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Frédéric Nihous

Le Monde. Le 16/06/2012. Source

Frédéric Nihous, candidat à l'élection présidentielle de 2012


Frédéric Nihous, le président du parti Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT), a annoncé dans un entretien au Figaro son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2012. Successeur de Jean Saint-Josse, il avait obtenu 1,15 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2007.

Son objectif n'a pas changé : porter et défendre dans l'espace publique le thème de la ruralité. "Savez-vous que 15 millions de Français vivent en zones rurales et que notre pays compte 500 000 agriculteurs ? Ces Français disparaissent des écrans radars entre deux campagnes électorales. Les électeurs ont besoin d'un porte-parole pour imposer ce sujet dans le débat public", explique-t-il.

"Si le conseil national de Chasse, pêche, nature, traditions [...] veut bien confirmer cette démarche, je serai donc candidat à l'Elysée en 2012", ajoute-t-il. Le CPNT avait intégré le comité de liaison de la majorité présidentielle en 2009 et avait présenté des listes communes avec l'UMP aux régionales de 2010.


Slate.fr. Le 20/02/2012. Source

A la chasse avec Frédéric Nihous

Fusil à l'épaule dans la campagne béarnaise, le candidat à l'élection présidentielle n'est pas que cet ovni portant le bouc. Ayant fait ses armes au RPR puis à Bruxelles, il démontre une vraie connaissance du milieu politique.


Il n'aura pas fallu plus d'un mail et d'un coup de fil pour que je me retrouve à arpenter les routes sinueuses aux alentours de Monein, une petite commune des Pyrénées-Atlantiques, dans la caisse de Frédéric Nihous.

Le candidat du parti Chasse Pêche Nature et Traditions (CPNT) à l'élection présidentielle affectionne revenir sur cette parcelle au cœur des vignobles du Jurançon, là où il s'est installé il y a une dizaine d'années en emménageant dans la région. Il y a gardé quelques habitudes de chasse. Les poches pleines de cartouches, son fusil Benelli sous le bras –«un semi-automatique spécial chasse aux migrateurs»– et Ucha, son fidèle épagneul aux avant-postes, Nihous m'a emmené à la chasse à la palombe, traditionnellement pratiquée des Pyrénées occidentales du Pays basque jusqu'au Béarn.

Tous les ans, pendant environ six semaines autour du mois novembre, nombre de gaillards du cru sont contaminés par «la fièvre bleue», référence à leur obsession pour le plumage bleuté des palombes.

Tous le savent, les Pyrénées représentent une barrière difficilement franchissable pour les oiseaux. Les passages empruntables sont rares et connus des chasseurs qui exploitent intensivement les sites en questions.

Pour chasser ce piaf qu'on appelle «pigeon ramier» partout ailleurs, il existe plusieurs techniques, les uns privilégiant l'utilisation de filet horizontaux ou verticaux –les pantes et les pantières– là où les autres préfèrent trouer les bestioles avec du bon vieux plomb.
«J'aime toutes les chasses»

Frédéric Nihous, lui, est plutôt du genre adepte du «tir au pigeon». Au moins deux fois par semaine, ce juriste de formation aujourd'hui adjoint au maire de Baudreix –un bled d'à peine 500 habitants– embarque son calibre à l'arrière de son utilitaire pour assouvir «son instinct de prédation», pour «méditer» aussi.

La chasse, tradition héritée de son paternel, il la pratique depuis son enfance, sans modération, avec addiction même et il ne s'en cache guère.


«J'aime toutes les chasses, je les pratique toutes. Le problème c'est le vendredi soir quand on commence à se dire: "À quoi vais-je aller demain? Au canard? Au sanglier? À la palombe ou à la grive?" C'est selon l'humeur du moment, l'envie, selon le gibier, le fait qu'il y ait du passage ou pas. Le principal dans la chasse, ce n'est pas la prise, c'est la traque, l'attente du gibier, puis le fait d'aller le chercher.»

Et puis en déconnant à moitié, il ajoute:

«Vous voyez on peut avoir des armes sans être délinquant.»

C'est sûr que dans la quiétude des terroirs du sud-ouest de la France, on est bien en peine de s'imaginer le bruit des balles de kalachnikovs qui claquent de temps à autres dans les cités marseillaises.

En débarquant en gare de Pau la veille au soir, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. J'avais lu les rares et courts entretiens que la presse lui avait consacré récemment. J'avais aussi eu l'occasion de le regarder répondre à l'un de ces questionnaires ridicules exclusivement réservées au web, auxquels les candidats acceptent de se soumettre aujourd'hui, privilégiant visiblement une approche médiatique quantitative.

À ce stade, Frédéric Nihous était pour moi le seul homme politique de premier plan osant arborer une pilosité faciale en forme de «bouc», un candidat se distinguant par la défense d'une ligne politique anecdotique, un personnage tantôt sympathique avec ses interlocuteurs, tantôt capable de se montrer assez cassant.

Le premier contact balaie franchement cette impression sèche qu'il peut parfois donner. On sent l'homme plutôt facile d'accès, patiné de la sincérité de cette frange de politiques encore en lien avec les réalités du quotidien.

Alors qu'on était encore dans sa voiture en direction de Monein, une de mes premières interrogations tenait à ses ses attaches territoriales, lui le déraciné qui a vécu et milité la majeure partie de sa vie dans le département du Nord.

Honnête –presque amène– il élude rarement les questions personnelles et en plaisante:

«Je suis un Ch'ti du Béarn mais je n'oublie pas d'où je viens.»

La notion d'attache territoriale, d'appartenance identitaire est omniprésente dans la genèse du discours nihoussien.

Chaque matin, le candidat de Chasse Pêche Nature et Traditions lit quatre journaux, invariablement dans le même ordre. La République et Sud-Ouest, les gazettes du coin tout d'abord. L'Équipe ensuite. C'est que le Nihous est un grand amateur de football –supporter du RC Lens, même en ces temps de disette. Ces trois-là, il les lit invariablement dans un petit troquet de Baudreix et en profite pour consulter les doléances de ses administrés, qui ne manqueraient pas de laisser des petits mots à son attention au patron du bar.

Puis, une fois installé à son bureau, il termine sa revue de presse en consultant l'édition en ligne de La Voix du Nord, moyen de rester dans le coup de ce qui se trame du côté de ses terres natales, même à distance.

Mais si notre chasseur parle de ça, ce n'est pas tant pour détailler le planning de ses journées que pour souligner qu'il est ostracisé par les grands médias ethnocentrés, ce qui l'oblige à travailler au corps la presse régionale pour s'assurer une présence médiatique correcte.
Au temps de son engagement pour Chirac

Si Frédéric Nihous use d'une technique vieille comme le monde en criant à l'excommunication médiatique –précisément pour qu'on parle de sa candidature– il est indéniable qu'il est un petit candidat.

Derrière les apparences se planque pourtant un mec qui en connaît un rayon sur la politique, et pas la locale cette fois, celle avec un grand «p».

Après notre session de chasse sur laquelle je reviendrai plus tard, Frédéric Nihous m'a emmené à la Pergola, un restaurant posé au-dessus d'un complexe de pelote basque, le genre d'endroit où les convives se régalent de ces petites cassolettes de spécialités culinaires de l'Euskadi.

On a eu l'occasion de revenir sur son parcours singulier, jalonné de personnages et d'appareils politiques inégaux. Avant de rejoindre CPNT, parti dont il est aujourd'hui le patron incontesté, Nihous a bourlingué sur des sentiers moins bucoliques, ceux du Rassemblement pour la République (RPR) de Jacques Chirac.

Après des années de militantisme et de progression dans l'échelle de la droite classique, il devient directeur de la fédération du Nord entre 1992 et 1995; l'année de la première élection de Jacques Chirac à la présidence, il fait d'ailleurs partie du staff de campagne du président dans le Nord.

Frédéric Nihous se revendique gaulliste et, il ne s'en cache pas, il connaît très bien les rouages de la politique politicienne. Alors qu'il aurait pu s'assurer une carrière de petit général au sein du parti majeur de la droite gouvernementale, il fout tout en l'air en 1997, à une époque où la droite maudit Chirac d'avoir perdu honteusement sa majorité gouvernementale, à la suite de sa dissolution hasardeuse de l’Assemblée nationale.

Au même moment donc, Nihous et quelques politiques du coin s'opposent à la volonté de la fédération nationale du RPR de parachuter une liste en vue des élections régionales de l'année suivante. En réaction, les rebelles nordistes montent une liste dissidente, ce qui leur vaut de tous se faire virer du parti. En vertu d'accords obscurs, certains finissent par être réintégrés mais Nihous, lui, jure de ne plus jamais faire de la politique.



Le Parisien. Le 22/02/2012. Source

Nihous (CNPT) renonce et rallie Sarkozy

Frédéric Nihous, candidat Chasse, pêche, nature, traditions (CPNT), a annoncé mercredi soir sur TF1 qu'il renonçait à se présenter à l'élection présidentielle et qu'il soutenait Nicolas Sarkozy. «Il faut être lucide, réaliste: je suis dans l'impossibilité de réunir les 500 parrainages», a-t-il déclaré M.
Nihous, déplorant d'être «tenu à l'écart des médias et des sondages» depuis le début de sa campagne. Après ce retrait, quelques jours après ceux de Christine Boutin et Hervé Morin, il reste désormais 11 candidats en course pour l'élection présidentielle d'avril et mai prochains.

Crédité de 0% dans les sondages, Frédéric Nihous, qui s'était présenté en 2007, a précisé qu'il allait soutenir Nicolas Sarkozy, qu'il a rencontré «en début de semaine». Il note «des convergences fortes» avec le président-candidat qui lui a «fait part de sa volonté de s'engager sur les traditions et la ruralité». Il assure ne pas avoir négocié d'arrangement électoral avec le candidat de l'UMP. «La lutte des places, je la laisse aux Verts», déclare-t-il, évoquant un «partenariat gagnant» avec le chef de l'Etat.

Dans un communiqué envoyé après son annonce sur TF1, Frédéric Nihous a précisé que «le blocage des banques qui privilégient les candidats placés haut dans les sondages» l'avait aussi conduit à renoncer. Il s'en est également pris à «la gauche, les Verts et le FN, les antiruraux de cette campagne». Il a attaqué en particulier François Hollande, présenté comme «l'avocat des antiruraux et antitraditions que sont les Verts, ceux qui n'aiment pas la France et avec lesquels il est allié». Il a justifié son «partenariat gagnant-gagnant» avec Nicolas Sarkozy par la reconnaissance par le président-candidat de «la place et des droits des chasseurs».

Nicolas Sarkozy s'était livré le 17 janvier à une charge en règle contre les règles environnementales trop «tatillonnes» qu'il a promis de lever et contre certaines limitations imposées par la justice à la chasse, lors de ses voeux au monde rural en Ariège.