Philippe Poutou
Les affiches de campagne
Les signatures
Les signatures
Le candidat normal
L'ouvrier candidat
Europe1.fr - 29/03/2012 - NPA : couacs autour des affiches de campagne
Philippe Poutou souffre de son manque de notoriété. Le candidat du NPA rencontre de grande difficulté pour faire vivre sa campagne autour de son nom. Une difficulté résumée dans les affiches de campagne. Généralement, ce n'est pas Philippe Poutou qui figure sur les affiches mais son prédécesseur, Olivier Besancenot, qui apparaît en gros, alors que le candidat officiel, lui, est présent en tout petit.
Le Huffington Post - 13/03/2012 Philippe Poutou, NPA: les 500 signatures seraient atteintes
C'est le festival des annonces des signatures, dans la dernière ligne droite avant la date-butoir du dépôt des parrainages. Après Marine Le Pen, c'est Philippe Poutou qui devrait annoncer mardi 13 mars que le compte est bon, comme l'indique Le Parisien.
Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) devrait en réserver la primeur à ses militants, lors d'un meeting organisé ce mardi à Chambéry.
Le quotidien régional croit savoir qu'une partie des signatures sera déposée mercredi 14 mars au Conseil constitutionnel, avant d'en fournir la dernière partie vendredi pour le jour de clôture.
La campagne de parrainages a été très compliquée à mener cette année. Le NPA n'aurait pas reçu d'aide de la part du Parti socialiste, comme c'était l'usage auparavant. Martine Aubry aurait ainsi donné la consigne de favoriser un seul et unique candidat: François Hollande.
Du coup, la chasse aux élus fut longue et coûteuse pour le maigre budget de campagne estimé à 800.000 euros.
Mais Philippe Poutou peut souffler. Lui qui ne faisait pas l'unanimité au sein du NPA va enfin pouvoir bénéficier de l'égalité du temps de parole. Le candidat anticapitaliste est pour l'instant crédité à 1% dans les sondages.
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Le Parisien. Le 08/02/2012. Source
Le « candidat normal », c’est lui
Il bouquine dans le TGV. Jette un regard perdu sur le parvis de la gare en débarquant à Montpellier. Et peste contre sa valise qui ricoche sur les marches d’un escalier. Comme tout le monde. Sauf que Philippe Poutou, 45 ans, est candidat à la fonction suprême. Il a beau être noyé dans la foule anonyme, le nom de cet ouvrier, novice en politique, devrait côtoyer dans les urnes celui des poids lourds de l’élection présidentielle si le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) parvient à glaner les 500 signatures d’élus nécessaires.
En attendant, le quotidien du réparateur de machines à l’usine Ford de Blanquefort (Gironde) a d’ores et déjà été bouleversé par le casting présidentiel du NPA. Depuis huit mois, le salarié a dû apprendre à enfiler le costume d’aspirant président. Et se prêter aux passages obligés pour tous les candidats engagés dans la course à l’Elysée. Comme hier, lors d’un déplacement à Montpellier. A la sortie du train, juste trois camarades, puis une petite marche dans les rues de la ville, valise à la main, sous le regard indifférent des passants. « Attention! » le prévient un militant. « Tu m’indiques les crottes de chien, c’est ça? Faut pas, ça porte bonheur », rigole Poutou.
Le franc-parler est de mise
A l’intérieur du local du NPA, une affiche de son charismatique prédécesseur, Olivier Besancenot, orne encore un mur. Il y a peu de journalistes, mais devant les caméras, l’ouvrier déballe son programme anticapitaliste en triturant une poche de mouchoirs. Le franc-parler est de mise (« c’est un jeu à la con », « ça fait chier », « les enflures ») pour celui qui revendique son statut de « candidat normal ». Mais qui vit parfois dans la douleur les « contraintes » imposées par son « nouveau boulot ».
« Je n’ai pas un tempérament de superhéros. Même à l’usine, aux assemblées générales, quand je prends la parole, j’ai l’impression que ce n’est pas ma place », sourit-il. Très timide, Poutou découvre avec étonnement les retombées de sa nouvelle et très relative (comme en témoigne son 0% d’intentions de vote dans les sondages) célébrité. « Dans les transports, on me salue parfois. J’ai de la chance, je n’ai pas encore pris de farine dans la gueule », raille celui qui a décidé de ne pas bénéficier du service réservé aux personnalités que la compagnie Air France lui a proposé. « C’est pas trop mon truc, je veux rester normal », explique-t-il. Au fil des semaines, le candidat a appris à vivre avec le stress des meetings. « Mais j’ai toujours la trouille, lance-t-il, peu de temps avant de prendre la parole devant environ 100 personnes. Je ne suis pas une bête de scène comme Jean-Luc Mélenchon. Et ça m’étonnerait que j’y prenne goût… » Poutou confie d’ailleurs sa « hâte » que l’expérience présidentielle s’achève. Pour retrouver l’usine, un quotidien normal. Comme tout le monde.
Le Monde. Le 09/02/2012. Source
Désormais, ses collègues l'appellent "Monsieur le président". La plaisanterie fait sourire, y compris Philippe Poutou. Car, à l'usine Ford de Blanquefort (Gironde), le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) est devenu un "symbole", celui de l'ouvrier candidat. Et, dans une campagne où l'électorat populaire, et notamment ouvrier, est si convoité, M. Poutou espère bien en faire un atout.
Ce jour-là, celui qui est également élu CGT au CHSCT reçoit dans les locaux du comité d'entreprise (CE) qui jouxtent l'immense préfabriqué jaune qui abrite la production. C'est ici que Philippe Poutou travaille depuis 1996. Mécanicien, il fait partie de l'atelier de maintenance. A 44 ans, il se lève à 5 heures, commence son travail une heure plus tard et quitte l'usine, située dans la banlieue de Bordeaux, à 14 heures. "La France qui se lève tôt, mais pas celle qui gagne plus", dit-il. Son salaire : 1 800 euros net par mois, "primes comprises".
Depuis octobre, il bénéficie d'un temps partiel. Il est présent trois jours par semaine et jongle entre son boulot, ses déplacements et ses meetings. "C'est fatigant, mais le côté physique, on est habitué, raconte-t-il. Le plus dur, c'est le côté nerveux, cette pression permanente." Autant d'absences qui peuvent aussi mettre à mal la vie privée, même si la décision de se lancer dans la course à la présidentielle a été prise avec sa compagne, elle aussi au NPA. "J'ai refusé de passer huit mois absent", souligne-t-il.
"Je ne suis pas le Charlot des temps modernes"
La présidentielle, Philippe Poutou n'y pensait pas tous les matins en se rasant."Certainement pas !", s'exclame-t-il. Il avait bien été candidat pour la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), puis pour le NPA aux élections législatives et régionales, mais il n'était même pas membre de la direction nationale du parti. Ce sont des collègues, des "copains" de la CGT et du NPA, qui l'ont poussé après le retrait surprise d'Olivier Besancenot, en mai 2011.
Un mois plus tard, cet ancien de Lutte ouvrière est désigné par les militants à 53 %. Sa candidature ne fait toujours pas l'unanimité au sein de son parti, certains refusant même de faire sa campagne. Il le déplore, mais refuse l'argument de la candidature "ouvriériste". "Je ne suis pas le Charlot des temps modernes, explique Philippe Poutou. Le but n'est pas uniquement de représenter l'ouvrier d'usine, mais aussi les infirmières, les ASH (agents des services hospitaliers), tous ceux d'en bas."
A l'usine, la nouvelle n'est pas passée inaperçue. Plus d'un est tombé des nues. Philippe Poutou n'était pourtant pas un inconnu. Avec ses collègues de la CGT, il s'est battu pour que Ford rachète l'usine, que le constructeur automobile avait vendue un an plus tôt. Avec succès. Le site de Banquefort, qui fabriquait jusqu'à présent des boîtes de vitesses automatiques pour le marché américain, est aujourd'hui en reconversion industrielle. Une grande partie des salariés alterne journée de travail, chômage technique et formation.
Si ses collègues acceptent de parler politique en public, beaucoup demanderont, en revanche, à rester anonymes, comme Francis, ouvrier à l'usine de Blanquefort. "Il y a des sujets qui fâchent : la religion et la politique", lâche-t-il, en sortant de l'usine. Samir Rahab, lui aussi ouvrier chez Ford, syndiqué à la CFDT, n'avait pas vu venir la candidature de Philippe Poutou : "Je savais qu'il intégrerait un jour la direction nationale (du NPA), mais de là à faire ce saut... Ça m'a surpris. Pour moi, c'est d'abord un syndicaliste." Mais cette candidature le touche : "Je me dis qu'on n'est pas plus bête que les autres. S'il y en a bien un qui comprend le monde du travail, c'est lui. Tous les jours, il vit la pression des patrons, des marchés. Tous les jours, il vit ces inégalités. Ce n'est pas Nicolas Sarkozy ou François Hollande qui connaissent cette réalité."
"Il faut des gens comme ça pour oser"
On sent aussi chez les collègues de Philippe Poutou une certaine fierté. "Il n'y en a pas beaucoup qui se confrontent aux élites", juge Eric, syndiqué à la CGT et militant NPA. Le mot "courageux" revient souvent également. "C'est rare de voir des personnes comme Poutou talonner des politiciens, estime Arsène qui travaille à l'atelier traitement thermique. Il faut des gens comme ça pour oser."
Pour beaucoup, Philippe Poutou a les défauts de ses qualités. "Ce n'est pas un professionnel, ça se voit et ça fait du bien", sourit Gilles Penel, secrétaire CGT du CE. Les premiers meetings n'ont en effet pas été faciles, d'autant que la comparaison avec Olivier Besancenot n'était pas à l'avantage du nouveau candidat. Au début, il écrivait lui-même ses discours. Et les lisait à la tribune, se moquant de lui-même lorsqu'il en perdait le fil. Aujourd'hui, il assure ne plus les écrire et se lance sans notes. "On me dit que j'ai progressé", veut-il croire.
Autre difficulté : l'exercice médiatique, "indispensable, mais pas plaisant". A la télévision, il est comme dans la vie, naturel. "Il dit ce qu'il a à dire, à sa manière. Il faut qu'il parle avec le langage avec lequel on parle tous les jours dans les usines. On ne va pas lui mettre un costard-cravate !", le défend son "copain" Carlos, élu CGT, militant au NPA. S'il est aujourd'hui plus à l'aise qu'à ses débuts, l'exercice reste difficile. Et certains ne l'ont pas raté. Ce fut le cas lors de l'émission "On n'est pas couché", sur France 2, en octobre 2011. Une émission à laquelle il avait accepté de participer en connaissance de cause, les invitations à la télévision restant rares. Laurent Ruquier et ses chroniqueurs l'ont chahuté, à la limite de la correction, allant jusqu'à se moquer de son nom. "Pour mes collègues, il y a eu une sorte d'identification sociale, explique l'ouvrier. Ça a touché des gens. La claque que je me suis prise, ils l'ont aussi prise. Ils ont ressenti un véritable mépris social."
"Il y a moins de tabous à parler du FN"
"On ne l'entend pas beaucoup, Poutou", regrette Laurent, un de ses collègues du traitement thermique. Le candidat du NPA reste, en effet, peu connu du grand public. Dans les sondages, il décolle rarement des 0 % d'intentions de vote. Et malgré des propositions en direction des travailleurs - interdiction des licenciements, réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, retraite à 60 ans ou encore smic à 1 600 euros -, il sait que ses idées ne sont pas majoritaires dans l'usine. Peu importe. L'accueil de sa candidature a été plutôt chaleureux. "Mes collègues, ils savent que je suis le radical de service, mais même ceux qui votent à droite viennent me donner des conseils", raconte Philippe Poutou.
Sa candidature pourrait s'arrêter le 16 mars, le jour de la remise au Conseil constitutionnel des 500 parrainages, que le NPA peine à trouver. Ses amis du parti, eux, veulent y croire : "Si on faisait l'élection dans l'usine, il serait au deuxième tour !", lance Carlos. Face à lui ? "Hollande ou Le Pen !" Sarkozy ne semble plus avoir très bonne presse au sein de l'usine. "Non seulement, les collègues qui ont pu voter pour lui ne veulent plus récidiver mais en plus ils le revendiquent. Ils se sentent trahis", estime Vincent, un ami mécanicien de Philippe Poutou, militant au NPA.
Quant à Marine Le Pen, qui se présente comme la "candidate des ouvriers", ses idées restent minoritaires, selon le candidat. "On parle beaucoup des ouvriers qui votent FN, mais ce qui frappe, ici, c'est surtout l'abstention", estime-t-il. Il n'empêche que la candidate frontiste ne laisse pas indifférent. "Il y a moins de tabous à parler du FN, souligne Carlos. Il faut bien que ce soit la faute de quelqu'un : c'est plus facile de dire que c'est la faute de l'étranger que du système capitaliste !" Autre signe qui ne trompe pas, selon Samir Rahab : "Quand le NPA dit qu'il faut régulariser tous les sans-papiers, ça ne plaît pas du tout dans l'usine."
Philippe Poutou devrait retrouver sa vie d'avant, le militantisme local et le syndicalisme à l'usine, au soir du 22 avril. Une chose est sûre : c'est la première et la dernière présidentielle qu'il mènera. Rempiler en 2017 ? "Certainement pas !", s'exclame-t-il, même si sa candidature, dit-il, n'aura pas été vaine. "Pour beaucoup, le fait que je sois candidat est une revanche, estime-t-il. Je suis comme eux et ils ont enfin la parole." Une parole qu'il aura couchée dans un petit livre qui doit sortir le 7 mars chez Textuel. Le titre ? Un ouvrier c'est là pour fermer sa gueule !







