouté le candidat du Mouvement démocrate (MoDem). Fin 2011, le MoDem avait écarté l'idée d'un ticket Bayrou-Villepin à l'élection présidentielle. De son côté, l'ancien Premier ministre a récemment déclaré dans une interview au quotidien Le Monde qu'il n'envisageait pas de rejoindre un autre candidat. "Je ne me rallierai pas parce que ce n'est pas inscrit dans mon programme ni dans mon tempérament. C'est tellement facile de se résigner, de prendre sa petite place en rang d'oignons ! C'est tellement facile de se taire ! Je ne me tairai pas", avait-il dit.



Marianne 2 - 19/03/2012 - Furieux contre Sarkozy, les libéraux adoptent Bayrou faute de mieux - Par Aurélie ROSSIGNOL

Aussi criquet et récent soit-il, le Parti libéral démocrate a innové la semaine dernière dans la campagne présidentielle : un débat animé, mené à coup de Tweets. Ces petits messages de 140 signes que l’on se transmet sur le réseau Twitter. Un dénommé « BarCamp » passé inaperçu dans les médias, malgré la présence d’Alain Madelin et d’Arnaud Dassier, particulièrement critiques à l’égard du président-candidat. Reportage.

En temps normal, la bienséance voudrait que lorsqu’un confrère parle à la tribune, on ne trifouille pas son téléphone en attendant son tour. Pourtant mercredi, au rassemblement du Parti libéral démocrate (PLD), tous les intervenants avaient les yeux rivés sur leur Smartphone alors que s’exprimait le maître de cérémonie et président du parti, Aurélien Véron. 
Toute l’assistance semblait cautionner l’infâme grossièreté. Et Albert Batihe, autre pilier du Parti, incitait même les invités à l’impolitesse : « Lâchez-vous », lançait-il tel un chauffeur de salle. Peut-être pas au point de répondre au téléphone en pleine conférence, comme Alain Madelin, mais… « N’hésitez pas à faire des blagues, c’est une soirée sympathique », poursuivait le jeune libéral au micro.

LE PREMIER « BARCAMP » EN FRANCE
Bon public, les quelques 200 citoyens venus assister à ce premier « BarCamp » politique jouent le jeu : ils twittent leurs idées, leurs propositions et leurs critiques à l’égard du pouvoir, du système et de l’économie. Les messages sont visibles par tous sur un écran géant, placé derrière les intervenants. Et les débats s’enchaînent, en fonction des réflexions participatives. « C’est parfois un peu confus », admet Aurélien Véron, fier tout de même d’être le premier parti à importer le concept en France. 
En début de soirée, des petits groupes sont formés. Quatre grands thèmes sont au menu : la jeunesse, l’emploi, les solidarités et la liberté. Alain Madelin, Arnaud Dassier, l’ancienne présidente d’Alternative libérale Sabine Herold et le président du Parti naviguent entre les ateliers, où chacun peut les interpeler, avant qu’ils retournent à la tribune et fassent une synthèse des débats. Les Tweets continuent de s’afficher sur l’écran. Plus vifs cette fois. La salle est à bonne température. Et Madelin prêt à faire le show. 


RAS-LE-BOL DE SARKOZY !
L’ambiance a beau être conviviale, on ne plaisante pas avec les sujets avancés : « Penser à revoir Schengen, c’est honteux », confie Aurélien Véron, profondément européen et libéral. De Nicolas Sarkozy et de ses retournements de veste, il n’en peut plus. Et c’est un sentiment que partage la majorité de la salle, Arnaud Dassier, l’ex-responsable de sa campagne web en 2007, en tête de file : « Je me demande comment les libéraux de l’UMP font pour supporter la campagne fiscalo-activiste et protectionniste de leur candidat », twitte-t-il peu avant le débat. « Vous avez aimé l'Etat providence ? Vous allez adorer l'Etat sécuritaire », insiste-t-il très remonté. 
« Qu'est ce que c'est que cette histoire d'European buy act ? s'énerve Alain Madelin. Alors il faut aussi un "Boulanger buy act" : tous les matins, j'achète mon pain à mon boulanger... Lui, il ne m'a jamais rien acheté ! Il n'y a pas reciprocité... Au secours Sarkozy ! »


« LA LIBERTÉ, C’EST MAINTENANT »

Alors que même le président-candidat se met au protectionnisme, ils ont de quoi pester, les libéraux. Mais non, contre toutes attentes, ils sont plein d’espoir et sont persuadés que c’est maintenant que leurs idées trouveront le plus d’échos. « Nous n’avons pas de candidat à la présidentielle mais nous soutenons Bayrou, explique Aurélien Véron. Nous assumons nos différences et pensons qu’il est le plus réceptif aux idées libérales ». Yann Wehrling, porte-parole du MoDem, est d’ailleurs présent à la tribune. Histoire d’officialiser les liens. 
« Le clivage gauche / droite est périmé dans l’esprit des Français, poursuit Aurélien Véron. Contrairement à une idée reçue, il y a aussi des libéraux à gauche. J’ai moi-même voté pour Manuel Valls au premier tour des primaires socialistes ! » Il faut dire que la préoccupation électorale du Parti libéral démocrate, ce sont plutôt les législatives : « Il y a une attente, si vous avez envie de représenter le Parti, présentez-vous ! » L’appel est clair : le petit parti cherche des figures de proue locales.

AVEC LA CRISE, LA LIMITE DE L’ETAT EST ATTEINTE
« L’Etat ne peut pas tout, la société civile oui », martèle le représentant des Libéraux. Lui donner uniquement des fonctions de régulation et accorder plus d’autonomie aux entreprises, aux écoles, aux associations… C’est ça, le libéralisme moderne selon les intervenants de l’insolite réunion. Pas de réelle étiquette politique mais une idéologie forte. Des propositions concrètes pour transposer le pouvoir aux individualités. « Pas au sens péjoratif de l’individualisme », précise Aurélien Véron. « La France a des talents, il faut savoir les retenir, renchérit Alain Madelin, trépignant sur son siège. Les candidats disent souvent aux électeurs "Faites moi confiance"… Moi, je rêve d’un candidat qui dise "Je vous fais confiance" ».

AUTONOMIE DE L’EDUCATION, SUPPRESSION DU MINISTÈRE DE LA CULTURE, LIBRE CIRCULATION DE LA DROGUE…

« La médiocrité du débat de la campagne présidentielle illustre l’incapacité de la classe politique actuelle à réagir à la faillite programmée de l’État providence », annonçait déjà l’invitation au BarCamp. L’ambition du tout frais Parti libéral démocrate, c’est donc de proposer une alternative. Par exemple, stop aux dépenses inutiles du Ministère de la Culture. Il faut le supprimer. Les localités sont tout à fait capables de mettre en avant leurs artistes, construire des projets et faire leur promotion. « Légalisons la drogue, on gagnera du temps pour se concentrer sur les trafics et éviter que nos enfants soient sollicités devant l’école », propose Aurélien Véron, avant que Sabine Herold, ex- Alternative libérale, rappelle l’importance de l’Education : « La dépendance des personnes âgées, ok, mais on en parle plus que de l’Education ! On va se retrouver avec un grand Luna Parc pour retraités ! » s’insurge-t-elle, très applaudie. « Il faut une autonomie de l’Education, confirme le président du Parti libéral. Laissez des projets locaux s’organiser, les soutenir. On agit mieux en connaissant le terrain et ses besoins particuliers. » Une sorte de décentralisation de l’Ecole.

…ET UN CODE DU TRAVAIL PLUS SOUPLE !

Stop également à la saisie systématique des Prud’hommes : « Les chefs d’entreprises doivent pourvoir remercier les salariés, avec des compensations financières définies au préalable, sans fournir d’explication et une paperasse monstrueuse… C’est une perte de temps pour les grosses PME qui sont l’avenir de la France. Certes les employés sont moins protégés mais ça veut dire aussi que les patrons hésiteront moins à embaucher ! C’est terminé le temps où l’on restait toute une vie dans une entreprise. Le Code du travail est beaucoup trop imposant, il faut l’alléger. La précarité, c’est quand on protège trop ! » insiste-t-il, porté par une ambiance réellement chaleureuse dans la salle. Presque intimiste, où seul Marianne2 s’était glissé. Beaucoup de jeunes. Des idéalistes et des déçus du sarkozysme. Très loin des meetings calibrés à gros budget, il s’est passé quelque chose, ce mercredi 14 mars, au musée social du 7ème arrondissement de Paris…




Marianne 2 - 06/01/2012 - Arnaud Dassier rejoint François Bayrou et s'en explique - Par Laureline DUPONT

C'est officiel : Arnaud Dassier, ex-responsable web de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, rejoint François Bayrou. Le 31 décembre, ce libéral revendiqué quittait l'UMP suite, notamment, au refus du parti majoritaire de l'investir pour les législatives. Et depuis son départ, Dassier n'a d'yeux que pour le candidat centriste. Interview.

Photo : Dailymotion
Marianne : Vous avez rencontré Marielle de Sarnez au siège du Modem jeudi 5 janvier, ça y est, vous rejoignez les troupes bayrouistes ?
Arnaud Dassier : Oui. J’ai eu une révélation en regardant son émission (ndlr : « Des paroles et des actes ») sur France2. Je la regardais par hasard parce que pour moi, comme pour beaucoup de Français, François Bayrou avait disparu du radar. Je ne m’étais pas retrouvé dans la posture centriste de 2007, ni droite ni gauche. Mais ce que j’ai vu sur France2 m'a semblé très différent, il était calme, avait les idées claires. J’ai été favorablement impressionné par la qualité de ses interventions. Il avait des prises de position courageuses, notamment sur la question fondamentale de la dette, puisque c’est quand même le symptôme principal de la crise politique, économique, que nous connaissons aujourd’hui. Je l’ai dit sur Twitter et j’ai reçu des messages d’amis du secteur Internet qui étaient chez Bayrou depuis quelques semaines, ils m’ont invité à les rejoindre. Ça m’a amené à réfléchir. J’ai eu une révélation synthétique, je me suis dit : « Bayrou c’est la meilleure solution pour atteindre un bon nombre d’objectifs politiques indispensables pour entamer le redressement du pays. »

Quels sont ses objectifs politiques indispensables, selon vous ?
Premièrement, faire barrage à la gauche que je trouve irresponsable. François Bayrou peut le faire bien mieux que Nicolas Sarkozy qui a un passif. Après cinq ans de pouvoir, il est très impopulaire et très affaibli, je ne pense pas qu’il soit capable de lutter contre le candidat socialiste.
Deuxièmement, il faut ouvrir ce système politique verrouillé qui empêche l’intégration de gens différents, issus de la société civile. Il faut réconcilier la représentation nationale avec les forces vives du pays et c’est d’autant plus nécessaire que c’est elles qui vont payer l’addition. Il faut arrêter cette séparation entre une classe politique fermée et un pays qui trime pour elle. Le seul candidat qui peut ouvrir le jeu politique, c’est Bayrou. 

L'UMP a refusé de vous donner l'investiture pour les élections législatives (ndlr : Arnaud Dassier brigue la 3e circonscription du Loiret). Vous ne craigniez pas qu’on vous accuse de chercher une étiquette pour concourir plus qu’une véritable adhésion à un programme ?
Je comprends très bien qu’on me fasse ce reproche d’opportunisme mais ça m’est égal, je sais comment j’en suis arrivé là. Puis, ma famille politique a toujours été le centre et le droite, j’étais membre du Parti républicain, ensuite de Démocratie libérale, puis nous avons rejoint l’UMP. On ne peut pas me reprocher de ne pas afficher mes convictions ! Je vais continuer à défendre mes idées, il y a un certain nombre de structures politiques qui peuvent les porter. Et je n’ai jamais dit que je voterai Nicolas Sarkozy ! J’ai toujours dit, et je le maintiens, que je voterai pour lui au second tour s’il se retrouvait face au candidat de gauche ou du Front national. Ce n’est pas parce que j’ai fait la campagne de Sarkozy en 2007 que je suis un « sarkozyste du web », c’est un raisonnement primaire.

Mais voir un pilier de Galaxie libérale rejoindre Bayou, ça peut surprendre quand-même…
Ça va de moins en moins surprendre, les libéraux sont en train de rejoindre François Bayrou. C’est un mouvement de fond.

Qu’est-ce qui rapproche les Libéraux des Centristes alors ?
La même chose qui leur permettait de travailler ensemble à l’UDF ! Ce sont des gens indépendants qui respectent la liberté de penser et la liberté de parole, malheureusement ce sont des valeurs qui ont été un petit peu oubliées à l’UMP. L’UMP est plus dans une logique caporaliste RPR, quand vous n’êtes pas du même avis que le chef, vous êtes priés de la fermer, sinon vous êtes exclus. Les Libéraux et les Centristes partagent les valeurs de la famille orléaniste, l’indépendance et le respect de la liberté et de la responsabilité individuelle. On voit bien la capacité de la famille centriste à se diviser en permanence en une multitude de chapelles, les libéraux, c’est la même chose. On a au moins un ADN commun.

Vous restez membre de Galaxie libérale ?
Bien sûr, Galaxie libérale est un réseau, pas une organisation structurée. Il y a plein de gens à Galaxie libérale qui vont voter Bayrou.

Vous allez tenter d’injecter une dose de libéralisme dans le projet de François Bayrou ?
C’est une discussion que j’ai eue avec l’équipe de Bayrou. Je leur ai dit que s’il s’agissait de faire quelque chose à mi-chemin entre la gauche et la droite, ça ne m’intéressait pas. Je souhaite que face à une situation très difficile, nous soyons capables de rassembler et de fédérer les meilleurs talents du pays, d’où qu’ils viennent politiquement, de gauche ou de droite, pour être en mesure d’amorcer des réformes fortes et courageuses. Le clivage droite/gauche va devenir complètement obsolète, le clivage va être entre les conservateurs et les  réformateurs qui ont compris que le modèle appliqué depuis la Seconde Guerre mondiale, cet interventionnisme systématique de l’Etat commandé par une classe politique professionnelle issue de l’ENA au service d’un clientélisme politique alimenté par des dépenses publiques qui n’ont eu de cesse d’augmenter n’est plus viable. Je pense qu’un homme comme Bayrou, libre de tous réseaux d’influence et d’intérêt, est le seul en situation de réaliser ce rassemblement national.

Quel rôle allez-vous jouer dans cette campagne ?
Je vais apporter mes compétences techniques sur Internet. Ils ont déjà une très bonne équipe web. Je vais rejoindre le comité de pilotage mais je ne vais pas devenir directeur de la campagne web de Bayrou. Concernant les aspects politiques, je vais essayer avec d’autres d’organiser le soutien des jeunes actifs de 30-40 ans qui sont les dindons de la farce de ces 30 dernières années. Cette génération est déçue par le conservatisme de l’UMP et du PS. Je pense qu’elle a vocation à s’engager et à renverser la table.

Vous aurez donc l’étiquette Modem aux prochaines législatives ?
Non, car je ne vais pas rejoindre le Modem. Je n’appartiens pas à cette famille politique centriste, je suis un libéral. Nous allons chercher à réorganiser la famille politique libérale dans le creuset de cette année politique 2012, de manière à ce qu’elle constitue un pôle fort dans la majorité présidentielle de François Bayrou. C’est la reconstitution inévitable et logique de la famille de centre-droit qui s’appelait autrefois l’UDF et qui aura probablement un nouveau nom après les élections. La famille libérale s’est laissée dissoudre dans l’UMP parce qu’elle a été loyale et ne s’est pas faite entendre suffisamment. L’élection de François Bayrou sera l’occasion de reconstruire la famille libérale en France et j’en suis très heureux.
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Le nouvel observateur - 08/01/2012 - Philippe Douste-Blazy soutient François Bayrou

"L'UMP s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers", regrette l'ex-ministre.
L'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, a annoncé dimanche 8 janvier son ralliement à François Bayrou (MoDem), dont il avait partagé les combats à l'UDF, se disant déçu par "le tournant droitier du gouvernement" et séduit par "l'indépendance" et "la fidélité" du leader centriste "à ses convictions"

"Voilà deux ans que je m'interroge sur ma place à l'UMP face au tournant droitier désormais assumé par l'état major du mouvement". "L'UMP est-il encore un grand parti de centre-droit humaniste et libéral? C'est parce que telle n'est plus ma conviction qu'il est temps pour moi de rompre le silence", explique Philippe Douste-Blazy dans une tribune au Monde.fr.
"Il avait raison"

"J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement (l'UMP, ndlr) qui se construisait sur la base de nos idées et nos valeurs", rappelle l'ancien ministre de la Culture du gouvernement Juppé (1995-1997). "Il avait refusé, persuadé que la famille centriste devait rester indépendante. Il était persuadé que l'alliance des centres et des droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison", constate l'ex-maire de Lourdes.

"Je prends acte que l'UMP, depuis 2007, a pris ses distances avec ce que nous avions créé (...) L'UMP d'aujourd'hui s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers. Elle a laissé dans sa poche sa boussole principale : la personne humaine", regrette l'ex-ministre des Affaires étrangères du gouvernement Villepin (2005-2007).

"Aujourd'hui, la vie politique nationale est derrière moi, je ne demande rien, je n'attends rien. Ni poste ni circonscription. Si ce n'est un engagement fort de celui qui sera élu en mai dans la mise en place d'une solidarité mondialisée", affirme-t-il en se défendant de "fragiliser son camp".
Boutin et Dassier séduits également

"En reconnaissant à Nicolas Sarkozy sa stature et son courage, je veux réaffirmer les idées humanistes et européennes, ma croyance en l'économie sociale de marché, ma préférence pour la solidarité et la justice", poursuit Philippe Douste-Blazy en expliquant qu'il votera pour François Bayrou à la présidentielle.

"Et j'invite tous les Français qui se reconnaissent dans ces valeurs à le rejoindre, lui dont la fidélité à ces convictions, et l'indépendance en font un leader apte à rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté prêts à redresser notre pays", conclut-il.

Le candidat MoDem a le vent en poupe : Christine Boutin a annoncé vendredi qu'elle pourrait le soutenir si elle n'obtenait pas ses 500 signatures, quelques jours après que Arnaud Dassier, ancien responsable web de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a annoncé lui aussi son ralliement à François Bayrou.
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Le Monde.fr - 24/02/2012 - Un vingtaine de sénateurs centristes appelleront à voter Bayrou


Le président de l'Alliance centriste, Jean Arthuis, a assuré vendredi sur France 2 qu'une vingtaine de sénateurs vont lancer "dans les jours qui viennent" un appel en faveur du candidat du MoDem à la présidentielle, François Bayrou.

"Un certain nombre de sénateurs Nouveau Centre ont d'ores et déjà pris position pour François Bayrou et dans les jours qui viennent, je pense que nous serons au moins une vingtaine de sénateurs à lancer un appel en faveur de François Bayrou", a déclaré le sénateur de la Mayenne.

Il a laissé entendre que "certains membres éminents" du parti d'Hervé Morin devraient également lancer un appel de ralliement au président du MoDem. Pour lui "le centre commence à se rassembler". Il a émis le voeu que pour les législatives, des candidatures uniques centristes soient présentées.

Le Nouveau Centre tiendra samedi un congrès extraordinaire au cours duquel partisans de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou devraient s'affronter après le ralliement de son président Hervé Morin au chef de l'Etat sortant
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François Bayrou : les temps forts

François Bayrou : les temps forts
Meeting au Zénith
Le made in France et les sites internet
Sarkhollandisation du débat politique






Rue 89 - 25/03/2012 - Bayrou au Zénith : ses 25 phrases les plus applaudies - Par Mathieu DESLANDES



Il y a des dizaines de façons de raconter un meeting. Il y a des dizaines de façons de rendre compte d’un discours.

Faut-il se focaliser sur le thème principal ? Sur les promesses inédites par rapport aux discours précédents ? Sur les mesures concrètes ? Sur les passages qui se font l’écho de l’actualité immédiate ?

Les phrases jugées essentielles par l’orateur sont rarement celles qui retiennent l’attention des journalistes... Quel est le bon critère de choix ? Comment rendre compte à la fois de l’ambiance et du fond ?

Ce dimanche après-midi, au Zénith de Paris, où François Bayrou tenait son premier gros « rassemblement » (on parle français, au MoDem), j’ai eu envie de me fier à la salle. Et de suivre le discours comme un applaudimètre.

Voici donc les 25 phrases les plus applaudies, celles qui ont provoqué des trépignements, des bravos, des « Bayrou président ! », des « On va gagner ».

La majorité d’entre elles concerne l’organisation de la vie politique et institutionnelle. Suivent quelques autres propositions concrètes et de grandes déclarations qui n’engagent à rien. Les auriez-vous applaudies, vous aussi ?

Catégorie A : trépignements monstres

« Au XVIe siècle, dans les guerres de religion, il y avait les ligueurs d’un côté, du côté de l’affrontement, de la détestation, et Henri de Navarre de l’autre qui plaidait pour qu’on vive ensemble. Vous connaissez mon choix, mon choix d’homme, et mon choix de président : je suis et je serai du côté d’Henri IV, de celui qui force la réconciliation, la tolérance, la compréhension réciproque. »
« J’obligerai les parlementaires à siéger effectivement dans leurs assemblées en décidant qu’ils ne pourront pas voter sans être présents. »
« [Le redressement] impose un gouvernement qui dépasse la droite et la gauche. [...] Il sera peu nombreux, moins de vingt ministres. Il sera fondé sur le compétence et le désintéressement. [...] L’expérience de la société civile y tiendra autant de place que la politique. »
Catégorie B : « Il est vraiment phénoménal ! »

« Je règlerai de manière définitive la question de la moralisation de la vie publique française. [...] J’organiserai le 10 juin. [...] un référendum de moralisation de la vie publique en France. »
« Il est des valeurs de gauche que j’aime et dont la France aura besoin : le partage, l’attention au plus faible, la générosité. Il est des valeurs de droite que j’aime et dont la France aura besoin : l’esprit d’entreprise, de l’effort, la fierté nationale. Et le centre a ses valeurs, dont on aura besoin : la solidarité, l’esprit de justice, l’idéal européen. »
Catégorie C : « On va gagner ! »

« Je reconnaîtrai le vote blanc comme un suffrage exprimé à toutes les élections. »
« Je mettrai un terme à la procédure scandaleuse qui fait de la nomination des présidents de l’audiovisuel public l’apanage personnel du chef de l’Etat. »
Catégorie D : « Bayrou président ! »

« Je nommerai dans chacun des quartiers [devenus zones de non droit] un sous-préfet chargé de coordonner tous les services de l’État, qui sera l’interlocuteur des habitants et de leurs élus, avec obligation de résidence dans le quartier, pour qu’il vive la réalité de tous les jours des habitants et qu’il soit pour eux un interlocuteur quotidien. »
« Je serai le président qui tiendra la promesse écologique. Je n’oublie pas que j’ai signé, il y a cinq ans, le pacte de Nicolas Hulot. Pour moi, ce qui est signé est signé. »
« Une loi électorale juste permettra à l’Assemblée la représentation de toutes les minorités pour peu qu’elles franchissent le seuil de 5% des voix. »
« Ma conception de la République, ce n’est pas la guerre aux corps intermédiaires, comme elle a récemment été déclarée, c’est le contraire, c’est la défense et la promotion des corps intermédiaires dans notre pays ! »
Catégorie E : « Ouais » / « Bravo » / « Merci »

« Je ferai enfin voter avant la fin de l’année 2012 une loi sur l’égalité hommes-femmes, qui traitera de la parité politique, de l’égalité salariale et de la lutte contre les violences conjugales. »
« Je ferai adopter par la France la charte des langues et cultures régionales, qui sont pour notre pays une partie de son trésor national. »
« [Je ferai voter] la suppression de toute caution pour les locataires. »
« Exceptionnellement, en 2012, il n’y aura pas de vacances parlementaires et le Parlement siègera pendant tout l’été. »
« Je défendrai la création d’un président pour l’Europe. [...] Je défendrai l’idée que ce président soit élu au suffrage des citoyens européens. »
« Je demanderai que l’Histoire retrouve sa place en terminale scientifique et que la chronologie soit consacrée des petites classes jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. »
« Je veux reconstruire le “produire en France”. Pour cela, je ferai de la production dans notre pays une obsession nationale. »
Catégorie F : applaudissements nourris

« Avant le 14 juillet, [le gouvernement] créera la possibilité d’un emploi sans charges pour toutes les entreprises de moins de 50 salariés. »
« Je mettrai fin aux dérives du financement de la vie publique en supprimant la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance. »
« Je prendrai la défense de la profession la plus attaquée, la plus décriée, la plus injustement ciblée, je prendrai la défense du monde enseignant. »
« Je ferai voter une loi nouvelle qui fera entrer les représentants des salariés, avec droit de vote, au conseil d’administration des entreprises de plus de 500 salariés et au comité de rémunération des dirigeants pour mettre fin à la folie des salaires indécents. »
« Je ne veux plus entendre des enfants utilisés par des bandes dire à des policiers débordés : de toutes façons, tu ne peux rien me faire, j’ai la loi pour moi ! »
« Je soutiendrai l’idée de Jean Arthuis d’une Cour des comptes européenne. »
« J’entends, dès le redressement engagé, que la mise à niveau des petites retraites soit la première à bénéficier des conditions nouvelles du pays. »



L'Expansion.fr - 21/03/2012 - Ces sites internet qui surfent sur le "made in France" - Par Sébastien JULIAN



François Bayrou rêve de sauvegarder l'emploi grâce à un "label France". Ce qu'il ne sait peut-être pas, c'est que le débat sur le "made in France" a déjà un effet positif sur l'emploi. Sur Internet, les sites sur lesquels ont peut acheter des produits fabriqués en France se multiplient. Leur audience et leurs commandes sont même en nette progression, ce qui profite aux artisans et aux PME situées aux quatre coins de l'hexagone.

Sur le site 100pour100-madeinfrance.fr, l'un des pionniers en la matière, le nombre de visites a fait un bond de 50% depuis la fin de l'année dernière, confie Mathieu Chiavassa, l'un des co-fondateurs. La différence avec la période 2009-2011 est frappante. Lorsque nous avons lancé une première version du site sur une plateforme de blogs en 2009, le sujet du made in France était loin d'être porteur, explique-t-il. Nous devions aller chercher des partenariats avec les producteurs. Même les maires nous disaient : votre projet est beaucoup trop nationaliste ! Aujourd'hui, certains producteurs viennent spontanément vers le site pour proposer un partenariat et l'activité se porte bien. La campagne présidentielle a clairement redonné un coup de fouet.

Le constat est le même pour alittlemarket.com, un site qui regroupe des créations d'artisans français (bijoux, accessoires de mode, meubles...). Notre chiffre d'affaire a augmenté de 20 à 30% grâce au buzz médiatique, constate Nicolas D'Audiffret, l'un des co-fondateurs. Certes, le "made in France" est plus cher. Mais cet argument ne semble pas décourager les ventes. Les comportements changent : beaucoup de consommateurs préfèrent acheter un produit de qualité, qui durera longtemps, plutôt que deux produits ayant une faible durée de vie. Et puis, Internet permet de permet de court-circuiter les distributeurs classiques et donc de réduire le prix du "made in France". Nous jouons sur les économies d'échelles, explique Mathieu Chiavassa : nos marges sont faibles ; nous essayons de compenser par le plus de ventes possibles. Ainsi, nos prix sont bien moins chers qu'en boutiques ou qu'en grandes surfaces. Même constat chez alittlemarket.com : nous prenons juste 5% de commission sur les ventes. Résultat : un produit peut être vendu 35 euros chez nous alors qu'il serait vendu 100 euros en boutique !

"En fait, on ne nous dit jamais : vous êtes trop cher", explique Nicolas D'Audiffret. Le jeune entrepreneur pense d'ailleurs que le débat sur le made in France va se poursuivre au-delà des élections présidentielles. Il y a une tendance de fond. C'est aussi le pari de Sylvain Lescot, gérant du site france-reference.fr, ouvert depuis le 1er décembre dernier. Aujourd'hui, le bio est entré dans les moeurs. Beaucoup de gens sont près à payer un peu plus cher pour consommer ce type de produits. Le "made in France", c'est un peu comme le bio d'il y a cinq ans, explique-t-il. Ce qui n'empêche pas l'entrepreneur d'inciter les consommateurs à acheter français. Sur France-reference.com, vous pouvez comparer le prix des produits français et de leurs équivalents étrangers. A vous de choisir ensuite, celui que vous voulez. C'est la partie pédagogique du site, explique Sylvain Lescot. Au final, cependant, 90% des produits achetés sur le site sont français.




Tribune de Genève - 17/02/2012 - Bayrou dénonce la «sarkhollandisation» du débat politique 

Le candidat centriste souligne le fait que Nicolas Sarkozy et François Hollande représentent «à peine la moitié des électeurs» à eux deux.

François Bayrou dénonce la «sarkhollandisation» du débat politique dans les médias. Il soulignant que le président de la République et le candidat socialiste représentent "à peine la moitié des électeurs" à eux deux.

"L’idée qu’on pourrait continuer avec le parti actuel au pouvoir et les mêmes hommes, ou bien que le PS pourrait avoir tous les pouvoirs, franchement ça donne envie de se faire naturaliser australien", explique le candidat centriste dans un entretien avec des lecteurs du Parisien publié vendredi.

"La +sarkhollandisation+ du débat politique, il va falloir qu’elle recule", lance l’ancien ministre de l’Education en reprenant un néologisme qu’il rodait depuis quelques jours. "Quand j’allume ma radio le matin, j’entends Nicolas Sarkozy et François Hollande qui répond. Ils représentent à peine la moitié des électeurs, et les autres, comment on les entend?", interroge le président du MoDem. "Je vous avertis: les Français ne se laisseront pas confisquer cette élection", dit-il.

En 4e position

Après une poussée en décembre dans les sondages (de 7 à 14%), le leader centriste s’est stabilisé autour de 12 à 13%, en quatrième position derrière François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

"Si vous écoutez les sondages, n’allez pas voter! Deux candidats ont disparu en deux jours (Christine Boutin et Hervé Morin, ndlr). Le paysage se simplifie. Il n’y a que trois candidats éligibles parmi ceux qui restent. Si les gens ont envie de mettre fin au règne de Sarkozy, il ne reste que Hollande et moi", résume le candidat centriste.
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François Bayrou : Stratégie et Analyse

François Bayrou : Stratégie et Analyse
Record de popularité
Solidarité
Un appel "anti-sarkozy"
Pourquoi Bayrou plafonne
Bayrou à la recherche d'un nouvel élan
Le recours de la droite
La rigueur +++

Le Figaro - 20/03/2012 - Bayrou atteint des records de popularité 


François Bayrou a gagné 5 points de popularité en mars, ce qui lui permet de conforter sa troisième place du tableau de bord Ifop pour Paris-Match publié aujourd'hui, derrière Nicolas Hulot et Jacques Chirac, mais loin devant tous les autres candidats à la présidentielle.

François Bayrou, qui totalise 70% de bonnes opinions, devance largement Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) qui, à la 10e place, enregistre la plus forte progression du mois: 8 points. François Hollande, 13e, cède trois points à 54%. Nicolas Sarkozy, 28e, progresse de 3 points (41%). "Porté par son entrée en campagne, Nicolas Sarkozy (..) atteint ainsi un niveau de popularité qu'il n'avait plus atteint depuis juillet 2011", souligne l'Ifop.

Jean-Marie Le Pen lanterne rouge

Parmi les autres candidats à la présidentielle, Eva Joly (36%) gagne 2 points, Marine Le Pen (34%) un point et Nicolas Dupont-Aignan (27%) deux points. Les autres ne sont pas testés.

En tête du classement, Jacques Chirac (71%, +1 point) cède la première place à Nicolas Hulot (73%, +3). Christine Lagarde (64%) et Alain Juppé (62%) gagnent 2 points, devant Bertrand Delanoë (61%, -1). François Fillon (56%), à la 11e place, gagne 3 points.

Jean-Marie Le Pen est toujours lanterne rouge avec 18% (-1).

Sondage réalisé par téléphone les 15 et 16 mars auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).



Le Parisien.fr - 15/03/2012 - Solidarité, le nouveau thème de Bayrou - Par Martine CHEVALET


Il a esquissé le sujet en recevant cette semaine l’ancien haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch : la France ne se reconstruira pas dans l’individualisme. François Bayrou, qui publie aujourd’hui « la France solidaire » (Plon), rédigé en urgence — deux semaines —, marque un virage dans sa campagne. 
Tirant la leçon des sondages qui montrent l’agacement ou le désintérêt des Français face à l’indigence des thèmes de la campagne, et bien conscient que son « ni gauche ni droite » ne suffit pas à faire décoller sa cote, le centriste a présenté hier un « projet de société » basé sur les solidarités. « Après les forums de réflexion et les mesures techniques, il met ses 140 propositions en cohérence et propose une espérance. Il n’y a là-dedans aucune tactique politique ni volonté de mettre un coup de barre à gauche », jure Bernard Lehideux, membre du comité stratégique de campagne. Reste que ce thème de « solidarité » résonne davantage comme un slogan de gauche que de droite. Faut-il voir là, malgré les dénégations de ses proches, un indice dans le choix que devra faire Bayrou lors de l’entre-deux tours de la présidentielle?

Il a relu les écrits de De Gaulle

En attendant, il y a nécessité de rebond pour le candidat MoDem! Entre deux salves contre les sondages et leurs commanditaires — sujet déjà manié en 2007 —, François Bayrou a donc choisi d’adoucir son discours aride sur les déficits publics. « Il faut parler autrement des problèmes quotidiens des Français, le faire dans la perspective d’une refondation de la société », estime l’eurodéputé MoDem Robert Rochefort. L’ancien sociologue admet que Bayrou a voulu remuscler son discours : « C’est un peu quitte ou double. Il tire la campagne vers le haut, au risque d’apparaître plus comme un penseur qu’un acteur de la société. »

Selon ses proches, Bayrou, qui a beaucoup relu ces derniers temps les écrits du général de Gaulle, a voulu injecter dans les débats « une certaine idée de la France », loin des querelles sur la viande halal. « Il réactualise son christianisme social en se décalant des mesures budgétaires un peu froides qui forment son empreinte depuis son entrée en campagne », précise Rochefort. Pour jouer sa carte, Bayrou veut aussi se démarquer des candidats Hollande et Sarkozy, qui désignent l’un le capitalisme mondialisé et l’autre l’Europe comme raisons à la crise. Et puis « cette phase est le reflet de ses rencontres dans les banlieues avec des associations caritatives, des salariés. C’est la réalité de ce qu’on lui dit qui a infusé », explique Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.



Le Parisien.fr - 11/02/2012 - François Bayrou lance «un appel» anti-Sarkozy - Par MP

Très applaudi samedi après-midi en meeting à Paris, François Bayrou a lancé un appel à tous «les humanistes», de gauche comme de droite, à s'allier contre les propositions de Nicolas Sarkozy. Depuis l'annonce de la feuille de route très à droite du Président de la République dans le Figaro Magazine paru ce samedi, l'opposition est vent debout contre «la droitisation du discours» du «presque candidat UMP» en ciblant notamment son idée de référendum sur les étrangers et les chômeurs.

En début de discours, à la maison de la chimie, François Bayrou a proposé de prendre la tête de la riposte. «J'affirme qu'aucun des hommes et des femmes du centre, ou qui ont eu les convictions du centre, même s'ils sont passés à l'UMP, ne peut accepter cela. Aucun d'entre eux ne doit se taire. J'affirme que la droite républicaine française, pas plus que la gauche, ne peuvent l'accepter», a lancé François Bayrou, citant l'héritage de Jacques Chaban-Delmas et du général De Gaulle.

Le candidat centriste s'en est pris très vivement à cette droite qui vise « l'électorat de l'extrême droite, le grand grenier voix ». «Le moment est venu de dire stop, ça suffit nous n'irons pas dans cette direction».

Vendredi, c'est l'ex-cofondateur de l'UMP, Philippe Douste-Blazy, passé dans le camp de Nicolas Sarkozy, qui avait pris position contre ce qu'il nomme la «dérive droitière» de Nicolas Sarkozy. «Avec un positionnement comme celui-là, je ne vois pas comment un centriste, un humaniste, un démocrate social peut voter pour Nicolas Sarkozy. C'est aux antipodes de nos valeurs.»
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Le Nouvel observateur - 07/02/2012 - Sondages : pourquoi Bayrou plafonne - Par Philippe CRIQUI

La stagnation dans les sondages de François Bayrou s'explique par ses choix stratégiques de campagne.

Après un départ en campagne en fanfare, François Bayrou marque le pas. Il stagne autour de 12% dans les intentions de vote en dépit de la présentation de son programme. Résultat d’un déplacement stratégique qui ne porte pas ses fruits.

L’équation à plusieurs inconnues de François Bayrou, il est vrai, n’est pas simple à résoudre. Il doit récupérer ses électeurs, élargir son espace politique, dépasser son plafond de 2007 et se préparer à toutes les hypothèses de second tour. Or François Bayrou est agrégé de lettres, pas de mathématiques.
Lire Marx

Le capital comme valeur cardinale. La façon dont François Bayrou a soudainement doublé son capital électoral lors de son entrée en campagne (de 7% à 15% d’intentions de vote entre début et mi-décembre) s’explique aisément. En se réaffirmant comme le candidat de l’extrême-centre, il a ouvert le réfrigérateur resté porte close depuis 2007. Il a fait revenir à lui ses électeurs restés au frais. Avant le lancement de sa campagne, il ne rassemblait qu’environ 30% de ses anciens soutiens de la dernière présidentielle. Mi-décembre, il avait provoqué le retour au bercail de presque 60% d’entre eux. Son capital comme fruit de son premier travail.
Lire l'Ecclésiaste

La vanité comme stratégie. Au centre de l’attention, l’ivresse de sa progression a insufflé à François Bayrou l’audace d’aller concurrencer Nicolas Sarkozy comme possible candidat alternatif de droite. Avec le ralliement de poids-plume du centre, il a donné l’impression de ressusciter l’ancienne UDF. Enfin, par un coup de coude habile et cruel, François Hollande lui a courtoisement fermé la porte d’une éventuelle alliance à gauche entre les deux tours et l’a repoussé vers son centre de gravité d’origine. Aujourd’hui, une part de ses anciens électeurs de centre gauche restent fidèles à François Hollande (environ un sur cinq) et François Bayrou ne rassemble guère plus que 40% de ses anciens électeurs. Vanité des vanités.
Lire La Fontaine


Le Figaro - 13/02/2012 - Bayrou à la recherche d'un nouvel élan - Par Rodolphe GEISLER


Face aux «valeurs» de Nicolas Sarkozy, le candidat centriste lance un appel aux «républicains et humanistes». Il estime par ailleurs que si Marine Le Pen n'a pas ses signatures, «les dirigeants des grands courants démocratiques devront en discuter».

Pour peu, les amis de François Bayrou, qui stagne dans les sondages entre 11 et 14% d'intentions de vote, en arriveraient presque à remercier le chef de l'État. «Après l'interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro Magazine, les Français vont se rendre compte que, pour la présidentielle, ils auront le choix entre une société à l'américaine, de plus en plus dure avec les plus faibles d'entre eux, et une société humaniste à l'image de la France de toujours», veut croire un cadre centriste, qui y voit là une occasion de redonner «un nouveau souffle» à son candidat. «Au cynisme électoraliste de Sarkozy, Bayrou répond par des valeurs humanistes», assure encore Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.

Bayrou, lui-même, a visiblement bien senti tout le parti qu'il pourrait tirer des «valeurs» exprimées par Sarkozy dans son interview au Figaro Magazine de ce week-end. Hasard de calendrier: ce samedi, le candidat centriste tenait à Paris le troisième forum de son «agenda 2012-2020» consacré, cette fois, à «la solidarité». L'occasion de profiter d'une tribune.

Pour le chef centriste, le ton de la campagne est désormais donné: ce sera «valeurs contre valeurs». Et 2012, «un choix de civilisation», a-t-il lancé, en clin d'œil aux récentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Très en verve, renouant avec le ton cinglant de son livre Abus de pouvoir, publié en 2009, Bayrou s'est livré à une charge sans concession contre le chef de l'État. «Ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est la négation de valeurs qui sont celles de la France.»

Pari audacieux
Pour le centriste, l'idée avancée par le probable candidat de l'UMP d'un référendum sur les droits des chômeurs est «indigne». Il l'assure: «Une société se juge au traitement qu'elle réserve aux plus faibles de ses membres.» Dans l'assistance, plusieurs centaines de participants venus assister au forum applaudissent. «Or, l'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur les droits des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France.» Et le candidat du «produire en France» d'insister: «Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage: ce sont les gouvernants…» Surtout, derrière ce référendum, Bayrou voit du cynisme: «Qu'y a-t-il derrière cette orientation? Il y a l'idée que c'est l'électorat d'extrême droite qui constitue le grand grenier à voix. Il y a que c'est en jouant de cette corde - «les chômeurs ne foutent rien…», et les étrangers, voilà la question» - que l'on peut puiser dans cet électorat…»

Le discours est long. Les attaques contre les valeurs du chef de l'État nombreuses. Ce samedi, François Bayrou ne s'y est pas trompé: il a totalement ignoré François Hollande, dont il a déjà estimé que «le programme est irresponsable», pour se concentrer sur Nicolas Sarkozy. Le pari est audacieux, mais le rêve du chef centriste est bien de se retrouver au second tour face au candidat socialiste. L'entourage de Bayrou fait en effet valoir des «sondages secrets», où, en cas de duel «entre les deux François», les scores seraient serrés. «Très serrés…», assure-t-on.

Quatrième position
Problème: pour cela, il faudrait à Bayrou passer le premier tour. Or, dans les sondages, le candidat centriste reste pour l'heure en quatrième position, à plus de dix points derrière Sarkozy. Certes, cette semaine, d'anciens cadres RPR, comme Florent Longuépée, l'ont bien rejoint. Mais Bayrou reste loin du compte.

D'où, peut-être, cette nouvelle montée en puissance contre le chef de l'État sortant: Le moment est venu de lancer un appel: je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, aux Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de laisser faire ou dire. Il est des moments où la politique s'arrête et où commence l'essentiel: la défense d'un monde qu'on veut transmettre aux enfants!» Et de lancer depuis son pupitre: «C'est assez, ça suffit. Stop!»
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La force de la fable. François Bayrou doit reconstituer ses forces pour retrouver son niveau de 2007, préalable nécessaire mais pas suffisant pour viser le second tour. Il doit percer son plafond et se créer un espace. En clair, il doit bouger les murs, car le total de voix exprimées ne dépasse jamais les 100%. Mais avant de se faire plus grosse que le bœuf, la grenouille a tout intérêt à être solide. Or aujourd’hui, l’électorat de François Bayrou est le plus fragile de tous. 60% de ceux qui ont l’intention de voter pour lui déclarent qu’ils pourraient changer d’avis. A l’inverse, la majorité des autres électorats est solide : plus de 70% les électeurs de François Hollande et Nicolas Sarkozy et près des deux tiers de ceux de Marine Le Pen se disent sûrs de leur décision. François Bayrou sait ce qu’il peut perdre ; mais il ne sait pas où il peut gagner.
La lecture erronée.

Le choix du glissement stratégique vers le centre droit résulte d’une mauvaise lecture de la situation de Nicolas Sarkozy. Le président sortant est peut être affaibli politiquement, mais il ne baisse pas électoralement. Sa situation est stable. Impopulaire dans le pays, il dispose toutefois d’un noyau dur d’environ 25% de l’électorat. Nicolas Sarkozy étant bas, il est difficile de lui mordre les mollets. Ses électeurs ne sont pas les plus nombreux, mais ils sont déterminés. De fait, François Bayrou n’attire guère plus de 10% des électeurs de 2007 de Nicolas Sarkozy. Ceux là ne croient pas à une alternative au centre.

Par conséquent, François Bayrou est condamné à une drôle de campagne à contre-emploi. Il fixe les électeurs du centre-droit les empêchant de rejoindre l’opposition, ce qui sert Nicolas Sarkozy. Et il offre à Hollande de bons reports au second tour, ce qui facilite le travail du candidat de gauche. Un peu le contraire d’une stratégie gagnante.


Le Figaro.fr - 13/02/2012 - Bayrou à la recherche d'un nouvel élan - Par Rodolphe GEISLER


Face aux «valeurs» de Nicolas Sarkozy, le candidat centriste lance un appel aux «républicains et humanistes». Il estime par ailleurs que si Marine Le Pen n'a pas ses signatures, «les dirigeants des grands courants démocratiques devront en discuter».

Pour peu, les amis de François Bayrou, qui stagne dans les sondages entre 11 et 14% d'intentions de vote, en arriveraient presque à remercier le chef de l'État. «Après l'interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro Magazine, les Français vont se rendre compte que, pour la présidentielle, ils auront le choix entre une société à l'américaine, de plus en plus dure avec les plus faibles d'entre eux, et une société humaniste à l'image de la France de toujours», veut croire un cadre centriste, qui y voit là une occasion de redonner «un nouveau souffle» à son candidat. «Au cynisme électoraliste de Sarkozy, Bayrou répond par des valeurs humanistes», assure encore Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.

Bayrou, lui-même, a visiblement bien senti tout le parti qu'il pourrait tirer des «valeurs» exprimées par Sarkozy dans son interview au Figaro Magazine de ce week-end. Hasard de calendrier: ce samedi, le candidat centriste tenait à Paris le troisième forum de son «agenda 2012-2020» consacré, cette fois, à «la solidarité». L'occasion de profiter d'une tribune.

Pour le chef centriste, le ton de la campagne est désormais donné: ce sera «valeurs contre valeurs». Et 2012, «un choix de civilisation», a-t-il lancé, en clin d'œil aux récentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Très en verve, renouant avec le ton cinglant de son livre Abus de pouvoir, publié en 2009, Bayrou s'est livré à une charge sans concession contre le chef de l'État. «Ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est la négation de valeurs qui sont celles de la France.»

Pari audacieux
Pour le centriste, l'idée avancée par le probable candidat de l'UMP d'un référendum sur les droits des chômeurs est «indigne». Il l'assure: «Une société se juge au traitement qu'elle réserve aux plus faibles de ses membres.» Dans l'assistance, plusieurs centaines de participants venus assister au forum applaudissent. «Or, l'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur les droits des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France.» Et le candidat du «produire en France» d'insister: «Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage: ce sont les gouvernants…» Surtout, derrière ce référendum, Bayrou voit du cynisme: «Qu'y a-t-il derrière cette orientation? Il y a l'idée que c'est l'électorat d'extrême droite qui constitue le grand grenier à voix. Il y a que c'est en jouant de cette corde - «les chômeurs ne foutent rien…», et les étrangers, voilà la question» - que l'on peut puiser dans cet électorat…»

Le discours est long. Les attaques contre les valeurs du chef de l'État nombreuses. Ce samedi, François Bayrou ne s'y est pas trompé: il a totalement ignoré François Hollande, dont il a déjà estimé que «le programme est irresponsable», pour se concentrer sur Nicolas Sarkozy. Le pari est audacieux, mais le rêve du chef centriste est bien de se retrouver au second tour face au candidat socialiste. L'entourage de Bayrou fait en effet valoir des «sondages secrets», où, en cas de duel «entre les deux François», les scores seraient serrés. «Très serrés…», assure-t-on.

Quatrième position
Problème: pour cela, il faudrait à Bayrou passer le premier tour. Or, dans les sondages, le candidat centriste reste pour l'heure en quatrième position, à plus de dix points derrière Sarkozy. Certes, cette semaine, d'anciens cadres RPR, comme Florent Longuépée, l'ont bien rejoint. Mais Bayrou reste loin du compte.

D'où, peut-être, cette nouvelle montée en puissance contre le chef de l'État sortant: Le moment est venu de lancer un appel: je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, aux Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de laisser faire ou dire. Il est des moments où la politique s'arrête et où commence l'essentiel: la défense d'un monde qu'on veut transmettre aux enfants!» Et de lancer depuis son pupitre: «C'est assez, ça suffit. Stop!»

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L'Express - 13/02/2012 - Bayrou, le recours de la droite? - Par Gaëtan SUPERTINO


Le candidat du Modem mitraille le président et ses propositions sur les chômeurs et les immigrés. Le centriste, qui stagne dans les sondages, souhaite aussi que Marine Le Pen puisse se présenter. Pour mieux affaiblir Nicolas Sarkozy? 
Il est bien décidé à ne pas lui laisser la vedette. Annonce supposée de la candidature, grand meeting de soutien à Marseille... Cela devait être la semaine du candidat Sarkozy. Mais François Bayrou ne compte pas rester assis à le regarder. Il ne compte pas attendre que le chef de l'Etat, deuxième dans les sondages, se décide à simplement provoquer en duel le favori socialiste. Il s'immisce dans la bataille. Et attaque le président sur son flanc gauche.
Samedi lors d'un forum sur le "contrat social", dimanche sur France2, lundi matin sur RTL... François Bayrou mitraille depuis trois jours les propositions du chef de l'Etat, évoquées dans l'interview donnée au Figaro magazine, notamment le référendum sur la fin des indemnisations chômage ou les propos sur les immigrés. "Pour moi, c'est une ligne de combat... Le fait de prendre ainsi ceux qui ont le plus de difficultés et d'en faire des responsables de la crise, d'insinuer que ce sont les responsables, c'est une ligne de fracture (...)", martèle le candidat centriste. "Fracture", "combat", les mots sont sans ambiguïté.
Je me refuse de parler de virage à droite, il y a des valeurs de droite respectables
Il faut dire que François Bayrou arrive à un moment charnière de sa campagne. En moins de deux mois, il est passé de 7% d'intentions de vote à plus de 12%, voire 14% dans les sondages. Mais depuis quelques semaines il stagne. Il subirait même plutôt une "tendance baissière", comme on dit dans le jargon des sondages. Or, après les mesures clairement marquées à droite annoncées par Nicolas Sarkozy, il est logique que le candidat du Modem se saisisse de l'occasion pour tenter d'enrôler les voix des modérés de la majorité.
"Je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, je dis à tous les Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses que l'on a pas le droit de laisser faire ou de laisser dire, qu'il y a des directions que l'on a pas le droit de prendre. J'affirme qu'aucun des hommes ou des femmes du centre, même s'ils sont passés à l'UMP, ne peut accepter cela, a-t-il martelé, invitant ainsi tous les déçus du virage à droite de Nicolas Sarkozy à le rejoindre. Je me refuse même à parler d'un virage à droite de Nicolas Sarkozy car il y a des valeurs de droite qui pour moi sont parfaitement honorables et respectables."
"Les déclarations de Nicolas Sarkozy ne font pas changer la campagne. Le produire en France, l'emploi, le chômage... Tout est lié. Mais François Bayrou est obligé de réagir au vu de leur gravité. S'il ne les avait pas prononcées, nous n'aurions pas de raisons de tirer sur le chef de l'Etat", explique à L'Express Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher et soutien du centriste.
"C'est la loi de la campagne"
Pour le moment, les réactions restent timides dans la majorité. Après Philippe Douste-Blazy, deux anciens proches de Philippe Seguin, Florent Longuépée et Xavier Jaglin, viennent d'appeler à soutenir Bayrou. Mais l'impact risque d'en être pour le moins limité.
"Que François Bayrou tente ce genre de chose, c'est la loi de la campagne, remarque ainsi l'ancien secrétaire d'Etat Dominique Bussereau, contacté par le JDD. Mais je ne pense pas que cela ait tellement de conséquences." Même scepticisme du Nouveau centre ou des proches de Jean-Louis Borloo: le chef de l'Etat n'a pas franchi la ligne rouge, du moins pas au point de pousser les modérés de la majorité à rejoindre le Modem.
"Ce n'est pas une stratégie électorale, assure Jacqueline Gourault. François Bayrou se bat simplement pour ce qu'il croit. Après, nous espérons bien sur rassembler tous les Français. Nous sommes persuadés qu'à droite, chez les humanistes, chez certains gaullistes, certains anciens du RPR, il y a des personnes qui pensent qu'une telle politique n'est pas possible. Nous espérons simplement qu'ils le disent."
"Bayrou a compris que 70% des Français veulent la présence de Le Pen"
Quoi qu'il en soit, François Bayrou a tout intérêt à insister dans la brèche qu'il a ouverte ce week-end. Car même si les soutiens politiques n'affluent pas, les électeurs, eux, pourraient y être sensibles. "Beaucoup d'études montrent que lorsque Nicolas Sarkozy droitise son discours, cela profite à Le Pen et à Bayrou. Les électeurs les plus à droite de l'UMP s'en vont vers le FN, ils préfèrent l'original à la copie. Et les autres ont tendance à se déplacer chez Bayrou", décrypte Gaël Sliman, directeur du pôle opinion chez BVA.
Du coup, on pourrait être tenté de voir la proposition du centriste de discuter des parrainages de Marine Le Pen comme un gros caillou glissé dans le soulier du chef de l'Etat. Une candidature Le Pen permetrrait à Bayrou de se poser en recours de la droite, face à un Sarkozy abandonné de son électorat.
"Je ne suis pas sûr que Bayrou milite pour la présence de Marine Le Pen pour ces raisons-là", nuance toutefois Gaël Sliman. François Bayrou serait en effet le premier avantagé de l'absence de Le Pen. D'après le sondeur, il gagnerait même quatre points avec un tel scénario. De plus, la droitisation de Sarkozy profite de manière égale à Le Pen et à lui. Et il n'est pas sûr qu'il l'emporte contre elle, dans la course au second tour.
Mais ce qu'il a compris en revanche, c'est que 70% des Français, de droite comme de gauche, veulent que Le Pen puisse se présenter. S'il insiste sur l'importance de la présence de Marine le Pen au premier tour, c'est parce qu'il sait que c'est un discours qui a le soutien du public.
"Les Français sont attachés au pluralisme, et François Bayrou aussi. Ce n'est pas comme si le FN faisait 1 ou 2%. Tous les partis parlent de ça entre eux. Mais ils font les faux-culs, assène Jacqueline Gourault. Nous, nous osons en parler publiquement."
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Marianne 2 - 15/02/2012 - Bayrou ou la rigueur +++ - Par Laurent PINSOLLE

Avec François Bayrou, le retour à l'équilibre budgétaire est prévu pour 2015. Soit un an avant l'échéance annoncée par Nicolas Sarkozy et deux ans avant celle de François Hollande. Son secret ? Privilégier une cure d'austérité drastique avant la croissance. D'après Laurent Pinsolle, qui soutient Nicolas Dupont-Aignan, ce modèle ne peut fonctionner, et montre surtout la manière dont Bayrou tente de séduire l'électorat de droite encore indécis.

Le candidat du Modem a révélé le chiffrage de son programme la semaine dernière. Sans surprise, il a creusé le sillon de la rigueur, qui est une de ses marques de fabrique. S’il fait plaisir à Jean-Michel Aphatie, sa recette serait une vraie catastrophe pour les Français.

ENTRE APHATIE ET CHURCHILL
François Bayrou ne pouvant pas se distinguer de François Hollande ni de Nicolas Sarkozy facilement sur les questions économiques, puisqu’il est lui aussi favorable à la monnaie unique, au libre-échange ou à la libre circulation des mouvements de capitaux, il a décidé de se différencier sur la question de l’austérité. En effet, alors que Nicolas Sarkozy promet un retour à l’équilibre budgétaire pour 2016 et François Hollande pour 2017, le candidat du Modem propose carrément 2015 !

Concrètement, cela représente un effort de 100 milliards d’euros entre 2011 et 2015, ou 80 milliards d’euros entre 2012 et 2015. Le président du Modem propose de réaliser cela pour moitié avec des baisses de dépenses et pour moitié avec des hausses d’impôts (nouvelles tranches d’impôt sur le revenu, hausse de la TVA). Bref, après le candidat allemand, voici le candidat churchillien, qui propose de la sueur et des larmes pour remettre de l’ordre dans les finances publiques.

UNE AUSTÉRITÉ SUICIDAIRE
Le problème est que ces propositions sont extrêmement dangereuses. Elles représentent un ajustement budgétaire d’environ 1,5 point de PIB par an pendant 3 ans. Le FMI a souligné dans une étude de 2010 que les phases d’austérité pèsent fortement sur la croissance. La potion amère de François Bayrou pourrait se révéler beaucoup trop dure pour tenir les 1,5 % de croissance du PIB qu’il annonce dans son projet, rendant caduque l’ensemble de son projet.

L’avis des économistes n’est pas très positif. Même les adeptes de la pensée unique sont sceptiques, comme le rapporte L’Express. Quand aux hétérodoxes, ils dénoncent ces politiques vivement, comme Joseph Stiglitz pour qui « l’austérité mène au désastre  » et qui évoque « la pratique de la saignée dans la médecine médiévale  ». En outre, comment ne pas y voir une réplique des politiques mortifères menées en Grèce, et qui n’ont absolument rien résolu.

UN GRAND COUP DE BARRE À DROITE

Dans un papier assez vif, le blogueur SuperNo, s’est posé la question « Bayrou, encore plus libéral que Sarkozy ?  ». Il est vrai que le programme budgétaire du candidat centriste à l’élection présidentielle le déporte sur la droite de l’échiquier politique puisqu’il est celui qui va le plus loin dans les efforts de réduction des déficits budgétaires, poussant jusqu’à l’absurde une politique qui achèverait de casser définitivement toute croissance, comme cela se passe en Grèce.

Certes, on peut reconnaître une certaine constance au candidat, qui tenait déjà un discours similaire en 2007. Mais pratiquement, c’est une impasse économique. En fait, elle constitue sans doute un virage à droite. En effet, la seule chance pour François Bayrou n’est-elle pas de convaincre l’électorat de droite de laisser tomber un Nicolas Sarkozy — qui sera forcément battu par François Hollande — pour le soutenir lui, qui serait capable d’éviter le retour de la gauche au pouvoir ?

Devant la faiblesse du président sortant, le président du Modem semble faire le pari de devenir un candidat de droite de substitution pour faire barrage à François Hollande. Mais ce dernier ne fait pas très peur. Pire, il est pour le moins paradoxal de nous proposer une potion qui échoue partout ailleurs.
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