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François Hollande : la stratégie, les analyses

François Hollande : la stratégie, les analyses
Montebourg, l'arme anti-Mélenchon
Hollande, boycotté par les dirigeants européens
53% des français jugent son programme économique non crédible
La Corrèze : La Grèce de la France ?
Rocard : l'hypothèse de croissance de Hollande n'est pas plausible
La machine à penser l'école du PS




Le Parisien.fr - 29/03/2012 - Montebourg, l’arme anti-Mélenchon - Par Philippe MARTINAT



Ne pas se laisser impressionner par Jean-Luc Mélenchon. Au lendemain du spectaculaire meeting de Lille où le candidat du Front de gauche s’en est pris avec virulence aux socialistes, contestant même à François Hollande le privilège de représenter la gauche au second tour de la présidentielle, ce dernier a évité de lui répondre.

A aucun moment il n’a cité son nom lors de son discours hier, devant 2000 personnes au Théâtre de verdure à Nice. L’essentiel de ses flèches, Hollande les a réservées à Nicolas Sarkozy. Il n’a fait qu’une allusion à l’ancien sénateur PS de l’Essonne en fin de discours : « Donnez-moi dès le 22 avril la force nécessaire. Je suis candidat non pas pour exprimer simplement une colère, un refus, une volonté de m’opposer, mais pour gagner. Je veux rassembler dès le premier tour le plus grand nombre d’électeurs. »

Après avoir quitté la scène, Hollande se fait plus précis : « Non, Mélenchon ne représente pas une menace. Il a bien le droit de penser qu’il peut arriver au deuxième tour. Mais chacun peut comprendre qui est en capacité demain de gagner et de réussir. Le seul changement possible aujourd’hui, c’est celui que je représente. »

Néanmoins, les socialistes ont bien mesuré le danger Mélenchon. Hier, ils ont sorti leur meilleur pare-feu en la personne d’Arnaud Montebourg. Il était en guest star à Nice, parlant à la tribune juste avant le candidat. Pourfendant la « droite austéritaire », Montebourg s’est montré nettement plus protectionniste. « Oui, nous prendrons des mesures draconiennes contre les banques et les paradis fiscaux », lance-t-il avant de conclure : « C’est le moment de prendre le bulletin de vote, le bon, le puissant. » Redescendu de scène, il ne se gêne pas pour tacler Mélenchon : « Il faut lire les programmes, s’intéresser aux contenus et se méfier des effets de tribune, même si des convergences existent… »


Le Progrès - 04/03/2012 - Hollande est-il boycotté par les dirigeants conservateurs européens ?


La polémique enfle ces dernières heures. Selon un hebdomadaire allemand, quatre chefs d'états européens refuseraient de recevoir François Hollande. Les réactions fusent, Hollande répond.

Boycott ou pas, cette affaire devient au fil des heures la polémique du week-end. Dans cette campagne pour l'élection présidentielle extrêmement tendue, où les coups portés sont souvent bas, une nouveau "buzz" fait la Une.

Quatre dirigeants politiques européens refuseraient de recevoir François Hollande. Parmi ces élus, tous de tendance conservateur, se trouverait la chancelière allemande Angela Merkel.

Le candidat PS à l’Elysée s’est déclaré pas «impressionné» par cette information. «C’est le peuple français qui va décider de son avenir. Ce ne sont pas des dirigeants européens, que je respecte par ailleurs, qui doivent peser sur la décision du peuple français», a souligné François Hollande.

«Qu’il y ait une alliance des conservateurs pour le candidat conservateur en France, c’est bien naturel», a ajouté le député de Corrèze au sujet de cette initiative prêtée par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel à Angela Merkel, Mario Monti (Italie), David Cameron (Grande-Bretagne) et Mariano Rajoy (Espagne).

La réaction du principal adversaire du socialiste n'a pas tardé, par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy : elle a jugé «ridicule» que François Hollande «essaie d’imaginer un complot» des dirigeants européens contre lui, estimant qu’il avait «tout simplement un problème de crédibilité».

Libération - 10/03/2012 - 53% des Français jugent «pas crédible» le programme économique de Hollande 



Une majorité de Français (53%) jugent que le programme économique de François Hollande n'est pas crédible, selon un sondage CSA pour l'émission Capital de M6 dont le candidat PS à la présidentielle est l'invité dimanche.

Dans cette étude, ils sont 40% à considérer que le programme économique de François Hollande est "crédible" et 7% ne se prononcent pas.

Parmi les sympathisants PS, 74% jugent son programme économique crédible et 20% pensent le contraire, tandis que 6% ne se prononcent pas.

Par ailleurs une majorité de Français (55%) "ne font pas confiance à François Hollande pour lutter contre les excès des marchés financiers", 42% lui font confiance et 3% ne se prononcent pas.

A cette question, 80% des sympathisants PS répondent par l'affirmative, 19% par la négative, et 3% ne se prononcent pas.

Sondage réalisé par téléphone le 5 mars auprès d'un échantillon national représentatif de 1002 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

L'Express - 14/02/2012 - La Corrèze est-elle vraiment "La Grèce de la France" ? - Par Gaëtan SUPERTINO


Claude Guéant a encore une fois insisté sur le fort endettement du département géré par François Hollande. Un jeu dangereux pour la droite...
"Hollande est à la tête de la Corrèze, qui est la Grèce de la France." Il ne peut plus s'en empêcher. En déplacement en Martinique, Claude Guéant a une nouvelle fois taclé le candidat socialiste, sur sa gestion du département le plus endetté de France, dont il est président.
"Les leçons de M. Hollande sont tout de même curieuses: la Corrèze, c'est la Grèce de la France! C'est le seul exemple de collectivité qu'il ait gérée puisqu'il n'a pas été au gouvernement", avait-il déjà assené fin janvier, dans une interview au Parisien. "En Corrèze, en 4 ans seulement, il y a eu une augmentation des dépenses de fonctionnement de 30% et une hausse de la dette de 40%" avait également déclaré le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez, un peu plus tôt.
La dette corrézienne est passée de 35 à 300 millions sous une présidence de droite
La dette de la Corrèze atteint en effet 345 millions d'euros fin 2010, soit 1400 euros par habitant. C'est 45 millions d'euros de plus qu'en 2008, année où François Hollande est arrivé à la tête du département. C'est deux fois plus élevé que la moyenne des autres départements.

Comment expliquer cette hausse? La délégation des charges du RSA de l'Etat aux collectivités, la suppression de la taxe professionnelle par le gouvernement, l'accroissement des taux d'intérêt d'emprunt, la mise en place d'un "plan anti-crise" et l'année 2009, "marquée par un contexte économique exceptionnel" de l'aveu de la chambre régionale de la cour des comptes, explique en grande partie ce bond de 45 millions. L'opération " Ordicollèges " (un ordinateur portable offert à tous les élèves de 5e, 4e et 3e, et un iPad pour les 6e) tant raillée par la droite, ne coute qu'1,5 millions d'euros par an.
Mais surtout, la dette du département était passée de 35 à 300 millions d'euros entre 2003 et 2008, selon la Chambre régionale de la Cour des comptes. Et la période de remboursement est désormais estimée à 13 ans, contre 4 en 2004. Or, le Conseil général était géré par Jean-Pierre Dupont, président UMP, depuis 1992. "En 2008, quand la gauche est devenue majoritaire au Conseil général et que M. Hollande en a été élu président, le département avait déjà, et de très loin, la dette la plus élevée par habitant", s'énerve Gérard Bonnet, le vice-président actuel.

François Hollande est "a priori sur la bonne voie" pour redresser les comptes
"La Corrèze est effectivement devenu le département le plus endetté de France sous une majorité de droite, confirme Christian Carcagno, président de la Chambre régionale des comptes du Limousin. Mais c'était des investissements sains. Voiries, collèges... Certains vont entraîner un retour sur investissement. De plus, ce ne sont pas des dépenses qui sont amenées à se reproduire."
Et selon lui, François Hollande est "a priori sur la bonne voie" pour redresser les comptes. "Il a pris conscience de la grandeur du stock de la dette. D'après ce que l'on constate pour le moment, mais nous n'avons pas encore fait de rapport détaillé, il a pris des engagements et surveille ses dépenses".
Réduction de moitié des investissements, du recours à l'emprunt, augmentation de la taxe sur le foncier bâti (+ 6,5 %), fin de la gratuité des transports scolaires, durcissement des conditions de ressources de l'aide de 1000 euros à la garde d'enfants... Le candidat socialiste a en effet mis en place en Corrèze son petit plan de rigueur pour 2012.

"Nous avons une responsabilité, chacun doit l'assumer. Si un Conseil général n'a pas la maîtrise de ses recettes et ne peut pas engager des dépenses pour l'avenir, s'il n'est plus qu'un guichet qui sert des prestations d'État, à quoi bon avoir des élus?" déclarait-il en décembre, selon le journal la Montagne.
Mais la droite ne se laisse pas impressionner par ce plan de rigueur. Et à défaut de pouvoir trop insister sur la dette en elle même, elle en fait sa véritable cible, et en soulève les injustices. "François Hollande a augmenté les impôts, plus 10% cette année sur le foncier et ce sont les classes moyennes qui perdent", martèle ainsi Laurent Wauquiez. "On lui a demandé de prendre des mesures de redressement. Il a augmenté les tarifs des transports scolaires, celui des cantines, etc. Voilà l'exemple de la gestion de M. Hollande!" renchérit Claude Guéant.
Reste à savoir si le futur candidat de l'UMP utilisera lui aussi ces arguments pour décrédibiliser François Hollande dans leur duel national.
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Rue 89 - 10/02/2012 - Rocard : l'hypothèse de croissance de Hollande "n'est pas plausible" - Par Pascal RICHÉ


Michel Rocard aime le « parler vrai », même quand il rime avec « balle dans le pied ». Lors d’un colloque organisé mardi soir à l’Assemblée nationale par le club Inventer à gauche, l’ancien Premier ministre, âgé de 81 ans, s’est livré à quelques réflexions concernant les hypothétiques « 100 premiers jours » du président Hollande.
Photo : Charles PLATIAU

Rocard a stupéfait l’audience dès le début de son exposé, à lire le compte-rendu du colloque sur le site de LCP (La Chaîne parlementaire) :

« On n’est pas dans un cercle de formation propagandiste qui répèterait les discours de campagne. [...] L’hypothèse de croissance sur laquelle se fonde François Hollande n’est pas plausible. »

LCP raconte :
« Stupeur dans la salle. Chiffres à l’appui, Michel Rocard démontre que les taux de croissance prévus par François Hollande pour élaborer son programme sont “en désaccord avec les structures statistiquement informées”, l’OCDE et l’Insee. “Ce n’est pas lui que j’engueule c’est le parti”, corrige Michel Rocard tout en reconnaissant “l’inconfort électoral” de cette contradiction.

Pire, Michel Rocard est persuadé que le pic de la crise est à venir et que la “bourrasque financière” pourrait même intervenir pendant la campagne électorale. “Ce qui mettrait François Hollande en grande difficulté.” »

Pour ce qui est des conseils pour les 100 premiers jours, Rocard propose de retarder la réforme fiscale (elle sera plus facile avec de la croissance) et de s’en tenir aux mesures symboliques à faible coût :

« Il faut faire la toilette des textes scandaleux sur l’immigration et la nationalité. Ça va vite, c’est moral et on n’oublie pas l’essentiel. »


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Le Monde - 09/02/2012 - Comment fonctionne la machine à penser l'école du PS


Le "pôle éducation" du Parti socialiste (PS) est une drôle de machine. Une machine à ramasser les idées, à produire des notes, les valider et expertiser, avant de ne faire remonter que le strict nécessaire à la direction de campagne. C'est aussi elle qui produit réactions, commentaires et ripostes dès que le camp d'en face bouge.

A sa tête, le député européen Vincent Peillon, un des hommes forts du dispositif Hollande. L'ampleur des thèmes couverts par ce "Monsieur éducation, jeunesse et tout le reste" nécessitait au moins un tel dispositif pour que ce professeur agrégé de philosophie, puisse dominer son sujet.

Dans son ombre, ils sont trois. D'abord, Bruno Julliard. C'était le conseiller éducation de Martine Aubry ; c'est le responsable de l'enseignement scolaire pour M. Hollande. M. Peillon et lui ont la même approche de l'école, la même analyse de ses points faibles. Alors que M. Julliard travaillait à l'élaboration du programme socialiste sur l'éducation, à l'hiver 2010, il avait largement associé M. Peillon.

SCHÉMA PYRAMIDAL

Aujourd'hui, tous travaillent main dans la main. M. Julliard qui avait l'image d'un spécialiste de l'enseignement supérieur au vu de ses années à la tête de l'UNEF, le syndicat étudiant, a su se construire une légitimité sur le scolaire et a noué de vraies relations avec les syndicats enseignants.

Juste après, deux hauts fonctionnaires, dont il convient de taire le nom eu égard à leur devoir de réserve. Un inspecteur général d'abord : solide réputation, connaissance parfaite de la rue de Grenelle et du terrain. Cet homme de confiance de M. Peillon est expert sur de multiples dossiers et connaît bien, entre autre, l'éducation prioritaire. Moins présent, car retenu à Bercy, l'équipe compte un inspecteur des finances, un professionnel du chiffre, qui aime aussi les idées et adéjà travaillé son sujet. Il a tous les ordres de grandeur à portée de neurones.
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