Le prix de l'essence et du gazole
Le Figaro.fr - 28/03/2012 - L'essence joue sur le vote (sondage)
Près d'un Français sur deux (49,8%) estime que son vote peut être influencé par les propositions des candidats à la présidentielle pour faire baisser le prix des carburants, révèle une enquête Toluna réalisée pour le magazine spécialisé LSA à paraître demain.
Alors que les prix des carburants battent record sur record depuis la fin 2011, ce sondage souligne qu'une majorité de Français (60,3%) pensent que le futur président peut faire baisser les prix s'il le décide. Pour près de la moitié des personnes interrogées (47,42%), la mesure la plus efficace serait une baisse de 20% des taxes sur l'essence.
Impact sur leur pouvoir d'achat
La quasi-totalité des personnes sondées (92%) pensent que la hausse des prix va affecter leur pouvoir d'achat et plus d'une personne sur deux (58,3%) envisage de réduire sa consommation d'essence. Si elles devaient réduire d'autres postes de dépenses, les personnes interrogées sacrifieraient en priorité les sorties (54,67%) et les produits high-tech (50,30%), détaille le sondage.
Selon les dernières données du gouvernement, le litre de l'essence sans plomb 95 a atteint la semaine dernière en moyenne 1,6506 euro, celui du sans plomb 98 1,6929 euro et le litre de gazole 1,4560 euro. Cette flambée des prix, qui frappe les automobilistes au portefeuille, a suscité de nombreuses réactions et propositions de la part des candidats à l'élection présidentielle.
L'enquête Toluna/QuickSurveys pour LSA a été réalisée par internet le 22 mars auprès d'un échantillon de 2.000 personnes âgées de 18 ans et plus.
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Le Monde.fr - 29/03/2012 - Recours aux stocks stratégiques de pétrole : un signe politique - Par Jean-Michel BEZAT
Cette ultime carte, Nicolas Sarkozy a longtemps hésité à l'abattre : puiser dans les stocks stratégiques de pétrole pour faire baisser les prix du brut et ceux des carburants (essence, gazole) à la pompe. A moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, il s'y est finalement résolu pour répondre à la grogne grandissante des électeurs - un défi politique auquel le président américain, Barack Obama, est également confronté dans la campagne pour sa réélection.
Le premier ministre, François Fillon, a estimé, jeudi 29 mars sur France Inter, qu'il y a de "bonnes perspectives" d'accord entre Européens et Américains sur l'utilisation de ces stocks créés après le premier choc pétrolier (1973-1974) pour faire face à une éventuelle pénurie. La France table "raisonnablement" sur un feu vert de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a pour sa part affirmé le ministre de l'économie, François Baroin, sur Europe 1.
Les ministres de l'industrie et du budget, Eric Besson et Valérie Pécresse, avaient annoncé, mercredi, que la France travaille sur ce scénario avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. "Nous sommes en phase de consultation à l'AIE", basée à Paris, puisque "son avis est un pré-requis pour pouvoir puiser dans ces réserves", avait précisé Mme Pécresse, la porte-parole du gouvernement, à l'issue du conseil des ministres. Il s'agit, selon elle, de "casser la spéculation". "Ce sont les Etats-Unis qui l'ont demandé", a pour sa part assuré M. Besson.
PRÉSERVER L'EMPLOI
L'urgence politique est de faire baisser les prix à la pompe. Celui d'un litre de super sans plomb 98 était en moyenne de 1,69 euro la semaine dernière, tandis que le sans plomb 95 atteignait 1,65 euro et celui du gazole près de 1,46 euro. Dans certaines stations-service de Paris, le super s'affichait à presque 2 euros, indique le comparateur de prix du ministère de l'économie et des finances.
Le gouvernement veut d'abord envoyer un signe politique. Il sait, en effet, qu'une utilisation des stocks - forcément limitée sur un marché mondial bien approvisionné en brut - ne ferait baisser les prix à la pompe que de quelques centimes. La mise sur le marché de 60 millions de barils par l'AIE, en juin2011, pour répondre à l'arrêt des exportations de pétrole libyen, n'avait eu qu'un effet réduit (quelques centimes) et temporaire. M.Fillon a lui-même reconnu qu'"il ne faut pas en attendre des miracles sur la baisse du prix de l'essence".
M. Sarkozy est jusqu'à présent resté sans réponse face à ce phénomène qui grève le pouvoir d'achat des ménages. Son concurrent PS, François Hollande, a annoncé deux mesures un peu plus ambitieuses, même si elles n'enrayeront pas une tendance lourde : le gel des prix à la pompe pendant trois mois, comme l'y autorise le Code du commerce ; la baisse de la taxe sur la consommation de produits pétroliers à due concurrence de ce que l'Etat engrange comme TVA, le mécanisme devant être neutre pour les finances publiques.
Au-delà de son effet - très limité - sur les prix à la pompe, cette mesure assez exceptionnelle est destinée à écarter une lourde menace pesant sur l'activité économique et l'emploi. "Une perturbation majeure qui enverrait très haut les prix du pétrole pourrait interrompre le redressement économique", prévenait mi-février le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke. Depuis, les cours n'ont pas baissé, et le baril de brent de la mer du Nord oscille toujours autour de 125 dollars.
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