Nathalie Arthaud : la candidate
La seule candidate communiste
Les signatures
Portrait
Marianne 2 - 27/02/2012 - Electeur 2012: Votez Arthaud, «la seule candidate communiste» - Par Coralie DELAUME
Coralie Delaume poursuit son Micro-trottoir 2012, une série d'interviews de futurs votants à la présidentielle. Rencontre avec Olivier qui votera Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte Ouvrière. Pour ce jeune informaticien, elle est la seule candidate communiste.
Olivier a 29 ans. Il est informaticien et vit à Paris. Il votait pour Arlette Laguiller auparavant, et votera pour Nathalie Arthaud (LutteOuvrière ) le 22 avril 2012.
Coralie Delaume : Vous avez l'intention de voter pour Nathalie Arthaud au premier tour de la présidentielle. Comment avez-vous fait votre choix ?
Olivier : La société dans laquelle nous vivons me révolte. Je pense que nous avons le devoir de la changer, profondément et à l'échelle mondiale. Le capitalisme a permis l'industrialisation et le rapprochement des peuples, mais n'est régulé que par des crises, très violentes pour la population. Je pense qu'il a fait son temps et que le communisme le remplacera.
Nathalie Arthaud est la seule candidate communiste dans ces élections. Je partage l'analyse politique de son organisation, Lutte Ouvrière. Je votais déjà Arlette Laguiller en 2002 et 2007, c'est donc tout naturellement que je reconduirai mon vote pour la seule organisation qui défend mes idées.
C.D. : J'en déduis donc que la candidature de Philippe Poutou, par exemple, ne vous séduit pas. Quelle est sa grande différence avec Nathalie Arthaud ?
O. : En l'absence de la candidature de Nathalie, je pourrais voter pour Philippe. Mais je regrette la transformation récente de son organisation en un aggloméré d'associations qui l'ont éloigné de la perspective révolutionnaire. Son prédécesseur, Olivier Besancenot, m'a profondément déçu en appelant à voter Jacques Chirac en 2002 alors que ce dernier était déjà assuré de gagner. La différence profonde, c'est que Lutte Ouvrière est toujours restée résolument communiste, trotskiste. Le NPA quant à lui, parle volontiers de luttes sociales et des méfaits du capitalisme, mais peu de révolution.
C.D. : Ne pensez-vous pas qu'une alliance de ces deux organisations les rendrait plus visibles, quitte à maintenir des « courants » différents, comme dans les grands partis ?
O. : Une seule candidature, ce serait deux fois moins de temps de parole. Dans les alliances, les idées sont bradées, il faut faire des compromis...Qu'y aurait-il à gagner ? À l’extrême gauche, on ne se présente pas pour être élu, mais pour partager des idées. Contrairement, donc, aux grands partis, dont la seule idée est de gagner l'Élysée, des sièges ou des strapontins. Que deux organisations brandissent l'interdiction des licenciements, ça donne fatalement à cette mesure plus de visibilité. Et à l'inverse, je ne sais pas si on entendrait parler de l'abolition du secret bancaire s'il y avait une candidature commune.
C.D. : Que vous inspire la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? N'est-il pas en mesure de porter vos idées et de représenter le « vote utile » de la gauche non socialiste ?
O. : Mélenchon a été, rappelons-le, un ministre de Jospin et sénateur pendant 24 ans. Je n'ai pas connaissance qu'il en ait profité pour faire quoi que ce soit pour la classe ouvrière. Il a par contre appliqué de sales réformes à l'Éducation nationale. Son modèle c'est Mitterrand. Qui oserait dire, que Mitterrand était anti-capitaliste, au delà de ses discours de l'époque ? Mais s'il prenait à Mélenchon ou au PS de parler de l’échelle mobile des salaires ou encore de supprimer la TVA, je ne m'en plaindrais pas ! Ce serait toutefois des promesses mitterrandiennes.
C.D. : Quelles sont les mesures phares portées par Nathalie Arthaud, et que vous ne retrouvez chez aucun autre candidat, même à la « gauche de la gauche » ?
O. : On peut lire sur les affiches de Nathalie « répartition du travail entre tous, sans perte de salaire ». Autrement dit, travailler moins pour gagner tous ! C'est une mesure urgente, que je n'ai pas vue ailleurs.
Pour le pouvoir d'achat, j'aime assez l'idée qu'elle seule semble défendre, d'indexer les salaires sur les prix : « Quand les prix augmentent, les salaires et les retraites doivent suivre ». Mesure également nommée « échelle mobile des salaires ». Lorsque certains à gauche parlent d'imposer un salaire maximum; elle préfère élever significativement le salaire minimum, ce qui est bien plus concret. Le salaire des riches n'étant souvent qu'un argent de poche, comparé aux dividendes qu'ils touchent.
Bien entendu, ces mesures devront être imposées par les travailleurs eux-mêmes, dans les grandes luttes à venir. Les élections permettent de prendre la température.
C.D. : Il semble y avoir, aujourd'hui, en France, une sorte de consternation résignée, sans doute due à la peur du lendemain. Croyez-vous malgré ce calme apparent à la possibilité d'une révolution ?
O. : Ça ne semble en effet pas être pour tout de suite ! Mais, qui avait prédit la révolution russe ? Ou même la révolution française, qui s'est étalée sur des années ? Plus récemment et à une toute autre échelle, les grandes grèves de 1995 et la lutte insuffisante mais victorieuse contre le CPE/CNE, ont prouvé que la colère pouvait gagner les plus résignés très rapidement. Alors ça ne sera peut-être pas cette année, ce ne sera peut-être même pas dans 6 ans pour les 50 ans de mai 68. Mais d'ici là, préparons le terrain ! Voter pour l’extrême gauche n'est pas un acte révolutionnaire, mais donne du crédit à un ... programme de lutte !
C.D. : Votre candidate a peu de chance d'être au second tour. Que pensez-vous faire alors ? Seriez vous prêt à voter pour un autre candidat de gauche ?
O. : En 2002, c'est une enveloppe vide que j'ai glissée dans l'urne du second tour. En 2007, j'ai voté, sans illusion pour Ségolène Royal : en partie parce que c'est une femme, mais surtout par solidarité avec tous ceux qui, dans les classes populaires, réclamaient « tout sauf Sarkozy ».
Je suivrai la consigne de vote, s'il y en a une, de Nathalie Arthaud pour le second tour. Mais une chose est certaine: je ne prendrai jamais plaisir à voter pour le PS. Pour moi, ce qui comptera vraiment ce sont les batailles contre l'austérité, qu'il faudra mener dans les entreprises et dans la rue, quelque soit le président élu, et sans attendre la prochaine mascarade électorale.
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La seule candidate communiste
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Marianne 2 - 27/02/2012 - Electeur 2012: Votez Arthaud, «la seule candidate communiste» - Par Coralie DELAUME
Coralie Delaume poursuit son Micro-trottoir 2012, une série d'interviews de futurs votants à la présidentielle. Rencontre avec Olivier qui votera Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte Ouvrière. Pour ce jeune informaticien, elle est la seule candidate communiste.
Olivier a 29 ans. Il est informaticien et vit à Paris. Il votait pour Arlette Laguiller auparavant, et votera pour Nathalie Arthaud (LutteOuvrière ) le 22 avril 2012.
Coralie Delaume : Vous avez l'intention de voter pour Nathalie Arthaud au premier tour de la présidentielle. Comment avez-vous fait votre choix ?
Olivier : La société dans laquelle nous vivons me révolte. Je pense que nous avons le devoir de la changer, profondément et à l'échelle mondiale. Le capitalisme a permis l'industrialisation et le rapprochement des peuples, mais n'est régulé que par des crises, très violentes pour la population. Je pense qu'il a fait son temps et que le communisme le remplacera.
Nathalie Arthaud est la seule candidate communiste dans ces élections. Je partage l'analyse politique de son organisation, Lutte Ouvrière. Je votais déjà Arlette Laguiller en 2002 et 2007, c'est donc tout naturellement que je reconduirai mon vote pour la seule organisation qui défend mes idées.
C.D. : J'en déduis donc que la candidature de Philippe Poutou, par exemple, ne vous séduit pas. Quelle est sa grande différence avec Nathalie Arthaud ?
O. : En l'absence de la candidature de Nathalie, je pourrais voter pour Philippe. Mais je regrette la transformation récente de son organisation en un aggloméré d'associations qui l'ont éloigné de la perspective révolutionnaire. Son prédécesseur, Olivier Besancenot, m'a profondément déçu en appelant à voter Jacques Chirac en 2002 alors que ce dernier était déjà assuré de gagner. La différence profonde, c'est que Lutte Ouvrière est toujours restée résolument communiste, trotskiste. Le NPA quant à lui, parle volontiers de luttes sociales et des méfaits du capitalisme, mais peu de révolution.
C.D. : Ne pensez-vous pas qu'une alliance de ces deux organisations les rendrait plus visibles, quitte à maintenir des « courants » différents, comme dans les grands partis ?
O. : Une seule candidature, ce serait deux fois moins de temps de parole. Dans les alliances, les idées sont bradées, il faut faire des compromis...Qu'y aurait-il à gagner ? À l’extrême gauche, on ne se présente pas pour être élu, mais pour partager des idées. Contrairement, donc, aux grands partis, dont la seule idée est de gagner l'Élysée, des sièges ou des strapontins. Que deux organisations brandissent l'interdiction des licenciements, ça donne fatalement à cette mesure plus de visibilité. Et à l'inverse, je ne sais pas si on entendrait parler de l'abolition du secret bancaire s'il y avait une candidature commune.
C.D. : Que vous inspire la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? N'est-il pas en mesure de porter vos idées et de représenter le « vote utile » de la gauche non socialiste ?
O. : Mélenchon a été, rappelons-le, un ministre de Jospin et sénateur pendant 24 ans. Je n'ai pas connaissance qu'il en ait profité pour faire quoi que ce soit pour la classe ouvrière. Il a par contre appliqué de sales réformes à l'Éducation nationale. Son modèle c'est Mitterrand. Qui oserait dire, que Mitterrand était anti-capitaliste, au delà de ses discours de l'époque ? Mais s'il prenait à Mélenchon ou au PS de parler de l’échelle mobile des salaires ou encore de supprimer la TVA, je ne m'en plaindrais pas ! Ce serait toutefois des promesses mitterrandiennes.
C.D. : Quelles sont les mesures phares portées par Nathalie Arthaud, et que vous ne retrouvez chez aucun autre candidat, même à la « gauche de la gauche » ?
O. : On peut lire sur les affiches de Nathalie « répartition du travail entre tous, sans perte de salaire ». Autrement dit, travailler moins pour gagner tous ! C'est une mesure urgente, que je n'ai pas vue ailleurs.
Pour le pouvoir d'achat, j'aime assez l'idée qu'elle seule semble défendre, d'indexer les salaires sur les prix : « Quand les prix augmentent, les salaires et les retraites doivent suivre ». Mesure également nommée « échelle mobile des salaires ». Lorsque certains à gauche parlent d'imposer un salaire maximum; elle préfère élever significativement le salaire minimum, ce qui est bien plus concret. Le salaire des riches n'étant souvent qu'un argent de poche, comparé aux dividendes qu'ils touchent.
Bien entendu, ces mesures devront être imposées par les travailleurs eux-mêmes, dans les grandes luttes à venir. Les élections permettent de prendre la température.
C.D. : Il semble y avoir, aujourd'hui, en France, une sorte de consternation résignée, sans doute due à la peur du lendemain. Croyez-vous malgré ce calme apparent à la possibilité d'une révolution ?
O. : Ça ne semble en effet pas être pour tout de suite ! Mais, qui avait prédit la révolution russe ? Ou même la révolution française, qui s'est étalée sur des années ? Plus récemment et à une toute autre échelle, les grandes grèves de 1995 et la lutte insuffisante mais victorieuse contre le CPE/CNE, ont prouvé que la colère pouvait gagner les plus résignés très rapidement. Alors ça ne sera peut-être pas cette année, ce ne sera peut-être même pas dans 6 ans pour les 50 ans de mai 68. Mais d'ici là, préparons le terrain ! Voter pour l’extrême gauche n'est pas un acte révolutionnaire, mais donne du crédit à un ... programme de lutte !
C.D. : Votre candidate a peu de chance d'être au second tour. Que pensez-vous faire alors ? Seriez vous prêt à voter pour un autre candidat de gauche ?
O. : En 2002, c'est une enveloppe vide que j'ai glissée dans l'urne du second tour. En 2007, j'ai voté, sans illusion pour Ségolène Royal : en partie parce que c'est une femme, mais surtout par solidarité avec tous ceux qui, dans les classes populaires, réclamaient « tout sauf Sarkozy ».
Je suivrai la consigne de vote, s'il y en a une, de Nathalie Arthaud pour le second tour. Mais une chose est certaine: je ne prendrai jamais plaisir à voter pour le PS. Pour moi, ce qui comptera vraiment ce sont les batailles contre l'austérité, qu'il faudra mener dans les entreprises et dans la rue, quelque soit le président élu, et sans attendre la prochaine mascarade électorale.
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Le Parisien.fr - 07/03/2012 - Nathalie Arthaud, candidate de LO, première à rendre publiques ses 500 signatures
Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) a déposé mercredi matin ses 48 derniers parrainages au Conseil constitutionnel, atteignant ainsi 521 signatures, au-delà du seuil de 500 requis pour participer à l'élection présidentielle, a constaté une journaliste de l'AFP.
Elle est la première des candidats à l'Elysée à rendre publique l'obtention de ses signatures. Les candidats ont jusqu'au 16 mars pour déposer leurs précieux sésames au Conseil constitutionnel, qui doit ensuite les valider.
"J'ai déposé les signatures qui m'assurent d'être présente à l'élection présidentielle, je tiens à remercier tous les maires car je sais qu'ils ne partagent pas forcément mes idées mais, par ce geste démocratique, ils ont permis ma candidature", a déclaré Mme Arthaud en sortant du Conseil constitutionnel, devant de nombreux micros et caméras.
"Ce n'est jamais facile" d'obtenir ces promesses, a-t-elle ajouté, car "il faut déployer beaucoup d'énergie, sillonner le pays, aller discuter, convaincre des milliers de maires pour être parrainé et je suis soulagée après ce dépôt", a-t-elle ajouté.
Selon son équipe de campagne, celle qui succède à Arlette Laguiller pour la course à l'Elysée a effectué en tout quatre dépôts au Conseil constitutionnel dont celui de mercredi matin qui était le dernier, avec 48 signatures déposées.
Elle s'est déclarée '"très fière" de l'héritage d'Arlette Laguiller et se "revendique de la continuité, c'est la même politique, le même combat".
"Il s'agit d'opposer à la politique toujours en faveur des plus gros et des grandes entreprises une politique pour les travailleurs. Le patronat n'en a jamais assez, il est prêt à condamner à la misère les travailleurs", a souligné la candidate trotskiste.
Interrogée sur l'ombre que pourrait lui faire Jean-Luc Mélenchon (FG), boosté dans les sondages (10% d'intentions de vote selon un sondage CSA mardi alors que Mme Arthaud ne dépasse pas les 1% pour l'instant), elle a estimé qu'elle et lui n'étaient "pas sur le même terrain".
Elle a insisté sur le fait qu'"une nouvelle phase pour cette campagne démarre, une phase où j'espère être davantage invitée dans les médias puisque je suis bel et bien candidate".
Lutte ouvrière a présenté un candidat, une femme à chaque fois, à toutes les élections présidentielles depuis 1969.
Slate.fr - 07/02/2012 - Nathalie Arthaud, c'est la lutte terminale
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| Photo : Sébastien TRONCHE |
Dans la bouche de Nathalie Arthaud, cernée par l’enchaînement des déplacements et des meetings entre deux jours de cours, le même gimmick qu’Arlette Laguiller, sextuple candidate à l’élection présidentielle dont elle a pris le relais: l’invocation constante des travailleurs. Et quand elle nous reçoit, veston vert et foulard bariolé, c’est en tant que travailleuse, comme professeure au lycée Le Corbusier d’Aubervilliers. Elle y enseigne depuis trois ans, à quelques hectomètres de Pantin où Lutte ouvrière, dont elle est porte-parole depuis 2008, a son siège.
Congé électoral
En accord avec son proviseur et le rectorat, aucun journaliste n’assistera à un de ses cours, pour ne perturber ni leur déroulement ni les élèves. Pour ne pas enfreindre la neutralité de l’Education nationale. Cocasse pour une révolutionnaire, au sens propre, d’extrême-gauche.
Sollicité, le rectorat de l’Académie de Créteil n’a pas donné suite à nos questions sur cette situation un peu particulière. Le proviseur, Bruno Bobkiewicz, préfère également ne pas aborder le sujet: «En accord avec Nathalie Arthaud, je ne m’exprimerai pas sur son travail.» «On s’est mis d’accord, cordialement, pour que la presse reste à l’entrée de l’établissement», confie Nathalie Arthaud en nous retrouvant à la sortie de ses cours avant d’accepter de nous faire visiter les lieux, un lycée moderne construit il y a six ans en face de la maison de retraite.
Ce lundi-là, elle vient de prodiguer son avant-dernier cours avant de bénéficier du congé électoral que lui accorde le droit du travail. «C’est un droit mais je ne suis pas sûre que beaucoup de candidats à la présidentielle le prennent. Ils n’en ont pas tous besoin», rigole-t-elle. Elle dispose ainsi de vingt jours fractionnables que son temps partiel —70%, soit deux jours de cours par semaine— va lui permettre d’étaler de janvier à avril pour se consacrer à sa campagne. Ou plutôt à la deuxième phase de celle-ci, ouverte par un grand meeting le 3 février —«présidé par Arlette Laguiller», précise-t-elle— comme le montrent les deux affiches électorales à son effigie collées sur l’enceinte extérieure du lycée, où elle est pour le moment la seule à figurer.
«Moi je suis communiste, pas Mélenchon»
Devant nous, un élève, qui ne l’a pas comme professeur, l’apostrophe:
«Madame, vous, c’est une branche à Mélenchon?»
«Non, moi je suis communiste, pas lui», lui rétorque-t-elle du tac-au-tac, fière de sa formule. Candidate «antisystème capitaliste», ce que n’est pas Marine Le Pen, précise-t-elle aussitôt, elle souhaite qu’un courant communiste s’exprime car «au-delà de la personne de Sarkozy, c’est tout un système qu’il faut combattre». Mais qu’entend-elle par communisme?
«Je n’ai pas de doute sur le fait que tôt ou tard une révolte va éclater. Nous sommes communistes, nous sommes révolutionnaires, nous pensons que les travailleurs peuvent transformer les choses en se battant, par leurs luttes. Etre communiste, c’est avoir le programme d’exproprier la classe capitaliste. Et ce n’est sûrement pas parce qu’il y a eu cette caricature qu’est le stalinisme et qui a dénaturé cet idéal, qu’il faut s’interdire de faire le bilan du capitalisme.»
Salle 209
Après avoir déambulé dans les couloirs et les escaliers, flanqués de deux militants de LO, dont un prof à Drancy, et de l’attaché de presse du parti, on s’assoit au deuxième étage, salle 209. La prof en campagne ne prend pas place derrière son bureau, s’installant sur une simple chaise face au pupitre d’élève qui nous sert de table pour bavarder.
Dans cette salle où les murs sont bordés d’ordinateurs, la classe de terminale Gestion des Ressources Humaines a cours deux fois par semaine avec la candidate à l’élection présidentielle. Dix heures hebdomadaires en tête-à-tête avec la nouvelle Arlette Laguiller. Une situation particulière, comme le reconnaissent ses élèves qui trouvent ça «spécial», «marrant de la voir à la télévision» et qui, pour certains, voteront peut-être pour elle car ils savent «qu’elle défend les travailleurs et les ouvriers». Et «parce qu’il y a un côté sentimental aussi». Aussi. Et Lutte ouvrière? Ils n’en savent pas grand-chose et affirment que la candidate à la révolution ne leur parle jamais de Sarkozy.
Enseigner est-il alors un acte politique? «Un acte politique, non. Militant, oui.» Même si elle explique, terre à terre, que sa profession est «d’abord et avant tout un gagne-pain», Nathalie Arthaud concède qu’il existe une forme de militantisme dans cette vocation. Celle de «transmettre, non seulement les connaissances, mais aussi les capacités aux jeunes de juger la société, d’être conscient de son organisation. La conscience est le premier pas vers plus de liberté».
«L’éducation, c’est développer l’esprit critique»
Cette passionnée d’histoire de 41 ans, fille de «parents qui ne sont pas des intellectuels, qui n’ont pas fait de grandes études», sait de quoi elle parle. «L’école m’a ouvert énormément de portes», confie l’agrégée en économie-gestion, qui a débuté sa carrière dans l’Education nationale à Saint-Denis après avoir passé le concours en région lyonnaise. Un chemin qu’elle empruntera en sens inverse, lorsque, après être revenue vers la capitale des Gaules, elle demanda sa mutation à l’académie de Créteil. «Cette mutation, je l’ai obtenue beaucoup plus facilement que dans l’autre sens», observe-t-elle, dubitative.
Alors, à ces élèves des «quartiers dits sensibles», elle ne parle pas du «rétrécissement des options et des possibilités» qu’elle constate dans l’Education nationale. Pas de diatribes politiques ou d’appel à la révolte, tout juste insiste-t-elle sur l’importance de suivre l’actualité. Son cours, lui, porte sur «les questions liées au recrutement, à la durée du temps de travail, au droit à la formation dans un parcours professionnel»...
«C’est concret, ça nous parle», explique Alexandra, 19 ans, et élève de la terminale GRH, devant le lycée. L’enseignante-candidate s’en tient au programme, assure-t-elle, même si elle déplore qu’ils «soient faits sur mesure»:
«Il n’y a pas de chapitre et il n’est nullement question de la crise. Il n’est bien sûr pas question d’une économie planifiée ou de type communiste… Mais les élèves posent des questions, sont critiques. Ils ont un appétit de comprendre et de savoir. Quand la crise des subprimes a éclaté, ils m’ont demandé ce que c’était. Je leur ai répondu d’où cette crise venait et livré l’analyse sur la spéculation. Dans ces cas-là, j’essaye surtout de les faire se forger leurs propres opinions. L’éducation, c’est aussi développer l’esprit critique.»
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