L'Express - 20/03/2012 - A qui va profiter l'égalité du temps de parole - Par Yann DUVERT

Le Monde.fr - 21/03/2012 - Toulouse : le CSA prolonge la suspension du décompte des temps de parole

Europe 1.fr - 29/03/2012 - Temps de parole : le grand contournement - Par Camille LANGLADE
A partir de ce mardi, les candidats à la présidentielle disposent d'un temps de parole égal à la télévision et à la radio. Mais les petits candidats vont-ils réellement en profiter?
"On dit que l'égalité du temps de parole donne plus de chance aux petits candidats." Cette réflexion de Laurent Fabius illustre toute la difficulté à mesurer qui profitera le plus de cette nouvelle phase de la campagne.
Depuis le mardi 20 mars, c'est l'heure de la stricte égalité du temps de parole. Télévisions et radios doivent accorder le même temps et la même exposition à tous les prétendants à l'Elysée retenus par le conseil constitutionnel.
Les petits candidats se frottent les mains, espérant que ces règles casseront la "sarkollandisation" de la campagne, pour reprendre le mot de François Bayrou. Au NPA, par exemple, Olivier Besancenot déclarait il y a quelques semaines: "Quand Philippe Poutou aura enfin réussi à avoir ses signatures, il y aura l'égalité médiatique. A un moment donné, on entendra Philippe Poutou au même titre que Nicolas Sarkozy."
Au Modem, on aborde cette période avec un certain soulagement: "Cela permet de remettre tout le monde au même niveau, car ce n'était évidemment pas le cas avant. Il n'y a qu'à regarder les chiffres du CSA", se réjouit Marc Fénaud, secrétaire général du parti.
Même tonalité chez les Verts: "C'est une autre campagne qui commence. Cela va permettre d'atténuer un peu la bipolarité qui règne depuis maintenant un an dans les médias", confie Sergio Coronado, porte-parole d'Eva Joly. En espérant que cette égalité favorise "les débats de fond": "Etant donné le temps réduit dont vont disposer les candidats, pas sûr qu'un sujet comme la viande halal prendra une place aussi importante qu'avant".
"C'est une autre campagne qui commence"
Tout n'est pourtant pas si simple.
Car, la politique va se faire plus rare sur les antennes des radios et télés. France 2 et TF1 vont ainsi considérablement réduire le nombre d'émissions politiques. Des Paroles et des actes et Parole de candidat ont cessé d'être diffusées la semaine dernière.
Le secrétaire général du MoDem ne se fait d'ailleurs pas trop d'illusions: "Le problème, c'est qu'au moment où cela se rééquilibre, il y a moins de politique dans les médias. C'est logique, on ne peut pas imaginer que Jacques Cheminade ait la même place que François Bayrou, à des heures de grandes audiences. Il faudrait imaginer un système qui fonctionnerait en rapport avec la représentativité à l'assemblée, aux scores de la précédente élection, ou aux sondages que le CSA effectue lui-même."
"Cette égalité arrive trop tard"
L'analyse de Christian Delporte, historien des médias et de la communication politique, tempère également les rêves des "petits" candidats: "Cette égalité arrive en fait trop tard. Il est possible que cela profite aux 'petits' candidats dans les sondages, mais cela est dû à une forme d'émotion qui ne résiste pas au passage dans l'isoloir. C'est une sorte d'illusion."
Même si la moitié des Français n'a pas encore fait son choix? "C'est une fausse idée. En 2007, à une semaine du premier tour, on avait 40% d'indécis. Et les sondages donnaient 53% pour Sarkozy contre 47% à Royal. On a vu le résultat. En fait, les indécis se répartissent comme l'ensemble des votants".
Une règle qui possède évidemment ses exceptions. En 2007, Olivier Besancenot avait su profiter de cette période d'égalité médiatique, passant de 0,5% à près de 4,5% en un mois. Mais, lui, savait parfaitement manier les médias. Comme Mélenchon, d'ailleurs.
Le Monde.fr - 21/03/2012 - Toulouse : le CSA prolonge la suspension du décompte des temps de parole
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a annoncé mercredi 21 mars dans un communiqué qu'il prolongeait jusqu'à nouvel avis sa décision "de ne pas décompter les temps de parole et les temps d'antenne des candidats à l'élection présidentielle et de leurs soutiens lorsqu'ils se rapportent aux événements tragiques survenus à Montauban et à Toulouse".
"Les commentaires politiques liés à ces événements sont, eux en revanche, décomptés", précise l'autorité de régulation.
Europe 1.fr - 29/03/2012 - Temps de parole : le grand contournement - Par Camille LANGLADE
Les candidats rivalisent d'imagination pour faire parler d'eux et échapper au CSA.
L'égalité des temps de parole, voilà le cauchemar des "grands" candidats en période de campagne présidentielle. Cette règle établie par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) impose aux radios et aux télévisions d'accorder le même temps d'antenne à tous les prétendants à la présidence, quel que soit leur poids politique. Les candidats qui en ont les moyens tentent donc de se faire entendre par d'autres moyens.
Les journaux locaux pas oubliés
A commencer par la presse écrite, qui n'est pas soumise aux mêmes règles que l'audiovisuel car les journaux ont, selon le CSA, moins d'impact que la radio ou la télévision. A chaque déplacement, Nicolas Sarkozy ou François Hollande donnent donc des interviews aux journaux locaux.
Les candidats multiplient d'ailleurs ces voyages dans toute la France. François Hollande, qui s'est fixé un objectif de "pédagogie", fait désormais des déplacements de trois jours à la suite, sans rentrer par Paris. Il organise des meetings en plein air, qui coûtent moins cher et permettent de soigner son image.
Les militants mis à contribution
Sur le terrain, les principaux candidats passent aussi le relais à une armée de militants qui s'occupent de distribuer les tracts sur les marchés ou encore de faire du porte à porte. Les volontaires socialistes ont ainsi ont frappé à "1.041.235 portes", très précisément, le week-end dernier, selon Vincent Feltesse, le responsable web de la campagne de François Hollande.
Enfin, le web a pris une ampleur inédite dans une campagne présidentielle. Dans l'équipe de Nicolas Sarkozy, on parie sur une websérie, intitulée Les Experts - mais bien loin de la série policière américaine. Au programme, un épisode par jour pour décrypter une mesure ou démonter celles des adversaires. Autre nouveauté, le président sortant a aussi prévu un meeting sur Twitter la semaine prochaine. Du côté des socialistes, on mise sur Radio Hollande, une webradio qui émet du lundi au vendredi de 18 heures à 19h30 depuis de QG de la rue de Ségur.
"Boîtage, collage, tractage" pour le FN
Les candidats qui ne bénéficient pas de tant de moyens se reposent essentiellement sur leurs militants. Marine Le Pen joue aussi sur la mobilisation de terrain, avec un triptyque : "boîtage, collage, tractage". L’objectif fixé par le Front National, c’est faire un maximum de marchés. Et sur le fond, de marteler un seul message : "Sarkozy est un imposteur qui pille le programme du FN". Jean-Luc Melenchon lui aussi compte sur la mobilisation militante via les communistes et la CGT.
Enfin les plus petits candidats misent tout sur la télé, c’est une chance inespérée de se faire connaître un peu mieux des Français.
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AFP. Le 13/01/2012. Source
Les règles du temps de parole dérangent chaînes, radios et... CSA
Dès le 19 mars, tous les candidats auront droit à un temps de parole égal, une contrainte dénoncée par les radios et télévisions et, paradoxalement, par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pourtant en charge de faire respecter cette réglementation.
Actuellement, la règle d'équité est de mise, basée sur la notion de représentativité du candidat.
Mais une fois que le Conseil constitutionnel aura annoncé la liste des candidats entre le 19 et le 21 mars, à cinq semaines du premier tour, chaque candidat bénéficiera d'un temps égal de parole sur chaque chaîne et radio.
"On arrive à une situation paradoxale où il est plus facile de faire de la politique actuellement", dit Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions.
A tel point que le groupe public a programmé ses émissions politiques "Des paroles et des actes" jusqu'au 20 mars, "mais pas après".
"S'il y a 15 candidats, et on ne le saura que le 20 mars, on a du mal à imaginer une émission avec 15 candidats ! On a aussi du mal à imaginer quinze émissions de +Des paroles et des actes+ entre le 20 mars et le 22 avril", dit M. Thuillier.
De même pour les journaux TV, "si on fait 20 minutes de Sarkozy et 20 minutes de Hollande, on est obligé de faire 20 minutes pour les candidats qui font moins de 1% dans les sondages", relève M. Thuillier.
Résultat: chaînes et radios pourraient être incitées à réduire drastiquement les émissions politiques à partir de cette période, prévient Christine Kelly, sage en charge du temps de parole auprès du CSA.
"On peut souhaiter que les journalistes soient à même de faire correctement leur travail sans avoir de tutelle d'autorité indépendante", propose François Bachy, directeur adjoint de l'information pour TF1 et LCI en charge de la politique intérieure française.
"Contraintes excessives"
Sur le dossier du temps de parole, le CSA dit ne pas avoir la main et renvoie la balle au Conseil constitutionnel.
L'autorité audiovisuelle avait déjà évoqué la "complexité" du système dans son rapport post-électoral 2007.
"L'extension de l'application du principe d'égalité des temps de paroles à cinq semaines avant le premier tour, au lieu de deux semaines en 2002, a suscité des contraintes éditoriales parfois difficiles à surmonter", écrivait alors le CSA.
Face à ces difficultés, le CSA "s'est battu auprès du Conseil constitutionnel pour éviter qu'il y ait trop de contraintes pour les chaînes" lors des élections 2012, raconte Mme Kelly.
L'autorité a proposé que le principe d'égalité démarre à l'ouverture de la campagne officielle, le 9 avril. Mais "le Conseil constitutionnel a dit non", selon Mme Kelly.
Pour le Conseil, tous les candidats ont droit au même traitement en terme de temps de parole dès lors qu'ils ont récolté les 500 signatures.
La Commission nationale de contrôle de la campagne 2007 avait également pointé les "contraintes excessives" de la règle d'égalité.
Elle a "contribué à l'impossiblité, pendant cette période, d'organiser tout débat entre les candidats bénéficiant d'une notoriété plus importante", relevait la Commission, d'autant plus que l'offre de services audiovisuels s'est considérablement développée.
France Info. Le 11/01/2012. Source
Polémique sur les temps de parole: le CSA favorable à un "assouplissement"
C'est une initiative commune peu habituelle. Neuf dirigeants de radios et télévisions (BFM TV, RMC, BFM Business, RTL, Europe 1, France Culture, France Bleu, France Inter et France Info) ont écrit au président du Conseil Constitutionnel, Jean-Louis Debré, pour lui demander un assouplissement de la règle du temps de parole. Selon eux, la période de stricte égalité de temps de parole entre les candidats - du 20 mars au second tour de l'élection - est trop longue. Impossible de bien respecter cette règle, surtout si les candidats sont nombreux, disent les signataires de cette lettre.
"Nous n'avons pas été entendus par le Conseil Constitutionnel"
Si le Conseil Constitutionnel est le seul à pouvoir faire évoluer la loi, c'est le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel qui est chargé de la faire appliquer. Et le CSA soutient la demande des neufs médias. Christine Kelly, invitée de France Info, rappelle que le problème s'était déjà posé lors de la dernière élection présidentielle. "En 2007, certains médias avaient été obligés de supprimer des émissions politiques : le comble ! Nous avons donc plaidé dans notre rapport la suppression de la longue période d'égalité qui dure cinq semaines plus deux semaines. Et nous avons proposé un petit ajustement. Et c'est vrai que nous n'avons pas été entendus par le Conseil Constitutionnel" a expliqué ce matin Christine Kelly. Opposée à la suppression des règles, elle se dit donc favorable à un "assouplissement".





