Jean-Louis Borloo
Le Figaro.fr - 05/19/2011 - Borloo, un pas de plus vers la candidature - Par Judith WAINTRAUB
L'ex-ministre de l'Écologie inaugure aujourd'hui le siège national de l'association Oxygène, qui regroupe ses sympathisants.
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| Photo : Frederick FLORIN |
Ça ressemble à un quartier général de campagne, sur deux étages, avec une vaste cour bâchée et une salle de réunion. Jean-Louis Borloo l'inaugurera ce soir comme un QG de campagne, mais son entourage l'assure : le local de plus de 1000 m2 loué par les supporteurs de l'ex-ministre de l'Écologie au 81, rue des Archives, dans le IIIe arrondissement parisien, «n'est pas le QG du futur candidat centriste à la présidentielle». Le discours qu'il a l'intention de prononcer sera tout de même l'occasion, pour lui, de faire «un pas de plus» vers son entrée en lice, «toujours programmée à l'automne». Quatre mille invitations ont été lancées par l'association Oxygène, créée à l'occasion des régionales de 1992 pour «regrouper les gens qui apprécient Jean-Louis Borloo, adhèrent à sa démarche mais n'ont pas envie de prendre la carte d'un parti». Depuis, elle a été mise en sommeil, et sa réactivation à huit mois de la présidentielle ne doit évidemment rien au hasard. Le chef du Parti radical veut montrer sa capacité à mobiliser autour de lui les acteurs de la «société civile», selon l'expression consacrée, à un moment où ses relations avec ses alliés du Nouveau Centre paraissent pour le moins tendues.
Hervé Morin, le patron du NC, a lui aussi réuni ses amis, samedi, dans sa Normandie natale, plus précisément à Épreville-en-Lieuvin, dans l'Eure. Près de 500 personnes l'ont entendu réaffirmer sa détermination, «intacte» malgré les sondages, «à être candidat, à porter les couleurs du centre». Lui aussi a son calendrier : il présentera les orientations de son projet pour la France en octobre. Samedi, il a prévenu : «Celui qui sera désigné, en clair Jean-Louis Borloo ou moi, devra prendre l'engagement d'aller jusqu'au bout. Quels que soient les sondages. Quelles que soient les pressions. (…) Moi, en avril prochain, je veux voir des bulletins de vote avec le nom de notre candidat. Je ne me contenterai pas d'une belle annonce de candidature en octobre ou novembre et ensuite pschitt, plus rien.»
Ce scénario, c'est celui auquel croit dur comme fer un proche de Nicolas Sarkozy. «Borloo se déclarera à l'automne et se retirera début 2012 en expliquant qu'il ne veut pas provoquer un 21 avril à l'envers», affirme ce lieutenant du chef de l'État, en soulignant que si Marine Le Pen ne grimpe pas dans les sondages, «elle reste aux alentours de 19 % des suffrages».
Hervé Morin, lui, se défend de vouloir jeter le doute. Il doit lutter de son côté contre une rumeur qui le prétend réconcilié avec François Bayrou depuis la fin de l'été. «Bayrou m'a simplement envoyé son livre, comme, je crois, à tous les parlementaires du Nouveau Centre, et je lui ai envoyé le mien», assure-t-il. Que disaient leurs dédicaces respectives ? «C'est privé».
Pas de désaffection à l'UMP
Le président du NC n'est pas «instrumentalisé» par son ancien mentor, il le jure. N'empêche : Bayrou doit boire du petit-lait quand il entend Morin souligner que «pas un député radical n'a quitté le groupe UMP à l'Assemblée nationale depuis les grandes déclarations d'indépendance du printemps». Déclaration aussitôt confirmée par le chef du groupe UMP, Christian Jacob. Dans une interview publiée vendredi par La Croix, Jacob juge «très compliqué» pour un député UMP de soutenir un autre candidat que Nicolas Sarkozy à la présidentielle, «à moins d'être un as de la gymnastique». Le lendemain, dans l'Eure, Hervé Morin s'est interrogé sur «la crédibilité d'un candidat soutenu par des élus qui auront une jambe dans chaque parti».
Dominique Paillé, désormais porte-parole de Jean-Louis Borloo après l'avoir été de l'UMP, estime que son champion n'a pas intérêt à provoquer un clash à l'Assemblée. «Ce n'est pas le sujet, a-t-il affirmé lundi au Figaro. Au moment où Borloo aura déclaré sa candidature, pour les élus qui le soutiendront comme pour les autres, les choses ne se dérouleront plus au Parlement, mais sur le terrain.» L'ambiance promet d'être animée le week-end prochain à La Grande-Motte où Borloo, Morin et leurs partisans respectifs se retrouveront pour tenir la première université d'été de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale.
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Le Figaro.fr - 03/10/2011 - Borloo renonce à se présenter en 2012 - Par Jean-Baptiste GARAT
L'ex-ministre estime que le centre «n'est pas en mesure d'être présent au second tour».
«Jean-Louis est dans les dernières heures, les dernières minutes, les dernières secondes avant de monter dans l'avion», confiait vendredi un proche. L'avion? C'est celui de la petite histoire dont Jean-Louis Borloo se délecte depuis des mois. «Quand on est dans un avion et qu'on s'apprête à sauter, confiait-il, il y a un an, on ne le fait pas sur un coup de tête. On y réfléchit, on s'y prépare, on refait le vol dans sa tête. Mais quand on décide de passer la porte, c'est pour atteindre la cible. Et si je passe la porte, je ne raterai pas ma cible.» Cette porte, Jean-Louis Borloo a finalement décidé de ne pas la passer. Il l'a annoncé dimanche soir au journal de TF1. En son «âme et conscience», Jean-Louis Borloo a reconnu que «les centres n'ont jamais été aussi éclatés, en compétition même entre eux». « La dynamique des centres n'est pas à mon avis suffisante pour porter une candidature non pas de témoignage (…) mais pour être présente au second tour de l'élection présidentielle », explique-t-il.
«Nous sommes dans une crise économique et sociale d'une extrême gravité, a-t-il poursuivi. Et dans ces périodes-là les pertes de repères amènent vers les extrêmes. Le climat délétère et le climat des affaires, très franchement, me paraissent accentuer ces risques», a-t-il ajouté. «En mon âme et conscience, j'ai considéré que ce serait une candidature qui apporterait probablement de la confusion plus que des solutions», justifie-t-il encore.
Voici un an que Jean-Louis Borloo se préparait. Le ministre du Développement durable sortait à l'époque d'un été de folles rumeurs. Fort d'une popularité que les différentes défaites électorales de la majorité ne semblaient pas altérer, son nom était évoqué avec insistance pour remplacer François Fillon à Matignon et incarner un «virage au centre» de la politique gouvernementale dans la dernière ligne droite avant la présidentielle. «Après, il sera trop tard», défendait Borloo. Le «virage», lui ne viendra pas.
7 à 9 points d'intentions de vote
En décidant en novembre d'annoncer sa démission du gouvernement, alors que lui avaient été proposés le poste de garde des Sceaux ou celui de ministre des Affaires étrangères, Borloo a regagné sa «liberté de proposition et de parole au service de (ses) valeurs qui ne sont pas de circonstance». Seule limite à cette «liberté», Borloo s'est interdit tout commentaire sur Sarkozy. Entre le président de la République, qui avoua avoir «souhaité qu'il restât», et son ancien ministre, tout soupçon de rupture sera consciencieusement écarté. Quand les proches de Borloo, semaine après semaine, critiquent «une droitisation de l'UMP et de la politique gouvernementale», lui se borne à faire la promotion des «modérés». A Rambouillet, chez Gérard Larcher, il déplorait en mars que «les dix dernières années n'ont été qu'une succession de défaites à l'exception d'un exploit personnel», la victoire de Sarkozy. «Il n'aura fallu que dix ans pour voir les douves, les casemates, les remparts tomber les uns après les autres. Aujourd'hui, il ne reste que le donjon, confiait-il. Et personne ne se pose de question?»
En un an, Borloo s'est efforcé de faire émerger une «politique alternative». Il a conduit la rupture du Parti radical avec l'UMP, dont il était une formation fondatrice en 2002. Il a porté sur les fonts baptismaux l'Alliance républicaine, écologiste et sociale, qui regroupe notamment son parti et le Nouveau Centre. Depuis le printemps, il est testé dans les simulations de premier tour et il était crédité dimanche, dans le LH2 Yahoo, de 7 à 9 points d'intentions de vote. La suite logique voulait qu'il se présente à la présidentielle. Ce ne sera pas pour cette année.
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