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Jean-Pierre Chevènement

Le Figaro. Le 06/11/2011. Source

Chevènement officialise sa candidature à la présidentielle

L'ancien ministre de l'Intérieur, qui avait obtenu 5,3% des suffrages en 2002, peut compter sur la crise de l'euro pour promouvoir ses idées.

C'est désormais officiel : Jean-Pierre Chevènement se lance dans la course à l'Elysée. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) avait déjà fait part à plusieurs reprises de son intention de se présenter à la présidentielle. Il a confirmé sa candidature samedi soir au 20h de France 2. «J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes, comme je l'avais dit, c'est-à-dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous», a déclaré l'ancien ministre (ex-PS) de François Mitterrand, qui avait déjà été candidat à l'Elysée en 2002 (5,3%).

A l'époque, Jean-Pierre Chevènement avait été accusé d'avoir facilité l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour en affaiblissant la candidature de Lionel Jospin. «J'avais le tort en 2002 d'avoir raison contre tous les autres et je n'accepte pas que ceux qui ont fait le lit du Front national en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire», dit-il aujourd'hui. Il promet ne pas vouloir faire campagne contre François Hollande qu'il qualifie d'«homme intelligent», mais veut «l'aider à se mettre à la hauteur»
«Remettre d'aplomb la République»

L'ancien ministre, pourfendeur historique du traité de Maastricht, peut compter sur la crise de l'euro pour promouvoir ses propositions, qu'il dit proches de celles d'Arnaud Montebourg. Il assure vouloir défendre «quatre repères fondamentaux dans la période troublée qui est devant nous» : une «monnaie moins chère», la «croissance» plutôt que la récession, la «souveraineté» et une «Europe redressée, confédérale». «J'ai mis en garde contre l'omnipotence des marchés financiers, j'ai proposé de redresser l'Europe (...), de fixer des repères clairs dans la sécurité, l'école»,ajoute le sénateur du Territoire-de-Belfort, qui souhaite «remettre d'aplomb la République».

Dans une interview au Parisien, Jean-Pierre Chevènement, affiche son souverainisme. Il se définit comme un «patriote» et explique que l'abandon de la monnaie unique n'est pas un «tabou» pour lui. «Si la Grèce et surtout l'Italie devaient un jour faire défaut, ce serait le début d'un processus de dissociation de la monnaie unique», assure-t-il, ajoutant vouloir garantir la «sauvegarde de notre souveraineté budgétaire et fiscale».

Jean-Pierre Chevènement se préparait depuis plusieurs mois, mais sa candidature était jugée peu crédible par beaucoup d'observateurs. Elle n'est actuellement pas testée par les instituts de sondage et il faut désormais qu'il rassemble les 500 parrainages de maires nécessaires à sa candidature. Il assure en avoir déjà réuni la moitié.



Le Point. Le 01/02/2012. Source

Chevènement annonce le retrait de sa candidature à la présidentielle

L'ancien ministre a annoncé, mercredi matin, le retrait de sa candidature. Il indiquera "le moment venu" qui il soutient.



Jean-Pierre Chevènement, considéré en 2002 comme un des "tombeurs" de Lionel Jospin à la présidentielle, s'est retiré mercredi de la course 2012, à la plus grande satisfaction de François Hollande qui y a vu sagesse et rassemblement. Le sénateur de Belfort, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen, âgé de 72 ans, a jugé qu'il avait pu exercer le "rôle pédagogique" qu'il s'était assigné en se lançant le 5 novembre. Rôle qui, dès le départ, laissait supposer qu'il n'irait pas jusqu'au bout. Il n'a "plus aujourd'hui les moyens de continuer", a-t-il dit dans un communiqué.

En trois mois de campagne, sur fond de crise financière et européenne, il n'a pas été facile pour ce souverainiste sourcilleux de "faire bouger les lignes", comme il ambitionnait de le faire, pour "mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qu'elles doivent relever". Jusqu'ici, les débats présidentiels se sont en effet polarisés en premier chef autour du socialiste François Hollande et du président sortant Nicolas Sarkozy, de Marine Le Pen (FN) et François Bayrou (MoDem) également, au détriment des "petits" candidats, qui ont eu de plus en plus de mal à se faire entendre.

Dans les derniers sondages, le "Che" était crédité de moins de 1 % d'intentions de vote, bien loin de la course brillante qu'il avait menée en 2002, rassemblant les "républicains des deux rives". Défiant le chef du gouvernement Lionel Jospin après avoir été son ministre de l'Intérieur, il avait réuni in fine 5,3 % des voix, accusé alors d'avoir contribué à évincer le champion socialiste du second tour. Longtemps pilier de la gauche du PS, chargé en 1981 du "projet socialiste", cet intellectuel cultivé et courtois avait quitté le parti en 1993 pour cause de désaccord sur l'Europe. Il avait fondé le Mouvement des citoyens (MDC), devenu en 2003 le Mouvement républicain et citoyen.

"J'indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l'élection présidentielle auquel, les yeux ouverts, j'apporterai mon soutien", a précisé celui qui fut aussi ministre socialiste dans les gouvernements Mauroy, Fabius et Rocard. Il avait démissionné trois fois de son poste pour protester en 1983 contre la gestion des entreprises nationalisées, en 1991 contre la guerre du Golfe et en 2000 contre la gestion du dossier corse. Pressé par l'AFP de dire quand il fera connaître son choix pour l'Élysée 2012, Chevènement a répété : "le moment venu".

Mais François Hollande, qui fait la course élyséenne en tête, a aussitôt salué sa décision: "C'est sage de sa part de faire en sorte que nous puissions nous rassembler dès le premier tour", a déclaré sur RTL le député de Corrèze. "Il ne tient qu'à lui de se mettre derrière le mouvement que j'ai engagé, mais j'ai du respect pour la décision qu'il vient de prendre", a ajouté le candidat PS. Autre candidat à l'Élysée, Jean-Luc Mélenchon (FG) a assuré : "Ce serait un honneur de l'avoir avec nous." Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) a exhorté le sénateur à le soutenir et ainsi à "faire prévaloir l'intérêt de la France sur le jeu politicien".

"Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n'est plus important que de maintenir un recours républicain", a pris soin de souligner Jean-Pierre Chevènement en annonçant qu'il jetait l'éponge. Euro trop cher, croissance européenne, souveraineté budgétaire et fiscale, Europe des nations : il a de nouveau énuméré ses priorités. Pour l'élection de 2007, Jean-Pierre Chevènement avait déjà renoncé à sa candidature et s'était engagé dans la campagne de Ségolène Royal.