François Hollande prononce les mots "sale mec" à propos de Nicolas Sarkozy
L'actu en patates - 05/01/2012 - Que retenir de "l'affaire sale mec" ? - Par Martin VIDBERG
François Hollande aurait traité Nicolas Sarkozy de "sale mec", mais en fait non, mais un peu quand même, mais en fait c'était une blague mal rapportée par les journalistes du Parisien. Mais tout de même, les mots ont été prononcés. Mais c'était pour de rire...
Enfin bref, je note surtout que notre débat politique perd un peu en qualité : "Casse-toi pov'con", ça sonnait tout de même beaucoup mieux que "sale mec" !
Récit La majorité a multiplié les déclarations outrées, hier, après la saillie attribuée au socialiste contre Nicolas Sarkozy.
L'UMP voulait commencer l'année en fanfare. C'est un feu d'artifice qu'elle a offert hier à son candidat, Nicolas Sarkozy. Toute la matinée, les canonniers de la droite, chauffés à blanc par Jean-François Copé, se sont déchaînés contre François Hollande, coupable de s'être laissé aller à traiter le chef de l'Etat de «sale mec». C'est en tout cas ce qui était suggéré, au détour d'une phrase, dans un article du Parisien, relatant un déjeuner de presse du candidat du PS.
Les participants à ce déjeuner «off» ont tous assuré que François Hollande avait prononcé ces mots sur le ton de la plaisanterie, en les mettant dans la bouche de Sarkozy. Une parodie, pas une insulte : sur ce point, les convives sont unanimes. Hollande s'est mis dans la peau d'un Sarkozy se présentant aux Français comme le capitaine courage qui ne craint pas l'impopularité : «Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable...»
«Faux pas». Qu'importe. Ce «sale mec» donnait à l'UMP l'occasion inespérée de faire la démonstration de sa puissance de feu. Ne laisser passer aucune occasion de «taper Hollande», telle est la doctrine des stratèges de l'Elysée. Dûment briefée en marge du Conseil des ministres, la ministre de l'Apprentissage, Nadine Morano, est sortie seule, sur le perron de l'Elysée. Bouillante de colère, elle a exigé «des excuses publiques» de François Hollande, dont les propos sont «intolérables» et «inqualifiables». Prenant ses désirs pour la réalité, l'intrépide sarkozyste a suggéré que le socialiste aurait commis une erreur fatale, comparable à celle de son mentor Lionel Jospin en mars 2002, «lorsqu'il s'était laissé aller sur Jacques Chirac, le qualifiant de vieux et d'usé». Les dirigeants de la majorité ont chacun leur tour spéculé sur une répétition du fameux «faux pas» qui aurait coûté sa défaite à Jospin.
Inaugurant le nouveau siège parisien de son parti, rue de Vaugirard, le chef de l'UMP, Jean-François Copé, avait la mine du républicain consterné par les «insultes très choquantes» adressées au chef de l'Etat. Face à Hollande, qui manie «la rumeur et l'injure», il fait, lui, «le pari du débat de fond». Pour ce faire, il souligne que la droite peut compter sur une «nouvelle génération réactive». Allusion aux «snipers» que l'UMP envoie au front ces dernières semaines.
Reçus deux fois par mois à l'Elysée par Sarkozy, ces jeunes élus sont également associés aux réunions de la «cellule riposte» animée par Brice Hortefeux. A en juger par leur déchaînement, hier matin, il apparaît qu'ils ne s'embarrassent pas des subtilités de la riposte graduée. Sommés de montrer ce qu'ils ont dans le ventre, les «snipers» étaient hier dans une surenchère totalement assumée. «Battez-vous, il y en aura parmi vous qui émergeront, nous a dit en substance Nicolas Sarkozy», confie l'un d'eux.
Dans ce concours de Hollande-bashing, Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle, a, comme souvent, dégainé la première : elle a convoqué «la démocratie» qui, écrit-elle dans un communiqué, «ne s'accommode ni de l'injure ni du dénigrement». Elle a vu «le vrai François Hollande», non pas un «petit homme débonnaire», mais «un homme qui insulte et méprise la fonction présidentielle». Pour le député Franck Riester, autre cogneur de la cellule riposte, Hollande aurait «fait tomber la campagne présidentielle dans le caniveau» parce qu'il ne sait plus quoi inventer pour détourner l'attention des Français de son incapacité à formuler des propositions. Sébastien Huyghe, député UMP du Nord, estime qu'il est établi que «l'invective constitue désormais une véritable stratégie de campagne du candidat du Parti socialiste».«Sale mec», avec ces deux mots vaguement rapportés par le Parisien, Hollande serait, selon le parlementaire, tombé «au degré zéro de la politique». Le quatrième sniper de la droite, Bruno Beschizza, élu UMP d'Ile-de-France, dénonce des injures savamment orchestrées. Aucun doute, d'après lui, Hollande sera «le candidat de la vulgarité».
«Culot». En visite près de Bordeaux, le candidat du PS a dénoncé la «manipulation» de ses propos (lire ci-contre).«Les snipers de l'UMP surjouent les indignés», a constaté le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, soulignant «le culot» de ceux qui «exigent des excuses publiques» de celui qu'ils «insultent quotidiennement depuis plusieurs mois». Sur France Inter, le député Bernard Cazeneuve ne s'est pas privé de rappeler qu'en matière d'injure, Sarkozy a placé la barre très haut. «Très honnêtement, si François Hollande avait dit à Nicolas Sarkozy "Casse-toi pauvre con", il aurait eu légitimement les raisons de s'en plaindre, parce que ce type de propos sont assez inconvenants et tout à fait incorrects et malséants. Mais ce n'est pas ce que François Hollande dit et François Hollande ne sera pas le président du "Casse-toi pauvre con"», a-t-il souligné.
L'entourage de Hollande constate que la majorité trahit «une grande fébrilité» et jure qu'il n'y a «pas de cellules des basses œuvres ni de snipers» au service du socialiste. Et de garantir qu'au PS, il «n'y aura pas de "off", pas de "on", mais une campagne exigeante». Périlleuse promesse...






