Menu

Jean-Marie Le Pen et ses citations "contestées

Jean-Marie Le Pen et ses citations "contestées"


Les Inorcks - 25/02/2012 - Après Brasillach, Le Pen cite Mussolini  - Par David DOUCET



Lors de la dernière convention du Front national samedi 18 février à Lille, Jean-Marie Le Pen avait soulevé une polémique en citant le poète collaborationniste Robert Brasillach dans son discours. Dans son dernier journal de bord vidéo, le président d’honneur s’est défendu de ses attaques en employant un slogan fasciste.
Vendredi lors de son traditionnel blog vidéo hebdomadaire, Jean-Marie Le Pen s’est montré plutôt remonté suite à la polémique engendrée par son dernier discours. Aux cotés de Marie d’Herbais, présentatrice attitrée, le président d’honneur du FN est revenu sur les reproches adressés à sa fille par Jean-Luc Mélenchon et la presse suite à l’extrait d’un poème de Robert Brasillach qu’il avait lu lors de son dernier discours, le samedi 18 février à Lille.

Fusillé à la libération, le poète Robert Brasillach fut également le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Je suis partout, dans lequel il laissait libre cours à son antisémitisme. "Que l’on m’attaque moi, ça n’a aucune importance, c’est ignoble que l’on reproche à Marine que son père cite Robert Brasillach", s’est emporté Jean-Marie Le Pen.

Citant intégralement le poème (à partir de 8min30), l’Enfant honneur, en soignant ses intonations de voix, Jean-Marie Le Pen a cherché à montrer qu’il n’y avait rien de répréhensible dans l’extrait qu’il avait choisi pour défendre l’idée de l’honneur en politique.

Mais à la fin de sa lecture et en guise d’ultime pied de nez, Jean-Marie Le Pen déclare : "J’ajoute quant à moi une phrase: ‘Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur’".

Plus connue en italien (Molti nemici, molto onore), cette expression n’est pas anodine puisqu’il s’agit d’un slogan qui fut utilisé par Benito Mussolini et qui est encore employé aujourd’hui par de nombreux nostalgiques du Duce.

La défense de Le Pen

Suite à la publication de notre article, Jean-Marie Le Pen s’est défendu de toute référence à Mussolini. Dans un communiqué, le président d’honneur du FN explique que la citation n’est pas "n’est pas attribuable à Mussolini mais, quatre siècles plus tôt, au chevalier Georg Von Frundsberg, au service de l’Armée d’Espagne, qui la prononça lors de la bataille de Vicence en 1513".

Une paternité que nous n’avons jamais nié puisque nous indiquions simplement qu’elle avait été popularisée dans les années 30 sous le régime fasciste italien.

Malheureusement pour Jean-Marie Le Pen, Georg Von Freundsberg est également une référence chargée historiquement puisqu’il a donné son nom à la dixième division de Waffen SS et à une célèbre chanson de lansquenets, bien anti-française.


L'express - 22/12/2011 - Jean-Marie Le Pen et Brasillach - Par Christophe BARBIER


Jean-Marie Le Pen a soulevé la polémique en citant Robert Brasillach dans son discours de Lille, samedi dernier. Il connaît d’autant mieux cet écrivain de la Collaboration qu’il produisit, du temps où il gérait la Serp, maison d’édition phonographique, l’enregistrement des poèmes écrits par Brasillach à Fresnes. C’est Pierre Fresnay qui lut les œuvres devant le micro, et Le Pen fit écouter le résultat en avant-première à la mère de Brasillach et à Maurice Bardèche, beau-frère du fusillé.

Mardi, s’attendant à être interpellé sur Brasillach alors que je l’interviewait sur I-télé, le président d’honneur du Front national avait préparé, pour le lire à l’antenne, le poème L’enfant honneur, écrit en prison par Brasillach.

Accès à l'article

Le Monde.fr - 18/02/2012 - A Lille, Jean-Marie Le Pen fait son show et cite Robert Brasillach - Par Abel MESTRE


Quand Jean-Marie fait du Le Pen. Le président d'honneur du Front national veut montrer qu'il est en forme et qu'il n'a pas perdu son goût pour les provocations. Samedi 18 février, dans l'après-midi, M. Le Pen a cité, lors d'un discours sur l'honneur en politique, au cours de la convention présidentielle du FN, un poème de l'auteur collaborationniste Robert Brasillach, "L'Enfant honneur", extrait des Poèmes de Fresnes.

Robert Brasillach fut fusillé à la Libération pour "intelligence avec l'ennemi". Journaliste à Je suis partout pendant la Seconde Guerre mondiale, il y écrivit notamment ces lignes terrifiantes : "Il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits."

"J'AI AUSSI CITÉ AIMÉ CÉSAIRE..."

A l'issue du discours, interrogé sur la question par quelques journalistes, Jean-Marie Le Pen a fait "le show". "Est-ce que le fait d'être condamné à mort interdit d'être poète ? La poésie que j'ai citée n'est pas politique", a notamment lancé M. Le Pen avant de glisser qu'il "aime bien le contraste". Et de se mettre à réciter entièrement le "Testament d'un condamné", du même Brasillach. "J'ai aussi cité plusieurs fois le Martiniquais Aimé Césaire", s'est défendu M. Le Pen. Il ajoute "que soixante-cinq ans après la guerre, on va peut-être pouvoir commencer à parler..." Lors du congrès de Tours, M. Le Pen avait aussi cité du Brasillach, sans toutefois nommer l'auteur controversé.

En tout cas, le vieux leader de 83 ans se dit persuadé que cette sortie n'embarrassera pas sa fille, Marine Le Pen. "Nous acceptons bien la Révolution française et Robespierre dans notre passé. Je ne vois pas pourquoi nous accepterions Robespierre et pas Brasillach !"

Devant le petit aréopage de journalistes qui grossissait au fur et à mesure, M. Le Pen ne pouvait résister au plaisir du cabotinage. Hilare, il lance ainsi aux "rubriquards" qui suivent le FN : "C'est la muleta ! [M. Le Pen imite alors le geste du torero] Vous êtes de vieux taureaux, vous devriez connaître la cape !" "Je vous ai donné votre pitance", rigole-t-il en s'adressant encore à la presse.

Puis il lance : "Vous savez, je sais chanter L'Internationale, ce que peu de gens savent faire... Vous voulez que je la chante ?" Et le président d'honneur du FN d'entonner immédiatement le premier couplet du célèbre hymne communiste avant d'entonner un chant de la Jeunesse ouvrière chrétienne. "Je n'ai aucun complexe, assure-t-il. Les gens de mon pays ont le droit de tout savoir, de tout voir, de tout entendre . Je suis un esprit libre", a conclu M. Le Pen, obligé de terminer son numéro à cause de sa fille qui devait parler à la presse écrite...

"JE CITE KARL MARX, JE NE SUIS PAS MARXISTE"

Mme Le Pen a, quant à elle, réagi en déclarant que si elle aimait Baudelaire, elle n'était pas pour autant "une droguée syphilitique". De même : "Je cite Karl Marx dans mon livre et je ne suis pas marxiste", a-t-elle aussi affirmé. Le lendemain, elle a appelé à "faire la différence entre l'homme et l'oeuvre". "Demandez à Nicolas Sarkozy, qui a le livre de Céline sur son bureau", a aussi répondu la présidente du FN, en allusion à l'écrivain, antisémite notoire, dont l'oeuvre littéraire est souvent citée par le chef de l'Etat.

Avant de citer Brasillach, donc, Jean-Marie Le Pen s'était mué en professeur de communication politique, en donnant des éléments de réponses à "sept idées reçues" sur la candidature de Marine Le Pen. Exercice difficile et dont le propos pouvait prêter à confusion. Ainsi, à l'argument anti-FN "Marine Le Pen ne gagnera jamais si elle est au second tour", M. Le Pen s'est embarqué dans une explication où, in fine, il semblait que la victoire de sa fille ne serait possible... qu'en 2017, et à conditions d'une alliance avec une partie de la droite issu de l'éclatement de l'UMP.

De même, lorsque M. Le Pen évoque une autre idée reçue, celle consistant à croire qu'il y aurait des tensions si Mme Le Pen était élue. Sa contre-argumentation est pour le moins étonnante : "Il est possible, probable même que l'arrivée de Marine Le Pen se traduirait par quelques tensions. Grèves, blocages, manifestations, refus d'obéissance..., a ainsi déclaré M. Le Pen. Mais Marine Le Pen étant démocratiquement élue, la majorité énorme de la population française la soutiendrait."

Un peu plus tôt dans la journée, Jean-Marie Le Pen n'avait pas pu résister au plaisir coupable d'un bon mot. Interrogé sur la thématique des valeurs défendue par Nicolas Sarkozy dans son entretien au Figaro Magazine du 9 février, M. Le Pen a déclaré , rigolard, à une poignée de journalistes : "Faut être gonflé... C'est un peu comme la pute qui devient chaisière à l'église... Si elle garde son maquillage, elle ne trompe personne."

Accès à l'article