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Temps forts, Philippe Poutou

Temps forts, Philippe Poutou
L'héritage financier de la LCR
Prestation à France 3
Ses voeux devant le Fouquet's






Le Monde.fr - 30/03/2012 - Au NPA, bataille autour de l'héritage financier de la LCR - Par Sylvia ZAPPI



C'est la dernière bagarre devant la dépouille de la Ligue communiste révolutionnaire. Un peu comme celle que se livre une famille devant le cercueil d'un être qu'elle a jadis chéri et qui peut lui rapporter gros. Voilà des mois que la direction du Nouveau Parti anticapitaliste se déchire entre sa majorité pro-Poutou et sa minorité, la Gauche anticapitaliste, attirée par le Front de gauche de Mélenchon.

Samedi 24 mars, lors d'un conseil politique national, c'est sur une histoire financière que le ton est monté. Depuis sa dissolution en février 2009, concomitante avec la création du NPA, c'est encore la LCR qui touche l'aide publique allouée aux partis politiques en fonction des résultats obtenus lors des élections législatives de 2007.

2 MILLIONS D'AIDE PUBLIQUE

Pour gérer l'héritage - qui comporte aussi deux sociétés civiles et immobilières pour les locaux de l'organisation rue Taine (Paris, 12e) et Montreuil (Seine-Saint-Denis) -, un "comité de suivi"avait été mis en place. Vingt-trois personnes, tous membres à l'époque du bureau politique de la LCR, étaient censées assurer la transition.

Mais entre temps, au gré des départs de courants et de quelques figures historiques, ou des divisions internes du NPA, Olivier Besancenot et ses amis ont perdu la majorité. A la mi-mars, alors qu'il fallait décider de la répartition des 2 millions touchés au titre de l'année 2011, la guerre a été déclarée.

La minorité, la Gauche anticapitaliste de Pierre-François Grond et Myriam Martin (alors porte-parole du NPA), propose un partage au pro-rata de ce que représente chaque sensibilité : 35 % pour elle-même, soit 700 000 euros, 8 % soit 150 000 euros pour la Gauche unitaire de Christian Picquet, sorti depuis 2009 du NPA pour rejoindre le Front de gauche, et le reste, 1,15 millions pour la majorité actuelle du NPA.

RÉFÉRÉ AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

La proposition, violemment combattue par Alain Krivine, ex-porte parole de la LCR, est soutenue par Christian Picquet et adoptée. Les ordres de virements sont alors transmis par le trésorier. Alain Krivine refuse de l'appliquer et tente, en ses qualités de président du comité de suivi, d'obtenir de la banque le contrôle de l'intégralité du compte.

La banque se rendant compte du pataquès possible bloque toutes les opérations. La direction tente alors la voie judiciaire : MM. Krivine et Besancenot déposent un référé au tribunal administratif pour "détournement de l'aide publique" et "fraude à la loi" et réclament l'invalidation de la décision du comité.

C'est dans cette ambiance que s'est réuni le conseil politique du NPA samedi. Le clash entre la majorité et la minorité est consommé quand la direction propose "pour solde de tout compte" une motion allouant 200 000 euros aux amis de M. Grond et la révocation du trésorier contre le retrait de la procédure judiciaire. Les responsables de la minorité quittent alors la séance.

NOUVEAU ROUND DE DISCUSSION

"Pour la première fois dans l'histoire du NPA, des désaccords politiques seraient réglés devant la justice", s'indigne la Gauche anticapitaliste dans une tribune publiée dans Tout est à nous !, l'hebdomadaire du parti. Aux yeux de la direction, "il s'agit d'établir un règlement global avec des camarades qui sont à la fois dans et à l'extérieur du NPA", faisant allusion à l'appel à voter Mélenchon qu'ont publié quatre dirigeants de la minorité.

Depuis la tension est légèrement retombée : la minorité a annulé ses ordres de virements et Alain Krivine son référé. Un nouveau round de discussions s'est ouvert pour tenter de trouver un compromis. "Il faut à tout prix éviter des procédures judiciaires qui ajouterait du sordide à la décomposition politique du NPA", décrypte M. Picquet. Surtout que dans un mois, se posera une nouvelle question épineuse : combien de candidats par courant seront présentés aux législatives qui permettront à chaque sensibilité de toucher la prochaine dotation.


Le Parisien.fr - 28/02/2012 - Poutou fait une prestation remarquée sur France 2 - Par P.TH

«Besancenot sort du corps de Poutou !» Ce tweet de Jean-Jacques Urvoas, député socialiste du Finistère, est à l'image des réactions qui ont fleuri lundi soir sur les réseaux sociaux. Philippe Poutou, qui confiait pourtant il y a peu au «Parisien - Aujourd'hui en France» ne pas avoir un «tempérament de superhéros» - «Même à l’usine, aux assemblées générales, quand je prends la parole, j’ai l’impression que ce n’est pas ma place» - a surpris son monde par sa prestation remarquée lundi dans l'émission «Mots Croisés», sur France 2.

«Poutou a fait taire #NKM, offensif et authentique! Pas mauvais du tout#MOTSCROISES#», a salué, toujours sur Twitter, Sergio Coronado, le directeur de la communication d'Eva Joly. «Poutou se lâche, parle cash .NKM sans voix», a également commenté la socialiste, Marie-Pierre de la Gontrie.


Poutou : «Si lui c'est le candidat du peuple, moi je suis le candidat du CAC 40»

Souvent présenté comme timide et effacé en comparaison de l'emblématique Olivier Besancenot, le candidat du NPA à la présidentielle de 2012 est apparu en grande forme lundi soir. Lorsque la porte-parole du candidat Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, lui reproche de ne pas lui avoir serré la main, il réplique du tac au tac : «Je le revendique, je suis un peu allergique à l'UMP et au FN, donc je serre pas la main, pour l'instant j'ai un peu de mal.» Puis s'explique : «Je ne serre pas la main aux représentants de l'UMP, mais en attendant c'est quand même l'UMP qui laisse licencier des gens.» Et de renchérir : «Moi je ne serre pas la main, mais vous vous êtes en train d'abaisser le niveau de vie des populations.»

Remarquée aussi, sa pique à Nicolas Sarkozy, qui «joue au candidat du peuple». «Alors il y a un côté rigolo, mais c'est pas rigolo parce que derrière, c'est la pauvreté qu'il y a», attaque-t-il d'emblée, avant de lancer ce bon mot, qui ravira les internautes : «Si lui c'est le candidat du peuple, moi je suis le candidat du CAC 40.»
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Libération. Le 10/01/2012. Source

Philippe Poutou fait ses voeux devant le Fouquet's



Le NPA et son candidat à la présidentielle ont organisé mardi un happening devant le lieu-symbole du sarkozysme.

On reprochait à Philippe Poutou son manque de brio médiatique. Le candidat du Nouveau Parti Anti capitaliste (NPA) a voulu répondre aujourd'hui par des voeux sauvages devant le Fouquet's. Et, chez les camarades d'Olivier Besancenot, on a beau tenter le happening pour lancer la campagne de l'ouvrier candidat, tout ça reste encore hésitant. Lèvres plissées, sourire timide, s'il ne maîtrise pas tout à fait l'exercice, Philippe Poutou se prête au jeu des caméras et des flashs. «Je suis celui qui se lève tôt parmi des millions devant le Fouquet's ! Symbolique pour symbolique, c'est l'occasion de faire gicler Sarkozy et toute sa bande dont il est grand temps de se débarrasser!» , argue-t-il, étouffé par la ronde des journalistes. «On a intérêt à s'organiser, nous sommes au début d'une lutte sociale! François Hollande n'est pas la bonne solution de rechange. C'est une politique anti capitaliste qui pourra redonner confiance!»

Les illuminations des Champs-Elysées en toile de fond, Philippe Poutou ne met tout de même pas un pied sur le tapis rouge. Le même, foulé voici bientôt cinq ans par un Nicolas Sarkozy tout juste élu qui venait fêter sa victoire dans le restaurant devenu symbole d'un début de présidence «bling-bling». Derrière les portes, bras croisés, les portiers n'ont pas à s'inquiéter des quelque trente militants révolutionnaires présents. Les caméras s'éteignent. Derrière Poutou, ceux-ci déplient enfin leurs drapeaux rouges "NPA", frappés d'un mégaphone blanc. Après des touristes étrangers, c'est un groupe de jeunes surexcités qui s'arrête derrière lui et l'interpelle.
«Et vous êtes allié avec qui?» lui dit un jeune, bardé d'une écharpe PSG. «Pour l'instant personne, répond le candidat NPA. Mais dans la rue avec plein de monde!». , relance une jeune fille. «Oui... Mais lisez d'abord ce qu'on a écrit», renvoie timidement Poutou.
Objectif: trouver 4 à 5 signatures de maire par jour

Devant les journalistes, il en profite pour relancer un appel aux signatures. Après la lettre écrite aux maires socialistes et cosignée avec Olivier Besancenot, le candidat NPA renouvelle ses critiques contre ce «procédé anti démocratique». Aura-t-il les 500 signatures de maires pour avoir droit au bulletin de vote à son nom le 22 avril?«On a des remontées de signatures. Pour l'instant, c'est possible de les avoir, assure Sandra Demarcq, membre de la direction de la formation anticapitaliste. On va voir les petits maires mais il y a une grosse pression et la lettre de Martine Aubry n'a pas aidé.»

Le compteur affiche pour l'instant 330 paraphes, «dans les mêmes eaux qu'en 2007 à la même époque» , dit Demarcq. «On aime bien se faire peur, sourit Thibault Blondin, responsable de la collecte au NPA et qui compte sur les vacances de février pour voir les troupes anticapitalistes repartir en nombre à la chasse aux signatures. On veut être là dans le débat, on sera le 16 mars au Conseil constitutionnel pour le dépôt. On veut l'égalité de temps de parole pour défendre nos idées». Pour cela, il va falloir être très efficace: pour faire le compte, les militants NPA doivent ramener 4 à 5 signatures par jour.