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Marine Le Pen : la candidate

Marine Le Pen : la candidate
Les signatures
Père et fille
Marine Le Pen tiraillée entre radicalisation et dédiabolisation


Le Monde.fr - 13/03/2012 - Présidentielle : Marine Le Pen obtient ses 500 parrainages


La candidate du Front national a annoncé, mardi 13 mars, qu'elle disposait des 500 parrainages requis pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle.

"J'ai mes 500 parrainages, je serai donc candidate à l'élection présidentielle", a dit Marine Le Pen à l'agence Reuters. La date limite de dépôt des parrainages pour être candidat est vendredi 16 mars. Priée de dire si elle avait un volant de sécurité concernant ses signatures, elle a refusé de répondre, précisant que la validité de chaque document serait vérifiée par le Conseil constitutionnel.

La présidente du Front national a précisé qu'elle ferait, aujourd'hui, mardi 13 mars, une déclaration officielle de candidature à 16 heures à Hénin-Beaumont, sur ses terres électorales du Pas-de-Calais, où elle a obtenu ses meilleurs scores électoraux.

"C'est un grand ouf de soulagement et c'est une excellente nouvelle", a déclaré Florian Philippot, directeur de campagne de Marine Le Pen, mardi matin, sur RTL. "Non seulement pour nous, parce que ça y est, nous sommes enfin officiellement dans la course et nous pourrons enfin aller expliquer aux Français quel est notre projet", a poursuivi M. Philippot."Mais c'est aussi une très bonne nouvelle pour la démocratie, parce qu'il était tout de même extraordinaire de penser un instant qu'un candidat qui représente près de 20 % des voix au premier tour ne soit pas dans la course", a-t-il poursuivi ajoutant : "C'est une nouvelle campagne qui commence".

"LA PLUS VIEILLE SÉRIE DE LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE"

La porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, a ironisé mardi sur cette annonce : "C'est la plus vieille série de la vie politique française, même à la télé, il n'y en a pas qui durent aussi longtemps", a-t-elle déclaré sur BFMTV/RMC.


Depuis la déconvenue de Jean-Marie Le Pen qui n'avait pas réussi à rassembler le nombre de parrainages nécessaires en 1981, le FN proteste en effet à chaque échéance présidentielle contre le système des parrainages d'élus et l'obligation de rendre publics les noms de ceux qui acceptent de signer pour un candidat. 2012 n'a pas fait exception : la course aux signatures de Marine Le Pen a animé les dernières semaines de la campagne du FN, la candidate tirant à plusieurs reprises la sonnette d'alarme sur sa situation, dénonçant notamment des pressions des "grands partis", UMP et PS, sur les élus censés lui donner leur signature.

Plaidant pour que les signataires puissent garder l'anonymat, le FN a même saisi le Conseil constitutionnel d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) demandant si la publicité des parrainages était conforme à la Constitution. Le 16 février, Louis Aliot, numéro deux du FN, constitutionnaliste de formation et docteur en droit public, défendait sa QPC devant les "sages" ; le 21 février, ces derniers décidaient cependant de maintenir la règle imposant, depuis 1976, de rendre publics les noms des 500 "parrains".

SUSPENSE DES QUINZE DERNIERS JOURS

Invitée au 20 heures de France 2, jeudi 1er mars, la présidente du Front national affirmait qu'elle ne disposait que de 452 signatures fermes d'élus. Elle en avait alors appelé à "l'esprit démocratique et républicain" des maires pour trouver, en quinze jours, les 48 paraphes manquants. "Il me manque encore une quinzaine de signatures", disait-elle encore dimanche 11 mars, soulignant : "Rien ne me permet aujourd'hui d'être rassurée".

Lundi, à quatre jours de la date butoir, ses deux principaux rivaux à la présidentielle avaient plaidé en sa faveur chacun à leur manière. "Clairement, je souhaite qu'elle puisse avoir ses parrainages. Je considérerais que ce serait un problème si elle ne les avait pas", déclarait Nicolas Sarkozy sur TF1. "Ce serait logique qu'elle ait ses signatures" estimait François Hollande sur France 3, tout en précisant : "Après, ce sont les maires qui décident. Je ne peux pas faire pression sur eux. J'aurais l'air de quoi d'ailleurs comme candidat par rapport à l'extrême droite ?"

Le Front national présentera donc bien un candidat en 2012, comme à chacune des échéances présidentielles depuis 1988. Dans le sondage quotidien du lundi 12 mars d'IFOP Fiducial pour Paris Match, sa candidate est créditée de 16,5 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle. En six jours, elle aurait perdu 3,5 points selon cet institut.
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Le Figaro - 31/01/2012 - Le Pen : Jean-Marie désavoue Marine - Par Guillaume PERRAULT

Photo : François BOUCHON
La répartition des rôles entre la candidate du Front national à la présidentielle et son père, fondateur du parti d'extrême droite, provoque parfois quelques couacs.

Voilà un désaccord qui ne passe pas inaperçu. Alors que Marine Le Pen promet de rétablir le droit à la retraite à taux plein à 60 ans avec 40 annuités, Jean-Marie Le Pen s'est déclaré favorable à un relèvement de l'âge de la retraite à 65 ans. Le fondateur du Front national a exprimé cette divergence avec sa fille dimanche sur France 3. Jean-Marie Le Pen a ajouté: «Il faudrait peut-être que j'aie une discussion avec elle pour savoir quelle a été la motivation de sa décision.»

Ce n'est pas la première fois que l'ancien candidat à l'Élysée marque une réserve envers un engagement de campagne de sa fille. Il avait déjà insisté sur l'importance de la responsabilité individuelle, alors que Marine Le Pen ne cesse d'en appeler à l'État.

Surtout, alors que les instituts de sondage créditent Marine Le Pen de 17% à 20,5% d'intention de vote, ses fidèles ont un cauchemar: un «dérapage» du leader d'extrême droite qui pourrait enrayer la dynamique de leur championne. La première alerte depuis l'automne a eu lieu dimanche. Réagissant aux protestations suscitées par la présence de sa fille, vendredi, à Vienne, à un bal organisé au palais impérial par des corporations étudiantes proches du parti nationaliste autrichien FPÖ, Jean-Marie Le Pen a déclaré dimanche sur France 3: «J'ai moi-même assisté à cette magnifique manifestation qui retrace d'ailleurs le Vienne du XIXe siècle, c'est Strauss, sans Kahn si vous voulez.» Des propos qui ont suscité un tollé. Nul doute que Marine Le Pen, qui s'efforce d'éviter tout soupçon d'antisémitisme, s'en serait passée. D'autant que le vice-président du FN, Louis Aliot, s'était rendu à Tel-Aviv en décembre dans le but de préparer le terrain à un éventuel voyage de la candidate en Israël.

Comme à chaque «dérapage» de son père ou presque, Marine Le Pen a pris sa défense. «C'est une plaisanterie, un trait d'humour», a-t-elle soutenu dimanche, sans convaincre.

Il reste que la présence de l'ancien président du Front national aux côtés de Marine Le Pen a aussi des avantages pour elle. À 83 ans, le fondateur du FN mène une campagne de terrain très active. Moins sollicité par les médias audiovisuels que sa fille, il multiplie les réunions publiques dans les villes moyennes. En ce début d'année, le programme prévoit souvent une conférence de presse suivie d'une galette des Rois avec les sympathisants. Le Pen parle debout et sans notes. L'assistance est parfois modeste, mais jamais dérisoire. À Taverny (Val-d'Oise), plus d'une centaine de personnes sont venues l'écouter le dimanche 29 janvier.

Une répartition des rôles entre le père et la fille préparée de longue date. «J'irai faire des meetings dans les endroits où elle n'ira pas, avait confié en juin le fondateur du FN à Romain Rosso, l'auteur du livre La Face cachée de Marine Le Pen (Flammarion). Il faut que ce soit Marine qui aille à Nantes, mais Jean-Marie peut aller à Vannes ou à Quimper. Je boucherai les trous.» Le leader d'extrême droite a même prévu de se rendre dans la petite ville de Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or), haut lieu de la viticulture. Un quasi-tour de France, commenté à chaque étape par la presse régionale.
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Les Echos - 24/02/2012 - Marine Le Pen tiraillée entre radicalisation et dédiabolisation - Par Isabelle FICEK

La candidate du FN misait sur un succès d'audience, hier soir sur France 2, pour relancer une campagne qui patine. Les premiers pas du candidat Sarkozy l'ont déstabilisée.
Peut-on retrouver une dynamique de campagne grâce à une émission télévisée ? Se remettre dans le jeu ? C'est en tout cas le pari fait par Marine Le Pen hier soir en participant sur France 2 à « Des paroles et des actes ». La présidente du Front national, qui n'a cessé de se poser en victime du système politique et médiatique, a plaidé à nouveau « le sérieux » de son programme économique. Un exercice difficile - elle a hier esquivé toutes les questions techniques -qui n'a pas, à ce jour, produit les fruits escomptés. Si certaines de ses mesures, telle l'augmentation de 200 euros des bas salaires, ont pu séduire dans l'électorat populaire, la sortie de l'euro agit comme un repoussoir, en particulier en temps de crise.

Celle qui revendique le statut de « candidate du peuple » a aussi renvoyé dos à dos François Hollande et Nicolas Sarkozy, tenants du « mondialisme, de l'abandon de souveraineté à l'Europe, de la dette, de la collusion avec le monde de la finance ». Surtout, la candidate du parti d'extrême droite a de nouveau fustigé le bilan de Nicolas Sarkozy, « qui a prouvé pendant cinq ans que seules la caste et l'élite l'intéressaient » et dont elle a dénoncé « l'opportunisme électoraliste ». Et d'accuser le président sortant de « mettre la France sur les rails de la Grèce. » « Aux armes citoyens ! », a-t-elle lancé, expliquant que « la seule arme qui reste » aux Français, « c'est le vote ».

Une assurance qui ne parvient pas à masquer un certain désarroi chez Marine Le Pen, déstabilisée par l'entrée en campagne du président sortant. Car si la présidente du FN reste dans le trio de tête dans les sondages, son score stagne ou s'effrite pour s'établir entre 15 % et 17 %. Surtout, l'écart se creuse avec les deux principaux candidats, Marine Le Pen étant désormais distancée - entre 7 et 11 points -par un Nicolas Sarkozy qu'elle talonnait il y a peu. Or toute sa stratégie d'accession au second tour et de recomposition de la droite « est basée sur l'échec de Nicolas Sarkozy », explique le politologue Pascal Perrineau, qui dirige le Cevipof .
Photos dans « Paris Match »

« En descendant dans l'arène avec les valeurs et le travail, Nicolas Sarkozy veut reproduire le coup magistral de 2007 en siphonnant l'électorat de Marine Le Pen. Et, ainsi, il la pousse à la surenchère », observe Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite à l'Iris. D'où une radicalisation de sa campagne avec, entre autres, le retour en force des fondamentaux - immigration et insécurité -et le lancement de la polémique sur la viande halal. Du coup, la candidate du FN oscille entre l'envie de se donner l'image d'une « présidentiable crédible », d'une candidate d'un parti comme les autres - elle vient de poser avec son compagnon, Louis Aliot, dans « Paris Match » -et la recherche de la polémique pour ne pas perdre de terrain dans son électorat traditionnel. Au risque de perdre sur les deux tableaux.

Jusqu'au dernier moment, elle a menacé de refuser le débat en direct avec le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Avant de s'y résoudre, mais sans répondre directement à son adversaire. « Cela l'enferme dans les seconds rôles », décrypte Pascal Perrineau. « Mais Marine Le Pen n'a pas les moyens de sa stratégie de dédiabolisation et de respectabilisation, menée habilement en début de campagne mais qui atteint désormais ses limites. Les électeurs, comme les maires, qui rechignent à donner leurs parrainages, se rendent compte qu'elle n'a pas les épaules pour le pouvoir auquel elle aspire ni une équipe crédible avec une vraie culture de gouvernement  », poursuit-il.

Dans l'entourage de la candidate, on se fixe pour objectif de regagner 5 points sur Nicolas Sarkozy courant mars. Pour, à partir du 20 mars, être à même de profiter pleinement de l'égalité de temps de parole dévolue aux candidats dans les médias audiovisuels. Il est vrai que la candidate du FN bénéficie généralement de bonnes audiences. « Mais, prévient Jean-Yves Camus, les scores d'audience de Marine Le Pen sont des scores spectacle, qui ne se traduisent pas forcément en votes. » *
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