Dominique De Villepin
Europe 1 - 21/03/2012 - Villepin avait-il ses signatures ?
C'est désormais officiel, Dominique de Villepin ne sera pas candidat à la présidentielle. Pour ses soutiens, son absence sur la ligne de départ pose la question du bien-fondé du système des parrainages. Mais, au-delà de la déception et de cette question d'ordre institutionnel, certains s'interrogent sur la façon dont le combat a été mené par l'ancien Premier ministre et son entourage. Mais aussi sur l'avenir de leur mouvement, République solidaire (RS), que Villepin a quitté à la surprise générale en octobre 2011, un peu plus d'un an après son lancement. Retour sur trois jours de désillusions.
Jeudi soir, alors qu'une vingtaine de militants bénévoles de République solidaire continuent à se battre depuis le QG, comme le racontait Libération.fr, pour obtenir quelques parrainages de plus - certains prendront même le train pour venir à Paris apporter un ou deux parrainages en mains propres -, Villepin annonce en direct, au 20 heures de France 2, son probable retrait de la course à la présidentielle. "Sauf miracle républicain", affirme-t-il, il n'aura pas les parrainages nécessaires. L'ex-Premier ministre assure avoir été "empêché" d'être candidat. Qu'à cela ne tienne, les militants continueront à espérer un "miracle", jusqu'au vendredi. L'heure officielle de la fin du dépôt des signatures se situe à 18 heures, mais certains continueront à attendre celles provenant de l'outre-mer, où il n'est pas encore 18 heures en heure locale. Mais, aux alentours de 19 heures, leur candidat met fin aux derniers espoirs en annonçant définitivement son retrait dans un communiqué.
"Il manquait plus de signatures que ce qui a été annoncé"
Alors, samedi, les adhérents de République solidaire ont la gueule de bois. Certains sont même en colère et estiment avoir été utilisés alors qu'il manquait beaucoup trop de signatures pour espérer atteindre la barre des 500. "Les parrainages, il en manquait bien plus que ce qui a été annoncé à la télévision, et le staff le savait. On nous a fait venir pour rien", nous confie l'un d'entre eux, très déçu. Sur RTL, mardi, Villepin avait évoqué le chiffre de 460 signatures. Or, selon une source interne de RS, on comptait au maximum 367 signatures 3 jours plus tard, dont 12 récoltées le vendredi. "Jeudi, au QG, on comptait 175 parrainages, et 180 étaient au Conseil constitutionnel. Sauf qu'on ne sait pas s'il y avait des doublons", explique-t-on. Interrogé à ce sujet, le député Jean-Pierre Grand reconnaît qu'il y avait "moins de parrainages que prévu", mais explique qu'il "y en a qui ont disparu, des promesses qui n'ont pas été concrétisées".
Dans l'après-midi de samedi, Villepin adresse un courrier électronique aux adhérents. Outre les remerciements de rigueur, l'ancien Premier ministre évoque l'avenir de RS. "Le mouvement, vous le sentez tous, garde toute sa raison d'être, à savoir le rassemblement national en dehors et au-dessus des partis politiques, commence-t-il. Mais il devra changer d'approche pour défendre cette vision. Laissons la politique de parti aux partis. C'est pourquoi il nous appartient aujourd'hui de prendre de la hauteur par rapport aux prochaines échéances, afin de déterminer la meilleure façon d'être utile à la France à l'avenir." Il n'en fallait pas plus pour que circule la rumeur d'une dissolution. Pour un ex-villepiniste, le scénario le plus probable serait que RS soit "réduit à un club", avec les trois personnes qui constituent actuellement le bureau politique : le député Marc Bernier, le trésorier Laurent Tessler et le président Jean-Pierre Grand.
"Comment Villepin a-t-il pu quitter le navire ?"
Ce dernier est celui qui est officiellement habilité à prendre une telle décision. Interrogé par Le Point.fr, lundi matin, il refuse de commenter ces "rumeurs", qu'il déplore. "Nous allons réfléchir. Laissez-nous le temps", explique-t-il. Lundi après-midi, le député de l'Hérault envoyait pourtant à son tour un appel aux adhérents. "La vocation principale de notre mouvement était de soutenir la vision de Dominique de Villepin dans cette campagne", expliquait-il.
"Nous devons aujourd'hui entrer dans un temps de changement pour en tirer toutes les conséquences. République solidaire n'a pas vocation à s'engager dans les débats partisans de cette campagne. (...) Nous avons décidé avec Marc Bernier de mettre pour l'instant en veille les activités politiques de République solidaire, le temps de la campagne pour l'élection présidentielle. Nous mettrons ce temps à profit pour réorganiser profondément notre dispositif national et territorial, et reconstituer nos capacités financières, puisque nous n'avons perçu aucune aide de l'État. Nous lançons à cet égard un appel à nos membres qui n'ont pas encore renouvelé leur cotisation 2012 ainsi qu'aux dons, car ces moyens sont la condition indispensable de la poursuite ultérieure de nos activités."
Échec
Selon un adhérent de RS, il est clair que la décision sera prise par Villepin lui-même, bien qu'il ait quitté la présidence du mouvement. Un départ qui, avec l'échec des parrainages, suscite d'ailleurs de nouvelles interrogations. Un ancien militant a en tout cas adressé un mail en ce sens à la communauté de RS, en réponse à celui de Villepin. "Déçu depuis plusieurs mois", il écrit : "Je n'ai pas compris et ne comprends toujours pas comment le fondateur de République solidaire a pu quitter le navire pendant cette période. Comment fédérer des adhésions, des adhérents quand le président part ? Quelles sont les raisons de ce détachement ?" Ce départ inattendu avait en effet laissé penser à l'époque que Villepin avait renoncé à être candidat à la présidentielle. Sa déclaration de candidature, deux mois et demi plus tard, ressemblait à s'y méprendre à un sursaut d'orgueil.
Quant à la course aux parrainages, ce sympathisant s'interroge sur la façon dont elle a été menée : "J'ai suivi la campagne de madame Lepage, qui n'a eu de cesse de rameuter ses troupes pour obtenir les signatures. Je n'ai rien vu de tel avec RS. On n'a pas été poussés, on n'a pas reçu de SMS, Dominique de Villepin n'est pas passé régulièrement à la télévision pour faire part de ses problèmes. Bref, j'ai l'impression que l'on a joué perso pour obtenir ces signatures. Cette impression est peut-être fausse. Cependant, j'ai le sentiment que l'on a eu affaire à une autocratie parisienne qui a monopolisé toutes les responsabilités, et que l'on a eu du mal à déléguer." Et de s'interroger sur les départs successifs du parti et le bien-fondé d'une des mesures phares du programme de Villepin, le "revenu citoyen", qu'il juge "ultra-populiste" et ne "cadrant pas avec l'esprit de départ" du mouvement. Il résume : "Je pense qu'il va falloir passer à l'inventaire de cet échec et se poser des questions. Monsieur de Villepin lui-même devra en apporter."
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Libération - 11/12/2011 - Dominique de Villepin candidat à la présidentielle
Villepin avait 600 signatures, et non 400, et a préféré saborder sa candidature pour éviter un score trop bas, d’après Le Canard enchaîné.
Le Point - 19/03/2012 - Le crépuscule de République solidaire - Par Pauline de Saint-Remy
Jeudi soir, alors qu'une vingtaine de militants bénévoles de République solidaire continuent à se battre depuis le QG, comme le racontait Libération.fr, pour obtenir quelques parrainages de plus - certains prendront même le train pour venir à Paris apporter un ou deux parrainages en mains propres -, Villepin annonce en direct, au 20 heures de France 2, son probable retrait de la course à la présidentielle. "Sauf miracle républicain", affirme-t-il, il n'aura pas les parrainages nécessaires. L'ex-Premier ministre assure avoir été "empêché" d'être candidat. Qu'à cela ne tienne, les militants continueront à espérer un "miracle", jusqu'au vendredi. L'heure officielle de la fin du dépôt des signatures se situe à 18 heures, mais certains continueront à attendre celles provenant de l'outre-mer, où il n'est pas encore 18 heures en heure locale. Mais, aux alentours de 19 heures, leur candidat met fin aux derniers espoirs en annonçant définitivement son retrait dans un communiqué.
"Il manquait plus de signatures que ce qui a été annoncé"
Alors, samedi, les adhérents de République solidaire ont la gueule de bois. Certains sont même en colère et estiment avoir été utilisés alors qu'il manquait beaucoup trop de signatures pour espérer atteindre la barre des 500. "Les parrainages, il en manquait bien plus que ce qui a été annoncé à la télévision, et le staff le savait. On nous a fait venir pour rien", nous confie l'un d'entre eux, très déçu. Sur RTL, mardi, Villepin avait évoqué le chiffre de 460 signatures. Or, selon une source interne de RS, on comptait au maximum 367 signatures 3 jours plus tard, dont 12 récoltées le vendredi. "Jeudi, au QG, on comptait 175 parrainages, et 180 étaient au Conseil constitutionnel. Sauf qu'on ne sait pas s'il y avait des doublons", explique-t-on. Interrogé à ce sujet, le député Jean-Pierre Grand reconnaît qu'il y avait "moins de parrainages que prévu", mais explique qu'il "y en a qui ont disparu, des promesses qui n'ont pas été concrétisées".
Dans l'après-midi de samedi, Villepin adresse un courrier électronique aux adhérents. Outre les remerciements de rigueur, l'ancien Premier ministre évoque l'avenir de RS. "Le mouvement, vous le sentez tous, garde toute sa raison d'être, à savoir le rassemblement national en dehors et au-dessus des partis politiques, commence-t-il. Mais il devra changer d'approche pour défendre cette vision. Laissons la politique de parti aux partis. C'est pourquoi il nous appartient aujourd'hui de prendre de la hauteur par rapport aux prochaines échéances, afin de déterminer la meilleure façon d'être utile à la France à l'avenir." Il n'en fallait pas plus pour que circule la rumeur d'une dissolution. Pour un ex-villepiniste, le scénario le plus probable serait que RS soit "réduit à un club", avec les trois personnes qui constituent actuellement le bureau politique : le député Marc Bernier, le trésorier Laurent Tessler et le président Jean-Pierre Grand.
"Comment Villepin a-t-il pu quitter le navire ?"
Ce dernier est celui qui est officiellement habilité à prendre une telle décision. Interrogé par Le Point.fr, lundi matin, il refuse de commenter ces "rumeurs", qu'il déplore. "Nous allons réfléchir. Laissez-nous le temps", explique-t-il. Lundi après-midi, le député de l'Hérault envoyait pourtant à son tour un appel aux adhérents. "La vocation principale de notre mouvement était de soutenir la vision de Dominique de Villepin dans cette campagne", expliquait-il.
"Nous devons aujourd'hui entrer dans un temps de changement pour en tirer toutes les conséquences. République solidaire n'a pas vocation à s'engager dans les débats partisans de cette campagne. (...) Nous avons décidé avec Marc Bernier de mettre pour l'instant en veille les activités politiques de République solidaire, le temps de la campagne pour l'élection présidentielle. Nous mettrons ce temps à profit pour réorganiser profondément notre dispositif national et territorial, et reconstituer nos capacités financières, puisque nous n'avons perçu aucune aide de l'État. Nous lançons à cet égard un appel à nos membres qui n'ont pas encore renouvelé leur cotisation 2012 ainsi qu'aux dons, car ces moyens sont la condition indispensable de la poursuite ultérieure de nos activités."
Échec
Selon un adhérent de RS, il est clair que la décision sera prise par Villepin lui-même, bien qu'il ait quitté la présidence du mouvement. Un départ qui, avec l'échec des parrainages, suscite d'ailleurs de nouvelles interrogations. Un ancien militant a en tout cas adressé un mail en ce sens à la communauté de RS, en réponse à celui de Villepin. "Déçu depuis plusieurs mois", il écrit : "Je n'ai pas compris et ne comprends toujours pas comment le fondateur de République solidaire a pu quitter le navire pendant cette période. Comment fédérer des adhésions, des adhérents quand le président part ? Quelles sont les raisons de ce détachement ?" Ce départ inattendu avait en effet laissé penser à l'époque que Villepin avait renoncé à être candidat à la présidentielle. Sa déclaration de candidature, deux mois et demi plus tard, ressemblait à s'y méprendre à un sursaut d'orgueil.
Quant à la course aux parrainages, ce sympathisant s'interroge sur la façon dont elle a été menée : "J'ai suivi la campagne de madame Lepage, qui n'a eu de cesse de rameuter ses troupes pour obtenir les signatures. Je n'ai rien vu de tel avec RS. On n'a pas été poussés, on n'a pas reçu de SMS, Dominique de Villepin n'est pas passé régulièrement à la télévision pour faire part de ses problèmes. Bref, j'ai l'impression que l'on a joué perso pour obtenir ces signatures. Cette impression est peut-être fausse. Cependant, j'ai le sentiment que l'on a eu affaire à une autocratie parisienne qui a monopolisé toutes les responsabilités, et que l'on a eu du mal à déléguer." Et de s'interroger sur les départs successifs du parti et le bien-fondé d'une des mesures phares du programme de Villepin, le "revenu citoyen", qu'il juge "ultra-populiste" et ne "cadrant pas avec l'esprit de départ" du mouvement. Il résume : "Je pense qu'il va falloir passer à l'inventaire de cet échec et se poser des questions. Monsieur de Villepin lui-même devra en apporter."
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Libération - 11/12/2011 - Dominique de Villepin candidat à la présidentielle
Dominique de Villepin a annoncé dimanche sur TF1 qu'il avait «décidé d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012».
«J'entends défendre une certaine idée de la France (...), j'ai une conviction: le rendez-vous de 2012 sera le rendez-vous de la vérité, du courage et de la volonté», a affirmé l'ex-Premier ministre et fondateur de République solidaire (RS) qui avait pourtant mis plusieurs bémols à ses critiques virulentes de Nicolas Sarkozy ces dernières semaines.
Il s'est déclaré «inquiet» de voir «la France humiliée par la loi des marchés qui impose de plus en plus d'austérité».
«Vous verrez que dans cette campagne de 2012, il y aura des surprises, beaucoup de surprises. J'ai confiance dans la capacité des Français à discerner ce qu'est l'intérêt général et à quel point plus que jamais l'union nationale s'impose à nous tous», a déclaré l'ex-Premier ministre, pour l'instant crédité de 1% dans les intentions de vote.
«On peut très bien poursuivre avec le même (...) pour encore cinq ans. Dix ans, c'est long», a-t-il dit au sujet de Nicolas Sarkozy, ajoutant: «Mais si nous nous mettions tous ensemble, rassemblés, pour conduire les affaires de la France...»
«République de citoyens»
«Je ne crois pas qu'il y ait la vérité à droite, à gauche ou au centre», a poursuivi M. de Villepin, estimant nécessaire «une République de citoyens: il faut que les Français se réveillent».
«Aujourd'hui, notre souveraineté nous échappe en grande partie. Nous nous alignons sur des intérêts qui ne sont pas ceux de la France. Je crois qu'il faut plus de courage que cela», a dit l'ancien secrétaire général de l'Elysée sous M. Chirac, qui ne s'est jamais présenté à une élection.
Le député UMP Jean-Pierre Grand, président de République solidaire, parti fondé par Dominique de Villepin, s'est félicité dimanche de la candidature de l'ancien Premier ministre dont la voix «ne pouvait être absente du débat présidentiel».
«La voix forte et libre de Dominique de Villepin ne pouvait être plus longtemps absente du débat présidentiel. Sa vision, son expérience et son courage, porteront son projet politique, ambitieux face à la crise, socialement juste pour les Français et moderne pour refonder la Nation», écrit M. Grand dans un communiqué.
«Nos concitoyens doivent connaître les propositions de Dominique de Villepin pour la France et pour les Français, après ils jugeront. C'est la démocratie, c'est la République», conclut-il.
Les boîtes du CAC 40, Alstom, Veolia et d’autres, en ont ras le bol de payer de gros honoraires d’avocat à l’ancien bras droit de Chirac, et lui diront bientôt d’aller se faire financer ailleurs. Révélations sur les difficultés financières du candidat Villepin, qui annonce faire une campagne «modeste» mais ne peut pas faire autrement.
Dominique de Villepin a beau plastronner dans les médias, la campagne pour la présidentielle démarre mal, et il le sait. Certes — ça, c’est pour lui une bonne nouvelle —, l’ancien secrétaire général de l’Élysée de Jacques Chirac va enfin pouvoir faire don de son auguste personne à la France, qui n’attend que cela, bien sûr. Le souci est ailleurs: les groupes du CAC 40 qui achetaient jusqu’à présent, parfois excessivement cher, ses capacités d’avocat se préparent à lui couper le robinet. Résultat, le financement de la campagne de ce candidat particulièrement isolé, qui plafonne à 3% et ne bénéficie, que l’on sache, d’aucun soutien d’un milliardaire ou d’un autre, risque de s’en trouver plombé…
«Plusieurs patrons qui paient des honoraires à Villepin lui ont demandé de stopper ses relations contractuelles avec eux, au moins pendant le temps que durera la campagne, mais il ne veut rien entendre, confie ainsi un proche. Il leur répond: “Si j’étais médecin, est-ce que j’arrêterais de consulter parce que je me présente à la présidentielle ? Non, bien sûr. Donc on continue”.» Après son départ de Matignon, il avait fallu le choyer, peut-être en remerciements pour services rendus, voire par fidélité à Chirac… Mais à force, même si le talent n’a pas de prix, il a un coût.
Si certains n’ont pas envie de se mettre à dos un ancien Premier ministre, ce n’est pas le cas d’Alstom. Une porte-parole du groupe de transport et d’électricité confirme à Charlie qu’il se passera bientôt de «la prestation de services » fournie par le poète échalas : « Les relations entre Alstom et Dominique de Villepin seraient naturellement remises en cause si ce dernier se trouvait inscrit sur la liste des candidats telle qu’arrêtée par le Conseil constitutionnel et publiée au Journal officiel.» Ce sera fait «entre le 19 et le 25 mars» prochain, selon l’instance du Palais-Royal. Alstom refuse de révéler le montant des honoraires versés à Villepin, mais la somme devait tourner autour de 100 000 à 200 000 euros par an.
Où sont les dons?
À Veolia, où il a été embauché en 2007 par son vieux copain Henri Proglio, Antoine Frérot, le nouveau patron, commence à le trouver bien cher. Les sommes allouées chaque année par le géant de l’eau et des déchets au cabinet Villepin International — car tel est le nom de la structure créée en avril 2008 par l’avocat frais émoulu — atteignent des sommets : «Entre 500000 et 700000 euros, voire plus», confie un proche de Veolia. La direction, souligne le groupe, a décrété que «toute relation contractuelle avec un candidat devra s’arrêter au moins pendant le temps de la campagne électorale». Sans pour autant indiquer de date précise. Chez Suez, qui fait aussi bosser Villepin, on n’a pas répondu à nos questions. Quant au candidat Villepin lui-même, il a annoncé à Charlie, par l’intermédiaire de sa porte-parole, que «ses activités sont uniquement à l’international» et qu’il «se conformera aux règles en vigueur». Comprenne qui pourra!
S’il comptait donc utiliser ses ressources d’avocat pour financer sa campagne, c’est mal parti. Les affaires de Villepin ont été florissantes, au point qu’en 2009 l’ex-Premier ministre achète l’ancien hôtel particulier de Sarah Bernhardt, plusieurs appartements dans le XVIIe arrondissement de Paris et un autre à deux pas du ministère de l’Intérieur, rue Cambacérès. Mais la roue tourne : son cabinet affichant un résultat net de 770000 euros pour l’exercice clôturé en avril 2011 est moins rentable que l’année précédente, qu’il avait terminée en dépassant le million.
Il faudra donc trouver d’autres bonnes poires pour faire bosser l’ex-diplomate. Ce dernier a trouvé une activité supplémentaire: il est inscrit depuis décembre 2007 au registre du commerce, en son nom propre, dans l’activité «arts du spectacle vivant». Si, si. Fait-il le clown ou le cracheur de feu pour boucler les fins de mois? Même pas: il ne s’agit que du métier de conférencier, qui le fait voyager à travers le monde pour des sommes restées secrètes, car non publiées au greffe du tribunal de commerce.
Seule certitude, l’État n’interviendra dans le financement de sa campagne que si l’intéressé réussit à trouver les 500 signatures qui lui permettront de se présenter: dans ce cas, il percevra comme tous les candidats une avance — remboursable — de 153000 euros au moment de la publication de la liste officielle des candidats. La garantie d’être remboursé de ses dépenses de campagne ne valant que lorsqu’on dépasse les 5% des suffrages exprimés, Villepin devra vraisemblablement se contenter de rentrer dans une petite partie de ses frais : 800423 euros au maximum. Et ce n’est pas son parti qui va le sauver: pas d’élu, pas de financement public, telle est la règle. Et ce n’est pas quelques maigres cotisations d’adhérents, soit 181000 euros pour 2010, qui rempliront le tiroir-caisse.
Car les factures s’accumulent, même s’il martèle à qui veut l’entendre qu’il mène une «campagne modeste» et «n’entend pas dépenser 42 millions», selon un proche. Il n’a de toute façon pas le choix! Si la quasi-totalité de ses collaborateurs sont bénévoles ou mis à disposition par l’administration, comme pour tous les ex-Premiers ministres (sa secrétaire par exemple), il ne trouve même pas de quoi rembourser les quelques milliers d’euros qu’il doit à son ancienne attachée de presse, Chantal Bockel. Cette dernière l’a traîné devant un juge de proximité.
Tout ça semble ne pas lui faire peur. «Il a de l’argent, il paiera de sa poche en cas de problème», assure un de ses amis, qui s’est juré de lui dénicher des patrons donateurs à 5000 euros par don. Il paraîtrait même, à entendre ce dernier, qu’il n’y a rien de plus facile. On verra ça. En attendant, rien que pour la location du QG de campagne, rue du Cherche-Midi, à Paris, il lui faudra sortir 100000 euros. Et le coût global de la campagne a été chiffré à 2 ou 3 millions d’euros, au bas mot. Ne reste plus qu’à trouver ces généreux donateurs pour récupérer la fraîche… Au Qatar, peut-être, où Villepin se rend souvent? Son ami Djouhri, l’homme d’affaires-intermédiaire, héros du livre à succès La République des mallettes? Ou tous les gogos que Villepin veut convaincre de financer son goût du pouvoir et sa haine de Sarkozy.
Le Monde. Le 15/03/2012. "Sauf miracle", Dominique de Villepin ne sera pas candidat à la présidentielle
Dominique de Villepin, candidat de République solidaire à l'élection présidentielle, a annoncé jeudi soir 15 mars sur France 2 que "sauf miracle républicain, [il] n'aurai[t] pas les 500 parrainages requis" pour concourir à l'élection présidentielle.
"Il nous en manque environ une trentaine." Mais, a-t-il ajouté, "compte-tenu de la difficulté aujourd'hui à acheminer les parrainages, il faut les faire venir parfois de très loin, c'est aujourd'hui difficile. Mais le miracle républicain existe et je le souhaite."
M. de Villepin a justifié ses difficultés par le fait que les maires, selon lui, "sont pris dans des réseaux de solidarité d'intercommunalités, des réseaux partisans. C'est la République des partis qui choisit les candidats. Il est donc particulièrement difficile pour un candidat qui a l'expérience qui est la mienne de se frayer un chemin au milieu des grands partis".
Interrogé sur un éventuel ralliement à l'un ou l'autre des candidats de cette élection, l'ancien premier ministre a affirmé : "Le ralliement ne fait pas partie de mon programme". Il a dit avoir l'intention de "continuer la politique" en s'engageant"à partir d'une exigence de rassemblement des Français".
Le Figaro. Le 16/03/2012. Villepin pas candidat: l'intéressé confirme
Forcé de renoncer, Dominique de Villepin dit mesurer aujourd'hui "la déception" de son équipe et des militants de son parti. Il affirme vouloir dès aujourd'hui se tourner "résoluement vers l'avenir". "Mes convictions sortent renforcées par ma rencontre avec les Français. L'urgence de la situation aussi. Je continuerai à les défendre et j'en ferai la clé de mon action et de mes choix à venir", explique-t-il.
Devant l'urgence de la crise, Dominique de Villepin estime notamment que le pays ne peut "plus continuer à subir l'alternance des partis, les majorités courtes aux idées courtes". "L'union nationale est la seule issue. Elle est difficile aujourd'hui (...) elle sera inévitable six mois ou un an plus tard, lorsqu'il s'agira de répondre au défi financier immense, lorsque la dette se rappellera à nous, une fois de plus", fait-il valoir.
"Nous avons fait notre devoir qui était d'alerter, d'essayer de franchir le mur d'hostilité des partis, le mur d'indifférence des médias, le mur de colère et de peur que suscite cette crise et qui tétanise cette campagne désespérante, parce qu'elle est tout entière contenue dans son spectacle, et qu'elle n'éclaire pas les citoyens sur les enjeux réels de notre pays".
Le nouvel observateur - 11/02/2012 - Le QG de campagne du candidat Villepin vandalisé
Un vol avec effraction a été commis dans la nuit de vendredi à samedi 11 février au QG de campagne de Dominique de Villepin, dans le VIe arrondissement de Paris, a-t-on appris auprès de son secrétariat et de source policière.
"La porte d'entrée de nos bureaux au deuxième étage a été forcée et tout a été retourné, les armoires ont été vidées, nous ne savons pas si des choses ont été volées car la police est sur place et relève les empreintes sans nous laisser l'accès à nos bureaux," a déclaré à l'AFP Brigitte Girardin, ancien ministre, directrice de campagne de Dominique de Villepin.
S'ils cherchaient des parrainages, ils ne pouvaient pas les trouver car ils ne sont pas dans ces locaux"
"Il y avait une réunion vendredi soir, ils ont fermé les bureaux à 20H00 et une autre ce matin, à 9H15, et c'est à ce moment que nous avons constaté le vol" a dit Brigitte Girardin.
"S'ils cherchaient des parrainages, ils ne pouvaient pas les trouver car ils ne sont pas dans ces locaux", situés au 91 bis rue du Cherche-Midi, a dit la responsable politique.
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et candidat de République solidaire à la présidentielle, s'était dit jeudi favorable à l'anonymat des 500 parrainages d'élus requis pour pouvoir concourir. "Ca progresse, ça progresse bien", avait-il dit sur sa propre collecte de signatures, ajoutant : "Rien n'est jamais sûr, mais nous nous battons pour et je suis confiant. Je pense qu'on les aura".






