Menu

Les propositions de François Hollande

Les propositions de François Hollande
L'université
Imposition à 75%
Hadopi
Le quotient familial
La violence et le décrochage scolaire
Retrait des forces françaises en Afghanistan
Déserts médicaux
La justice
La famille & la bioéthique
Politique sportive
Lutte contre la délinquance
"Changer de destin" 
Les parrainages
Contrats de génération
Le traité européen


Le Monde - 05/03/2012 - Comment le PS veut modifier la réforme de l'université - Par Benoît Floc'h et Isabelle Rey-Lefebvre



"Mobilisation générale" contre l'échec à l'université. Lundi 5 mars, François Hollande devait préciser, dans un discours à Nancy, ses idées pour l'enseignement supérieur. Le candidat socialiste, qui met la jeunesse au cœur de son projet, fait de la réussite des étudiants et de la réforme de la licence sa "première priorité".

Parce qu'"environ un jeune sur deux échoue en premier cycle universitaire", M. Hollande veut "renforcer l'encadrement" : 5 000 des 60 000 postes prévus pour l'Education nationale seront affectés à "un plan de recrutement et de résorption de la précarité". Le candidat du PS promet de "valoriser nettement, dans les carrières des enseignants-chercheurs, les tâches et l'implication pédagogiques".

En parallèle, "un plan national pour la vie étudiante" sera présenté : 40 000 nouveaux logements en cinq ans, des loyers encadrés, un renforcement du système de caution solidaire pour les candidats à la location dans le privé, des maisons de santé... M. Hollande confirme par ailleurs la création d'une "allocation d'études supérieures et de formation sous condition de ressources". Et il réitère son engagement d'abroger la "circulaire Guéant", sur les étudiants étrangers.

"CORRIGER LES INÉGALITÉS"

La place des jeunes chercheurs constitue une autre des priorités du candidat. "Tout doctorant doit avoir une thèse financée avec un contrat de travail, donc une protection sociale, et cela doit compter pour ses annuités de retraite ", précise M. Hollande. Une charge d'enseignement ou de tutorat pourrait être incluse dans le contrat doctoral. Le doctorat serait reconnu dans les conditions d'accès aux concours de la fonction publique et dans les conventions collectives du privé.

Quid de la fameuse LRU? La "loi relative aux libertés et responsabilités des universités", est présentée à droite comme un fleuron du bilan de Nicolas Sarkozy. François Hollande veut la réformer. "Il ne s'agit pas de revenir sur le principe d'autonomie, porté par la gauche depuis longtemps, mais sur la façon dont elle a été mise en œuvre." Au-delà du texte même de la LRU, le candidat socialiste se démarque nettement du projet pour l'enseignement supérieur de M. Sarkozy.

L'un des axes forts du président-candidat est de faire émerger une dizaine de pôles universitaires de rang mondial. Il mise sur le leadership net du président d'université, quitte à créer, à côté, un "sénat" des professeurs pour les questions académiques - c'est une idée à l'étude. Et l'Etat, par un financement ciblé, promeut certains projets plutôt que d'autres. "C'est une logique d'excellence, précise l'entourage de M. Sarkozy. Nous assumons le caractère sélectif des investissements de l'Etat. On ne dilue pas les moyens; on les concentre."

La logique du candidat socialiste est différente. Il dénonce "une mise en concurrence généralisée des territoires, des universités". Il promet une "gouvernance plus collégiale et plus démocratique"; la compensation financière des charges transférées ; de "corriger les inégalités territoriales et [de] veiller à ce que ne se constituent pas des déserts universitaires et scientifiques".

Pour ce qui est de la recherche, l'idée est de "rééquilibrer" le financement : moins de crédits accordés sur projet, plus pour le soutien de base des laboratoires. "Il faut que les équipes puissent se projeter sur le moyen et long terme", dit-il.



Le parisien.fr - 16/03/2012 - Fiscalité, immigration... les nouvelles propositions de Hollande - Par Eric HACQUEMARD




Ceux qui attendaient une nouvelle annonce choc en seront pour leurs frais. Pour son dernier grand oral avant l’égalité des temps de parole entre candidats, le 20 mars, François Hollande s’est contenté, hier soir sur le plateau de l’émission «Des paroles et des actes » (France 2), de préciser son projet, n’y ajoutant que quelques mesures, à la marge. 

Le candidat socialiste à l’Elysée n’a pas voulu changer de cap, ni donner l’impression de céder au moindre affolement. Pourtant, son statut de favori est écorné. Le matin même de l’émission, un sondage CSA le donne à égalité (28 % d’intentions de vote) avec Nicolas Sarkozy, confirmant le resserrement de l’écart entre les deux rivaux dans les intentions de vote. A sa gauche, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche (11 % dans l’enquête CSA), continue sa progression. 

Hollande s’inquiète-il ? « Je travaille et je ne sors pas de la logique que je me suis fixée au départ, répond le socialiste. Ça ne change pas mon humeur, ma détermination, ma volonté. »Ni sa stratégie ! Sarkozy a beau occuper le terrain en multipliant les annonces, Hollande se refuse la politique du « coup d’éclat », dit-il. « Je ne suis pas dans l’improvisation. Je ne sors pas des mesures à chaque émission de télévision. » 

Pas question non plus d’adopter le style punchy de Mélenchon qu’il renvoie, un brin condescendant, à son statut de challenger. « Il a une fonction tribunicienne. Moi, j’ai un objectif :être le prochain président de la République. J’ai plus de chance d’y parvenir que lui », balaie-t-il. Faute de surprendre, Hollande déroule son projet et le précise, notamment sur la fiscalité des plus riches. Malgré des flottements dans son propre camp, la nouvelle tranche d’imposition à 75 % pour ceux qui gagnent plus de 1M€ par an est maintenue. «Ça rapporte 100 millions et ça touche 3 000 foyers, mais je fais primer la morale », détaille le socialiste, reconnaissant que « l’objectif n’est pas de récupérer des recettes ». A ceux qui s’inquiètent d’une fiscalité confiscatoire, il annonce que le total des impôts payés par un contribuable (impôts sur le revenu, impôt sur la fortune, CSG, CRDS) ne devrait pas dépasser 85 % de ses revenus. Un plafonnement qui « n’a rien à voir », selon lui, avec le bouclier fiscal. Le candidat a aussi réagi à la proposition de Sarkozy de taxer les exilés fiscaux, une mesure plébiscitée à gauche et qu’il avait lui-même imaginée sans toutefois la retenir dans son projet. Lui se bornera à taxer les contribuables installés « en Suisse, Belgique et Luxembourg » en renégociant les conventions fiscales avec ces pays, mais sans se limiter aux seuls revenus du capital comme le fait son rival. 

Attendu au tournant sur l’immigration, Hollande promet de mettre en place « une brigade spécialisée de lutte contre les filières clandestines »et de faire fixer chaque année par le Parlement des « quotas » d’immigration économique. Le candidat socialiste, qui n’a voulu prendre aucun risque hier soir, a tenu à afficher sa fermeté sur l’Europe. Si le traité sur la discipline budgétaire n’est pas réorienté en faveur de la croissance et de l’emploi, le « nouveau Parlement ne pourra pas [le] ratifier en l’état », prévient- il. «Ce n’est pas Mme Merkel qui décide au nom de tous les Européens […] je ne suis pas dans la soumission». Imitant le « aidez-moi ! » de son rival Nicolas Sarkozy, Hollande conclut l’émission d’un vibrant : « Donnez- moi la force de redresser notre pays. 




Le Monde.fr - 02/03/2012 - La loi Hadopi doit être repensée - Par François Hollande



La gauche a une histoire. Elle a aussi des valeurs la vérité et la justice notamment. Elle veille à ce que la loi fixe des règles qui corrigent les inégalités et protègent ceux qu'un libéralisme excessif laisse démunis face aux plus forts.

S'il me semble bon de rappeler ici ces principes essentiels, c'est parce que je veille à ce qu'ils guident toute mon action. Il nous faut aussi nous y référer pour aborder la question de la loi Hadopi qui fait débat. Internet accompagne désormais la vie de tous les Français et transforme nos activités professionnelles, économiques, mais aussi notre accès à l'information, à la culture, à la connaissance. A l'heure où de nouvelles industries culturelles se développent sans cesse, il est temps de mettre en œuvre une politique cohérente et juste, qui fasse de la révolution numérique un vecteur d'émancipation individuelle et collective, un modèle de développement économique et une opportunité pour la culture.

La gauche a toujours soutenu la création artistique et les créateurs. Toute son histoire le rappelle. C'est à l'issue de la Révolution Française que l'indépendance des créateurs à l'égard des puissances d'argent a été conquise. C'est à l'époque du Front Populaire que la première ébauche du Centre National du Cinéma a été mise en place. C'est avec François Mitterrand que le compte de soutien audiovisuel et la taxation du chiffre d'affaires des télévisions pour financer la production audiovisuelle nationale, le prix unique du livre et la copie privée ont été décidées. C'est encore lui qui a conduit avec succès la bataille pour l'exception culturelle en 1993, laquelle a préservé les biens culturels de la libéralisation des marchés. Quant au combat, toujours d'actualité, pour que soient maintenus les dispositifs nationaux d'aide à la création, il s'est poursuivi sans relâche depuis au moins vingt ans, et Lionel Jospin y a largement pris sa part.

Pourquoi, aujourd'hui, la gauche manquerait-elle à cette tradition dont elle s'honore, alors qu'elle sait que les forces culturelles sont des forces de progrès, d'ouverture au monde et de liberté ? Elle reste fidèle à ses valeurs : la gauche soutient le droit des auteurs, tant moral que patrimonial, aujourd'hui comme hier. C'est, dans la lignée de Beaumarchais, frondeur et auteur contestataire,notre philosophie. Elle n'en changera pas. Disant que la jeunesse est aujourd'hui ma priorité, j'ai parlé d'une "génération création". Je veux être cohérent avec ce choix.

C'est une formidable chance pour notre pays que de pouvoir produire et diffuser le travail de nos artistes et de nos créateurs - qu'il s'agisse de la musique, du cinéma, du livre, de la création numérique et des autres arts. Je soutiendrai tous les dispositifs qui nous permettent de défendre notre culture, mais aussi notre économie : soutien à la production et à la création, gestion collective des droits, adaptation et protection de la chronologie des médias, lutte contre les contrefaçons, rémunération pour copie privée, défense des plateformes numériques innovantes. Nous aurons besoin d'entreprises performantes, de réseaux puissants, de sociétés actives et vivantes pour défendre nos auteurs et les rémunérer justement. Nous avons besoin d'adapter notre législation pour prendre en compte les évolutions technologiques, si rapides que toute nouvelle loi est très vite obsolète. La télévision connectée demain, le rôle des fournisseurs d'accès, la place des hébergeurs, le développement du stockage de données numériques "dans les nuages", autant d'enjeux industriels et culturels majeurs qui constitueront nos priorités si la gauche vient aux responsabilités.

Ces rappels sont indispensables pour aborder sereinement la loi Hadopi, tant controversée. Elle a coûté cher sans permettre la transition des industries créatives vers le numérique. Elle n'a pas non plus financé de manière probante la création. Et, je l'ai déjà dit, je ne pense pas que la seule répression soit la réponse au problème posé, ni que le système imaginé, par sa complexité et les questions qu'il soulève en matière de protection de la vie privée, soit le bon. Je ne pense pas non plus qu'il faille opposer, comme l'actuel gouvernement le fait depuis cinq ans, les créateurs et leur public. Au contraire, par principe et par vocation, internet est leur espace commun.

Mais que les choses soient bien claires : pour moi, la protection des auteurs est également prioritaire. Nous ne considérons pas le piratage comme un problème mineur. Nous soutiendrons et rendrons plus efficaces les actions judiciaires visant à tarir à la source la diffusion illégale des œuvres protégées. Nous combattrons ces plateformes délocalisées et incontrôlables qui déversent des contenus culturels sur le réseau sans jamais participer à leur financement. De la même manière qu'on ne peut plus laisser prospérer un marché financier dérégulé, on ne peut pas non plus accepter un marché numérique sans maîtrise, dont toutes les parties, créateurs comme usagers, seraient finalement lésées.

Alors, quelle est la solution ? Faut-il privilégier les internautes ? Les ayants-droits ? L'innovation ? Il faut d'abord retrouver le chemin du dialogue. Il faut mettre tous les acteurs autour d'une table - ce que le gouvernement sortant n'a jamais fait. Je crois au dialogue, à la concertation, aux compromis. Qui ne sont, ni pour les uns, ni pour les autres, des compromissions. Il n'y a pas de solution simple, ni de réponse unique, il y a un modèle économique à inventer qui combinera plusieurs solutions et agrégera plusieurs types de financements. De ce dialogue naîtra ce que j'appelle l'acte II de l'exception culturelle.

Je cherche à rassembler les Français pour être plus forts, ensemble, face à la pression et aux difficultés de l'Europe et du monde. Les nouvelles industries créatives sont décisives pour notre avenir. Les pratiques culturelles évoluent chaque jour avec l'ère du numérique. Elles se démocratisent, se diffusent à des publics nouveaux et deviennent le lieu de nouvelles socialisations. 
Par le dialogue et la concertation, par la gestion collective, par le soutien financier et juridique au développement de services en ligne légaux, par une adaptation des financements conduisant notamment à faire participer les acteurs internationaux qui bénéficient de la circulation des œuvres de l'esprit, par la mise en place d'un cadre juridique adapté à la lutte contre les services ou intermédiaires illégaux, ce nouvel acte que je propose tiendra compte des évolutions technologiques en restant fidèle aux principes qui permettent de soutenir les créateurs.

Bien entendu, la France ne devra pas mener cette politique seule. Il faudra tenir compte de l'évolution du cadre européen et prendre des initiatives, en particulier à Bruxelles. D'abord, pour mettre en place les moyens capables d'amener ceux qui utilisent les contenus sans accepter de les payer à contribuer à leur financement. Ensuite, pour mettre en place des dispositifs juridiques fermes et qui ne livrent pas, sans armes, les plus faibles aux plus forts. La France proposera à ses partenaires d'organiser des Assises européennes des industries culturelles sur internet. Ne nous trompons pas d'adversaire. Dans ce domaine, comme dans d'autres, le libéralisme cache de puissants intérêts financiers. Les créateurs sont fragiles. Leur action dans notre société à la recherche de sens est primordiale ; elle n'est pas incompatible avec la présence d'industriescréatives puissantes et de jeunes entreprises numériques innovantes, parfois fragiles, elles aussi. Tous forment le socle sur lequel nous devons bâtir une France dont la culture continuera de rayonner à travers le monde. Je souhaite que la France retrouve la pleine expression de son rayonnement culturel et je salue comme un bel exemple le talent et le succès des créateurs du film The Artist. C'est un enjeu politique crucial, dont je mesure tout le prix et dont je me ferai le garant


Le Figaro - 10/01/2012 - François Hollande "modulera" le quotient familial



Le candidat PS a affirmé que cet avantage fiscal ne sera pas supprimé s'il l'emporte en mai, mais plafonné pour bénéficier de manière plus juste à toutes les familles avec enfants. Il pourra prendre ultérieurement la forme d'un crédit d'impôt.«Il faut rénover notre fiscalité familiale»

Non, il n'y aura pas de suppression du quotient familial, mais une modulation. Le candidat PS à la présidentielle François Hollande a tenu à mettre au clair sa position sur cet avantage fiscal, symbole de la politique familiale de la France. «Je ne veux pas supprimer le quotient familial qui est un avantage fiscal pour les Français», a-t-il expliqué. «Ma proposition: moduler le quotient familial pour qu'il puisse être plus juste pour l'ensemble des familles, pour les plus modestes qui ne le touchent pas, pour les classes moyennes qui devront en avoir un avantage plus élevé et un peu moins pour les familles très favorisées».

Rétropédalage du candidat socialiste? Pas vraiment. François Hollande compte toujours utiliser l'arme du crédit d'impôt pour rendre plus juste cet avantage fiscal.«Ceux qui ne paient pas d'impôt recevront un crédit d'impôt avant que nous ne fusionnions impôt sur le revenu et CSG», explique-t-il.

Pour les familles imposables, deux solutions sont envisagées. «Soit on abaisse le plafonnement du quotient familial et certaines familles auront un avantage moins grand. A quel niveau met-on le plafonnement? Il y a un débat: cinq ou six fois le Smic, ce n'est pas tranché» «Deuxième solution», a indiqué le candidat, «on met un crédit d'impôt pour tout le monde». «Mais je pense que dans un premier temps la modulation, c'est-à-dire le plafonnement, sera la modalité».

Un avantage fiscal qui avantage les familles aisées
Le quotient familial est «un système qui aujourd'hui avantage les familles les plus aisées: plus vous êtes riches plus vous êtes avantagés», selon Michel Sapin, chargé du projet présidentiel. «Celui qui ne paie pas d'impôt sur le revenu n'a aucun avantage fiscal par définition, et celui qui paie énormément d'impôt sur le revenu, a un avantage fiscal absolument considérable».

Instauré en 1945, ce système permet en effet de bénéficier d'une réduction d'impôt liée au nombre d'enfants du foyer fiscal et de son niveau de revenu. Selon une simulation de l'AFP, une famille gagnant 80.000 euros dans l'année paye 10.467 euros d'impôts sans enfant et seulement 6.063 euros avec deux enfants. A contrario, si la famille gagne 40.000 euros par an, le bénéfice du quotient est bien moindre: sans enfant, il paierait 2.362 euros d'impôt sur le revenu, contre 1.023 euros avec deux enfants.

Michel Sapin a évoqué lundi comme «option» le remplacement du quotient familial par un crédit d'impôt «qui permette que chacun ait le même avantage». En clair, chaque ménage aura droit à la même réduction, quelque soit son niveau de revenu. Selon une étude du Trésor, simulant un crédit d'impôt de l'ordre de 607 euros par enfants, «cette réforme profiterait très largement aux ménages dont les revenus sont compris entre 0 et 3 Smic» (soit 4200 euros brut par mois), et serait défavorable au-delà, la perte étant particulièrement importante pour les ménages avec trois enfants et dont les revenus sont élevés».

Cette «option pas du tout décidée» évoquée par Michel Sapin avait été confirmée ce mardi matin par Manuel Valls, porte-parole de François Hollande. «Oui [le quotient sera supprimé], parce qu'il faut rénover notre fiscalité familiale», en le remplaçant par «un système de crédit d'impôt identique pour toutes les familles», expliquait-il sur les ondes de RMC. L'idée de ce crédit d'impôt est donc revue, corrigée, mais in fine conservée par François Hollande.
Accès à l'article


Les Echos - 14/01/2012 - Hollande avance six propositions contre la violence et le décrochage scolaire - Par Isabelle FICEK

Le candidat du PS à la présidentielle veut revoir le mode d'affectation des personnels dans les établissements difficiles, y augmenter le taux d'encadrement et créer de nouveaux métiers chargés de la sécurité. Il rencontrera les principales fédérations de l'éducation le 23 janvier.

Il a érigé la jeunesse et son « pacte éducatif » en priorités. Vendredi, François Hollande, en déplacement pour échanger avec l'Association pour la Formation, la Prévention et l'Accès au Droit (AFPAD) à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis -« le département le plus jeune de France », a-t-il insisté -a avancé six propositions pour lutter contre la violence à l'école et le décrochage scolaire, qui voit chaque année plus de 150.000 jeunes sortir sans qualification du système. « Un gâchis formidable sur le plan humain et financier », a-t-il déploré. «J'ai pris l'engagement qu'aucun jeune de 16 à 18 ans ne se retrouvera sans solution», a assuré François Hollande, indiquant que le jeune «restera dans un parcours scolaire pour terminer son cycle», soit il «sera accueilli en formation qualifiante», soit «il sera mis dans un dispositif y compris avec le service civique». Le député de Corrèze n'a pas manqué au passage de critiquer la politique du gouvernement, assurant que la suppression de 70.000 postes sur le quinquennat a « forcément » eu des « conséquences sur l'encadrement et la surveillance », soulignant entre autres que le « nombre de surveillants [a été] divisé par deux depuis 2004. »
Et celui qui a promis la re-création de 60.000 postes dans l'éducation, de proposer tout d'abord d'affecter dans les établissements difficiles -« ils sont entre 5% et 8% », précise Bruno Julliard, chargé de l'enseignement scolaire dans l'équipe éducation de François Hollande -, des « personnels ayant de l'expérience. » François Hollande a ainsi suggéré de revoir leur mode d'affectation, pour inciter non seulement les plus expérimentés à choisir ses établissements mais aussi à y rester. Reste que les outils pour y parvenir sont encore à préciser. « Aujourd'hui, le système d'affectation organise lui-même la mobilité, constate Bruno Julliard. Après, ce sera au futur gouvernement de définir quels pourront être ces outils avec les syndicats. » Parmi les pistes envisagées figurent tout de même la rémunération -« mais cela ne suffit pas », insiste ce dernier -, la formation continue, une baisse du temps de service devant classe entière pour permettre plus de travail en équipe ou avec de petits groupes d'élèves. « Très défavorable au recrutement des enseignants par le chef d'établissement », souligne Bruno Julliard, l'équipe de François Hollande veut aussi que les enseignants puissent, au moment de la demande de la mutation, choisir l'établissement en fonction de son projet pédagogique, affiché, donc, et précis. François Hollande veut aussi « augmenter le nombre des adultes dans les établissements les plus difficiles ».

 Il souhaite notamment créer de « nouveaux métiers », autour de la « prévention et de la sécurité », tenus par des « fonctionnaires de l'éducation nationale, formés et placés sous l'autorité du chef d'établissement », précise Bruno Julliard, opposant ces postes aux « équipes mobiles de sécurité », créées durant le quinquennat. François Hollande a plus largement insisté sur un meilleur travail en équipe, à la fois au sein des établissements mais aussi avec la justice et la police. Par ailleurs, dans la « formation initiale » que le candidat socialiste veut restaurer, des modules de gestion des conflits seront intégrés. Enfin, il a dit vouloir « améliorer la prise en charge des élèves qui présentent des troubles ou des comportements qui peuvent à un moment les mettre en rupture », en renforçant la présence de spécialistes et mettant en place des dispositifs d'accueil et d'accompagnement. Cela pourrait notamment prendre la forme de « Rased améliorés », précise-t-on, ces enseignants spécialisés dans la difficulté scolaire, l'idée étant de détecter au plus tôt, dans le premier degré, les signes de décrochage. Des pistes encore à creuser.
A l'annonce de ces mesures, le ministre de l'Education, Luc Chatel, a ironisé : « François Hollande aurait besoin de cours de rattrapage », s'étonnant que le candidat du PS « méconnaisse à ce point les réalités de l'école et propose en ce début d'année 2012, des mesures mises en oeuvre depuis 2007 ». Il a notamment fait référence aux équipes mobiles de sécurité, aux policiers référents, à l'expérimentation CLAIR-dans 300 collèges et lycées difficiles -qui permet notamment au chef d'établissement de recruter les enseignants.
François Hollande devrait rapidement donner les grandes lignes de son projet pour l'école. Il rencontrera officiellement les principales fédérations de l'éducation le 23 janvier.
Accès à l'article



Le Parisien - 20/01/2012 - Hollande veut le retrait des forces françaises d'Afghanistan d'ici fin 2012

François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a réaffirmé vendredi sa "volonté de retirer nos forces d'Afghanistan, le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l'année 2012".
"Je renouvelle ma volonté de retirer nos forces d'Afghanistan, le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l'année 2012, en concertation avec nos alliés", écrit-il dans un communiqué, en adressant toutes ses "pensées" aux "familles" et aux "proches" des quatre soldats français tués et des huit autres blessés vendredi. 

Le député de Corrèze "salue l'engagement et le dévouement, parfois poussés jusqu'au sacrifice ultime, de nos forces armées qui doivent être assurées de notre soutien".
"Je viens d'apprendre avec une très grande émotion que quatre soldats français ont été tués et huit autres blessés, dont j'ignore l'état en ce moment, dans l'est de l'Afghanistan", poursuit M. Hollande.
Le président Nicolas Sarkozy a confirmé la mort de quatre soldats français tués vendredi par un militaire afghan, et annoncé la suspension de toutes les opérations de formation et d'aide au combat de l'armée dans ce pays, en posant la question d'un retour anticipé des troupes françaises.
Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a ajouté que huit autres soldats français avaient été blessés, dont un grièvement, le capitaine qui commandait le détachement.



Libération - 02/02/2012 - Déserts médicaux : le plan d'urgence de Hollande


Le candidat socialiste à la présidentielle propose un programme d'aide à l'installation des jeunes médecins.
François Hollande souhaite mettre en place un «plan d'urgence» pour l'installation des jeunes médecins, qui fixera également «des priorités de santé publique», afin notamment de répondre au problème des déserts médicaux.
«Je mettrai en oeuvre un plan d'urgence pour l'installation des jeunes médecins qui, bien au-delà des incitations financières, visera à les aider dans la construction des projets médicaux, à les accompagner dans les démarches administratives et à contractualiser les carrières et les parcours professionnels», a-t-il déclaré dans une interview au bimensuel Espace social européen.
Ce plan «fixera également des priorités de santé publique et s'inscrira dans la logique d'accès aux soins pour tous les territoires», poursuit-il.
Dans les zones sur-dotées, «je limiterai les conventionnements (...) pour mieux répartir les professionnels de santé dans tous les territoires», ajoute le candidat socialiste.Par ailleurs, «pour lutter contre les déserts médicaux, il faut qu'il y ait dans chaque territoire un pôle de santé de proximité. Ces pôles pourront prendre plusieurs formes: ici une maison de santé, là un centre de santé, là encore un hôpital local», déclare M. Hollande.
«Notre système de santé, hier fierté nationale, est désormais mis à mal et son avenir n'est plus assuré», juge-t-il, estimant que «les difficultés d'accès aux soins s'aggravent pour beaucoup de Français».
Evoquant «les limites de la T2A» (tarification à l'activité) à l'hôpital public, il rappelle sa volonté de la réformer «profondément» et de «diversifier les modes de financement».
«Je mettrai fin à la convergence public-privé, facteur d'une concurrence déloyale et inappropriée», ajoute M. Hollande, affirmant que «l'hôpital doit être considéré comme un service public et non comme une entreprise».
Le candidat socialiste dit enfin vouloir lancer «dès le début du quinquennat» un grand plan national de santé publique pour l'enfant et l'adolescent.
Ce plan «aura pour ambition de mieux prévenir l'obésité infantile, de mieux dépister et prendre en charge les troubles sensoriels, neurocognitifs et les handicaps».
M. Hollande devait visiter jeudi un hôpital et un centre de recherche parisiens, avant de prononcer un discours sur la santé.
Accès à l'article


Libération - 02/02/2012 - Le PS promet de rendre toute son indépendance à la justice - Par Catherine COROLLER


Parmi les réformes auxquelles procèdera François Hollande s'il est élu Président de la République, « celle du parquet sera la plus importante ».
Ce jeudi, André Vallini, sénateur de l'Isère, chargé de la justice dans l'équipe du candidat socialiste à la présidentielle est venu participer à un débat organisé par le Syndicat de la magistrature (SM) et le Syndicat des avocats de France (SAF) au palais de justice de Lyon.
Devant une salle comble, l'ancien président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau a présenté les grandes lignes du projet socialiste sur les questions de justice.
En préambule, il a souligné le « malaise profond » dont souffriraient les procureurs. En cause, le « soupçon » de consignes gouvernementales dans les affaires Clearstream ou Bettencourt. Et les nominations très politiques de procureurs par le gouvernement.
André Vallini a ainsi accusé le pouvoir d'avoir «  verrouillé la quasi-totalité de la magistrature française ». Pour lui, « le parquet est aujourd'hui sur la sellette, comme l'était le juge d'instruction il y a quelques années. Il est monté en puissance face au siège, en même temps que le pouvoir augmentait sa pression sur lui ».
Premier engagement de François Hollande, donc, « proscrire par la loi toute instruction du gouvernement dans les affaires individuelles ». Ce qui ne serait pas le cas aujourd'hui.
Albert Lévy, délégué du SM à Lyon, ancien parquetier désormais vice-président du TGI de Lyon en charge de l'instruction, et Michel Coste, vice-procureur de la République à Lyon, ont tous deux témoigné lors du débat des « pressions » qu'ils ont personnellement subies. « J'ai eu des instructions pour ne pas prendre telle décision au stade de l'enquête, mais aussi pour ne pas requérir dans tel sens à l'audience », a raconté Albert Lévy.
Michel Coste évoquant, pour sa part, « une forme de pression indirecte dans des domaines sensibles, comme le droit des étrangers ou les faucheurs volontaires ». « J'ai reçu des coups de fil du préfet, disant à demi mot: "Si vous ne faites pas comme ça, je me rapprocherai de votre procureur général" » .
Pour autant, dans le projet socialiste, le « lien fonctionnel entre le Garde des Sceaux et les procureurs » est, en revanche « maintenu ». Le ministre de la Justice continuera à leur adresser des « directives générales ».
André Vallini a également exprimé son désaccord avec la création d'un poste de procureur général de la nation, élu par l'Assemblée nationale et le Sénat, et totalement indépendant du politique. « Je pense qu'il faut un vrai ministre de la Justice, capable de peser face à d'autres ministères comme celui de l'Intérieur, et qui agisse sous le contrôle du Parlement ». Le sénateur de l'Isère souhaite que le ministre de la Justicie participe, une fois par an, à un débat sur la « politique pénale » devant la représentation nationale.
Le projet socialiste prévoit également de redonner de l'indépendance au Conseil supérieur de la magistrature (CSM). André Vallini a ainsi annoncé une « réforme » de cet organe passant par une « réforme constitutionnelle sans doute dans la première année du quinquennat, idéalement à l'automne ». Sa composition sera modifiée : aujourd'hui, les non magistrats y sont majoritaires. Si la gauche passe, « magistrats et non magistrats y siégeront à parité. Et l'exécutif en sera exclu ».
Accès à l'article




Le Monde - 10/02/2012 - Bioéthique : la conception libérale de Hollande - Par Gaëlle DUPONT

La phrase ne figure pas explicitement dans les soixante propositions de François Hollande, mais sa position est arrêtée. S'il est élu, le candidat socialiste ouvrira l'assistance médicale à la procréation "à toutes les femmes". Cet engagement, pris lors des primaires PS, sera réaffirmé par l'un de ses porte-parole, samedi 11 février, lors d'un débat organisé par l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL). En clair, M. Hollande souhaite que les couples d'homosexuelles et les femmes seules puissent avoir recours à l'insémination artificielle et à la fécondation in vitro, alors que ces techniques sont aujourd'hui réservées aux couples hétérosexuels infertiles. Ce qui signifierait un "bouleversement considérable", observe Dominique Mehl, sociologue de la famille.

En sortant du cadre strictement médical pour se préoccuper de l'infertilité "sociale", M. Hollande, favorable au mariage gay et à l'adoption par les couples d'homosexuels, ajoute une touche à sa vision de la famille. Et prend le contre-pied de la majorité, qui a préservé le modèle traditionnel. "C'est une nouvelle conception de la famille, où l'intérêt de l'enfant n'est pas plus garanti par le couple classique que par d'autres formes de parentalité", observe la juriste Françoise Dekeuwer-Défossez.

Gilles Bon-Maury, chargé des droits des homosexuels dans l'équipe de campagne, insiste sur la "cohérence" de cette position. "Si on reconnaît aux couples d'homosexuels la légitimité d'être parents en leur autorisant l'adoption, pourquoi leur interdire la procréation médicalement assistée ?", résume-t-il. "Nous adoptons une position de neutralité par rapport aux formes de vie familiale, complète Serge Blisko, chargé des questions de bioéthique dans la campagne de M. Hollande. Beaucoup d'enfants vivent dans un contexte homoparental et les études sur leur devenir montrent qu'il n'y a pas de différence avec les autres enfants." Le même raisonnement joue pour les femmes célibataires : elles sont autorisées à adopter, donc rien ne justifie de leur interdire une aide médicale pour enfanter, selon le PS.

M. Hollande reprend ainsi à son compte l'une des principales revendications des associations de lutte pour les droits des homosexuels. "Quand un couple infertile va à l'hôpital pour tenter d'avoir un enfant, on l'aide, on ne dit pas : "Madame, votre mari est stérile, changez-en !", s'agace Marie-Claude Picardat, coprésidente de l'APGL. A nous, on dit : "Vous ne pouvez pas avoir d'enfant parce que vous êtes homosexuelles, vous n'avez qu'à devenir hétérosexuelles."" Cette interdiction peut en outre facilement être contournée. Des Françaises se rendent dans des cliniques belges ou espagnoles pour bénéficier d'une insémination artificielle. "Le PS a pris conscience de la position très limitative de la France par rapport au reste de l'Europe, analyse la sociologue Irène Théry. Il faut se souvenir de l'époque où les femmes allaient se faire avorter à l'étranger parce qu'elles n'avaient pas de solution ici. Je ne dis pas que c'est la même chose, mais c'est le symptôme d'un problème."

Signe que l'idée progresse, le candidat du MoDem, François Bayrou, y est également favorable. Elle continue pourtant à susciter des interrogations. René Frydman, gynécologue-obstétricien, père scientifique du premier bébé-éprouvette, il y a trente ans, se dit "personnellement attaché à régler en priorité des problèmes médicaux". "Quand on n'a pas de problème de fertilité, on peut se passer de médecin, relève-t-il. Nous ne sommes pas forcément là pour éviter un rapport sexuel. Pour autant, je ne suis pas pour la limitation car je ne vois pas quel argument de fond opposer à ces demandes." De son côté, la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, pourtant favorable à l'aide médicale à la procréation aux couples de même sexe, n'approuve pas son ouverture aux célibataires. "La vie psychique d'un enfant se développe dans la rencontre avec deux adultes qui ont des relations dont l'enfant est exclu, quel que soit leur sexe, explique-t-elle. Etre l'enfant d'une femme seule, c'est très lourd à porter, on devient le parent de sa mère."


"PRESQUE UN LUXE"

Un point de vue contesté par Dominique Mehl, pour qui "c'est une situation pas facile, mais pas forcément pathogène". La proposition de M. Hollande répond à une demande sociale croissante, selon Mme Mehl. "On voit de plus en plus de femmes qui veulent avoir un enfant avant d'avoir un conjoint, constate-t-elle. C'est lié non pas à des caprices, mais à l'évolution de la condition féminine et à la volatilité des couples."

La philosophe Corine Pelluchon, auditionnée lors de la révision des lois de bioéthique, finalisée en 2011, admet avoir "évolué". "Le recours à l'assistance médicale me semblait presque un luxe. Mais j'ai une amie qui a eu, à 44 ans, un désir d'enfant très fort. Elle ne voulait pas faire ça avec le premier venu. J'ai entendu cette souffrance." Le maintien de l'anonymat du don de gamètes, auquel M. Hollande est favorable, poserait cependant problème selon elle, car "l'enfant doit pouvoir connaître son origine".

Les opposants à cette évolution mettent en avant le risque d'ouvrir la voie à une médecine "prestataire de services", selon l'expression de Mme Dekeuwer-Défossez. La juriste souligne la "fragilité" des familles monoparentales et "l'inégalité entre les enfants qui auront deux liens de filiation et ceux qui n'en auront qu'un". "Quand cela arrive à la suite d'accidents de la vie, c'est une chose. Mais c'est une autre de placer un enfant dans cette situation dès le départ", affirme-t-elle.

L'ancien rapporteur (UMP) de la mission d'information parlementaire sur les lois de bioéthique, Jean Leonetti, met en garde contre un possible effet de contagion. "Si on accepte l'aide médicale pour toutes les femmes, comment refuser ensuite d'accorder le même droit aux hommes, donc d'autoriser la gestation pour autrui ?", lance-t-il. L'éventuel recours aux mères porteuses, interdit en France, a profondément divisé le PS. Redoutant une marchandisation des corps, M. Hollande y est hostile. Mais il promet, s'il est élu, de reconnaître la filiation des enfants conçus à l'étranger par mères porteuses, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Accès à l'article

Le Parisien - 11/02/2012 - Hollande esquisse sa politique sportive en présence de champions 

François Hollande, candidat socialiste à l'Elysée, entend faire "une loi cadre sur le sport" et promet une lutte "inlassable contre le dopage", un meilleur accompagnement des champions en fin de carrière, ou encore de revenir sur la législation sur les jeux en ligne.
M. Hollande a dessiné les grands axes de ses propositions en matière de politique sportive, lors d'une réunion publique à Créteil en présence d'une trentaine d'anciens ou actuels champions.


Il a notamment promis d'"actualiser" et de "moderniser" la loi de 1984, en proposant une nouvelle "loi cadre sur le sport", avec un grand "pôle éducatif", dans lequel figurera le ministère des Sports.
François Hollande a promis de créer "une structure chargée d'accompagner les sportifs de haut niveau à l'issue de leur carrière". La France, a-t-il dit, doit être "mieux armée pour accueillir les grandes compétitions sur notre territoire".
Evoquant les droits télévision dans le sport, il a plaidé pour plus de "diversité et pluralité" et déplorant l'omniprésence du football - pourtant un sport qu'il "aime" - a réclamé "le droit à accéder à toutes les images" notamment pour les chaînes généralistes.
Le député de Corrèze, pour qui la lutte contre le dopage soit être "inlassable", prévoit que "l'autonomie de l'Agence française contre le dopage (AFD) (soit) confortée".
Il a aussi annoncé son intention de "revenir sur la législation" concernant les paris en ligne, "élaborée dans la précipitation". Il faudra "mieux protéger le sport" et "renforcer contre les addictions".
M. Hollande veut aussi créer "une agence de lutte mondiale contre la fraude sportive".
Le candidat entend aussi "créer un institut national" du sport de loisir, qui serait à la fois "centre de ressources, en réseau avec les CREPS", qui "fédérerait les activités et donnerait des conseils pour le mouvement associatif".
Il a encore plaidé pour un "plan national des infrastructures sportives". Il veut aussi "orienter les emplois d'avenir (...), vers le sport au bénéfice des associations dans les territoires".
M. Hollande a fustigé le quinquennat de Nicolas Sarkozy en matière de sport, avec "cinq ministres" en cinq ans et un budget pour le sport en hausse de 0,15%, alors que M. Sarkozy avait promis 3%. A ce sujet, lui même s'est gardé de faire des promesses, souhaitant "mobiliser des financements de toutes parts".
Ses trois objectifs, s'il était élu: "garantir à tous les jeunes la possibilité de pratiquer du sport dans une association sportive", "permettre à tous les Français de pratiquer le sport tout au long de la vie" et "faire rayonner la France en soutenant l'excellence sportive".
Une trentaine de sportifs de haut niveau étaient venus le soutenir. Parmi eux, Roxana Maracineanu, ancienne nageuse, Gwendal Peizerat, danseur sur glace, Joël Abati (ex-handballeur), Pape Diouf (ancien président de l'OM), Danny Rodrigues (gymnaste), Cécile Nowak (judokate), Arnaud Willig, gymnaste (qualifié pour les JO de Londres), Frédérique Jossinet (judokate), Vikash Dhorasoo (footballeur), Stéphane Caristan, ancien athlète ou encore Thierry Rey, ex-judoka, ex-gendre de Jacques Chirac.
Accès à l'article


Les échos - 06/02/2012 - Sécurité : Hollande assure la fermeté - Par Marie BELLAN

En visite à Dijon, le candidat socialiste à l'Elysée a détaillé les mesures qu'il compte mettre en place en matière de lutte contre la délinquance s'il est élu.

Dijon, à la faveur des candidats -déclarés ou non -à la présidentielle. Il y a une dizaine de jours, Nicolas Sarkozy était venu dans la capitale de la Bourgogne défendre sa réforme des jurés populaires. Lundi 6 février, Dominique de Villepin y faisait campagne. François Hollande aussi. Les deux hommes se sont d'ailleurs croisés.
Accompagné du sénateur-maire de la ville, François Rebsamen, en charge des questions de sécurité dans son équipe, le député de Corrèze a passé la journée à détailler son programme de lutte contre la délinquance. Lors de la visite d'un centre pour jeunes placés sous mandat judiciaire, il est revenu sur les mesures qu'il entend mettre en place pour les mineurs délinquants.
Doublement du nombre de centres éducatifs fermés

Trois principes ont été énoncés : la célérité de la réponse pénale, sa différenciation suivant le profil du délinquant et la cohérence de l'ensemble des dispositifs. François Hollande a notamment promis le doublement du nombre de centres éducatifs fermés (de 20 à 40), comme le propose le projet de loi sur l'exécution des peines que défend actuellement le gouvernement. Ces structures, qui coûtent environ 600 euros par jeune suivi et par jour, avaient été créées par Jacques Chirac, et à l'époque dénoncées par la gauche. Aujourd'hui, elle les revendique. François Hollande a reconnu que la « contention est parfois nécessaire pour protéger le jeune et la société, mais encore faut-il que la structure soit adaptée ».
Finis donc les discours centrés sur la politique de l'excuse, taxés d'angélisme par la droite. Ce lundi, François Hollande a voulu montrer qu'il voulait être dans l'action avec un recours à la fermeté revendiqué. « Je veux être efficace (...), je ne me contente pas de mots, de formules », a-t-il insisté. Ajoutant à un autre moment de la journée son intention de « lutter contre les bandes et les trafics qui constitue une menace de plus en plus présente et un risque pour les plus jeunes ».
« Un devoir à l'égard des victimes »

Les objectifs affichés, voire les moyens revendiqués, ne sont pas toujours bien éloignés de ceux de la majorité actuelle. François Hollande a même admis que « si la politique du chiffre a été beaucoup critiquée, nous avons aussi besoin d'évaluation et de connaître les faits ». Plus inhabituel encore, le candidat socialiste à l'Elysée a consacré toute la fin de son intervention du matin à la place des victimes : « Nous avons un devoir à l'égard des victimes. Les victimes doivent savoir ce que devient le jeune délinquant, elles doivent être associées au processus ». Nicolas Sarkozy, lors de sa venue à Dijon, avait lui aussi mis les victimes au centre de son intervention.
Candidat de la synthèse, François Hollande a toutefois pris soin de ne pas rester sur le seul registre répressif, qui est, selon lui, le principal écueil de la politique de Nicolas Sarkozy depuis 2007. Il a ainsi annoncé son intention de mettre en place des « contrats locaux de prévention de la délinquance » conclus entre l'Etat et les collectivités locales. Ainsi que des « zones prioritaires de sécurité » (une centaine) qui bénéficieraient de moyens renforcés. Des moyens inférieurs à ce qu'avait prévu le programme du PS .
Au total, police, gendarmerie et justice verraient leurs effectifs augmenter de 1.000 emplois par an en cas de victoire socialiste, « à effectif constant de la fonction publique », a précisé François Hollande. Or sur le quinquennat, 10.000 postes de policiers et de gendarmes ont été supprimés.
Accès à l'article


Le Nouvel Observateur - 21/02/2012 - "Changer de destin", le nouveau livre de François Hollande - Par François BAZIN

Le "Nouvel Observateur" sortira exceptionnellement mercredi sur l’ensemble de la France avec, en avant première, de larges extraits du livre du candidat. François Bazin l'a lu.

Un livre de campagne ? Un livre dans la campagne, plutôt ! "Changer de destin" à l’apparence modeste d’un petit opus de 170 pages, écrit à la première personne et destiné à tous ceux qui veulent savoir qui est le candidat socialiste, ce qu’il pense et surtout ce qu’il veut. Pas de photo sur la couverture blanc crème. Juste le nom de l’auteur et un titre qui sonne comme un slogan. Le PS de François Mitterrand voulait "changer la vie". François Hollande propose de "changer de destin". Il n’est pas certain qu’au bout du compte l’objectif soit moins ambitieux.

La première partie de ce livre, divisé en neuf chapitres, porte sur la trajectoire d’un candidat à la présidentielle qui écrit d’emblée : "Tout, dans ma vie, m’a préparé à cette échéance : mes engagements et mes responsabilités, mes réussites et mes épreuves. Car François Hollande se reconnaît une passion : "la politique". C’est sous ce signe qu’il a grandi depuis que sa "curiosité " a été éveillée par "une grande bataille française : celle qui opposait en 1965, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel de la cinquième République, un inconnu nommé Mitterrand au général de Gaulle. La liberté face à la gloire avait dit effrontément François Mitterrand, en citant Lamartine".

Le 6 mai : une défaite ressentie avec "une tristesse personnelle"

François Hollande a une histoire. Il a surtout une vision de l’Histoire qui s’inscrit dans celle de la gauche et de la République mais qui ne se réduit pas au catéchisme socialiste. C’est sans doute en cela que François Hollande, dans cette campagne et surtout dans ce livre, ne se présente pas comme l’héritier d’un seul parti. Le récit national dans lequel il inscrit son propre parcours est celui d’un pays qui vient de loin. C’est une synthèse en perpétuel mouvement dans lequel, tel un républicain de progrès, comme on disait autrefois, il puise des références qui ne sont pas seulement celle de son camp. "Je le confesse, écrit-il ainsi, j’ai regardé avec respect, malgré ma méfiance, le général de Gaulle".

Lors de son meeting du Bourget, les équipes du candidat avaient diffusé deux petits films à usage militant dans lesquels ce désir de rassembler tous les épisodes de la vie nationale apparaissait moins clairement. Dans le paysage de François Hollande, qu’il regarde loin ou qu’il vise court, il n’y a pas d’exclus. Deux détails le soulignent plus particulièrement. La campagne de 2007 de Ségolène Royal est évoquée dans "Changer de destin" en une page où l’auteur dit avoir ressenti la défaite du 6 mai avec "une tristesse personnelle". De même, François Hollande affirme que, s’il doit être élu président de la République, il considérera les électeurs de ses adversaires et notamment ceux de Nicolas Sarkozy comme des citoyens ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres.

Egalité et justice, mais aussi sécurité et immigration

"Mes valeurs pour la France", titrait-il y a dix jours le "Figaro Magazine" en publiant la première interview de campagne du candidat-président. C’est sur ce même terrain – avec d’autres références ! – que François Hollande lui répond aujourd’hui. En citant cette fois-ci nommément Nicolas Sarkozy, chose qu’il ne fait jamais dans ses discours et ses interventions publiques.

Le chef de l’Etat a même droit à un portrait particulièrement acide. "Il fait partie de ces personnalités qui parlent plus qu’elles n’écoutent". De ses rares échanges avec Nicolas Sarkozy, François Hollande a "gardé le souvenir d’un homme énergique et vif rempli d’une seule certitude. La sienne ! ". Les autres candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou notamment, sont, en comparaison, traités avec plus de magnanimité (ou de malice). Le premier est qualifié de "militant sincère" ayant su "capter ce qui reste de l’ancienne force du PC". S’agissant du second, il confie "qu’un centriste assis entre deux chaises ira toujours moins loin qu’un socialiste qui marche".

Voilà pour les coups de pattes. Mais ce qu’on retiendra surtout de "Changer de destin" est une définition très hollandaise du projet républicain. Le candidat socialiste met en exergue deux mots : égalité et justice, qu’il décline sur les différents volets de son programme (éducation, recherche, fiscalité…). Le point central de la démonstration de François Hollande – celle qui traduit dans le discours socialiste l’évolution la plus nette, celle qui sera sans doute la plus remarquée – porte sur des thèmes (sécurité, communautarisme, immigration) où la gauche n’a jamais été très à l’aise au cours de ces dernières années, ballotée par l’opinion, bousculée par la droite, gênée par ses propres divisions.

"Une République du XXIème siècle"

"La République ne tient pas sa promesse, note François Hollande. Les Français le voient, s’en inquiètent et souvent s’en désespèrent". Or, "comme tous les républicains, écrit-il également, je suis patriote". C’est ce qui l’amène à reconnaître le malaise français : "ceux qui s’inquiètent pour l’identité de la France ne sont pas forcément extrémistes". Tout le propos de François Hollande est donc de faire comprendre au lecteur – puis à l’électeur – que l’identité de la France, c’est d’abord la République. Puis que le combat républicain est celui qui unifie et rassemble. Enfin que dans ce combat là, "la gauche, c’est la loi". Il dit, à cet égard, approuver la phrase de Michel Rocard – "à condition de la citer entièrement " - : "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, même si elle doit en prendre sa part".

Dans les dernières lignes de "Changer de destin", c’est ce mot étendard – République – qui revient à cinq reprises sous la plume du candidat. Une République qu’il entend "restaurer" ; une République dont il veut qu’elle encourage "le mérite et le travail" ; une République "respectueuse de la planète" ; une République respectueuse des citoyens "sans distinction". Bref selon lui "une République du XXIème siècle".

François Bazin - Le Nouvel Observateur

"Changer de destin", Editions Robert Laffont, 9 euros

Accès à l'article



Europe1 - 07/02/2012 - Parrainages : Hollande pour changer les règles


François Hollande a indiqué mardi, au JT de France 2, qu'il était favorable, "le moment venu", à un changement des règles de parrainage pour les candidats à l'élection présidentielle, souhaitant "que les citoyens puissent eux-mêmes parrainer, dans certaines circonstances".

Interrogé sur la demande formulée par Marine Le Pen, qui souhaite que les parrainages des élus soient anonymes, il a rétorqué : "ce n'est pas maintenant qu'il faut poser cette question, c'était il y a plusieurs mois".

Si la candidate du Front national, qui dit ne pas avoir les 500 signatures requises, ne pouvait pas se présenter, "ce serait un problème", a poursuivi le candidat socialiste, notant toutefois que "la famille Le Pen a pu présenter sa candidature depuis 1988". "Je connais ces montées d'inquiétude venant toujours du même côté", a-t-il ajouté.
Accès à l'article


Libération - 24/02/2012 - Contrats de génération, Hollande entre deux âges - Par Dominique ALBERTINI



L'équipe du candidat socialiste a précisé ce vendredi le fonctionnement et le coût de cette mesure phare, mais discutée, sur la sortie des seniors et l'insertion des jeunes dans l'entreprise.


Entre le déplacement de François Hollande à Florange (Moselle) et la publication à venir des chiffres du chômage, ce vendredi était placé sous le signe de l'emploi. Le Parti socialiste a décidé d'approfondir le sillon en détaillant le fonctionnement des «contrats de génération», chers à François Hollande, qui en avait fait un argument fort pendant la primaire socialiste. C'est le porte-parole et la conseillère jeunesse du candidat, Bruno Le Roux et Laurianne Deniaud, qui s'y sont collés ce matin au QG hollandais.

La philosophie générale du dispositif reste inchangée. Le contrat de génération engage, pour une durée de cinq ans, l'entreprise, un jeune de moins de 30 ans recruté en CDI et un senior de plus de 55 ans. Durant cette période, explique Bruno Le Roux, «l'aîné accompagnerait le jeune sur une partie de son temps de travail», pour lui transmettre ses compétences et faciliter l'insertion dans l'entreprise. «Ainsi, on réunit les deux bouts de la chaîne des âges, poursuit le porte-parole de François Hollande. C'est une mesure économique et sociale à la fois.»

Quant à l'entreprise, elle bénéficiera d'allégements de charges sur les deux emplois : exonération totale pour le jeune, exonération de cotisations chômage pour le senior. C'est donc la Sécurité sociale et l'assurance chômage qui règleront la note. Avec un objectif de 500 000 contrats signés dans le quinquennat, et à raison de 4 500 euros par an et par contrat, celle-ci devrait approcher les 2,3 milliards d'euros par an. Chiffre qui pourrait évoluer à la hausse, Bruno Le Roux n'excluant pas un nombre supérieur de contrats signés en cas de succès de la mesure.

Une idée revenue en grâce

Ce chiffrage était attendu, le PS ayant un temps envisagé de réduire la voilure sur cet engagement de François Hollande. Le contrat de génération avait été critiqué par les adversaires du candidat pendant la primaire socialiste, Martine Aubry notamment, qui le jugeaient coûteux et inefficace. La première secrétaire du PS avait évoqué un possible «effet d'aubaine» : des entreprises qui prévoyaient de toute façon d'embaucher un jeune ou de conserver un senior pourraient elles aussi prétendre à des baisses de charge.

Même après le scrutin, la question s'était posée de se limiter à 150 000 contrats, réservés aux entreprises de moins de 50 salariés, pour un coût total de 600 millions seulement. L'équipe de François Hollande veut désormais remettre le dispositif au centre du projet. Bruno Le Roux évoque une mesure «structurante», «ambitieuse», «qui vient de loin». Quant à «l'effet d'aubaine», «si la mesure venait à être sur-utilisée, nous réorienterions vers elle d'autres allègements de charges», précise-t-il.

Négociations à venir

Un certain nombre de détails restent toutefois à préciser. Une éventuelle modulation selon la taille de l'entreprise n'est pas exclue. Quid encore des modalités de rupture du contrat ou des effets de palier - si un «jeune» dépasse les 30 ans en cours de route ou si le senior atteint l'âge de la retraite ? Ces questions sont renvoyées au grand sommet social promis pour juillet par François Hollande.

Reste, d'ici-là, à populariser la mesure dans le cadre de la campagne. Ce qui ne sera pas forcément facile, face à un Nicolas Sarkozy aux promesses moins sophistiquées - démagogiques, disent certains - comme l'augmentation des bas salaires via la suppression de la prime pour l'emploi. Mais, pour Bruno Le Roux, «c'est la différence entre ses promesses et nos engagements».
Accès à l'article



Le Monde - 08/02/2012 - Traité européen : comment Hollande veut renégocier - Par Thomas WIEDER


Cet article a été publié dans l'édition du Monde daté du 8 février 2012.

François Hollande est formel. S'il est élu président de la République, le 6 mai, le candidat socialiste demandera une " renégociation " du traité sur la discipline budgétaire paraphé au sommet de Bruxelles le 30 janvier. Le calendrier n'est pas, pour lui, un problème. " Ce traité sera signé le 1er mars, mais je ne suis pas sûr que, au mois de mai, plus d'un ou deux pays l'auront ratifié. Ce traité, signé mais non ratifié, nous pourrons donc le renégocier ", assure le candidat socialiste, interrogé par Le Monde mercredi 8 février.

Cette renégociation, M. Hollande entend la mener dans deux directions. Il s'agit d'abord de "préciser" certains dispositifs du texte adopté à Bruxelles, notamment sur le rôle exact de la Cour de justice de l'Union européenne. "Dans quel cadre interviendrait-elle pour vérifier le respect de la discipline budgétaire ? Quelle est la nature de la sanction visant les Etats qui ne la respectent pas ? Ce sont des points qui devront être précisés", dit-il.

LE CANDIDAT PS VEUT DES "AJOUTS"

M. Hollande veut aussi des "ajouts". Convaincu "depuis toujours" qu'"il faut des règles de discipline", mais estimant que "Mme Merkel et M. Sarkozy, qui se sont eux-mêmes affranchis de ces règles, sont bien mal placés pour venir [le] chercher sur ce terrain-là", M. Hollande insiste sur la nécessité d'ajouter "un volet de croissance et d'emploi" à un traité qui, sans cela, ne ferait que "renforcer des obligations" déjà présentes dans les textes régissant le fonctionnement de l'UE.

Côté croissance, M. Hollande évoque "l'autorisation faite à l'Europe d'emprunter afin de financer de grands projets, notamment industriels" ou "la possibilité pour la Banque européenne d'investissement d'augmenter sa capacité d'emprunt". Côté emploi, il pense à "la possibilité, dans le cadre du budget européen, d'avoir des fonds structurels permettant de soutenir des projets d'investissement dans les pays à faible croissance".

Pour l'instant, le candidat socialiste ne souhaite pas en dire beaucoup plus sur les dispositifs de croissance et de gouvernance qu'il entend promouvoir. "Nous sortirons notre plan le moment venu. Il y a encore un travail d'expertise à terminer", indique au Monde son directeur de campagne, Pierre Moscovici. Le moment venu pourrait être le 17 mars, jour où M. Hollande a prévu de conclure un colloque auquel participeront plusieurs dirigeants sociaux-démocrates européens.

VOIE PARLEMENTAIRE

D'ici à là, M. Hollande entend répondre aux critiques que suscite sa position sur le traité européen. A ceux qui, tels Jean-Luc Mélenchon ou Jean-Pierre Chevènement, souhaitent que le texte, une fois renégocié, soit ratifié par référendum, le candidat du PS explique qu'il préfère la voie parlementaire. "On ne va pas faire un référendum pour un traité qui ne marque pas une vraie rupture, comme pouvait l'être le traité de Maastricht", dit-il. A ceux qui doutent que des Etats ayant signé, voire ratifié le texte, acceptent de l'amender, il répond qu'il "[s']appuier[a] sur des Etats comme le Danemark ou l'Italie, qui souhaitent des précisions ou des ajouts".

A ceux qui craignent que la renégociation du traité sur la discipline budgétaire ne mette en péril le mécanisme européen de stabilité (MES), dont la ratification sera soumise à l'Assemblée nationale le 21 février et dont l'entrée en vigueur est prévue pour le 1er juillet, il répond que, "quoi qu'il arrive, celui-ci sera mis en œuvre, car les deux textes sont déconnectés l'un de l'autre".

Convaincu que "le problème, aujourd'hui, est la position de Mme Merkel et de M. Sarkozy qui la suit", M. Hollande ne doute pas de sa capacité, une fois élu, à infléchir le cours des choses.
Accès à l'article