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Laurent Fabius : mal reçu en Chine

Laurent Fabius : mal reçu en Chine

RTL - 21/02/2012 - Estimant être mal reçu, Fabius écourte sa visite en Chine


Estimant qu'en tant que représentant personnel de François Hollande, il n'était pas reçu à un niveau convenable, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius a brusquement écourté mardi le voyage qu'il effectuait à Pékin. Il espérait rencontrer l'un des neuf dirigeants qui forment le comité permanent du Parti communiste chinois. Quand il a su qu'il n'en verrait aucun, il a annulé la conférence de presse et le dîner officiel qui étaient prévus. Il est parti avec 24 heures d'avance vers Tokyo. Cette froideur serait due au fait que François Hollande n'ait pas prévu de se déplacer lui-même dans ce pays à haut risque pour les candidats à la Présidentielle, notamment en raison du dossier des droits de l'homme.

Laurent Fabius reçu comme un chien dans un jeu de quilles

Laurent Fabius a eu à Pékin des entretiens avec des responsables du Bureau du liaison du Parti communiste chinois (PCC) et un vice-gouverneur de la Banque centrale, mais aucun des hauts dirigeants chinois ne l'a reçu dans le cadre de sa mission pour le candidat socialiste à l'élection présidentielle d'avril et mai. 

"Il n'a pas été possible (...) pour des raisons qui (nous) échappent" que monsieur Fabius rencontre "l'un des principaux responsables chinois", a-t-on indiqué, tout en soulignant que l'ancien Premier ministre avait été reçu au plus haut niveau récemment lors de ses déplacements à l'étranger. Début février en Israël, Laurent Fabius s'était entretenu avec le président Shimon Pérès et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant de rencontrer de hauts responsables au Liban, au Qatar et à Abou Dhabi. 

"L'explication appartient aux Chinois", a-t-on ajouté concernant le manque d'empressement de la haute direction chinoise à recevoir M. Fabius, qui aurait pu espérer rencontrer à Pékin l'un des quatre plus hauts dirigeants chinois. 

Le programme de ce dernier ayant été par ailleurs bouclé, il va continuer son "voyage vers le Japon, où il sera reçu par le Premier ministre" Yoshihiko Noda, a-t-on souligné. 

Laurent Fabius a néanmoins fait passer le message au PCC que le PS souhaite avec la Chine une relation "positive" qui soit "politiquement et économiquement équilibrée". 

En Chine, les candidats socialistes se font remarquer 

François Hollande "m'a demandé, ne pouvant le faire lui-même, de me rendre pour le représenter dans toute une série de pays", avait indiqué le député socialiste fin janvier, en annonçant sa tournée pour une mission "d'amitié, de respect et d'écoute". 

Pas plus que les autres candidats à la présidentielle, François Hollande n'a apparemment prévu de déplacement en Chine, un pays à haut risque pour tout prétendant à l'Elysée, notamment en raison du dossier ultra-sensible des droits de l'Homme.

La visite de Ségolène Royal en 2007 y avait donné lieu à quelques impairs, qui ont laissé un mauvais souvenir au PS.